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Benoit Autem, directeur chez D-tek

Date de publication
4 août 2016
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Benoit Autem D-Tek

Benoit Autem est directeur chez D-tek, une PME qui développe et produit des kits de diagnostic pour les maladies auto-immunes. 

Créée en 1995 par Alain Vigneron, la SA D-tek (Mons) développe et produit des kits de diagnostic pour les maladies auto-immunes. L’entreprise s’est d’abord installée à la Faculté Polytechnique de Mons où elle a développé ses 1ers produits durant 15 ans. D-tek s‘est ensuite installée dans de nouveaux locaux, plus adaptés, sur le site du parc scientifique Initialis. Découvrez le portrait de son directeur.

Benoit Autem, directeur chez D-tek après plusieurs années en R&D

Benoit Autem, directeur D-TekIngénieur chimiste de Gembloux, il a d’abord travaillé au sein de l’équipe R&D de l’entreprise montoise. Il y a été engagé pour mettre en place une base de données qui reprenait les échantillons de contrôle provenant de divers hôpitaux européens. Il a ensuite accepté de reprendre la direction commerciale. Un changement de cap pas toujours facile à gérer pour un scientifique mais qu’il ne regrette pas un seul instant. « L’excitation de la vente, c’est quelque chose que je souhaite à n’importe quel chercheur »…

Comment a évolué votre métier ?

« Au fil du temps, ma fonction a évolué et je me suis davantage occupé de marketing. C’est dans cette optique que j’ai entamé une formation en sciences de gestion aux FUCaM, en horaire décalé ». A l’époque, l’entreprise était en pleine réorganisation. La direction souhaitait disposer d’un tableau de bord pour suivre l’évolution et la réalisation des objectifs stratégiques. «J’en ai fait mon sujet de mémoire. Le travail reposait sur une analyse de la situation actuelle de l’entreprise, le positionnement des objectifs stratégiques fixés par la direction et la description de quelques indicateurs».

Une partie de ce travail a également consisté à mettre en place les éléments de base d’une comptabilité analytique. « Utilisée en complément du tableau de bord prospectif, elle permet d’obtenir des informations sur les coûts d’une partie du processus de production », explique Benoit Autem, directeur chez D-tek. Le mémoire comportait notamment une étude sur l’analyse de l’état du marché, aussi bien interne qu’externe. Elle permet aujourd’hui à l’entreprise D-tek de prévoir l’évolution du secteur et de définir sa stratégie en matière de R&D. Il a ensuite été promu directeur du marketing d’un produit qu’il connaît particulièrement bien.

Aujourd’hui, D-Tek occupe 20 personnes et distribue ses kits de diagnostic au travers d’un réseau de plus de 40 distributeurs. Ses trousses sont utilisées dans les laboratoires d’analyses publics ou privés. Elles sont disponibles de Londres à Casablanca, de Moscou à Sydney, en passant par Rawalpindi au Pakistan.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

«En 2008, le management s’est restructuré et, à cette occasion, j’ai accepté de reprendre la direction commerciale de l’entreprise. L’excitation de la vente, c’est quelque chose que je souhaite à n’importe quel chercheur…».

Et inversement, quelle décision regrettez-vous ?

«Ce n’est pas tellement un regret mais plutôt un constat. Prendre des responsabilités dans l’entreprise m’oblige, comme d’autres, à consacrer énormément de temps à l’administratif. Et l’administratif nous laisse trop peu de temps pour la recherche et développement».

Comment favorisez-vous l’innovation au sein de votre entreprise ?

«De manière générale, poursuit Benoit Autem, directeur chez D-tek, l’innovation est capitale chez nous. Et on se donne les moyens d’innover. Ces différents projets de recherche et d’innovation, on les a en grande partie financés sur fonds propres. Histoire d’aller plus vite. Le temps joue contre nous. Si on avait pu sortir ces innovations en 2008 déjà, on aurait gagné des parts de marché. Mais on a toujours raison d’innover : si on ne l’avait pas fait, D-tek ne serait plus là, avalée par la concurrence».

Quel est le dernier problème technique/technologique que vous avez rencontré ?

«Notre système immunitaire, lors de son développement, apprend à faire la différence entre notre corps et les agressions extérieures. Des agressions extérieures comme les virus par exemple. Il arrive toutefois que cette reconnaissance soit affectée et que le système immunitaire se retourne contre nous. Il devient pathogène et induit des lésions tissulaires ou cellulaires. C’est ce qu’on appelle les maladies auto-immunes. Elles représentent une centaine de maladies inflammatoires chroniques. Elles touchent entre 6% et 10% de la population mondiale, dont 3/4 de femmes. Elles constituent la 3ème cause de mortalité clinique dans nos pays industrialisés.

C’est par exemple le cas :

  • du diabète de type 1;
  • de la sclérose en plaques;
  • de la polyarthrite rhumatoïde.

Dans la mesure où il est encore très difficile de soigner ces maladies, plus le diagnostic est précoce, mieux c’est » explique Benoit Autem.

« Nous ne sommes pas seuls sur le marché du diagnostic de ces maladies. Il est composé d’une dizaine d‘entreprises actives dans le monde. Et D-tek est la plus petite d’entre elles. Face à des entreprises parfois 100 fois plus importantes qu’elle, D-tek ne pouvait évidemment se démarquer que par la R&D. C’est ce que nous avons fait. En trouvant des solutions pour rendre à la fois ces diagnostics plus performants et accessibles financièrement pour tous les laboratoires ».

Les tests traditionnels (plaque ELISA) n’étaient pas adaptés aux maladies auto-immunes. Essentiellement pour des raisons de rentabilité puisque ces tests sont rares et donc coûteux. La solution était de rationaliser et d’automatiser le diagnostic. Avec l’aide de WOW TECHNOLOGY, D-tek a développé un équipement compact et innovant qui permet l’automatisation des étapes d’un test. « Un outil qui a une capacité de détection de 600 tests en une heure ».

« Avec cet outil, nous couvrons 70 à 80% de la demande actuelle. Il restait à travailler sur les 30% restants. Ce qui nécessitait des tests complémentaires pour, seulement, certains patients. Economiquement, cela n’avait aucun sens de modifier l’automate. On a donc travaillé sur le support de manière à y déposer jusqu’à 25 biomarqueurs et de les traiter simultanément ».

Votre citation ou maxime favorite ?

La force des liens faibles

« La force des liens faibles » : l’un de mes professeurs me citait souvent cette phrase du sociologue américain Mark Granovetter. Selon lui, « le lien faible est plus puissant que le lien fort ». Les liens faibles sont dits « forts » dans la mesure où, s’ils sont diversifiés, ils permettent de pénétrer d’autres réseaux sociaux que ceux constitués par les liens forts (vos proches). « Ramenée au monde de l’entreprise, cette théorie fonctionne aussi ».

Selon Benoit Autem, directeur chez D-tek, « plus on établit de liens faibles avec de petites entreprises – des fournisseurs potentiels rencontrés lors de salons, des distributeurs, etc… – plus il devient difficile de nous attaquer. Nous entrons dans des relations saines : nous ne sommes pas dépendants de grandes structures et personne n’est dépendant de nous. Nous ne faisons pas peur à nos correspondants et ils ne nous font pas peur. Nous avons d’excellentes relations avec notre réseau. Quoiqu’il arrive, nous pourrons donc toujours offrir une gamme de solutions ».

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