inspirations innovatech

Inspirations,
news et dossiers

BeMicron: des unités de décontamination clé en main

Date de publication
2 mars 2020
facebook twitter LinkedIn Google Mail Environnement/Industrie/Santé Print
BeMicron, unités de décontamination

Pour l’industrie biopharmaceutique, BeMicron offre des solutions intelligentes optimisant les coûts et le contrôle en continu.

L’entreprise de Péruwelz propose aussi à ses clients des tenues pour salles blanches

BeMicron, unités de décontaminationOn le sait : l’industrie biopharmaceutique réalise trois types de produits : des produits injectables (vaccins, perfusions…), des produits pour application locale (pommade, crèmes…) et des produits oraux (pilules, comprimés, gélules, …).

La législation et les bonnes pratiques de fabrication dans l’industrie pharmaceutique imposent que ces produits soient réalisés en « salles blanches », c’est-à-dire dans une salle propre où la présence ainsi que la concentration de particules est maîtrisée. L’objectif est de minimiser l’introduction, la génération et la rétention de particules à l’intérieur afin de garantir une salle complètement stérile, tout en maintenant, à des niveaux contrôlés, la température, l’humidité ainsi que la pression.

Objectifs : protéger les produits de toute contamination bactériologique et garantir la qualité des process de fabrication.

On l’aura compris : pour entrer en zone blanche et démarrer la production, l’opérateur doit obligatoirement porter un équipement de protection totalement stérile. C’est bloquant : rien ne démarre en production sans que les opérateurs ne portent leurs tenues stériles.

BeMicron, unités de décontaminationProblème : ces vêtements de travail qui doivent être stérilisés et décontaminés sont changés jusqu’à quatre fois par jour. Ce qui nécessite une logistique intense. À tout moment et pour chaque opérateur, trois exemplaires de ces tenues circulent : celui que porte l’opérateur, celui qui est envoyé à la « blanchisserie » pour être stérilisé et celui qui, décontaminé, est entreposé sous sachets polyéthylène renforcés et soudés.

Faites le compte : par opérateur et pour une semaine de 5 jours, ce sont 44 équipements différents qui circulent. Dans l’entreprise, si elle dispose en interne d’un service de blanchisserie répondant aux normes, à l’extérieur auprès d’un sous-traitant spécialisé si ce n’est pas le cas.

Or, une part significative des 37.000 personnes actives dans les entreprises du secteur biopharmaceutique– parmi lesquelles plus de 5.000 chercheurs en 2018 – travaillent en salles blanches…

Communiquer avec la presse

Cette innovation a fait l’objet d’une conférence de presse organisée par InnovaTech, ce 05 mars 2020. Retrouvez les reportages de Nord-Eclair, l’Avenir, NoTélé et de CanalZ. Vous êtes une PME installée en Wallonie (hors brabant wallon) et vous souhaitez présenter votre innovation technologique à la presse? Faites appel à notre service communication et bénéficiez de nos tarifs avantageux. Contactez-nous.

BeMicron: rationaliser les process en termes de coûts et de contrôle

BeMicron, une PME de Gosselies, spin-out de Scaldis, propose à l’industrie de rationaliser tout cela, tant en termes de coûts que de contrôle et de validation scientifique. L’entreprise fournit en effet une unité de décontamination clé en main et d’autres outils de contrôle en continu – y compris à distance – de la contamination et de conformité aux normes internationales, grâce notamment à un dispositif informatique intelligent répondant aux exigences de conformité et de gestion.

Et, en plus des unités de décontamination, BeMicron répond aux besoins textiles, innove en matière de protection en salles blanches. BeMicron vient de sortir 3 nouvelles tenues aseptiques : la tenue avec goggle intégrée, la tenue avec respiration active et une tenue intégrant sa propre housse de protection Ecopack. BeMicron innove aussi en matière d’entreposage et de logistique ainsi que de contrôle intelligent des process grâce à la technologie UHF (dispositif RFID).

Plus de 25 ans d’expérience dans le contrôle de la contamination

Quand en 1965, Roland Vanneste et son épouse reprennent un salon lavoir, à Antoing, le long de l’Escaut, ils sont loin d’imaginer que, 55 ans plus tard, l’entreprise Scaldis aurait à ce point grandi qu’elle emploierait 75 personnes et présenterait un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros.

