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Ben Piquard, le marathonien des coachs de start-ups

Date de publication
10 février 2017
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Ben Piquard

Ben Piquard est le directeur opérationnel de Leansquare depuis 2014, l’accélérateur qui a déjà pris des parts dans 20 start-ups pour un total de 10 millions d’euros. Portrait de cet évangéliste, entrepreneur, musicien, sportif et coach baliseur de (bonnes) pistes.

 

Ben PiquardC’est un vrai passionné de start-ups et d’informatique animé par la construction de projets. Son parcours en témoigne: diplômé ingénieur commercial HEC en 1992, il sillonnera 10 sociétés différentes en 14 ans. Des sociétés, filiales belges de boites américaines, toujours orientées sur des projets IT (BI, SAAS, ERP, Reportings,…). « Déjà gamin, j’étais très geek, ensuite,  j’ai aimé allier business et technologies ».

S’il a régulièrement changé de métier, c’est aussi parce que les projets IT mettent en moyenne 18 mois à se lancer.  « J’aime l’idée de bidouiller à 2 dans un garage : ce démarrage technico-commercial de projets m’a toujours passionné. Après quand ça roule et qu’on engage des dizaines d’employés, ça devient moins excitant ».

« Quand on ne peut plus revenir en arrière, on ne doit que se préoccuper de la meilleure façon d’aller de l’avant »

Directeur du Microsoft Innovation Center de Mons : le développement IT d’une région

En 2008, après avoir été pendant 2 ans le responsable des ventes d’un CRM pour Microsoft, on lui propose de mettre en place le 1er Microsoft Innovation Center (MIC) et d’en prendre la direction. « Il s’agit d’un concept qui n’existait pas encore en Europe pour Microsoft : un partenariat public/privé réalisé pour stimuler l’IT et viser la création de 250 emplois/an ». Ce type de projet voyait plutôt le jour dans des pays émergents mais la Wallonie accusait un retard dans le domaine de la maturité informatique des PME. L’installer à Mons en perspective d’un Mons 2015 et du développement du Parc de développement économique Initialis avait tout son sens ».

« J’ai adoré ce boulot car il faisait « sens ». Tu ne fais pas seulement plaisir aux actionnaires : tu es aligné avec tes valeurs, tu sais pourquoi tu travailles, tu aides la société à se transformer et, le projet ne fonctionne que si tu apportes vraiment de la plus-value aux clients et utilisateurs. C’est participer à la politique de sa région dans le plus noble sens du terme ».

Durant ces 6 années à la barre du MIC, il mettra en place des certifications, des appels à projets. Il permettra à plus de 200 stagiaires de tester leurs compétences auprès de PME, il créera les 1ers Boostcamps (accompagnement dynamique de start-ups) qui continuent de bien fonctionner un peu partout, notamment à Bruxelles (où il reste le principal coach du Boostcamp actuel). Les formats wallons de Nest’in/Nest’up (lancement de start-ups) en sont, en quelque sorte, des évolutions…

Retour à Liège avec Leansquare : focus sur le business

En 2014, il décide de devenir indépendant à temps-plein. Très vite, ce spécialiste des start-ups deviendra coach pour Activ’up qui changera de nom en LeanSquare.

LeanSquare

La structure liégeoise se définit comme un investisseur et accélérateur de start-ups. C’est une initiative publique et privée.

Depuis le début de l’aventure, plus de 20 projets ont été financés levant ensemble 10 millions d’euros.

Au niveau des services, les prétendants peuvent participer à un One Hour Challenge pour tester leur projet face aux experts de LeanSquare.

Plus d’infos sur www.leansquare.be ou www.onehourchallenge.be

Il y prend part comme coach principal puis directeur opérationnel. « Je ne travaille pas de manière hiérarchique comme un directeur qui donne des ordres, je suis plutôt en mode projets, on fonctionne entre intra/entrepreneurs. Avec la jeune génération, la chance c’est d’apprendre, d’avoir des échanges nombreux, de partager son expérience et de bosser dans un vrai respect mutuel ».

Leansquare - Ben PiquardAvec Leansquare, c’est une suite logique de l’accompagnement de start-ups « Les boostcamps du MIC m’ont permis d’aider des projets à se mettre sur pied. Maintenant, je me consacre beaucoup plus sur l’aspect commercial, business et financement. C’est une suite logique. Il y a une vraie demande de financement des start-ups qui n’est pas assez couverte en Wallonie. Le fonds d’investissement que l’on propose est un complément aux Business Angels ou aux FFFF (fools, friends, family, funds) ».

