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Bien décrire le problème (technique), c’est déjà presque trouver la solution

Date de publication
16 mai 2019
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Axel Neveux

Durant toute sa carrière, Axel Neveux a créé des solutions pérennes, pragmatiques et rentables au profit des industriels wallons.

« Ma meilleure décision ? Avoir choisi de continuer à apprendre »

Si vous êtes un industriel wallon, que l’innovation technologique vous passionne, vous intrigue ou vous fait peur, vous l’avez sûrement déjà rencontré au moins une fois dans votre usine ou dans votre atelier. Et vous en aurez gardé le souvenir d’un passionné généreux, créatif et rigoureux, d’un homme de solutions pragmatiques et rentables pour votre entreprise.

Titulaire d’un master en zoologie (orientation étude des écosystèmes) à l’Umons (1988), d’un master en économie appliquée (orientation gestion d’entreprise) à l’UCL-Mons (1996), Axel Neveux a démarré sa vie professionnelle comme chercheur dans une station d’épuration par macrophytes (des techniques d’épuration des eaux usées domestiques par lits plantés de roseaux communs) – pour le compte du Cercle des Naturalistes de Belgique.

Axel Neveux a ensuite rejoint une firme pharmacologique commercialisant le premier inhibiteur de la pompe à protons. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont un groupe de molécules dont l’action principale est une réduction prononcée et de longue durée (18 à 24 heures) de la production d’acidité gastrique en agissant sur la pompe à protons. Les IPP sont les successeurs des antihistaminiques H2.

Agoria, CeRDT, InnovaTech

Axel NeveuxEn 1991, il rejoint Agoria Hainaut-Namur, la fédération de l’industrie technologique comme conseiller en environnement. Il y occupe également les fonctions de conseiller en économie, en charge du développement stratégique des TPE et PME. C’est à ce titre qu’il va développer, en 1996, un premier processus d’accompagnement spécifique des entreprises installées dans les deux provinces et actives dans le domaine de l’innovation technologique.

A un moment où l’innovation, en particulier technologique, n’était pas encore devenue un mot à la mode.

Innovation technologique, processus d’accompagnement des entreprises, TPE-PME : ce sont des formules qui vous disent quelque chose ? Normal. En 2002, Axel Neveux devient le coordinateur du CeRDT (Centre de Promotion de la Recherche & Développement et de Valorisation des Technologies en Hainaut), une asbl créée par la Région wallonne et l’Union Européenne (phasing-out de l’Objectif 1), active à l’époque sur la seule province de Hainaut.

Nos plus anciens « clients » s’en souviennent : le CeRDT, c’est la structure publique qui a précédé la naissance d’InnovaTech, au moment où les missions d’accompagnement ont été étendues à l’ensemble de la Wallonie. Assez naturellement et, jusqu’en 2012, c’est Axel Neveux qui fut le directeur d’InnovaTech.

« Du problème naît la solution »

Vous connaissez TRIZ ? C’est une méthode de résolution de problèmes inventifs, de préférence techniques et ardus.

Axel NeveuxAxel Neveux s’est passionné pour cette méthodologie dont il a décortiqué tous les ressorts et toute la puissance au travers d’un master à l’INSA (Strasbourg), l’Advanced Master in Innovative Design, TRIZ, inventive design. Une passion qui l’a conduit à créer sa propre entreprise, la SCRL xFIVE (Enghien) qu’il a fondée avec Xavier Lepot, un ancien de Solvay, ingénieur civil en Mécanique (UCL 1986) et en gestion industrielle (KUL 1987). Une équipe qui s’est renforcée avec l’arrivée de Stéphane Badts, Frédéric Lemans, Yves Guillou et Séverine Baudrux en tant que conseillère pédagogique.

La méthode C.A.D.M.I.

Mais on aurait tort de réduire l’entreprise à une équipe d’ingénieurs passant ses journées en laboratoire. « Nous partons de l’idée, de la frustration du marché et allons jusqu’à construire et tester sur le marché le prototype fonctionnel du produit/service développé avec l’entreprise. Objectif ? Transformer le projet d’innovation en business tangible ».

