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Challenger l’organisation de la production de votre usine

Date de publication
30 novembre 2018
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Emmanuelle Vin

Avec sa suite logicielle, Emmanuelle Vin (AMIA Systems) facilite la réorganisation des usines pour une optimisation de la production et de la maintenance.

« Le difficile demande du temps, l’impossible un peu plus ».

Emmanuelle VinAvec SIMOGGA, une suite logicielle développée par Emmanuelle Vin durant sa thèse (ULB), elle accompagne ses clients industriels (aéronautique, défense, automobile, …) de production et de maintenance pour:

 

  • visualiser leurs opérations;
  • quantifier des scénarios de réorganisation;
  • optimiser l’agencement des usines de production et de maintenance.

 

Son cœur de métier ? Sur base des données de production récoltées des ERP (ou MES) et analysées par ses algorithmes, elle challenge les projets de ses clients et les amène à comprendre d’un point de vue organisationnel (Design, Flux, Planning…) pourquoi certains process fonctionnent moins bien que d’autres.

Des dysfonctionnements qui peuvent être le résultat de l’histoire de l’entreprise – l’usine évolue, des métiers s’ajoutent, les unités de production sont mises à toutes les sauces – ou de contraintes physiques.

En mettant le doigt là où cela fait mal pour pousser à la réflexion – un rôle qu’elle endosse aussi en interne chez AMIA Systems (Gosselies et Bruxelles) – et en s’appuyant sur l’expérience des opérateurs de terrain, elle propose alors des solutions que ses algorithmes simuleront. Un outil d’aide à la décision qui permet ensuite aux décideurs de faire leurs choix en toute connaissance de cause.

Un outil très puissant, ergonomique, visuel et qui fait gagner énormément de temps aux ingénieurs chargés de la réorganisation et l’amélioration de l’usine. « Certains staffs de grandes unités de production mettent trois mois à préparer le vrai travail de réorganisation. On peut le faire en trois jours ».

Une thésarde qui préfère le terrain

Emmanuelle VinPolytechnicienne issue de l’ULB (électromécanique, 2001) – avec une 5e année en automatisation et un double diplôme de l’École centrale de Paris – section électromécanique et gestion, elle est aussi titulaire d’un DEA (diplôme d’études approfondies) et d’un doctorat en science de l’ingénieur avant de suivre un master en logistique et transport quelques années plus tard.

En 2001, elle a enchaîné ses études avec un projet de recherche d’optimisation de la production, sur le thème de la fabrication cellulaire (“cellular manufacturing”), financé par Sirris.

Le projet ne devait durer qu’un an. « Mon objectif n’était pas de faire de la recherche mais de me lancer dans le business ».

Emmanuelle VinPourtant, le sujet va lui plaire. « L’optimisation de la production m’intéressait très fort ». A l’issue de cette année de recherche, le champ des possibles s’était ouvert de manière exponentielle : de nombreuses problématiques avaient été identifiées. J’ai eu envie de poursuivre ». Devenue assistante en mécanique rationnelle, elle a pris le temps de réaliser sa thèse. Et de développer l’algorithme d’optimisation de production au niveau de la mise en cellule, l’algorithme SIMOGGA.

Elle restera neuf ans à l’ULB.

Des travaux qui vont être salués dès 2001, Sirris lui décernant la “Best french industrial dissertation”, prix du meilleure mémoire industriel de fin d’études. Et, en 2009, elle se voit récompensée par un “Best student paper”, au Japon lors du symposium GT/CM (Group Technology and Cellular Manufacturing).

C’est l’un des membres du jury, Hugues Bersini, qui va finalement la convaincre de sauter le pas, en 2010. Il trouvait que les résultats de la recherche avaient le potentiel pour être valorisés au travers d’une spin-off. « On a déposé le projet auprès du programme “Spin-off in Brussels” qui l’a retenu ».

Emmanuelle VinPendant trois ans et demi, le projet a ainsi bénéficié du support d’InnovIris, afin de préparer la phase de commercialisation de la solution.

Elle en profite pour constituer son équipe : notamment son mari, Abdelkrim Boujraf, qui, actif dans l’informatique et le business l’a notamment aidée pour l’industrialisation (mise en oeuvre, bug tracking, versioning….

Elle s’entoure également de stagiaires de l’École Supérieure d’Informatique. L’un d’entre eux, Philippe Van Damme, arrivé en 2013, deviendra d’ailleurs co-fondateur d’AMIA Systems et premier employé. « Et on continue à travailler avec des stagiaires de l’ESI, poursuit Emmanuelle Vin. Un vrai win-win. On apprend de chacun et, même s’il est parfois difficile de parler le même langage, on se complète énormément ».

