inspirations innovatech

Inspirations,
news et dossiers

Anthony Cognaux : le travail de la pierre, version numérique

Date de publication
6 juillet 2018
facebook twitter LinkedIn Google Mail Construction/Informatique Print
Anthony Cognaux

Il a fait entrer le savoir-faire familial – la maîtrise de la transformation de la pierre – dans l’ère de la robotique pour créer de nouveaux marchés.

On n’oublie pas le passé mais on pense au futur.

Anthony CognauxDepuis plus d’un siècle et demi, cinq générations déjà, le destin de la famille d’Anthony Cognaux est intimement lié à celui d’un travail de passions, celui de la pierre. Dès le milieu du 19e siècle, Elie Cognaux, artisan-marbrier et tailleur de pierre, installe à Bièvre sa manufacture spécialisée dans la fabrication de monuments funéraires en pierre.

La maîtrise d’une matière aussi noble est un véritable trésor. Dans cette famille, où on continue à associer au travail de la pierre le plus grand respect de la tradition, ce trésor passe de main en main.

C’est en avril 2001 que Francis Cognaux, le père d’Anthony, crée une nouvelle société, la marbrerie Design Stone. Quand cette PME s’installe à Libramont, il lui donne d’autres lettres de noblesse encore. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 12 personnes et c’est Anthony Cognaux qui en est à la tête.

Un art fait de pierres et de feu

Anthony CognauxC’est qu’à la maîtrise du travail de la pierre, Francis ajoute celle d’un autre élément naturel, le feu. Il développe une gamme très élégante de cheminées décoratives que ses équipes habillent de pierre, de marbre, de granit dur. Toutes les teintes, jusque et y compris le noir absolu, toutes les formes, tous les styles. Classique, moderne, rustique ou contemporain. Les ouvriers-artisans s’occupent de la pose et du système de chauffage personnalisé.

De pierres, toutes les pièces de la maison peuvent être habillées : la cuisine, la salle de bain, les escaliers, les revêtements de sol, mais aussi les façades extérieures du bâtiment jusqu’aux objets les plus improbables, en ce compris des reproductions de sculptures, réalisées pour le compte d’artistes internationaux.

Anthony CognauxElie Cognaux serait surpris aujourd’hui de découvrir dans l’atelier de son arrière-arrière-petit-neveux, un robot 7 axes qui virevolte autour de la matière, la découpe, la creuse, grâce à des fraises et disques diamantés. Un outil incroyable qu’Anthony, amoureux des nouvelles technologies, avoue venir admirer durant la nuit.

Anthony Cognaux, aux manettes de l’entreprise familiale depuis juillet 2017, est un autodidacte. A 17 ans, il travaillait déjà dans l’entreprise familiale. « J’étais principalement à la pose ». Un ouvrier de grande qualité : il a obtenu la médaille du Cadet du travail 2011 de l’institut royal des élites du travail de Belgique, secteur construction catégorie marbrerie.

Anthony Cognaux, fan de robotique

Anthony CognauxMais c’est aussi un fan de robotique. Rapidement, ce technologue va convaincre son père de faire entrer l’entreprise dans l’industrie 4.0.

« En 2007, on a fait l’acquisition d’une machine CNC 5 axes. C’était la première fois que le constructeur vendait une machine aussi grande sur le territoire du Benelux. » Une machine pareille, il faut savoir la piloter. « Quand j’ai acheté la machine, je savais juste faire de l’informatique. J’ai suivi une formation de deux semaines donnée par l’installateur et puis je me suis débrouillé par essais-erreurs ».

Un équipement qui, tout en réalisant des produits conformes aux critères de qualité familiaux et dans des gammes de prix similaires, a permis à l’entreprise de se passer de sous-traitance et d’augmenter la gamme de ses produits.

Un vrai déclencheur. « Je réalisais mes rêves de gosse. Après cette machine, on a fait l’acquisition d’une nouvelle débiteuse qui, munie de ventouses, déplace les pièces au fur et à mesure qu’on les débite. Puis du matériel un peu plus classique, comme des polissoirs à chants ou à plat, une découpe au jet d’eau 5 axes ».

Février 2018: un robot 7 axes pour ne plus avoir de limites

Jusqu’à ce mois de février 2018 où le robot 7 axes, machine au look futuriste, est entré par la porte de l’atelier !

« L’idée, c’était de ne plus avoir aucune limite dans la fabrication et de pouvoir partir à l’export. Il s’agit en fait d’un robot 6 axes complété d’une table tournante. L’engin, qui fait 4 mètres de haut, permet de réaliser des pièces de 3 m x 4 m et plus, des petites, moyennes et grandes séries ». Et, à côté du bras articulé, une zone fixe a été installée pour permettre de travailler sur des pièces bien plus volumineuses encore.

« A terme, poursuit Anthony, on va d’ailleurs dissocier les deux métiers, au moins sur le plan de la communication : Design Stone continuera à faire de la marbrerie tandis que l’autre partie fera de l’usinage, de la découpe à jets d’eau, des prototypes et de la petite série.

