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Dario Dalla Valle: innover dans la sécurité des biens et des personnes

Date de publication
16 mai 2017
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Dario Dalla Valle

Cet ingénieur industriel a créé des solutions originales pour répondre aux évolutions du secteur bancaire. Et innove dans le monde du luxe

Ingénieur industriel en construction (Condorcet, 1981), Dario Dalla Valle a effectué son stage au centre de recherche et développement du département de thermodynamique de la faculté polytechnique de Mons.

On a choisi d’innover aussi sur notre façon de produire et sur la façon de commercialiser nos produits.

Grandes aventures, grand CEO

Les voyages à l’étranger, surtout dans le cadre d’une mission d’entreprise, sont très formateurs (les formations pour jeunes entrepreneurs à découvrir ici). A la fin de ses études, il a effectué son service civil au Burundi où il rejoindra un projet de développement local dépendant du Diocèse Catholique de Muyinga-Burundi, en Afrique centrale. Un fameux challenge.

Dario Dalla Valle« Avec trois autres ingénieurs et un architecte, on a, durant deux ans, dirigé une petite société de construction, en pleine brousse. Pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de route en bitume. On exploitait les ressources locales (l’argile, une carrière de pierres) et on procédait à du concassage manuel. On disposait d’une petite centrale à béton, d’une presse hydraulique et d’une presse béton, d’un atelier de menuiserie et de ferronnerie et de plusieurs groupes électrogènes. Financé en partie par des aides européennes, le projet a permis (et permet toujours) de former les populations locales au secteur de la construction ».

L’épreuve de vérité. « Quand vous avez 25 ans et que vous vous retrouvez à la tête d’une entreprise de plus de 100 personnes, cela vous met face à vos responsabilités ».

Du Burundi à la CGER, avant de créer Dalla Valle SA

De retour en Belgique, Dario Dalla Valle a été engagé par le service bâtiment de la CGER (Caisse Générale d’Épargne et de Retraite). En plus du suivi des travaux d’aménagement des agences bancaires en Wallonie, il a été responsable des coffres-forts de jour et de nuit ainsi que des salles fortes.

Après son départ de la CGER, Dario Dalla Valle a créé sa propre entreprise. « Lorsque j’étais employé par la CGER, j’avais repéré, parmi nos sous-traitants, une entreprise intéressante, spécialisée dans la menuiserie bois et aluminium. Elle était à vendre. Après une formation de 6 mois en gestion de PME, à l’Université catholique de Louvain, j’ai présenté un business plan et obtenu un financement qui m’a permis de racheter l’entreprise, en 1988. C’est la naissance de Dalla Valle SA« .

Comment a évolué votre métier?

« Durant une dizaine d’années, nous nous sommes professionnalisés, explique Dario Dalla Valle. Construction de plusieurs bâtiments dans le zoning de Péruwelz, doublement de la surface des ateliers, nouveaux équipements, agréations pour les marchés publics, expertise en insonorisation et en portes coup-feu« .

Dario Dalla ValleEn 1996, l’entreprise dispose de deux ateliers de fabrication (travail du bois d’une part, fabrication de menuiseries métalliques – acier, aluminium, inox, laiton…- d’autre part). Elle développe une gamme de produits retardateurs d’effraction: les menuiseries blindées, les vitrages de sécurité, etc. Vu la croissance de la demande, l’atelier acier de la menuiserie devient, en 2000, une nouvelle entreprise, Metal Quartz. Pour l’essentiel, les clients de Metal Quartz sont des agences bancaires: la CGER pour démarrer l’activité, puis, à la privatisation de celle-ci, une série d’autres enseignes.

Réduction du nombre d’agence et augmentation des distributeurs de billets

« Mais la véritable évolution va naître sous la pression de la crise qui traversera le monde bancaire dans les années 2000 ». Selon l’ABB, l’Association belge des banques, à l’aube du nouveau millénaire, nous passons de 107 banques belges en 1994 à 81 en 1998, soit une diminution de 25 %. Cette évolution à la baisse a été de pair avec une réduction globale du nombre d’agences couvrant le territoire et une augmentation impressionnante de terminaux de points de vente, d’abonnés au phone banking ainsi que de distributeurs automatiques de billets (de 3.187 en 1994 à 5.712 en 1998).

Conséquences: le secteur a diminué le nombre d’agences et les guichets ont disparu les uns après les autres au profit d’automates. « C’est là qu’on a dû faire preuve d’imagination et d’innovation ». C’est l’époque où Dario Dalla Valle a créé Bunkerkit®. « On a créé des locaux blindés pour y loger tous les automates bancaires. Des locaux qui devaient aussi être modulables, vu la fréquence des changements. Si quoi que ce soit devait changer, on devait pouvoir s’adapter très rapidement. Le local devait être facilement démontable et rapidement « remontable », éventuellement dans une configuration différente« . Pour ce produit, il obtient le prix de l’innovation et le prix du jury au salon Expoprotection à Paris en 2012.

Dario Dalla Valle se lance dans l’export

L’évolution de l’entreprise, c’est aussi un fort développement à l’international. Pour encadrer cette expansion, en 2009, Dario Dalla Valle constitue sa holding, EURODV, et bénéficie du soutien d’un fonds d’investissements public-privé (Région wallonne, Grand-Duché du Luxembourg, Région Champagne-Ardenne) – le fonds d’investissement européen FIELD – qui permet aux entreprises de se développer à l’international. La holding va commencer par créer MECAPROTECTION, la filiale française du groupe, histoire de se déployer commercialement dans l’hexagone.

