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Clio Brzakala : portrait de l’ambassadrice du design pour les PME wallonnes

Date de publication
23 juin 2017
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Clio Brzakala

Pour cet ingénieur de gestion, le défi c’est de faire collaborer des designers et des entreprises innovantes.

« Être plutôt que paraître, faire plutôt que dire ». C’est une ligne de conduite. Je ne veux pas de beaux parleurs dans mon équipe

Quel est votre métier Clio Brzakala?

Faire du design un outil de développement économique utilisé systématiquement par les PME, voilà un métier que Clio Brzakala, directrice de Wallonie Design n’a pas choisi par hasard. « En effet, mon travail de fin d’études consacré à la création d’un bureau de promotion du design convergeait avec un défi que voulait relever la Wallonie: l’innovation par le design« .

En 2005, l’asbl Wallonie Design est créée par le gouvernement wallon. Et c’est elle qui, à 23 ans, sera choisie par l’administration pour la diriger.

Clio Brzakala « Je voulais être comédienne. Et pourtant, j’ai fait HEC. Pas de regret : mon métier, c’est aussi de la communication, faire adhérer à un projet, partager de la passion. Et finalement, je suis ravie d’avoir fait ces études. On y acquiert avant tout une capacité à être curieux, multitâches, multisujets. Et je m’y suis créé mon premier réseau : des professeurs, des camarades de classe qui vont être autant de relais, autant d’inspirations et de soutiens ».

Pour démarrer l’aventure, Clio Brzakala a d’abord pris son bâton de pèlerin et a rencontré les nombreux organismes qui, déjà, traitaient du design en Wallonie : Héraclès à Charleroi, Fedustria, Design Vlaanderen, l’Union des designers en Belgique, le Grand Hornu Images (CID – Centre d’Innovation et de Design). Puis d’autres structures ont été mises en place comme Job-In Design, La Maison du Design, Design Innovation, Wallonie Bruxelles/Design Mode

Wallonie Design a été chargée d’organiser et de fédérer ces initiatives qui étaient mises en place de manière isolée. « En réalité, on a deux rôles, explique Clio Brzakala: être une plate-forme pour les opérateurs et être un trait d’union entre les PME et les designers ».

Comment a évolué votre métier ?

Clio Brzakala Après la création et la mise en place de l’association, l’équipe s’est mise en place. Aujourd’hui, on compte 10 chargés de projet répartis en différents départements.

Le coeur de métier, c’est la collaboration Designer-PME.

Nous réalisons plus d’une centaine de suivis de PME par an. Nous les informons, les guidons, les connectons avec des designers et valorisons leurs collaborations.

Grâce à la vivacité des PME, nous démontrons par notre travail de terrain mais aussi via les dossiers de fonds traités, tout l’intérêt pour le territoire wallon de recourir au design. »

A ce métier de base, on en a ajouté de nouveaux :

  • La gestion des appels à projets Boost-Up grâce auxquels on octroie des financements de l’ordre de 40.000€ aux industries créatives leur permettant de favoriser la mise sur le marché de leurs prototypes innovants. Depuis 2011, on recense 44 lauréats dans ces appels à projets.
  • La coordination de la triennale du Design et d’innovation sociale, RECIPROCITY design Liège dont la prochaine édition aura lieu en octobre 2018.
  • Une étude sur les métiers d’art en liaison avec le design.

 

TECHDESIGN : des portes d’entrée vers le monde de l’entreprise technologique

Clio BrzakalaUn de nos nouveaux départements est l’un des partenaires du projet européen TECH DESIGN, issu du portefeuille européen RESINNOVE (FSE), avec nos partenaires PICARRE, LIEU et InnovaTech.

Ce projet nous tient à coeur et vise à permettre de travailler en étroite collaboration avec les opérateurs technologiques pour que le design puisse intervenir dans le processus d’innovation, de l’idée jusqu’au marché, des projets accompagnés par ces organismes.

Le projet permettra de développer deux axes :

  • Associer le design dans la réflexion « innovation technologique » menée par une entreprise afin de créer un climat de confiance lors d’un développement de produit;
  • Se focaliser sur le développement de nouvelles sources d’innovation en conjuguant deux approches différentes, celle du design et celle de l’ingénierie.

