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Un « petit TRIZ » pour imaginer des solutions innovantes et rentables

Date de publication
16 mai 2019
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ASIT

En deux demi-journées, ASIT permet d’imaginer plusieurs dizaines de solutions innovantes à des problèmes techniques complexes.

Les solutions simples sont les plus efficaces

Résoudre un problème technique complexe chez vous ou au sein de votre entreprise, c’est bien. Constater que ce problème est fréquemment rencontré par un public de plus en plus large, que votre solution est nouvelle et qu’elle apporte plein d’avantages nouveaux à ses utilisateurs, c’est beaucoup mieux. Parce qu’en fait vous venez d’innover. Une innovation, c’est une invention qui a trouvé son marché.

Pour innover, il faut être créatif. Il existe de nombreuses méthodes qui, seules ou combinées, vous permettent de l’être plus efficacement. Nous vous en avions répertoriées une dizaine dans cet article.

La résolution de problèmes techniques complexes est une forme de créativité. Parmi les méthodologies présentées dans l’article cité plus haut, on vous parlait notamment de la méthodologie TRIZ. Une méthodologie très puissante, décrite il y a 63 ans déjà et qui reste pourtant encore peu connue des industriels. En particulier dans les PME.

Pourquoi ?

1. D’abord parce qu’elle est née en Russie soviétique.

ASITCréée par Genrich Altshuller, elle part de l’idée que les solutions aux problèmes rencontrés durant la conception d’un nouveau produit s’appuient sur un petit nombre des lois d’évolution, ainsi que sur une philosophie de travail : plutôt qu’apporter directement une solution particulière à un problème spécifique, on généralise le problème et on résout ce problème généralisé avec toute une panoplie d’outils (dont le plus connu est celui des 40 principes inventifs).

TRIZ a été construit sur plusieurs approches, comme par exemple l’analyse d’une grande masse de brevets en URSS (plus de 500.000).

Or, le « rideau de fer » n’est « tombé » qu’en 1989 : entre la première publication d’Altshuller (1956) et la chute du mur, la méthode TRIZ était restée durant plus de 30 ans strictement confinée aux espaces scientifiques de l’Est.

2. Ensuite, il a fallu traduire du russe une multitude de textes liés à l’engineering et à l’innovation.

Le temps de trouver des traducteurs aguerris, on était à la fin du 20e siècle.

3. Enfin, parce qu’issu d’une approche technique, TRIZ paraît réservé aux aspects techniques – technologiques de l’innovation, et par là aux équipes de R&D et d’engineering.

Et pourtant, TRIZ est capable de traiter tout type de problème.

Ajoutons-y un réflexe naturel dans le monde de l’entreprise : lorsqu’un patron dispose d’une méthodologie efficace, susceptible de lui faire gagner des marchés, il a tendance à ne pas en faire état en public.

De nombreuses entreprises se sont pourtant appropriées cette méthodologie. Samsung et Huawei sont devenus leaders en matière de brevets et d’innovations, talonnant voire dépassant Apple, grâce à TRIZ et à de très nombreux experts formés à cette méthodologie.

TRIZ: une méthodologie puissante mais délicate à mettre en oeuvre

ASITEt puis, soyons clairs : mettre en place la méthodologie au sein d’une entreprise ne s’improvise pas. « Trop de gens ont vu TRIZ et surtout les logiciels affiliés, comme une machine à innover, presse bouton. C’est loin d’être le cas », observe Denis Cavallucci, enseignant-chercheur, et pionnier de la méthode à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Strasbourg.

Cependant, un outil puissant comme TRIZ demande aussi à être utilisé de façon adéquate, avec une bonne connaissance de la méthodologie. A tel point que de nombreux industriels avouent se contenter parfois des premières étapes de la méthode pour résoudre des problèmes en production. Les outils de formulation de problèmes de TRIZ leur permettent dans certains cas d’isoler les pièces responsables du problème et de les supprimer pour arriver à une solution exploitable.

Aller au bout de la méthode aurait sans doute permis de créer une solution vraiment innovante. Mais à quel prix, surtout si cela se fait sans accompagnement ou sans formation préalable à la méthodologie ?

Et au contraire de l’Asie où TRIZ se développe fortement (plus de 40.000 experts formés chaque année en Chine par exemple), en Wallonie, les équipes spécialisées dans cette méthodologie sont rares. On peut citer xFIVE (voir article sur Axel Neveux), et récemment la Haute Ecole HELMO qui a développé plusieurs cours appuyés sur TRIZ pour ses étudiants ingénieurs.

De TRIZ à ASIT

Alors comment faire en sorte de mettre une partie de la puissance des outils de façon simple dans les mains de personnes et leur permettre de l’appliquer à des préoccupations non techniques ?