C’est en 2012 qu’ EURODV devient un « groupe ». Il fait l’acquisition de la société HEINEN (Malmédy), rencontrée sur le stand collectif de l’AWEX lors d’un salon de la sécurité à Birmingham. Spécialisée dans la conception et la fabrication de portes de sécurité (blindées, coupe-feu, acoustiques), cette entreprise dispose déjà d’une belle réputation dans le domaine de la sécurité physique. En 1989, elle avait obtenu le Grand Prix de l’Innovation technologique de la Région wallonne, grâce à des produits de haute technicité et avait développé une force de vente internationale.

Comment favorisez-vous l’innovation technologique?

Dario Dalla ValleEURODV et ses filiales répondent d’abord aux évolutions des secteurs dans lesquels elles sont actives. Pour y arriver, l’entreprise – dont le personnel n’a fait que croître, au fil des ans, passant de 8 à 80  équivalents temps-plein (ETP) – dispose aujourd’hui d’une équipe R&D (10 ingénieurs auxquels il faut ajouter des techniciens de haut niveau). Des équipes qui ne chôment pas: un chiffre d’affaires consolidé de 15 millions d’euros, 16 brevets déposés ainsi que des dessins-modèles ou encore des marques.

Pour suivre la croissance et faire face aux exigences de l’export, les entreprises pilotées par Dario Dalla Valle se sont également entourées d’un maximum d’experts. Pour répondre au plus vite à la demande internationale et faire certifier ses produits suivant les normes devenues européennes, EURODV travaille avec le CSTC, l’AWEX, SIRRIS mais aussi avec l’École Royale Militaire (ERM) l’ ISIB (feu), avec le CNPP, EFFECTIF (incendies, France) divers laboratoires (Liège, Gand, Saint-Étienne, Allemagne), etc.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle?

Dario Dalla ValleD’avoir pris le temps d’organiser notre groupe pour qu’il soit capable de répondre de plus en plus vite aux demandes de notre marché et à ses nouvelles tendances. On a choisi d’innover à la fois sur notre façon de produire (avec des ateliers semi-robotisés – fraiseuses, plieuses, soudeuses) et sur la façon de commercialiser nos produits.

Après la mise en place d’une véritable équipe commerciale, dotée de nouveaux outils commerciaux (CRM, Digital Marketing…) et l’industrialisation de l’outil, nous avons développé des « configurateurs », des logiciels qui permettent à nos revendeurs et à nos commerciaux de bien cerner les besoins d’un client et de renforcer le service que nous leur offrons. Tous les produits qui sortent de nos usines sont uniques. Or, la gamme que nous proposons est immense. Les portes blindées d’Heinen par exemple, ce sont pas moins de 200 à 300 combinaisons possibles. Pour être sûr de:

  • respecter les choix du client;
  • produire rapidement les pièces commandées;
  • poser ces produits de la meilleure façon possible au regard de la réalité du chantier;
  • tout en respectant les normes strictes de sécurité.

 

Le « configurateur » envoie l’information complète à nos lignes pour une production sans délai  ainsi qu’aux poseurs agréés qui valident  l’adéquation entre la théorie du bureau d’étude et la réalité du terrain.

Et a contrario, votre regret?

Que les choses prennent du temps. Il y a des opportunités mais on doit pouvoir y mettre les moyens. La concurrence n’attend pas : elle s’inspire de vos bonnes idées. Il faut donc les mettre rapidement sur le marché. C’est ce qui nous a conduit à la robotisation, à la création de notre réseau d’experts, à la professionnalisation et l’agréation de nos poseurs.

Des défis technologiques à relever?

Dario Dalla Valle

Nous avions anticipé le glissement du secteur de la sécurité, de l’anti-effraction vers l’anti-balles, de la protection des biens vers la protection des personnes. Les fabricants traditionnels ont du mal à s’installer dans cette niche où le haut niveau de performances est un standard. Car cela demande des investissements R&D colossaux. Chez nous, la recherche se poursuit constamment. La taille de nos entreprises, qui restent des PME, permet une grande flexibilité, une excellente réactivité en fonction de la conjoncture. La demande est telle qu’on commercialise même des produits qui sont encore en cours de développement.

On fait face aussi à une forte demande en postes de gardes, en intérieur et extérieur, aux entrées des bâtiments dits « sensibles ». Pour ces produits pare-balles, notre clientèle se situe principalement dans le secteur public (ambassades, ministères de l’Intérieur et de la Défense, gouvernements et parlements nationaux et internationaux), mais également privé (sites industriels SEVESO, secteur de l’énergie, …).

« Notre clientèle, on la trouve également dans d’autres secteurs. Par exemple, le marché du luxe. On vient de développer la première salle forte légère Flexofin.  C’est un Bunkerkit modulé en salle forte. Destiné principalement au secteur BJHO (bijouterie-joaillerie-horlogerie-orfèvrerie) et aux possesseurs de grandes valeurs (biens et liquidités), le Flexofin peut, grâce à sa légèreté, être installé partout. Y compris en étages, y compris dans de vieux bâtiments classés. Cela nous ouvre les portes de grandes maisons parisiennes, suisses, et, à travers celles-ci, les portes du grand export car ces enseignes ont un déploiement mondial ».

Votre phrase/citation favorite?

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément » disait Nicolas Boileau.

Pour que la communication passe bien entre les gens, il faut que l’on se comprenne. C’est d’autant plus vrai en entreprise, où il faut que l’on soit tous guidés par un même objectif, une stratégie commune, que l’on parle le même langage.  Car le plus important, c’est le personnel. Pas les machines, pas les ordinateurs: les gens.

 

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