Un chiffre d’affaires dont aujourd’hui 65% provient du marché très pointu et très exigeant de la biopharmaceutique.

C’est que dans la famille Vanneste on a toujours su voir loin. Et relever les défis de l’industrie et de la concurrence. « On a toujours essayé de faire mieux et différemment » confirme Vincent Vanneste, le fils de Roland, qui avec son frère Thomas, préside désormais aux destinées de l’entreprise.

Une offre de blanchisserie réservée à l’industrie

Dix ans après sa création, le petit salon lavoir d’Antoing, qui avait pris le nom de Scaldis (Escaut en latin) avait déjà considérablement grandi et s’installait, en 1979, dans le parc industriel de Péruwelz. C’est que le père de Vincent Vanneste avait su profiter de l’adoption de la loi portée par Ernest Glinne – obligeant notamment l’employeur à s’occuper de l’entretien des vêtements de travail de ses employés – pour développer une offre de blanchisserie dédiée exclusivement au monde de l’industrie.

Choisir de s’attaquer à l’industrie, c’était aussi faire le choix de la compétition. « Au début, on n’était pas forcément innovant. Par contre, dans un contexte de plus en plus concurrentiel, on était obligé d’être différent, de se positionner sur des marchés en croissance ».

Mettre la blanchisserie au service de la Biopharmaceutique

Fin des années ’90, Vincent Vanneste va repérer un secteur qui ne cesse de croître en Wallonie, celui de la biopharmaceutique, où les volumes de vêtements de travail à nettoyer sont multipliés par dix en regard du marché traditionnel mais qui – revers de la médaille – exigent un niveau de qualité et de performances sans commune mesure avec ce que l’on attend d’une blanchisserie traditionnelle.

« A l’époque, explique Vincent Vanneste, licencié en sciences économiques appliquées (UCL – Fucam, 1989), je n’étais pas du tout sûr de reprendre les activités de mon père ».

L’idée de « pivoter » vers ce secteur high-tech le challenge

BeMicron, unités de décontaminationPour en comprendre les enjeux à la fois technologique, économique et organisationnel, il va suivre un stage de 6 mois chez Micronclean International, aux Pays-Bas.

Cette association de franchisés – Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Grande-Bretagne, USA et Belgique avec l’arrivée de Scaldis – était à l’époque une association de blanchisseries pour salles blanches.

Il va y découvrir les enjeux technologiques grâce à des programmes collectifs de recherche et de développement, l’implication nécessaire des opérateurs dans la normalisation, les besoins de l’industrie en termes de soins de vêtements de salles blanches. Notamment toutes les exigences associées aux salles blanches et aux environnements contrôlés: contrôle de la contamination, contrôle des décharges électrostatiques (pour la microélectronique) et les exigences microbiologiques, telles que décrites dans les normes internationales d’organisations telles que ISO, CEN et IEST.

Et preuve de l’implication de Scaldis dans cette association forte, c’est Vincent Vanneste qui la présidera de 2002 à 2005. « C’est à cette époque qu’on a véritablement lancé l’activité BeMicron (« To Be Micron Clean » avec B comme Belgium) au sein de l’entreprise ».

En dix ans, la marque a acquis une expertise reconnue sur le plan international. « Et puis cela m’a donné des compétences propres à l’international » souligne Vincent Vanneste. « J’ai vu que le potentiel était là. On le sentait vraiment ».

Mais au fil du temps, les chiffres d’affaires des franchisés grimpant sans cesse, les partenaires sont devenus des concurrents. Fini le « gentleman agreement ». « A un moment donné, quand la concurrence devient trop forte, on n’ose plus se parler ». C’est le moment de reprendre sa liberté.

Premiers brevets sur les systèmes d’habillage

BeMicron, unités de décontaminationA l’époque, pour se démarquer des autres acteurs, Scaldis ne cesse d’imaginer de nouveaux procédés et de nouveaux produits.

