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Anne Lelong crée une armature innovante pour soutien-gorge

Date de publication
12 août 2016
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Anne Lelong

Portrait d’Anne Lelong, une battante qui a développé Swootec, une armature innovante pour un soutien-gorge plus confortable offrant un maintien incomparable.

 

LadySwoo Anne LelongAnne Lelong, c’est un petit bout de femme bourré d’énergie, dopée aux challenges et dotée d’un instinct presque infaillible. Avant de devenir une commerciale hors-pair, elle s’est challengée dans le sport de haut-niveau. Ce goût du challenge, elle l’a mis au service de l’innovation, en travaillant plus de 4 ans sur une armature innovante pour soutien-gorge. Avec l’aide de 2 centres de recherche wallons, notamment, Anne Lelong, qui a créé sa propre boite AL-Concept, a mis au point et breveté le produit baptisé Swootec, aujourd’hui distribué par LadySwoo. Trois gabarits sont déjà en magasins, six autres arrivent durant le second semestre 2016.

Chaque fois que vous voyez une entreprise qui réussit dites-vous que c’est parce qu’un jour quelqu’un a pris une décision courageuse

Quel est votre parcours ?

Après des humanités scientifiques, elle a démarré une 1ère année d’architecture à Saint-Luc. Une mauvaise expérience avec le jury chargé d’examiner son projet l’a amenée à arrêter sa scolarité. Et à se lancer dans la vie active. Dessinatrice dans un bureau d’études, durant un an et demi, elle a notamment dessiné les plans de la maison des mutualités (à Bruxelles) en béton architectonique.

Mais cette sportive de haut-niveau  a vite compris qu’elle n’était pas faite pour rester entre quatre murs. « Il me fallait un challenge ». Dans son parcours de vie, elle a croisé un directeur commercial qui lui a proposé de s’essayer au commercial. Ce fut le début d’une carrière de 20 ans !

« J’ai toujours travaillé dans le secteur de l’imprimerie. Mon job, c’était de créer un portefeuille de clients. Cela m’amusait moins lorsqu’il fallait le gérer. En général, je travaillais durant 6 ans dans la même entreprise et puis je m’en allais. Mon dernier poste de commerciale, je l’ai occupé – une fois de plus durant 6 ans – chez un imprimeur de Roulers. Un imprimeur de niche qui travaillait en offset UV sur des supports synthétiques. C’était un super boulot, avec un super salaire et une super voiture de société. Une fois le portefeuille de clients importants créé, la gestion ne me motivait pas assez ».

Comment a évolué votre métier ?

Anne Lelong« Comme je l’ai dit, j’avais un super boulot». Mais voilà. Suite à un problème récurrent concernant les armatures de sa lingerie, il lui est venu l’idée de créer un nouveau concept pour maintenir la poitrine. Un soutien-gorge doté d’une armature innovante et non-métallique. Elle a testé un «prototype» réalisé par ses soins avec des bouts de supports synthétiques de l’imprimerie. Elle les a glissés dans son soutien-gorge. Quelle impression de confort et de maintien ! « J’en ai parlé à ma sœur. Le soir-même, je voulais créer ma société et déposer un brevet ». Elle a tout de même mis un an à démissionner.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

« De m’être lancée dans cette aventure.  Cela faisait des mois que le problème me taraudait. Je trouvais surprenant que personne n’ait jamais rien imaginé pour améliorer le soutien, le galbe et le confort des soutien-gorges. Quand on les essaie en boutique, on fait « wow ». Mais quand on les porte jours après jours, ce n’est plus cela. Une femme sur 3 subit cet inconfort au quotidien. C’est particulièrement vrai pour les femmes aux poitrines généreuses. Or, ces dernières années on constate que la taille des seins ne cesse d’augmenter dans nos pays. Avant de créer mon entreprise, j’ai d’abord contacté Picarré, pour protéger mon idée, puis mon invention. De là, on m’a orientée vers La Maison de l’Entreprise de ma région (Tournai) pour créer ma société, la SPRL AL-Concept. Créée en janvier 2012, son siège social est installé à Comines. On a introduit une demande de bourse de préactivité que j’ai obtenue à force de négociations». Elle a également réalisé une étude de marché et fait tester le prototype par une trentaine de femmes. Les retours étaient extrêmement positifs. Aujourd’hui, le produit est prêt. Il s’appelle Swootec. Il est distribué par LadySwoo, une société en nom collectif (SNC). « Mon produit innovant, c’est l’armature du soutien-gorge. J’ai résolu un problème technique qui empoisonne la vie de millions de femmes dans le monde. Mais je n’ai ni la structure, ni l’équipe pour créer une lingerie de luxe. J’ai donc créé une lingerie quotidienne esthétique qui améliore le maintien de la poitrine et donc le confort ».

