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BattleKart: l’expérience karting qui cartonne à Dottignies

Date de publication
16 février 2017
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BattleKart

3 ans après le lancement de BattleKart, ce karting en réalité augmentée attire toujours plus de joueurs. Et des demandes de franchises venues du monde entier.

« Il y a 3 ans, j’étais dans mon salon à bidouiller des jeux électroniques, se souvient Sébastien Millecam. Et puis, j’ai pris les commandes de BattleKart. Aujourd’hui, je fais beaucoup plus d’administratif que de R&D ».

Ce qui me motive vraiment, c’est de voir mes clients heureux. Ce jeu arrive à les transporter dans un autre monde. Et ce n’est que du bonheur.

C’est un peu la rançon du succès. En 2017, Sébastien Millecam et l’équipe de BattleKart croulent sous les demandes. Sous les demandes de la clientèle – « on en est à plus de 27.500 joueurs et on a déjà plus de nouveaux joueurs en 2017 que durant la même période l’an passé » – mais aussi sous les demandes de franchises. « Après le reportage diffusé sur TF1, on en a eu 50 d’un coup. Hier (le jeudi 9 février 2017, NDLR), on a reçu 5 demandes de franchise par e-mail. Dont une d’Australie et une autre de Dubaï. Les négociations sont longues : « on est en passe de signer pour deux projets en France ». Cela prend du temps parce que chaque nouveau lieu est un défi technologique. L’une des salles choisie par les franchiseurs présente, par exemple, une multitude de poteaux. Pour éviter les collisions, il faudrait notamment créer des zones d’exclusion de l’ordre de 9m² par poteau. Ce qui réduit d’autant la place disponible.

BattleKart: de nouveaux karts, de nouveaux jeux

BattleKartA Dottignies, la demande s’accroit, Sébastien et son associé, Tanguy della Faille, ont décidé de se doter de 9 nouveaux karts. « On a fait des essais avec 12 karts en même temps : cela passe. On baisse la taille de la piste mais on augmente la densité du jeu. Et, en fonction, on s’adapte : soit tout le monde démarre sur une même grille de départ, soit ils se répartissent un peu partout sur un circuit un peu plus petit ». Du coup, l’équipe réfléchit à de nouveaux modèles de courses, de nouveaux jeux. On ne s’ennuie pas chez BattleKart ! Et le public aime : leur avis est un 4,8 sur 5 sur sa page Facebook.

L’équipe s’agrandit. « On est 7 équivalents temps plein (ETP) dans BattleKart Belgium et 6 dans BattleKart Europe où est logée l’équipe R&D. Ils ne sont pas encore très bien payés mais gagnent plus que moi« . Il est vrai que l’entreprise mouscronnoise vient enfin d’atteindre son break even (le point mort, le seuil de rentabilité à partir duquel une entreprise devient bénéficiaire).

BattleKart: une idée née dans le train entre Mouscron et Tournai

On vient de loin. Originaire de Mouscron, Sébastien Millecam a fait ses primaires en Flandre pour être bilingue. « Je suis repassé du côté wallon pour faire mes secondaires à Mouscron (Collège sainte Marie) et à Tournai (Athénée Royal Jules Bara). J’ai ensuite fait Polytech à Mons (finalité Informatique et Gestion) » explique-t-il. « L’idée de BattleKart est née en septembre 2010, dans le train entre Mouscron et Tournai, un dimanche soir en retournant à mon kot. J’ai participé au concours Start Academy où j’ai passé le premier éliminatoire. Mais le second a été un échec en raison de slides préparés en dernière minute dans le train. J’ai alors compris qu’une idée, aussi intéressante soit-elle, ne valait rien si elle n’était pas bien expliquée ».

Ce n’était que partie remise. « Lors de ma 4ème année, j’ai fait évoluer l’idée dans ma tête. Et plus j’y réfléchissais, plus la perspective de faire de ce concept mon métier m’apparaissait comme évidente. J’ai alors convaincu mes profs de me laisser choisir ce sujet pour les différents projets à venir : projet de Marketing, Umons Entrepreneurs, travail de fin d’études ».

Le travail de fin d’études de Sébastien consistait à réaliser une version miniature du projet. « J’ai fabriqué deux voitures téléguidées pilotées par des tablettes tactiles qui roulaient dans un environnement BattleKart. La charge de travail a été énorme : designer des voitures, les construire, développer le programme du microcontrôleur embarqué dans les voitures, créer celui qui transforme les tablettes tactiles en télécommandes ainsi que celui qui génère l’image pour le vidéoprojecteur, développer le système de localisation et le programme qui fait communiquer tout ça, et enfin, écrire un rapport qui synthétise le projet ».