La spin-off va être créée le 5 mai 2014. Et en 2015, elle est désignée “Best Woman In Tech Startup” des BetaGroup Awards, dans la catégorie femme entrepreneur. Le BetaGroup (devenu Startups.be) était la plus importante association sans but lucratif belge qui regroupe 8500 membres (freelance, startups, VC, Business Angels) et promeut les startups belges.

Comment a évolué votre métier ?

Emmanuelle VinLa première année du projet Spin-Off en 2010 a été très dure, reconnaît Emmanuelle Vin. On n’avait rien de vraiment concret, rien de visuel, on n’était pas sur le marché et on ne savait pas exactement quelle direction prendre.

Ce n’est qu’à partir de la deuxième année, quand on a commencé à travailler sur le visuel avec nos stagiaires, sur l’interfaçage, sur l’interaction avec les industriels, que le projet s’est mieux redéfini.

On a commencé à travailler avec la SONACA, Daf Trucks en leur présentant des POC (preuves de concept) très visuels, simples et interactifs.

« Nos algorithmes extrêmement complexes avaient besoin d’être mis en valeur par des solutions visuelles que l’industriel peut s’approprier. Et ces solutions sont devenues un formidable outil de créativité.

Le client connaît ses contraintes. Notre outil, lui, n’est pas contraint par l’histoire de l’entreprise. Il permet de générer automatiquement des solutions visuelles sur plan 2D mais également de créer et tester tout ce qui nous passe par la tête.

Nos compétences IT combinées avec celles en excellence opérationnelle, agilité et méthode lean, nous permettent de challenger les équipes opérationnelles et de co-construire les solutions. Le fait de pouvoir progressivement de « descendre » dans la complexité, nous permet de démarrer très rapidement avec des résultats utilisables ».

En 2015, Emmanuelle Vin va encore remporter le prix Rise – Innovative Starters et obtenir un subside de 500.000 € qui va lui permettre de continuer à financer sa R&D et de mettre sur le marché, en septembre 2018, une solution d’analyse et d’optimisation de warehouses (Optimisation organisationnelle : Flux, pénibilité, automatisation…) .

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

Emmanuelle VinD’abord, explique cette maman de deux garçons de 12 et 10 ans qui a choisi d’habiter à 300 mètres de son bureau, je ne fais pas de plans à 3 ans, ni même à 6 mois. J’évolue en fonction des circonstances et des opportunités. Restons agile.

Nous avons surtout décidé de proposer une solution unique, générique. Donc le challenge est toujours de concevoir de nouvelles fonctionnalités qui serviront à tous.

Ensuite, nous privilégions le monde collaboratif. C’est tous ensemble que nous avancerons plus vite et plus loin. Nous sommes en permanence dans un mode d’amélioration.

Tout ce qui nous prend du temps chez nos clients va être automatisé et intégré pour tous.

Toute solution créative (analyses, visuels, KPIs, fonctionalités …) sera intégrée de manière globale pour profiter à tous nos clients.

Nous ne développons pas de nouvelles fonctionnalités sans que cela ne réponde à un besoin client bien identifié. Mais on ne cesse de réfléchir à l’amélioration de l’outil. D’une manière bien précise avec un focus : simple, visuel et interactif.

Enfin, chez AMIA, on ne répond jamais « oui mais » à une proposition de solution mais plutôt « Et si ? ». Les visuels générés par le système me permettent de réfléchir, de trouver des solutions avec le client et de les enrichir avec des options de plus en plus complexes.

Votre défi technologique ?

La partie la plus lourde reste l’industrialisation. Et c’est permanent.

Votre meilleure décision professionnelle ?

Avoir repris le commercial. Et avoir dégagé du temps pour pouvoir le faire correctement. Je pense que le fondateur de la startup est son meilleur vendeur. Je connais intimement la valeur ajoutée du produit et je connais les demandes de l’industrie. En même temps, je passe du temps avec mon équipe : des jeunes, créatifs, enthousiastes et professionnels.

Et la pire ?

J’aurais dû garder cette fonction dès le début et me faire coacher par des « sales ». La première année, alors que nos solutions n’étaient pas facilement vendables, j’aurais dû en profiter pour faire plutôt de l’évangélisation.

Votre phrase préférée ?

« Le difficile demande du temps, l’impossible un peu plus »  (Haïm Weizmann).

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