Axel NeveuxTous les créatifs vous le diront : pour résoudre un problème, il faut d’abord bien le décrire. « Car, au final, c’est du problème que naît la solution, poursuit Axel Neveux. Chaque entreprise est confrontée au fait de résoudre des problèmes pour aller de l’avant. Et certains d’entre eux sont parfois très présents, complexes à aborder, persistants malgré les efforts déployés, et mêlent toutes sortes de facettes : centrées sur le client, humaines, techniques, commerciales, financières,… C’est là que xFIVE intervient, pour solutionner les challenges multidisciplinaires complexes auxquels sont confrontés ses clients ».

Pour y arriver, l’équipe d’xFIVE déploie une méthodologie qui lui est propre, baptisée C.A.D.M.I, reconnue internationalement et centrée utilisateurs. C.A.D.M.I., c’est l’acronyme de « prise de Conscience, Analyse de la situation, Développement de concepts de solution, Matérialisation des meilleurs concepts, évaluation de l’Impact ». Une méthode qui intègre de nombreux outils extrêmement efficaces comme l’Analyse de la Valeur, Value Innovation, TRIZ, QFD (Quality Function Deployment), méthodes agiles, Design Thinking, Business Model Canvas, etc….

Comment a évolué votre métier ?

Dans le monde industriel, le cloisonnement des métiers qui fonctionnent par silos, a tendance à disparaître, même s’il reste des spécialistes, tandis qu’émerge le métier d’intégrateur, qui intègre et associe ces compétences au profit de l’optimisation du process industriel, de la création ou de l’amélioration de produits. xFIVE a été l’un des premiers à offrir une solution intégrant les compétences très pointues des différents métiers qu’accumule une entreprise.

Votre meilleure décision professionnelle ?

Avoir choisi de continuer à apprendre. C’est peut-être dû à mon ADN : je suis curieux de nature, j’essaie de comprendre le mode de fonctionnement des objets, des systèmes et des personnes qui m’entourent. Pas pris isolément mais dans leurs écosystèmes : on réagit dans un environnement donné, dans un contexte bien particulier. Ce qui explique la difficulté de mise en place d’une stratégie. On est presque toujours influencés par ce qui nous est proche, ce qui nous entoure.

Durant mes masters, mes professeurs m’ont toujours dit que j’avais un mode de raisonnement particulier. « Vous avez la capacité d’intégrer un nombre considérable d’informations » me disaient-ils.

Des regrets ?

Je n’ai pas de regrets professionnels mais j’aurais aimé naître plus tard. Quand je vois toutes les initiatives entrepreneuriales d’aujourd’hui à l’égard du monde estudiantin… A l’époque, on avait le projet de développer une activité de pisciculture d’écrevisses indigènes. Aucun prof ne nous a écoutés. A l’époque, à 20 ans, c’était compliqué de faire tout cela, tout seul.

Votre dernier défi technologique ?

Vu notre obligation de confidentialité sur les défis technologiques pour lesquels nos clients demandent notre intervention, j’aimerais mettre avant un développement interne, xPERT-O, qui a représenté un défi technologique relevé grâce à un partenariat avec le MIC. xPERT-O, un outil d’intelligence collective permettant de capitaliser la connaissance autour d’une problématique complexe et de la modéliser afin de mettre en avant les enjeux clés sur lesquels concentrer ses ressources. On l’avait présenté lors de votre évènement « A la découverte des innovations wallonnes ». xPERT-O, c’est notre outil pour distinguer l’essentiel de l’accessoire, et il est à la base de plusieurs success stories.

Comment favorisez-vous l’innovation ?

L’innovation est un état d’esprit qu’on entretient en interne et auprès de nos clients, qui s’enrichit au contact des clients, des partenaires, des défis et des échecs. L’innovation est un moyen. C’est une réponse positive à la frustration d’un marché. Quand le marché l’adopte, c’est parce qu’elle apporte une solution à cette frustration collective qui, jusque-là, n’avait pas été solutionnée de manière satisfaisante.

L’innovation de rupture – une technologie qui finit par remplacer une technologie dominante sur un marché – peut parfois répondre de manière très radicale à cette frustration. Mais on ne retient que les innovations de ce type qui ont connu un vrai succès. Or, certaines n’ont pas marché. Mais les échecs sont aussi sources d’enrichissement intellectuel. C’est de la création de connaissance : savoir que cela ne fonctionne pas, ici et maintenant, c’est de la connaissance.

Votre phrase préférée ?

Il y en a beaucoup. L’ennui, c’est que je les retiens mal et les transforme toujours en leur donnant un nouveau sens qui, tout compte fait, prête à la réflexion. Pour le plus grand plaisir de mes interlocuteurs!

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