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Céline Coupain : Ambassadeur Made Different Digital Wallonia

Date de publication
13 avril 2018
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Céline Coupain

Chez Burnsen (Seneffe), elle a piloté la transformation de l’unité de production. Objectif : faire de la petite et moyenne série à des prix compétitifs.

Made Different Digital Wallonia a identifié 7 entreprises manufacturières « Ambassadeurs Made Different Digital Wallonia ». L’objectif ? Encourager et favoriser les initiatives innovantes et les précurseurs sur une ou plusieurs des 7 transformations qui font d’eux des Industries du Futur.

Ces 7 Ambassadeurs sont des entreprises qui ont atteint un niveau de maturité élevé sur une des 7 transformations du programme Made Different et qui souhaitent insuffler un mouvement d’impulsion vis-à-vis d’autres PME wallonnes encore en retrait des technologies récentes.

Au travers de ces ambassadeurs, l’objectif est, notamment, de rassurer les PME wallonnes et d’encourager à rompre avec l’a priori que l’industrialisation ne concerne que les grandes entreprises délocalisées. La transformation digitale est à la portée de tous.

Derrière ces entreprises du futur, il y a des hommes et des femmes qui pilotent cette transformation. Céline Coupain, method et engineering manager chez Burnsen (Seneffe), nominée pour la transformation « World Class Manufacturing Technologies », est de celles-là.

céline coupainCet ingénieur mécanicien (Polytech UMONS, 2004) a déjà un riche parcours professionnel derrière elle lorsqu’elle rejoint l’équipe de Burnsen, une entreprise spécialisée dans le développement et la commercialisation de solutions technologiques pour la production d’eau chaude sanitaire et le chauffage à usage résidentiel et tertiaire. Le cœur du métier ? On place de l’inox dans les solutions de chauffage résidentiel et professionnel. Burnsen Seneffe, c’est 130 références, 25.000 produits assemblés par an et un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros.

Céline Coupain a commencé sa carrière chez ArcelorMittal où elle a rejoint le centre de recherche et a participé au démarrage d’ARCEO Engineering, une entreprise liégeoise qui possède une ligne de production dédiée à la technologie de dépôt PVD (Physical Vapour Deposition). Cette technologie permet différents types de développements applicables à divers marchés: la gestion de l’énergie (solaire et éclairage), l’industrie automobile, la construction, les appareils domestiques, etc. Au-delà de cette technologie, ARCEO est également spécialisé dans les procédés de revêtement en continu. Sa ligne de peinture fournit en acier prélaqué les clients d’ArcelorMittal.

Elle a ensuite rejoint Caterpillar où elle a pris en charge la mise en place de robots de soudure, les défis de leurs programmations et la gestion de l’équipe d’une douzaine de programmeurs.

Mais après une dizaine d’années d’activités dans des grandes entreprises, l’envie de rejoindre une structure un peu plus légère la convainc de rejoindre Burnsen, en 2013. L’entreprise emploie alors 250 personnes. « Je suis arrivée chez Burnsen, le site de production d’ACV, juste avant la restructuration de 2015 ». Une restructuration qui va faire mal : 150 emplois perdus, délocalisation de la production des ballons d’eau chaude pour le domestique en Slovaquie.

Céline CoupainUne délocalisation qui va s’accompagner d’une réflexion de la direction sur la manière dont on produit à Seneffe. Et cette réflexion est pilotée par Céline Coupain. « L’idée, c’était d’être très flexible, très réactif, de s’adapter à toute nouvelle demande et d’être capable de faire de la petite et moyenne série à des prix compétitifs.

« Pour y arriver, explique-t-elle, il a fallu agir sur différents aspects :

 

D’abord, sur le parc machine.

• Le temps de set-up de la machine qui était beaucoup trop élevé (de 2 à 4h) ;
• La difficulté de produire en petite série ;
• L’incohérence des flux générée par plusieurs vagues d’investissements.

Et on a du repenser l’usine.

• Eliminer les flux sans valeurs ajoutées ;
• Baisse de la manutention manuelle ;
• Automatisation et objectif zéro set-up (3 minutes).

