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Comment lutter contre la surconsommation de plastique ?

Date de publication
10 novembre 2017
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Plastique

Dans le monde, la surconsommation de plastique est un vrai problème. Chaque seconde, nous consommons dans le monde 10 000 kilos de plastique!

Chaque seconde, nous consommons dans le monde 10 000 kilos de plastique ! Et nos voisins français sont dans le top 3 des plus gros producteurs de plastique mondiaux.

Le problème ? La pollution plastique se multiplie partout dans le monde. En Europe notamment, seuls 25 % des déchets plastiques totaux sont recyclés. Le reste finit enfoui, incinéré ou abandonné – aucune de ces solutions n’est malheureusement durable. Il convient donc de trouver des solutions : pourquoi sommes-nous incapables de recycler le plastique ? Comment remédier à la surconsommation de plastique à usage unique ? Comme nettoyer la pollution plastique que nous créons depuis des dizaines d’années ?

Pas mal de solutions technologiques avaient déjà été présentées dans ce précédent article qui concernait la fin des sacs plastiques en Belgique.

Les applications mobiles pour booster notre envie de recycler

Mais d’autres solutions existent pour d’autres types de déchets plastiques, comme nous l’explique Camille Richer. A commencer par toutes les initiatives qui visent à convaincre les citoyens à participer activement au recyclage, et en particulier au recyclage des plastiques. Déjà, avec un taux de recyclage de plus de 87 %, la Belgique est la championne européenne en termes de recyclage de ses emballages, cartons, canettes, bouteilles en verre ou en plastique… Et pour inciter un peu plus encore les belges à recycler, Bebat a lancé, en 2014 déjà, Recycle, une application accessible sur Androïd et IOS.

En France, aussi. Yoyo encourage d’une façon nouvelle le recyclage des bouteilles plastiques. Yoyo est une entreprise bordelaise qui a compris que le système de récompense poussait les humains à agir. Pourquoi donc ne pas mettre en place un tout nouveau système de recyclage en ville ? Les Français ne sont que 44 % à trier systématiquement leurs déchets, et la mission de Yoyo consiste à faire grossir ce chiffre !

Lorsque vous amenez vos déchets plastiques recyclables chez votre “coach”, vous gagnez des points que vous pourrez ensuite échanger contre des récompenses sur le site Internet.

Ooho développe une capsule d’eau avec packaging comestible

Le laboratoire Skipping Rocks Lab a lancé le produit Ooho, une capsule d’eau comestible, qui ne crée donc aucun déchet ! L’idée vient de la cuisine moléculaire, et notamment du procédé de sphérification, qui consiste à congeler un aliment, puis le recouvrir d’une autre substance. En l’occurrence, la couche de protection de la capsule Ooho est composée d’algues brunes et de chlorure de calcium, qui créent, ensemble, une sorte de gel de protection.

La larve Galleria mellonella mangeuse de plastique

plastiqueDes chercheurs viennent de publier une étude sur les pouvoirs bio-dégradants de la larve Galleria mellonella. Selon l’étude, cette larve – connue pour être un appât de pêche – était capable de manger et digérer du plastique de façon très rapide (rapporté à la taille de la larve). Les scientifiques l’ayant étudié pensent également que la larve est aussi capable de transformer le plastique grâce à ses glandes salivaires. Leur prochain objectif est de réussir à isoler l’enzyme responsable de ce processus de transformation.

Une telle découverte est majeure, puisqu’elle permettrait d’éradiquer une partie de la pollution plastique, qui constitue notamment un désastre écologique pour les océans et la vie sous-marine.

En Belgique, grandes entreprises et centres de recherche conjuguent leurs efforts

Comet Traitements (et son projet Phoenix), installée à Obourg et à Châtelet, spécialisée dans le recyclage des véhicules hors d’usage et des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), traite non seulement les métaux mais aussi les plastiques (après en avoir bien étudié le marché de la plasturgie) et même les résidus de broyage. 5 ans de recherche, avec notamment le Certech et l’UlG, qui ont permis à cette entreprise de présenter le meilleur taux de recyclage du continent.

plastiqueAutre exemple: EMRA, qui regroupe 6 centres de recherche wallons, participe au projet Technopoly. L’idée, c’est de vous offrir une opportunité de recyclage pour votre vieille chaise de jardin toute cabossée. Même si elle est en plastique, elle ne répond pas aux mêmes exigences de recyclage que les bouteilles en plastique. En même temps, vous ne voulez pas l’amener à la décharge, où elle restera pendant des années ou sera incinérée et polluera l’atmosphère.

Le recyclage Technopoly vous offre désormais une troisième option. Vous amenez simplement cette chaise en plastique cassée à la décharge. Une fois collectée, elle sera triée parmi d’autres objets plastiques encombrants, broyée, débarrassée de ses impuretés et répartie selon sa nature. Le processus débute avec une ligne de traitement par voie sèche qui broie le plastique et élimine les matériaux non plastiques comme le métal. Le plastique découpé est alors broyé en petits granulés qui peuvent ensuite être fondus et moulés en nouveaux objets, comme des boîtes de rangement, des seaux, des palettes, des jouets en plastique et des outils. Dans certains cas, les chercheurs ont pu convertir le plastique fondu en hydrocarbures liquides qui peuvent alors servir de source d’énergie pour alimenter les processus de recyclage de la décharge.

80% des plastiques rigides sont recyclés

Aujourd’hui, en 2017, ce processus de recyclage des déchets plastiques municipaux encombrants est utilisé partout en Wallonie. Ainsi, environ 80 % de tous les plastiques rigides amenés aux décharges sont actuellement recyclés. Les chercheurs du projet estiment que près de 4 500 tonnes de déchets plastiques municipaux encombrants peuvent être recyclés chaque année rien qu’en Wallonie. Pour atteindre cet objectif, ils soutiennent le programme via des journaux locaux et sur les sites de collecte.

Toutefois, afin de réellement parvenir aux volumes critiques et à la viabilité économique, les chercheurs soulignent que ce flux de plastiques municipaux encombrants devrait être associé à d’autres déchets plastiques rigides. Pour faciliter cette solution, Recyplus, un projet qui a vu le jour suite au travail de recyclage de Technopoly, étend actuellement le processus afin d’intégrer le recyclage des déchets plastiques ménagers.

The Ocean Cleanup se donne pour mission de nettoyer des océans

Puisque le plastique représente un véritable fléau pour les océans, le jeune Néerlandais Boyan Slat a pour ambition de nettoyer le 7ème continent de plastique, cet amas de déchets situé dans le Pacifique et grand comme 6 fois la France. Pour ce faire, il a eu l’idée d’une barrière flottante de 1,50 mètre de profondeur, qui avancerait au même rythme que le plastique, et qui serait en mesure de le ramasser au fur et à mesure. Le prototype de 100 mètres de long et capable de supporter 80 tonnes de déchets est un succès. Une fois mise en place, la barrière pourrait nettoyer 50 % de ce fameux “Vortex de déchets du Pacifique nord”, en 5 ans. Le projet est attendu pour 2018.

Plus d’info sur la pollution des bouteilles plastiques: découvrez l’infographie de Camille Richer ici.

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