« Le processus classique d’habillage était à l’époque très contraignant, explique le patron de Scaldis et BeMicron. L’utilisateur était demandeur à la fois d’une solution plus confortable et de nouvelles fonctionnalités. Avec le concours du centre de recherche Sirris, les équipes de Scaldis – sous la marque de BeMicron – vont développer un système d’habillage révolutionnaire qu’ils font breveter.

« C’est en cherchant à simplifier la procédure d’habillage et en visant à limiter tout risque de contamination lors de cet habillage qu’est née l’idée de développer un nouveau produit « ready-to-use » pour entrer en salles propres ».

Des vêtements qui seront conçus très différemment des vêtements ordinaires. Développé en interne, ce produit est fabriqué à partir d’un tissu soigneusement sélectionné pour sa qualité, sa performance et sa fiabilité dans le temps. Leur résistance mécanique est optimale : une surface parfaitement lisse devant comme derrière constitue une barrière à la contamination humaine.

Autre particularité : le développement d’un système de pliage et d’habillage, tous deux brevetés, permettent aux gestes de l’opérateur de s’enchainer automatiquement sans toucher l’extérieur de la tenue et sans erreur de procédure, de manière très simple ».

 

Plus d’innovations, plus de brevets

Mais le «co-founder » n’allait évidemment pas en rester là. « Dans un milieu aussi concurrentiel, poursuit Vincent Vanneste, si on veut résister, il faut toujours innover, de manière permanente ».

BeMicron, unités de décontaminationLes brevets vont s’accumuler à Péruwelz. A la nouvelle combinaison, on adjoint des lunettes de protection intégrées. Une première mondiale. Jusqu’alors aucune combinaison de salle blanche n’apportait une solution d’habillage aseptique complètement intégrée. Pour pallier ce défaut, BeMicron a donc développé une combinaison comprenant un compartiment visuel séparé du compartiment respiratoire. L’association de ces lunettes de sécurité au système d’habillage aseptique de BeMicron permet à l’opérateur de s’habiller facilement avec une seule pièce pour entrer en zone.

« Tout a été une nouvelle fois créé en interne. On a réalisé nos propres moules, on a créé la visière facilement attachable et développé nos systèmes avec le centre de recherche SIRRIS (au travers d’une étude de faisabilité). On a développé des matériaux qui étaient compatibles avec la stérilisation gamma et le traitement en autoclave ».

Le design permet d’encapsuler toute la zone de contamination critique faciale en préservant le confort de l’opérateur. L’invention répond parfaitement aux nouvelles exigences de l’annexe I de la nouvelle version du GMP (Good Manufacturing Practices). Ces lunettes de protection intégrées sont réutilisables et lavables.

Elles sont légères et durables et adaptées aux porteurs de lunettes de vue. L’aération indirecte limite la formation de buée.

Ils brevètent également un système de respiration active intégré avec bloc de ventilation, ainsi qu’ une membrane aseptique associée à la combinaison qui, un peu comme un K-WAY, permet de positionner le vêtement replié après usage, déposent un 5e brevet sur un système de séchoir innovant et un 6e sur le process de nettoyage lui-même : « on a pu démontrer que notre process avait des propriétés stérilisantes ».

Diminuer les coûts et améliorer la logistique (externe): un ensemble de procédés qui facilite grandement la vie des opérateurs et de leurs employeurs, un suivi « intelligent ».

BeMicron, unités de décontaminationPour stériliser et décontaminer les équipements de protection, les entreprises actives dans le secteur de la biopharmaceutique ont le choix entre plusieurs solutions :

  • Elles sous-traitent cette activité à une entreprise externe.
  • Elles disposent d’un service de blanchisserie en interne et le process de stérilisation est mis à jour et contrôlé en temps réel par un prestataire externe.
  • Quant aux entreprises installées dans des pays émergents, elles disposent rarement d’un process interne, et externe.

Pour répondre à ces contraintes logistiques et optimiser leurs coûts, BeMicron a développé des unités de décontamination clé en main ainsi que divers outils de contrôle de la contamination et de conformité aux normes internationales. Des unités de décontamination réalisées par BeMicron, construites avec des technologies innovantes pour garantir, notamment, une empreinte écologique minimale (sacs réutilisables, économies dans l’utilisation des ressources naturelles, usage de l’énergie solaire…). Elles sont conçues pour être facilement reliées aux installations de salles blanches déjà existantes (air, eau, électricité, etc.).