Et inversement, quelle décision regrettez-vous ?

« Au départ, je n’avais pas compris tout cela. Je voulais non seulement créer une nouvelle armature mais également créer une marque de lingerie de luxe. Ce dernier choix était une erreur. Le risque était trop important. Toutes les demandes de financements (Novallia, Wapinvest, Boostup) ont été refusées pour la création d’une marque de luxe. Les organismes me suivaient pour financer l’armature innovante mais pas pour la marque de luxe. Trop de risques. Malheureusement, dans mon enthousiasme de départ, j’avais embauchée une jeune styliste pour lui permettre de créer la marque. Quand je lui ai annoncé que je ne pouvais plus la garder, son rêve s’est brisé. Ce passage a été particulièrement douloureux et difficile. Il reste des traces de cette décision même si l’on apprend de ses erreurs. ».

Comment favorisez-vous l’innovation ?

« Je suis bien organisée. Dans mes emplois précédents, on me faisait passer des tests de personnalité. Chaque fois, le résultat était le même: vous êtes très organisée, vous gérez bien votre temps, vous n’êtes pas vite surbookée. Et si je ne suis pas facilement désorganisée, c’est  parce j’arrive à visualiser assez clairement l’étape suivante. Je m’adapte très vite à toute situation nouvelle. Je prévois toujours un plan B. Et tout mon projet d’innovation a été construit sur ce schéma: qu’est-ce qui arrive si je me plante? C’est une attitude qui favorise l’innovation. Je réfléchis toujours à de nouvelles solutions, je m’adapte très vite aux changements ».

Quel est le dernier problème technique/technologique que vous avez rencontré ?

« J’en ai rencontrés plusieurs. Le 1er concernait la forme de l’armature. Avec un centre de recherche liégeois, on travaillait sur un prototype 3D depuis plusieurs mois. Ils avaient tout essayé mais ils n’y arrivaient pas. En tous cas, cela ne me convenait pas. A la 5e tentative, ils m’ont dit qu’ils allaient en rester là.  Mais je n’en démordais pas et j’ai insisté pour maintenir le dernier rendez-vous. En seulement 2 jours, j’ai trouvé une nouvelle possibilité. Je l’ai essayée et – « Eurêka » – j’avais trouvé. Je me suis rendue au rendez-vous. Je leur ai présenté mon idée. Ils m’ont dit que j’avais trouvé la solution. Et on a pu faire le prototype 3D.

Mon 2e challenge concernait la production. Ma 1ère idée était basée sur la technique du thermoformage. En grandes quantités, cette technique de production ne pouvait pas convenir. J’ai rencontré le responsable technique d’un atelier d’injection. Il m’a orienté vers une forme injectable et un plus grand choix de matériaux. Après une quinzaine de tests de matières, c’est avec le centre de recherches CERTECH et grâce aux chèques technologiques que nous avons finalisé. Nous avons trouvé un bon mix: pour la mémoire de forme, la résistance à la casse et la rigidité idéale pour le maintien et le confort. « .

Quelle est votre phrase préférée ?

C’est une phrase de Peter Drucker : « Chaque fois que vous voyez une entreprise qui réussit dites-vous que c’est parce qu’un jour quelqu’un a pris une décision courageuse ».

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