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Créativité entrepreneuriale: mener rapidement ses idées sur le marché

Date de publication
2 mars 2017
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Atelier creativité

Parce que la plupart des innovations n’atteignent pas leur marché, Frédéric Ooms propose aux start-ups de passer par la créativité entrepreneuriale

 

Près de 90% des start-ups échouent. En France, comme en Belgique. Selon Bernard Darras, sémioticien au sein de l’institut Acte3, impliqué dans le projet « Archéologie des innovations abandonnées, délaissées ou résurgentes », soutenu par le CNRS, « il est d’ailleurs admis, dans le milieu industriel, que de 7 à 9 innovations sur 10 sont des échecs. Le ou les produits qui survivent financent le développement des autres ».

Une question facile : quel est le point commun entre le visiophone, les sous-vêtements jetables et le dentifrice saveur cornichon ? Ce sont des flops. Ou plutôt des innovations qui n’ont pas rencontré leur public. Voire qui ont été tuées dans l’œuf avant la mise sur le marché.

Pourquoi autant d’échecs?

créatvité entrepreneurialeComme l’explique Steve Blank, « serial entrepreneur », fondateur du Lean Startup et professeur à Standford, peut-être parce qu’une start-up n’est pas une entreprise comme les autres. Ce n’est pas une version réduite de l’entreprise traditionnelle. « Elle dispose généralement de moins de moyens et de moins de temps pour amener une innovation avec succès sur le marché. Elle n’a pas les moyens de suivre les méthodes classiques d’innovation comme le « stage gate ». Le stage gate prône une approche linéaire, jalonnée d’étapes go/no go pour aboutir, en fin de développement, à l’évaluation du produit par le marché.

Frédéric Ooms, directeur exécutif chez id campus, propose donc une autre façon d’aborder le projet, la créativité entrepreneuriale. Une méthode qu’il a présentée lors d’un atelier organisé par InnovaTech, en février 2017.

Voici notre retour sur cette formation.

La créativité entrepreneuriale pour clarifier l’incertitude

La créativité entrepreneuriale utilise des outils qui clarifient l’incertitude et minimisent le risque au cours du développement de l’innovation, qu’elle soit un produit ou un service.

Une démarche Lean startup et des outils spécifiques

créatvité entrepreneurialePour Frédéric Ooms, plutôt que de démarrer avec le développement d’une technologie ou d’un business model, le projet doit avant tout se concentrer sur la connaissance de l’utilisateur visé et celle de ses « vrais » besoins. Et l’innovateur doit prendre le temps nécessaire pour le faire. Einstein disait: « si j’avais une heure pour résoudre un problème, je passerais cinquante-cinq minutes à définir le problème et seulement cinq minutes à trouver la solution ».

Le processus de développement créatif est donc une succession d’allers-retours entre l’innovateur et l’utilisateur, pour proposer des solutions créatives et adaptées aux vrais besoins de l’utilisateur.

« Avant toute chose, sachez que nous sommes « naturellement » créatifs. Mais que seul l’entrainement de ce « muscle » peut aider à l’être d’avantage. Le tout, en créativité entrepreneuriale, est d’adopter une posture et un état d’esprit favorable, constructif et ouvert. Heureusement, des techniques existent mais il faudra toujours animer la créativité pour la faire perdurer. Et gérer les variations émotionnelles qu’elle peut induire, en entreprise par exemple ».

Un problème, des solutions

créatvité entrepreneurialeAu départ d’une innovation, il y a (toujours) un problème auquel on veut trouver des solutions. Le problème est formulé sous forme de questions qui précisent à qui on s’adresse. Si cette question est formulée de manière motivante, il sera d’autant plus facile d’y travailler ! Pour cela, mieux vaut la commencer par «Comment faire pour… » et la compléter avec le problème et la personne concernée. Attention, elle ne doit pas être trop longue.

Par exemple: « Comment faire pour que les enfants de 7 à 12 ans soient les ambassadeurs d’une alimentation saine d’ici un an? »

Avant d’aller plus loin, il faut s’assurer que cette question est claire et bien comprise de tous les intervenants dans le projet.

6 étapes faites d’allers-retours vont ensuite faire germer l’innovation

1. Quitter son bureau

créatvité entrepreneurialePour être créatif, il faut toujours s’inspirer. Quitter son bureau. Et pourquoi ne pas aller sur le terrain et observer avec curiosité et empathie si le problème existe réellement? L’important est de se mettre dans la peau de l’utilisateur, sans jugement, et d’apprendre qui il est. L’idée n’est pas de faire un sondage, ni une étude de marché mais bien de mesurer qualitativement la problématique sur le terrain. Vous voulez un bon truc? Filmez ce que vous voyez sur le terrain. 

Pour avoir un retour de qualité de cette enquête qualitative, il faut rencontrer au minimum une quinzaine de représentants du public cible. Et parcourir avec eux un guide d’entretien préalablement préparé. Cette interview est enregistrée et réalisée avec des techniques d’écoute active, l’objectif étant de récolter sur le terrain plusieurs problèmes ainsi que de nouvelles idées pour les résoudre.