Comment a évolué votre métier ?

Anthony CognauxL’évolution du métier, c’est un peu ce qu’on est en train de développer avec le Pôle numérique de Liège, inauguré début 2018, explique Anthony Cognaux.

« A la base, poursuit-il, il y a 3 ans, j’avais rencontré Olivier Defêche, spécialisé en design industriel et gérant de la société liégeoise D.O Design Studio ». C’est lui qui est à l’origine de l’initiative qu’il coordonne. « Le Pôle, explique Olivier Defêche à l’UCM Magazine, n’est que la concrétisation d’une façade commune, destinée à faciliter la démarche du client qui a un besoin dans le domaine de la 3D, et qui ne sait pas spécialement à qui s’adresser pour obtenir la solution la plus adéquate. En plus d’avoir un espace réservé aux réalisations de chacun dans le showroom commun, et un accès à certaines facilités (comme une salle de réunion ou une connexion internet et même un atelier au sous-sol), certains membres éloignés géographiquement vont venir s’installer à demeure au Pôle. »

Une maquette bas relief de la ville de Liège

Anthony CognauxAvec Didier Klein (IdeaTo3D), qui offre un service d’impression et de modélisation d’objets 3D par dépôt de fil en fusion (ideato3d.be), le trio a réalisé son premier fait d’armes : une maquette bas-relief de la ville de Liège en 1730. Cette œuvre de Gustave Ruhl, réalisée en 1906, a été scannée, redessinée en 3D, transformée en bas-relief avant d’être découpée en 200 pièces à l’occasion du bicentenaire de l’Université de la ville.

Objectif : montrer le savoir-faire du trio. Un trio bientôt rejoint par Martin Kerstenne et François Méan de l’entreprise liégeoise Minimoi. Et ce n’est pas fini. Gecko Company apporte son expertise dans le scanning 3D laser d’environnement, HD4U créée par Fabrice Hamblet et Frederika Dewageneer, amène de la valeur ajoutée aux projets de numérisation 3D à travers des compétences dans la prise aérienne d’images tandis que RH Medias propose au sein du pôle des visites virtuelles 3D grâce à leur service Vision3D.

Enfin, en plus du bureau de géomètres experts 4D Management, le Pôle a aussi accueilli la société B71, spécialisée dans les jeux vidéo, la réalité virtuelle et la réalité augmentée ainsi que SIDEMA, spécialisée dans le développement de logiciel.

Anthony CognauxUn Pôle où chacun se complète

Un Pôle où, on l’aura compris, chacun se complète. Et qui permet de nouer des partenariats solides avec des retombées concrètes pour chaque entreprise.

« Avant la numérisation, avant ces partenariats, j’étais trop pris par l’atelier. A terme, je vais être suffisamment autonome pour me permettre de me consacrer uniquement au développement de l’entreprise, d’augmenter mes parts de marché, d’encore grandir en termes d’usinage et de prototypage. C’est clairement ce qui me passionne. Mon rêve : pour mes 40 ans, disposer d’un hall numérique encore plus grand où on travaillera toute sorte de matières ».

« La pierre, c’était parce que j’étais dedans, poursuit-il. Mais je veux m’élargir sur d’autres matières. On n’oublie pas le passé mais on pense au futur. On veut toujours faire des choses que les autres ne savent pas faire ».

Quel a été votre dernier défi technologique ?

Anthony CognauxLa réalisation de pièces compliquées, comme cet orang-outang et cet ours polaire, dont l’auteur est un sculpteur sur bronze. Ses premières esquisses en plâtre ne lui convenaient pas.

On avait très peu de temps pour les retravailler en 3D et, dans la foulée, réaliser les pièces originales. Lesquelles devaient être exposées dans un salon avant de repartir dans une galerie d’art. Pas de phases d’essais, pas de marges d’erreurs.

Après quelques nuits blanches et entre deux programmations, on a réalisé les pièces parfaites et creuses puisque notre robot peut travailler dans toutes les positions, y compris à l’envers. L’artiste a apprécié. Et il envisage désormais de travailler toujours de la même manière.

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

Ce qui me motive, c’est de n’avoir aucune limite pour mes réalisations. Je déteste la routine. J’essaie de transmettre cet état d’esprit à mon personnel. On n’oublie jamais ce que l’on a fait, d’où on vient, mais on poursuit dans un esprit d’évolution permanente, conduisant à de nouveaux produits et de nouveaux marchés.

Votre phrase préférée ?

« Soyez insatiables, soyez fous » (Steve Jobs)

Envie de développer votre entreprise, de créer des produits ou des services innovants? Les conseillers d’InnovaTech sont là pour vous accompagner dans vos développements technologiques. Prenez contact avec nous.

l'équipe de rédaction InnovaTech

Par

L'équipe de rédaction d'InnovaTech est composée d'experts en innovation technologique et en communication.

Website Facebook Twitter LinkedIn

Services associés

coach

Bénéficiez d’un coach

communication presse

Communication presse