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X4C: des revêtements innovants pour medical device et diagnostic in-vitro

Date de publication
8 mars 2019
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Alice Mattiuzzi

Alice Mattiuzzi a créé une technologie de traitement de surface permettant la formation de monocouches robustes, denses, compactes, homogènes et post-fonctionnalisables.

Entourée de « bonnes fées » – Anne Prignon, Agnès Flémal, Florence Bosco – Alice Mattiuzzi vient d’engager sa première employée, une chimiste issue de l’Umons.

Alice Mattiuzzi le reconnait volontiers. « A mi-chemin entre une carrière scientifique et celle d’une dirigeante d’entreprise, ce statut hybride me convient très bien. Faire les deux, au sein de mon entreprise, j’apprécie. Vraiment ». Même si elle reconnait que le faire seul, c’était très fatigant. «Depuis que j’ai pu embaucher ma première collaboratrice, en novembre 2018, et que je dispose du savoir-faire d’un business developer, spécialisé dans le MedTech (grâce à la mesure CxO), cela va beaucoup mieux ».

La création, en juillet 2016, de sa société, X4C, une SA installée à Montigny-le-Tilleul, est la suite logique d’une série d’évènements qui l’ont conduite à prendre la direction de cette spin-off de l’ULB. Une décision qu’elle a prise en quelques jours seulement, lorsque le service de valorisation de son université le lui a proposé et alors qu’elle était en phase de dépôts de brevets.

Titulaire d’une licence en chimie (ULB, 2007), Alice Mattiuzzi avait défendu sa thèse en 2012. C’est la seconde partie de celle-ci qui lui avait valu l’intérêt du TTO (Technology Transfer Office) bruxellois. Développée avec la collaboration de deux équipes françaises, elle portait sur la mise au point d’une méthode générale et efficace pour former des monocouches organiques denses, robustes et post-fonctionnalisables sur tout type de surface (conductrice, semi-conductrice et non-conductrice).

Alice MattiuzziVu l’intérêt, les choses se sont rapidement accélérées. « Une semaine avant la défense de ma thèse, promotionnée par le professeur Ivan Jabin, j’ai déposé une demande de First Spin Off que j’ai obtenue en juillet 2012 – les dépôts de brevets ont eu lieu au même moment – et qui s’est prolongée jusque fin octobre 2015. Pour faire le pont avec la création de la société, j’ai également obtenu un financement de quelques mois du Fonds de maturation (DGO6/Académie Wallonie-Bruxelles) ».

Fondée par le professeur Ivan Jabin (ULB), Alice Mattiuzzi, Olivia Reinaud (Paris-Descartes, CNRS) et Corinne Lagrost (Rennes), la société X4C a bénéficié du soutien financier de Sambrinvest, Theodorus 3 et de l’Innovation Fund. Incubée par le WSL depuis sa création, Alice Mattiuzzi a pu compter aussi sur l’aide récurrente de Florence Bosco, la CEO de l’i-Tech Incubator.

Durant deux bonnes années, Alice Mattiuzzi a « ratissé large » pour identifier les secteurs les plus porteurs pour valoriser cette nouvelle technologie. « On a analysé différents marchés : le verre, le revêtement métallique décoratif, la bioélectronique et le secteur de la santé ». C’est ce dernier marché qui a été choisi. En particulier, le secteur de la MedTech (cathéters, stents, implants oculaires) et celui du diagnostic in vitro.

Comment a évolué votre métier ?

Alice Mattiuzzi«Aujourd’hui, poursuit Alice Mattiuzzi, on est en phase de consolidation. On a ciblé les secteurs les plus prometteurs. Mais avant de se lancer dans des démarches de prospections plus intenses, on attend la mise au point de proofs-of-concept (POC) issus des premiers tests effectués avec des entreprises partenaires, telle cette société active dans les implants ophtalmiques, une entreprise allemande spécialisée dans le diagnostic point-of-care, deux autres actives dans la fabrication de stents. L’idée, c’est de comparer notre coating à celui des leaders des secteurs identifiés. Pour toutes ces raisons, il nous reste des démarches de R&D à effectuer durant encore quelques mois.

Pour les financer, nous avons sollicité une aide à la recherche auprès de la Région wallonne et le soutien du Butterfly Fund (Sambrinvest en collaboration avec l’EEBIC et Life Sciences Research Partners), qui permet le financement de projets novateurs dans le domaine des sciences du vivant et de l’ingénieur pendant leur phase de proof-of-concept.

Une fois ces dernières recherches effectuées, on passera à la vitesse supérieure. Notre modèle d’affaire, c’est de sous-licencier notre technologie auprès des producteurs de dispositifs médicaux après avoir réalisé les études de faisabilité et validé les tests ».

Pour l’instant, l’entreprise conserve ses locaux à l’ULB qu’elle loue depuis 3 ans ainsi que son siège à Montigny-le-Tilleul où Alice réalise ses traitements de données. « A priori, d’ici quelques mois, on devrait rejoindre l’i-Tech Incubator même si on conservera des liens étroits avec le laboratoire de chimie organique de l’ULB ».

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

L’innovation, c’est notre core business. Pour le compte d’acteurs actifs dans le MedTech et dans le diagnostic in-vitro, on teste de nouveaux coatings pour leurs nouvelles gammes. Aujourd’hui, X4C, c’est 80 à 90% d’innovations. Et franchement, il y aura toujours la moitié de nos activités qui sera consacrée à la R&D. Des innovations en interne et des innovations dédiées à d’autres marchés.

Vos principaux défis technologiques ?

Alice MattiuzziAujourd’hui, on travaille essentiellement sur deux types de recherches.

La première porte sur un nouveau coating destiné au marché du diagnostic in-vitro. Le coating va disposer de propriétés bien définies et on va y ajouter un « bras fonctionnel » sur lequel on pourra greffer le système de détection voulu par le client.

La seconde porte sur deux ou trois nouvelles surfaces à traiter, principalement des polymères destinés au marché du medical device.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

La meilleure mais en même temps la plus difficile aura été de demander mon First Spin-Off. J’ai dû prendre ma décision en quelques jours. J’avais toujours voulu travailler dans l’industrie mais me lancer seule, ce n’était pas forcément ce à quoi je pensais. Après, tout le reste s’est enclenché.

Et la pire ?

Parfois, pour montrer notre savoir-faire à des clients potentiels, on travaillait sans établir de contrat afin d’aller le plus rapidement possible. Mais quand on s’est rendu compte qu’ils n’analysaient pas les résultats, et donc qu’on n’obtiendrait aucun input intéressant, on a décidé d’arrêter. On ne le fera plus.

Votre phrase préférée ?

« La vie n’est facile pour aucun de nous. Mais quoi qu’il en soit, il faut avoir de la persévérance, et surtout de la confiance en soi. Il faut croire que l’on est doué pour quelque chose, et que, cette chose, il faut l’atteindre coûte que coûte ». Marie Curie

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