Et pourquoi ne pas aller à la rencontre d’un secteur différent mais qui rencontre le même type de problématique ? Cela peut également conduire à de très bonnes idées. Par exemple: le mode de fonctionnement aux urgences qui s’inspire du fonctionnement utilisé en stand de Formule 1. Dans ces deux secteurs, en effet, la  problématique est la même: comment gérer une événement urgent et improbable. Finalement, les mécanos dans un stand de F1 et le personnel d’un service d’urgence sont confrontés à la même situation. C’est juste le patient qui change…

2. Clarifier les données par type d’utilisateur

Les problèmes et les idées (gains) relevés sont ensuite rassemblés et classés sur le Value Proposition Canvas. Cet outil permet de clarifier les données par type d’utilisateur. Les principaux problèmes et gains sont repris pour retravailler la question de départ.

3. Brainstorming et génération d’idées

créatvité entrepreneurialeLa question de départ ainsi retravaillée, c’est sur cette base que démarre alors la séance de brainstorming à proprement parler. Elle nécessite la présence d’un facilitateur qui garantira la dynamique du groupe. Il garantira aussi le maintien des règles de base.

Quelles sont-elles ? L’interdiction de dire « oui mais » au profit du « et si » mais aussi et surtout la règle CQFD:

 

  • Critique abolie,
  • Viser la Quantité,
  • Avec un grain de Folie,
  • Démultiplier en rebondissant sur les idées des autres

 

Avec une demi-douzaine de personnes issues de secteurs multidisciplinaires, en utilisant des techniques de purge et de relance d’idées, il est possible de générer entre 100 et 150 idées en l’espace d’une demi-journée de brainstorming.

Un post-it = une idée. Toutes les idées sont ensuite triées, classifiées et évaluées pour ne retenir que les meilleures. Celles-ci sont ensuite visualisées dans la partie gauche du Value Proposition Canvas. Il y a deux sortes d’idées qu’il faut séparer:

  • celles qui créent de la valeur pour l’utilisateur
  • celles qui soulagent les problèmes.

Si ces idées permettent de résoudre le problème initial, il faut les valider.

4. Matérialiser le concept général par un prétotype

créatvité entrepreneurialeMaintenant que le concept général est imaginé, il faut le matérialiser sous forme d’un prétotype. Le prétotype n’est pas fonctionnel comme peut l’être un prototype. Il rend compte de manière basique du concept, de la forme, de l’ergonomie, du processus, …

Tout dépend du produit ou service imaginé. Cela peut se faire sous forme de dessin, de bricolage avec du carton, de pinces à linge, voire avec les services disponibles dans les fablabs. Il en existe plusieurs auxquels les entreprises peuvent faire appel en Wallonie et en Belgique.

5. Tester un maximum d’idées rapidement et pour un budget limité

L’étape de prétotypage des idées et la suivante, celle qui permet la « rencontre » et le retour honnête des utilisateurs s’enchaineront, en allers-retours. Quel est le but ? Essayer un maximum d’idées auprès des utilisateurs pour en récolter le feedback et voir échouer les mauvaises idées rapidement. Le tout pour un budget limité. Si l’utilisateur est convaincu par un prétotype, c’est que l’idée est la plus adaptée aux besoins du terrain. C’est celle qui rencontrera le succès. A contrario, si le concept ne plait pas à l’utilisateur, le plus difficile pour l’innovateur sera d’arrêter le projet à temps. Car il en sera peut-être tombé amoureux.

6. Imaginer différents business models

brainstorming créativitéAvec les informations récoltées tout au long du processus, il est désormais possible de réduire le risque et d’imaginer différents business models. L’outil qui permet d’innover et de visualiser rapidement un nouveau business model est le Business Model Canevas d’Alex Osterwalder . Grâce au travail réalisé en amont, il est désormais facile de remplir les différentes cases du BMC:

  • la cible client,
  • la proposition de valeur (les idées qui créent de la valeur et celles qui réduisent les problèmes des utilisateurs),
  • le canal de communication et de distribution,
  • la relation client
  • les revenus.

Le reste du tableau est alors plus facilement envisageable.

A cette étape, il est intéressant d’imaginer une infinité de modèles d’affaires pour en sélectionner finalement un. Ce dernier permettra:

  • de gagner de l’argent avant d’en dépenser,
  • d’externaliser une activité ,
  • de mettre en place (pourquoi pas) une activité connexe qui garantira des revenus récurrents.

On retiendra donc de la créativité entrepreneuriale…

Qu’il faut:

  • Adopter une approche tournée vers l’utilisateur avant de travailler sur la technologie et le business;
  • Trouver des idées qui auront de la valeur aux yeux du client;
  • Ne pas avoir peur de tester beaucoup d’idées pour en récolter des informations critiques;
  • Arrêter le projet à temps si le retour n’est globalement pas bon.

Il va sans dire que la créativité entrepreneuriale doit être utilisée en parfaite harmonie avec les bonnes pratiques en matière de gestion de la propriété intellectuelle.

Vous avez raté cet atelier?

Ce serait dommage d’en rater d’autres. Au menu:

  • Le design thinking pour concrétiser rapidement ses idées originales (28 mars 2017);
  • Concevoir efficacement votre produit grâce à l’écoconception (25 avril 2017);
  • Communiquez sur votre innovation et rendez-la sexy ! (23 mai 2017);
  • Faciliter choix stratégiques et prises de décisions grâce à la cartographie brevet (20 juin 2017).

N’hésitez pas à vous inscrire rapidement. Il reste quelques places.

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