« Nous livrons à nos clients une unité complète de contrôle de contamination, conformes aux meilleures pratiques d’usage en milieu pharmaceutique. Ces unités sont installées sur le site de nos partenaires, explique Vincent Vanneste. Des unités qui ont été conçues pour être « agiles » et répondre avec intelligence à tous les besoins de nos clients (capacité, conformité) comme le ferait une blanchisserie commerciale externe ».

Elles permettent des économies au niveau entreposage et logistique.

BeMicron, unités de décontaminationLe tout évidemment sous la contrôle d’unités spécialisées « made in Péruwelz » qui grâce à une technologie UHF (Ultra Haute Fréquence) qui autorise les applications en RFID passives, suivent en temps réel les opérations de blanchisserie.

Des écrans de contrôle qui sont également disponibles sur le smartphone du manager local. En cette matière aussi, Scaldis dispose d’une grande expérience : elle pilote ainsi avec succès plusieurs sites de décontamination au bénéfice de grands groupes biopharmaceutiques dont certaines unités de production sont installées à l’étranger.

« Plus généralement, poursuit Vincent Vanneste, le système de cloud computing en ligne permet d’exploiter et de gérer complètement une unité sur site, tant sur le plan opérationnel que qualitatif. Cette plateforme informatique couvre les besoins des clients en matière de gestion et d’information sur la qualité (traçabilité, contrôle d’accès et de vêtements, bibliothèque numérique, etc.), ainsi que les besoins internes de gestion des blanchisseries et des processus ».

Les partenaires BeMicron bénéficient d’un soutien continu pour assurer la conformité et une efficacité maximale, ce qui permet de gérer les coûts et de répondre aux demandes de validation, « aussi bien à distance à l’aide de la plateforme informatique que sur le terrain lors des visites de soutien programmées par nos spécialistes. Nos partenaires ne doivent ainsi supporter qu’un minimum de frais généraux ».

Des modules de formation et d’e-learning abordant tout ce qui est nécessaire pour faire fonctionner correctement les unités BeMicron et assurer leur conformité sont également disponibles en permanence.

« Cap sur l’Inde, notre premier marché »

L’industrie pharmaceutique indienne est aujourd’hui la troisième de la planète. Le pays, l’un des principaux producteurs mondiaux de médicaments génériques et de vaccins rentables, fournit 20% de la demande mondiale totale en volume. L’Inde, c’est 3.000 sociétés pharmaceutiques et environ 10.500 unités de fabrication.

Mais l’Inde ne satisfait pas encore à tous les contrôles qualité : plus d’un tiers des médicaments fabriqués dans le pays et écoulés à l’étranger ne respectent pas les règles en vigueur, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. 20 % des médicaments en vente sur le marché national et 35 % de ceux fabriqués en Inde et écoulés sur tous les continents sont toujours non conformes.

Un phénomène prégnant auquel BeMicron peut répondre de manière décisive. L’offre d’unités de décontamination clé en main ainsi que divers outils de contrôle de la contamination et de conformité aux normes internationales devrait y trouver un terrain favorable. Des équipes sont en cours de constitution pour s’attaquer à cet énorme marché. « On va d’abord commencer par l’Inde, explique Vincent Vanneste, mais on ne s’arrêtera pas là. Les opportunités commerciales sont énormes partout où on fait de la biotech : en Amérique du sud, dans les pays de l’Est, ailleurs encore ».

On n’a pas fini de parler de cette succes story wallonne.


Vous souhaitez rester au courant de nos articles? Abonnez-vous à notre newsletter.
Suivez nos podcasts, nos vidéos.
Besoin d’un soutien dans le développement de vos innovations? Contactez nos conseillers.

l'équipe de rédaction InnovaTech

Par

L'équipe de rédaction d'InnovaTech est composée d'experts en innovation technologique et en communication.

Website Facebook Twitter LinkedIn

Services associés

coach

Bénéficiez d’un coach

communication presse

Communication presse