 

Quand un innovateur rencontre un designer

Mais InnovaTech et Wallonie Design n’ont pas attendu ce projet pour collaborer. « Lorsque InnovaTech reçoit un industriel qui porte un projet d’innovation technologique, si votre conseiller identifie l’opportunité d’adjoindre un designer parmi les compétences requises pour le développement de l’innovation, il peut faire appel à nous. On va alors aider le patron de PME à identifier son besoin et un profil de designer nécessaire à la poursuite des travaux. On lui propose 3 à 5 designers qui pourraient être utiles à l’entrepreneur et on donne à ce dernier quelques outils permettant une collaboration efficace avec le designer.

Ce rôle d’interface, on va encore le renforcer en créant un outil calqué sur l’échelle TRL (l’échelle d’évaluation du degré de maturité atteint par une technologie). L’objectif, c’est d’identifier le rôle du designer à chaque niveau de cette échelle. C’est un projet de longue haleine qui a démarré mi-2015″.

Votre dernier défi où la technologie était un véritable enjeu ?

Clio Brzakala Je suis assez fière d’avoir fini par convaincre René Branders, CEO de FIB Belgium (Four Industriel Belge), d’avoir recours aux compétences d’un designer. Je l’avais rencontré il y a quelques années. Trois ans après cette rencontre, il est revenu vers nous pour solutionner un problème de propriété intellectuelle. C’est le design qui a permis de résoudre ce défi, en offrant un élément de différenciation de ses produits que la technologie seule ne pouvait pas assurer.

Aujourd’hui, le designer choisi par M. Branders, Naos Design, travaille même sur la marque de cette entreprise manufacturière. Les résultats des projets au sein desquels Wallonie Design aura permis d’intégrer le design sont de plus en plus nombreux. Pour moi, la plus grande satisfaction qu’on puisse enregistrer, c’est de voir que les choses « matchent » et que les PME engrangent de bons résultats .

En 10 ans, la vision qu’ont les entreprises du travail des designers a vraiment changé. Même s’il reste de nombreux défis comme le design de service par les PME ou le développement de nos actions vers les institutions publiques.

Organiser la rencontre entre les designers et la recherche

Un autre challenge qui s’inscrit dans la droite ligne de ce qui précède: « via nos visites d’entreprises, on a à cœur de faire se rencontrer les designers et les fournisseurs de solutions technologiques que ce soit des entreprises, des centres de recherches ou des laboratoires universitaires. Il faut vraiment que les designers soient bien conscients de la foison, de la richesse des technologies présentes sur notre territoire, de tous leurs potentiels afin que naissent plus de collaborations. On parle ici d’outils et de savoirs ».

Comment conservez-vous cet état d’esprit innovant ?

En se questionnant sans cesse sur la qualité de nos services, en confrontant nos réalités avec celles de nos homologues internationaux, en travaillant avec l’ensemble des collaborateurs. Par exemple, on est en train de faire un travail, en interne, sur nos talents et nos compétences. On essaye d’identifier les profils de chacun – qui se sent l’âme d’un réalisateur, d’un prospecteur, d’un arrangeur – et on va matcher les profils pour créer des binômes qui soient complémentaires. Parallèlement, on travaille dans un espace aménagé de manière telle à ce qu’il « respecte » les équipes et nos clients.

Quelle est votre meilleure décision professionnelle ?

Clio Brzakala Que Gérard Pitance, ce designer industriel qui a co-fondé Stûv accepte non seulement de devenir le vice-président de l’asbl mais surtout  qu’il soit, comme industriel visionnaire, toujours là pour nous guider à relever les défis majeurs pour le design et le territoire.

Par exemple, c’est à son initiative qu’on essaye d’obtenir une baisse du précompte professionnel pour les designers intégrés dans une équipe de recherche et développement. En Flandre, c’est déjà le cas.

Parallèlement, avec Agoria notamment, on essaie d’intégrer les salaires des designers dans les grandes échelles barémiques. Actuellement, lorsqu’on engage un ingénieur ou une secrétaire, on sait plus ou moins combien cela va nous coûter. Ce n’est pas le cas pour un designer industriel. Du coup, aux yeux de nombreux patrons, ce métier n’existe pas.

Votre phrase préférée ?

J’en ai deux.

Avant un évènement par exemple, je lance toujours à l’équipe : « dans la joie et la bonne humeur ». L’idée c’est que, dans chaque projet qu’on mène ensemble, on doit tous y trouver du plaisir. Que l’équipe soit en externe comme elle est en interne : ouverte, dynamique, souriante et réactive.

Deuxième phrase : « être plutôt que paraître, faire plutôt que dire ». C’est une ligne de conduite. Je ne veux pas de beaux parleurs dans mon équipe. C’est comme cela qu’on travaille chez nous. Pour que nos services soient pertinents et utiles pour nos clients.

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