Et que dire du crowdfunding ? « C’est efficace mais à condition de chercher des ambassadeurs : prenez l’exemple d’Acar’up qui a séduit des pharmaciens grâce à son crowdfunding. Si pas, ça prend quand même beaucoup  d’énergie et de temps. Or, il faut ce soit un vrai levier commercial. Si le projet est bon, de l’argent, tu pourras en lever ailleurs ».

La méthode de Ben Piquard pour financer les start-ups : un équilibre parfait

Beaucoup de start-ups passent trop de temps à développer l’idée ou l’équipe et ne consacrent  pas assez de temps à l’ attraction de clients ou au business model. Il y a un problème de méthode ou peut-être d’éducation aussi (on vous conseille de suivre les cours en ligne de Ben Piquard pour enrayer quelques lacunes, si nécessaire).  Prenez un entrepreneur dans l’immobilier: il va vendre son 1er étage d’immeuble sur plans, puis il va commencer à construire. Il y a une sorte d’idée romantique que l’on finance des super gars. On finance surtout une vision, une méthode, une traction.  Beaucoup de projets ont le potentiel mais échouent car ils n’arrivent pas à équilibrer les différentes forces nécessaires. 

Il n’y a pas de vraie théorie sur le succès des start-ups. Mais par contre, on sait ce qui les fait échouer dans 98% des cas : un mauvais équilibre.

Bateau pneumatique Pour Ben Piquard, il y a 5 forces à équilibrer : 

  • Le produit qui résout un problème (pain)
  • L’équipe
  • Le business model
  • Les clients
  • Le financement

 

Il vaut mieux avoir un 7/10 dans ces 5 aspects qu’un 3/10 dans l’un et 10/10 dans l’autre. Prenez l’image d’un bateau pneumatique en forme de pentagone avec 1 personne sur chaque coin. Si l’un devient trop gros (ou trop léger), il va faire pencher le bateau. Ils doivent tous « évoluer » simultanément. Cela ne garantira pas la destination finale mais au moins cela permettra de ne pas couler. En encourageant les start-ups dans ce sens, on les met dans les conditions de la réussite. Une start-up c’est une course contre la montre : il faut un équilibre malin, ne pas uniquement se consacrer à ce que l’on aime bien et bien utiliser son temps.

Quelle a été votre meilleure décision ?

« C’est plus personnel mais il y a 4 ans, je me suis décidé à apprendre le solfège, je me suis inscrit à l’académie et je joue maintenant dans un groupe. Il n’y a pas d’âge pour se lancer et apprendre. Quand on te demande quand est-ce qu’il faut planter un arbre,  certains diront qu’il aurait fallu le planter il y a 20 ans pour qu’il soit beau maintenant, d’autres diront de le planter maintenant. Se lancer tard n’est pas un problème : il ne faut pas vouloir devenir le champion du monde, prendre son temps, profiter, viser l’excellence malgré tout ».

Et inversement, un regret professionnel ?

‘Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises décisions. Je ne regrette rien, les choses se font comme elles doivent se faire. Quand j’ai quitté le MIC Mons, je pouvais aller à Seattle pour Microsoft mais pour des raisons personnelles, cela n’a pas été possible à ce moment de ma vie, je ne pouvais pas y aller. A refaire, oui, peut-être que j’irais mais maintenant je suis chez Leansquare et c’est aussi très passionnant. Il y a toujours plein d’opportunités, si tu rates le bus, tu prendras le prochain ». Néanmoins, s’il avait un  jour une opportunité de développer un projet en Inde ou au Nepal, il se dirait « Pourquoi pas ».

Un défi technologique à relever ?

Son ami Roald Sieberath le lui faisait remarquer récemment : au niveau technologique, tout ce qui touche le Deep tech, l’intelligence artificielle, l’iOT, le Big Data… est sérieusement en train de (re)devenir passionnant. « Le vrai challenge va être de maitriser ces technologies en profondeur. Il va falloir encourager à apprendre à coder, les compétences IT sont encore trop fragiles de manière générale et il y a de vraies opportunités à saisir ».

Une citation/phrase préférée ?

Celle de Paulo Coelho : « Quand on ne peut plus revenir en arrière, on ne doit que se préoccuper de la meilleure façon d’aller de l’avant »

 

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