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Joël Dersin, spécialiste de l’ automatisation de machines-outils

Date de publication
9 juin 2017
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automatisation de machines-outils

Portrait de Joël Dersin, ingénieur qui a créé 123 Automation, intégrateur et fournisseur de solutions sur mesure en automatisation de machines-outils.

En 2009, Joël Dersin rachète une société active dans l’ automatisation de machines-outils et la transforme en une SPRL, 123 Automation Engineering & Development. Elle est installée dans le parc d’activités de Frasnes-lez-Gosselies.

Fournisseur de solutions sur mesure en automatisation de machines-outils, il avait constaté en visitant des ateliers que certaines tâches, dont l’ébavurage, étaient encore réalisées à la main. Ce travail rude et pénible consiste à retirer les bavures, ces « surplus involontaires de matière » générées par le travail des usineurs ou des injecteurs.  Il a donc conçu une machine pour l’ébavurage automatisé de pièces. Et, valeur ajoutée supplémentaire, il a réussi à donner à ce robot une certaine « sensibilité », permettant à l’automate de gérer l’aspect aléatoire d’une bavure. Découvrez le portrait d’un touche-à-tout de génie.

Je suis animé d’une envie de résoudre des problèmes, d’amener des solutions et d’éviter tout enfermement dans des schémas

Quel est votre parcours?

Ingénieur civil électromécanicien (ULB, 1987), Joël Dersin avait opté à l’époque pour une spécialisation en « électronique courant faible ». C’est de cette filière que sont venus les premiers « informaticiens » des années ’80. Grâce à un parcours industriel varié, il est devenu par la pratique un intégrateur hors-pair, une sorte d’interface entre l’infrastructure informatique et les applications fonctionnelles. Un secteur plein d’opportunités: « pour moi, l’électronique, c’était quelque chose qui avait un avenir, quelque chose qui restait dans ses grandes lignes à définir mais qui allait offrir des débouchés. Je savais que l’électronique allait être présente partout ».

Dans les différentes entreprises qu’il rejoint au fil de sa carrière – Fabricom Air Conditioning, UNISYS, ORACLE, le groupe Buhlmann – , il va se faire la main. Pour le compte de son ami Olivier Buhlmann, il va relancer l’une des filiales du groupe, Robotix, spécialisée dans l’automatisation de machines-outils. L’arrivée de Joël Dersin aux commandes du service commercial va booster les commandes de Robotix. Un succès qui va lui donner l’envie de racheter Robotix et, en 2009, de la transformer en une SPRL, 123 Automation Engineering & Development, installée dans le parc d’activités de Frasnes-lez-Gosselies. Une entreprise qui tourne. A fin mai 2017, elle présentait un chiffre d’affaires d’1,1 millions d’euros contre 935.000 euros l’an passé. Quand au personnel, il a augmenté de 5 unités pour atteindre 12 employés. Enfin, d’ici quelques semaines, l’entreprise va devenir une société anonyme.

Comment a évolué votre métier ?

Intégrateur de machines automatisées, il a décidé de créer son premier produit propre. « Il m’est apparu incroyable que des opérations répétitives, ennuyeuses et non ergonomiques, voire malsaines soient encore réalisées manuellement. J’ai donc traqué ce genre de situations dans diverses industries. J’ai rencontré un client dont de nombreux ouvriers passaient le plus clair de leurs temps à ébavurer des pièces usinées. Or, il n’existait pas de solutions permettant d’optimiser ce travail. Principalement pour des raisons de précision et d’adaptabilité à des petites séries.

Spécialisés dans l’ automatisation de machines-outils, nous avons conçu une 1ère machine d’ébavurage. Elle a été mise en service avec succès. IMG_1489Il s’est vite avéré que pour parfaire la solution installée, un générateur des trajectoires d’ébavurage était nécessaire. Inutile de dire qu’à nouveau, aucune solution n’existait. Nous avons alors défini un projet de développement d’une machine d’ébavurage automatisée plus générique et d’un logiciel. Celui-ci permet au client, sur base du dessin 3D de ses pièces, de générer les trajectoires d’ébavurage en automatique. 123Automation reste bien entendu intégrateur et fournisseur de solutions sur mesure autant pour l’automatisation en général que pour l’adaptation de sa machine d’ébavurage automatisée aux demandes et contraintes spécifiques de ses clients. »

Une machine a d’ores et déjà été vendue en Belgique et une quinzaine de sociétés ont manifesté de l’intérêt.

Quelle est votre meilleure décision professionnelle ?

« Soit il n’y en a aucune, soit elles sont trop nombreuses pour les citer. Mon perfectionnisme doit être à l’origine de ma 1ère réponse. Mon côté positif quasi permanent doit être la raison de ma 2e réponse. D’une manière générale, je suis animé d’une envie de résoudre des problèmes, d’amener des solutions et d’éviter tout enfermement dans des schémas. L’écoute du client et la compréhension de son problème sont les 1ères étapes de la résolution du problème. Un collaborateur de longue date m’appelle « 109 ». C’est le triste score réalisé lors d’une partie de golf. Mais c’est surtout un chiffre qui résonne comme « sang neuf ». Il me va bien. Je résumerais ma réponse comme ceci: avoir toujours osé,  en ayant les pieds sur terre et en faisant confiance à mes qualités. J’essaie d’inculquer cela à mes collaborateurs. Et cela, c’est très certainement une bonne décision. »

Et inversement, quelle décision regrettez-vous ?

« Sans vouloir paraître prétentieux, car des bonnes et des mauvaises décisions j’en ai prises, je n’arrive pas à trouver au fond de moi un quelconque regret par rapport aux décisions que j’ai prises. J’ai toujours considéré l’échec, la chute, … comme des nécessités pour l’évolution. »

Comment favorisez-vous l’innovation ?

« En me détachant totalement de schémas de pensées et de canevas de solutions lors de l’écoute ou l’étude du problème du client/prospect. Cela permet de libérer toute la créativité. Pour moi, il est impératif de passer par la phase « penser à haute voix » et de ne pas craindre de sortir de bêtises lors de ces phases. La veille technologique est bien évidemment inévitable. Formations, visites de foires et rencontres de fournisseurs sont au planning de l’équipe chaque année. Il est aussi important de noter que le terme innovation est très relatif selon la société qu’on rencontre. Très souvent, l’entreprise, loin de notre expertise technologique, n’est pas au fait d’une amélioration possible au sein de sa production.

Quel est le dernier problème technique/technologique rencontré ?

Nombreuses sont les idées et solutions innovantes qui ont dû être mises en pratique et développées pour arriver à notre solution d’ébavurage automatisé. L’une d’entre elles, le générateur automatique de trajectoires depuis le fichier 3D d’une pièce, est déjà un fameux challenge. Mais une fois le code généré, compilé, exécuté, une fois que le robot se retrouve dans la pièce avec sa broche, qu’en est-il d’une demande d’arrêt et de dégagement « rapide » de celui-ci en évitant toute collision. Faudra-t-il refaire tout le chemin parcouru ? Continuer sans contact ? Programmer un repli pour chaque point ? Eh bien non, nous nous sommes replongés dans la géométrie dans l’espace, quelques formules, quelques calculs nécessitant toutefois une belle visualisation spatiale… et notre robot se dégage « rapidement » sans collision.

Votre phrase préférée ?

Elle est de Marc Twain « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Elle reflète quelques-unes des installations de 123Automation.

 

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