Finalement, il présentera son TFE en août 2012. « Et j’ai obtenu un 19/20 ! »

« Je dessinais BattleKart en 3D au lieu d’étudier »

« En attendant, poursuit Sébastien, pendant la session d’examens de juin, et alors que j’étais censé étudier pour les quelques cours du second quadrimestre, j’ai passé mes nuits à dessiner ce à quoi ressemblerait un BattleKart en 3D et à réaliser une animation 3D expliquant son fonctionnement et les bonus ».

Sa première expérience à la Start Academy l’avait convaincu de soigner sa présentation. Or, cette fois, il s’agissait bien plus que de participer à un concours. « Fin juin, j’allais participer à l’ Award AIMs (Award de l’association des Ingénieurs de Mons). Et je considérais ce concours comme un test pour savoir si, oui ou non, à 23 ans et sans aucune expérience, j’allais me lancer corps et âme dans ce projet. Sinon, il ne me restait plus qu’à trouver un autre job en sortant des études ».

Ça passe ou ça casse. « Lors de la présentation à l’Award AIMs, au lieu de mettre mon animation 3D dans mes slides, j’ai mis mes slides dans mon animation 3D. Les slides étaient disposés sur le circuit 3D et la vue changeait pour aller d’un slide à l’autre. Ça contrastait avec les slides préparés dans le train en dernière minute de la Start Academy. Et ça a payé ! » Au propre (2500€) comme au figuré. « J’avais également utilisé l’animation 3D lors de l’ Umons Entrepreneurs. Au final, cette présentation a fait l’objet d’une vidéo qui, postée sur Facebook, a été remarquée ». Le début d’une incroyable aventure.

Comment a évolué le métier de BattleKart ?

BattleKart« Les choses changent radicalement. Aujourd’hui, tout est en train d’être porté sur un moteur de jeu vidéo. Ce qui nous offre tout un tas de facilités : alors que chaque modification du jeu nous obligeait à tout calculer nous-mêmes, désormais, c’est la machine qui calcule pour nous. Il est donc beaucoup plus facile de développer de nouveaux jeux. Avant, on n’avait que deux jeux. Et on était coincés. Aujourd’hui, on peut modifier les jeux à souhait ».

« Second changement : les jeux qui vont être développés le seront en open source. Un moyen qui permet de développer des collaborations et la créativité. Pour alimenter tout cela, nous allons organiser des events composés de:

  • Une game jam : une game jam est une sorte d’ hackathon ayant pour thème principal les jeux vidéo. Les participants, groupés en équipes, doivent créer un jeu dans un temps limité, généralement le temps d’un week-end, sur 24 à 72 heures.
  • Une lan party : un évènement rassemblant physiquement des gamers participant à un tournoi ».

Quel a été votre dernier défi technologique ?

« Notre plus gros défi a consisté en un changement complet de l’architecture du réseau BattleKart. Avant le mois de novembre, on disposait de dix réseaux physiquement séparés pour gérer chaque composante du système. Ce qui rendait le monitoring du système ultra complexe à mettre en œuvre. Aujourd’hui, on a remis tout le monde sur le même réseau mais en multicast (multidiffusion d’un émetteur vers un groupe de récepteurs). Cela nous a permis d’éliminer des milliers de lignes de code dans le programme et de gagner en vitesse ».

Comment favorisez-vous l’innovation au sein de BattleKart ?

« C’est d’abord une question de motivation. Et moi, ce qui me motive, c’est le sourire des clients. Quand je suis au bar, j’entends leurs impressions, leur enthousiasme. Et cela me booste à toujours faire mieux. Et puis, rien que pour pouvoir y jouer nous-mêmes, on est prêts à améliorer le jeu sans cesse ».

Quelle aura été votre meilleure décision professionnelle ?

« De me jeter à l’eau, de me lancer. J’ai hésité mais peu à peu, c’est un ensemble de petits trucs qui se sont construits et qui ont fait mon métier. La pierre angulaire de ce métier, c’est la réalité augmentée. Et dans le jeu vidéo, c’est une vraie innovation de rupture. Cela change complètement le plaisir de jouer. C’est comme Internet. En 2000, il n’y avait pas d’interaction entre les gens. Dix ans plus tard, il y a les réseaux sociaux. Or, dès qu’on arrive à créer des interactions, on crée de l’émotion et de la valeur ajoutée. Et lorsqu’on crée de l’émotion, on arrive à rendre son business rentable ».

Et a contrario quelle aura été la pire ?

De ne pas avoir mis de sanctions dans mon pacte d’actionnaires. Dans ces pactes, on met plein de contraintes. On dit que chacun doit faire ceci ou cela. Et s’il ne le fait pas ? Comme il n’y a pas de sanction, tout le monde s’en fiche.

Votre expression préférée ?

Beyond reality (au-delà de la réalité). Ce qui me motive vraiment, c’est de voir mes clients heureux. Ce jeu arrive à les transporter dans un autre monde. Et ce n’est que du bonheur.

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