ASITC’est l’intention de l’Israélien Roni Horowitz (pour les amateurs, lisez ici sa thèse) qui a rationalisé l’application de la théorie TRIZ, en a simplifié certains outils pour les rendre plus accessibles et universels tout en conservant leur efficacité en créant ASIT (Advanced Systematic Inventive Thinking – Réflexion Inventive Systématique Avancée).

Cette méthodologie repose sur la thèse selon laquelle les solutions simples sont les plus efficaces et propose une méthodologie d’approche systématique de solutions créatives.

 

Cette méthodologie est plus rapide et plus simple à mettre en place dans une PME :

1. Plus rapide : les participants la mettent en œuvre durant au moins une demi-journée (mais deux demi-journées paraissent nécessaires).

En comparaison, on parle de plusieurs jours pour la méthodologie TRIZ. D’autant que l’apprentissage de TRIZ demande un temps d’assimilation long et nécessite une expertise certaine qu’il faut acquérir par la formation et/ou le suivi d’un expert TRIZ.

2. Plus simple : Roni Horowitz a simplifié l’outil des 40 principes inventifs de TRIZ en les remplaçant par deux conditions et cinq outils de réflexion.

3. Efficace : on obtient 80% du résultat qui serait obtenu avec TRIZ.

Comment marche ASIT?

Voici les deux conditions d’ASIT :

1. On travaille dans un monde clos, celui du problème, ni plus, ni moins. On n’y ajoute rien.

Prenons le monde du rideau de douche et un problème que chacun a connu : à force de tirer sur ce rideau de douche, la tringle finit par s’affaisser.

Le problème une fois défini :

On décrit le monde du problème et les objets hyper proches qui le composent : les anneaux, le mur, la personne qui tire, le rideau, la fixation, la tringle.

On décrit son environnement : l’eau, l’air ambiant, le bac de douche, le panneau, le pommeau de douche… qui font également partie du problème.

2. On travaille sur un changement qualitatif.

Cette condition implique qu’on va transformer un facteur aggravant en un facteur neutre, voire positif. On va donc utiliser, voire annuler, la cause du problème.

Voici les cinq outils de réflexion d’ASIT

Ensuite, on va formaliser les différentes situations dans des phrases : la formalisation est la clé de la génération d’idées innovantes.

On s’oblige à bien formaliser, à écrire les phrases (il existe même des logiciels qui vous aident à les écrire), à utiliser les outils dans l’ordre, à classer les objets par ordre d’importance, à définir des rôles dans l’équipe (scribe, animateur…), à n’utiliser qu’un maximum de 8 objets dans un problème pour un niveau. Et comme dans tout processus créatif, on ne refuse a priori aucune idée : on note et puis on analyse selon des critères de faisabilité, d’originalité et d’efficacité.

1er outil de réflexion : l’unification

Pour chacun des 8 objets, on va écrire une phrase avec l’action voulue sur le modèle : « l’objet va action voulue ».

Par exemple : la tringle va empêcher la tringle de s’affaisser. Assez naturellement, cette phrase va permettre de proposer des solutions : une double tringle, une tringle à mémoire de formes, …

2e objet : le rideau va empêcher la tringle de s’affaisser. On pourrait alors imaginer un rideau super léger, un rideau qu’on ne tire pas, …

2e outil : la multiplication

Cette fois encore, pour chacun des 8 objets, on va écrire une phrase sur le mode générique : un nouvel objet du même type que l’objet va action voulue. Un volet va empêcher la tringle de s’affaisser.

3e outil : la division

L’objet est divisé en liste de parties qui seront réorganisées dans le temps ou l’espace. Par exemple : les anneaux vont être divisé en une série d’anneaux qui vont être réorganisés dans le temps et l’espace.

4e outil : la symétrie ou caractéristiques

Cette fois, on va changer les caractéristiques de l’objet. Par exemple, le rideau est composé d’autres matériaux, devient rigide ou hydrophobe …

5e outil : la suppression

On supprime un objet et on vérifie si ça tient toujours la route. Par exemple: on enlève le rideau. Le seul objet à ne pouvoir être éliminé est évidemment… l’utilisateur.

Une formalisation finalement peu contraignante mais qui va permettre de générer 40 phrases (5 outils X 8 objets), chacune permettant aux participants de réfléchir à des solutions qui seront ensuite listées et classées en fonction des critères de faisabilité, d’originalité et d’efficacité.

Envie d’en savoir plus ? Contactez notre collègue Isabelle Radoux, qui a suivi une formation de deux demi-journées sur cette méthodologie.

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