Résultats ? Aujourd’hui, on produit 20 à 25 types de produits différents qui passent sur une seule ligne, avec la même machine, les mêmes opérateurs et sans set-up. Des opérateurs qui deviennent très flexibles,  travaillant sur de nombreux produits différents et sur de nouvelles machines intégrant robots et automatisation. « Pour y arriver, c’est un site complet qui devait se transformer. Et c’est ce qui est arrivé : des RH formation à la maintenance en passant par les 55 opérateurs de production, tout le monde a fait un effort énorme. A commencer par la direction, un actionnariat familial qui a, en 3 ans, investi sur fonds propres 6,5 millions d’euros ».

Un plan d’avenir

céline coupainLe plan de cette transformation a été imaginé par Céline Coupain et ses collègues. « On a été plusieurs services à travailler ensemble, dès 2014, sur ce projet de transformation. Un mix très riche : on est plusieurs à venir de l’extérieur, nantis donc d’une autre logique, et on s’est enrichis de l’expérience des « anciens » qui ont une très bonne connaissance des produits. On a ensuite, et à trois reprises, présenté un plan de plus en plus raffiné à la direction. Sirris a validé notre scénario ce qui a achevé de convaincre notre direction. L’accord du directeur financier, notamment, a déclenché le lancement du plan de transformation ».

 

Un plan modulé en trois phases (2016, 2017 et 2018) comprenant :

• L’intégration d’un robot de découpe plasma ;
• La création et l’intégration d’un robot de soudure mis en service le 22 décembre 2016
• L’automatisation, en 2017, de la partie tôlerie avec la mise en place d’un centre de poinçonnage laser, avec automatisation du chargement-déchargement.

En 2017 toujours, Burnsen a encore intégré sur son site de Seneffe une équipe de quinze employés d’une ETA (Entreprise de Travail Adapté) qui travaillait déjà pour la production, histoire d’accélérer encore l’assemblage.

céline CoupainEn 2018 d’ailleurs, toutes les lignes d’assemblages dispersées sur plusieurs sites sont concentrées dans un seul hall de production: elles sont munies désormais de nouveaux bancs tests qui permettent un contrôle de qualité (électrique, combustion, étanchéité) rapide et flexible sur la totalité de la production. Des bancs tests réalisés par une PME d’Hannut, Jadition.

Tant qu’à moderniser l’usine, la direction de Burnsen a remplacé les cabines de poudrage et de peinture liquide devenues obsolètes. Et les résultats ne se sont pas fait attendre. La zone dédiée aux robots de soudure a vu sa productivité croître de 50%. Mêmes gains pour la tôlerie. Quant aux délais de livraison, ils ont été drastiquement réduits, passant de 6 à 8 semaines à 1 à 2 semaines.

Une usine dédiée à l’industrialisation de la R&D

Pourquoi faire tant d’efforts pour moderniser l’outil ? La nouvelle usine Burnsen, à la différence du site slovaque dédicacé à la production de masse, est désormais capable, par l’ingéniosité de sa conception (notamment en termes d’économie d’énergie) de produire des petites et moyennes séries de nouveaux produits destinés à de nouveaux marchés à des prix compétitifs.

Les nouvelles chaudières gaz ont par exemple été spécialement conçues pour le marché américain : en comparaison avec le marché européen, elles sont deux fois plus lourdes. En outre, une connexion wifi qui permet un suivi à distance équipera également les nouveaux produits.

Il était encore trop tôt pour passer à la grande série mais il fallait évidemment conserver des prix concurrentiels.

Continuer à être réactif

Pour Céline Coupain, la transformation digitale, c’est possible même dans une « petite » structure. « C’est quelque chose de nécessaire. Il faut se transformer aujourd’hui pour être réactif demain. Et, par la suite, il faudra continuer à l’être. La bonne méthode pour se transformer ne sera sans doute pas toujours la même. On s’adaptera. Et pour y arriver, il faut travailler avec des systèmes ouverts, qui peuvent être améliorés. Ne surtout pas s’enfermer dans des schémas rigides.

Et pour cela, il faut sans cesse évaluer nos performances. Avec les chiffres de notre ERP, mis en place il y a deux ans, et le travail de notre IT, on développe un portail de suivi qui intègre les données machines, qui les comparent et qui met en évidence les dernières failles.

Un dynamisme qui nous permet une plus grande flexibilité tout en ne reniant rien de ce qui fonctionnait avant ».

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« A l’issue de cet audit, explique ce conseiller, l’entrepreneur aura une idée plus claire des enjeux de l’industrie 4.0 et de la façon dont elle pourrait être implémentée chez lui ».

L’idée, évidemment, c’est de:

  • vous intriguer;
  • vous inspirer;
  • vous informer.

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