inspirations innovatech

Inspirations,
news et dossiers

Décontamination des masques: premiers protocoles très positifs

Date de publication
18 avril 2020
facebook twitter LinkedIn Google Mail Industrie/Santé Print
Décontamination des masques: premiers protocoles très positifs

LASEA, Aseptic Technologies, Optec, AMB Ecosteryl et Materia Nova annoncent que les masques conservent des propriétés de filtration et un effet germicide.

Une première machine de décontamination de masques a été livrée jeudi au CHU de Liège.

 

Elle a été installée jeudi midi au laboratoire de virologie du CHU pour les derniers tests. Les autres essais ont été réalisés au début de cette semaine et sont envoyés aux différents centres d’analyse. Les résultats sont attendus pour ce lundi. Les entreprises ont également finalisé les tests sur les multiples décontaminations (pour être assurés de la conservation des propriétés barrière après « 5 » décontaminations, et non « une » décontamination comme les essais de la semaine dernière). Résultats des analyses prévus pour  la fin de semaine prochaine.

Fin mars, le gouvernement wallon annonçait qu’outre une unité de production de masques, il commandait aussi une unité de décontamination des masques chirurgicaux et de protection respiratoire (FFP2/3) usagés.

Avec le CHU de Liège, 3 entreprises (Sterigenics, AMB Ecosteryl, Lasea) et 2 centres de recherches (Materia Nova, CentexBel) avaient d’ores et déjà procédé à des essais techniques afin de mettre en place une filière de décontamination des masques.

Ils ont mis au point un protocole validé scientifiquement qui a été soumis à l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS).

Cette piste de la décontamination/stérilisation consiste en cinq types de méthode : (1) irradiation gamma, (2) irradiation UV, (3) oxyde d’éthylène, (4) chaleur sèche, (5) plasma. Plusieurs études très récentes montrent clairement la pertinence de mettre en œuvre cette piste.

Les partenariats de Lasea et la piste UVGI

LaseaCréée en 1999, LASEA, dont le siège principal est situé sur le Liège Science Parc (Belgique), est spécialisée en applications laser.

Lire ici l’interview qu’Axel Kupisiewicz nous avait accordé en 2018.

Fournissant des machines sur mesure et des produits standards, LASEA compte parmi ses clients plusieurs sociétés internationalement reconnues dans le secteur pharmaceutique, médical et du luxe (Baxter, GSK, Sanofi, Luxottica…), différents centres de recherche de renom en Europe et USA, ainsi que de nombreux hôpitaux.

Spécialisée en traitement par laser, les machines sont installées dans de nombreux pays européens mais également aux USA, Australie, Inde, Mexique…

Dotée d’une équipe internationale (82 personnes dont 38 ingénieurs), LASEA fournit des solutions spécifiques, industrielles et innovantes couvrant, au-delà des lasers, des domaines comme l’automation, l’optique, la robotique et la vision.

LASEA dispose de filiales en France (Bordeaux), aux USA (San Diego) et en Suisse (Bienne). Avec plusieurs laboratoires d’application équipés de plus de 25 sources laser, LASEA est à même de trouver et valider la meilleure solution technique, réaliser des prototypes et contribuer à l’industrialisation du procédé développé.

Description de la technique

La technique proposée fait partie des méthodes de décontamination «ultraviolet germicidal irradiation (UVGI)» ayant montré dans la littérature d’excellent taux de réduction sur virus (>4,5log10 TCID50).

Le principe est d’irradier une surface par un faisceau UV-C (280 à 230 nm). Les UV-C, de courte longueur d’onde, sont les UV les plus énergétiques (l’énergie croît quand la longueur d’onde décroît), et sont utilisés en laboratoire de biologie pour leurs effets germicides, afin de stériliser des pièces ou des appareils (hotte à flux laminaire, par exemple).

Les «doses»utilisées pour inactiver les virus, comme le SARS-CoV-2 sont largement dépassées dans nos systèmes afin de répondre aux préconisations de l’AFMPS qui souhaite non seulement une réduction virale très importante (6log10 TCID50, soit une réduction d’un facteur 1.000.000 ), mais également des niveaux de réduction similaires sur les germes (bactéries).

Deux techniques ont été proposées par LASEA:

La première est d’utiliser un appareil laser fabriqué par la société Aseptic Technologies (Gembloux) en le modifiant afin de répondre aux besoins locaux dans le cadre de la pénurie des masques.

De faible volume, il se place dans les hôpitaux ou maisons de repos et permet une décontamination avec chargement unitaire des masques. Le traitement est inférieur à 2 minutes. L’opérateur peut, pendant ce temps, emballer le masque traité et préparer un second masque pour traitement.

Le second système développé en partenariat avec la société OPTEC (Mons) est capable de traiter 3 à 4 fois plus de masques par jour.

Pour ce système, l’idée est d’utiliser une source UV-C non plus continue comme le premier système mais générée par un laser. Il est destiné à un système central de stérilisation des masques.

Des recherches depuis 16 ans

Il y a 16 ans, des tests avaient été réalisés sur plusieurs bactéries et virus avec les services de microbiologie du CHU Liège, d’hygiène alimentaire et de virologie de l’ULG ainsi qu’avec le CERVA (Bruxelles).

Les résultats obtenus permettaient des réductions supérieures (log10 TCID50) à 6 LOG sur virus et sur des bactéries.

Suite à l’appel de la Région Wallonne, LASEA a proposé de reprendre ses recherches et grâce à ces 2 partenaires, de développer et fabriquer rapidement deux prototypes permettant, si les résultats étaient positifs, de contribuer à répondre au problème lié à la pénurie des masques due au COVID-19.

En moins d’un mois, les prototypes ont été réalisés. Ce challenge intense et passionnant pour les équipes liégeoises, montoises et gembloutoises a donné ce samedi de premiers résultats très encourageants tant sur le niveau de réduction et l’effet germicide que sur la conservation des propriétés de filtration (tests réalisés à CentexBel).

LASEA suit avec plusieurs autres sociétés (Sterigenics, AMB Ecosteryl, et Materia Nova) le protocole défini par le groupe d’experts. Les tests continueront la semaine prochaine et un premier système sera livré au CHU de Liège pour fin de ce mois.

Equipement de stérilisation des masques

Le but ultime de cette étude sera de valider un système manuel pour les unités hospitalières ou soins intensifs permettant la décontamination d’un ou plusieurs masques dans une unité type tabletop de faible volume.

La machine sera comparable aux machines fabriquées par LASEA pour les hôpitaux pour la traçabilité individuelle des instruments chirurgicaux ou aux  systèmes de rescellage des flacons de médicaments injectables après remplissage d’Aseptic Technologies.

La «dose» de rayonnement UV pourra être programmable par l’opérateur en fonction de l’optimisation de la productivité par rapport aux souches devant être traitées.

Partenariat avec Aseptic Technologies (Gembloux)

Capture AsepticAseptic Technologies développe et fabrique des équipements innovants utilisés pour la fabrication des médicaments injectables, et en particulier pour la répartition aseptique des nouveaux médicaments de biotechnologie, tels que la thérapie cellulaire, la thérapie génique ou les vaccins thérapeutiques.

En particulier, la technologie du flacon fermé (AT-Closed Vial® Technology) repose sur un flacon fourni prêt-à-remplir : il est déjà propre, stérile et fermé. Dans la machine de remplissage, une aiguille spéciale perce le bouchon et injecte le produit dans le flacon. Le bouchon est ensuite immédiatement resoudé par un tir laser.

 

Partenariat avec Optec (Mons)

Décontamination des masques: premiers protocoles très positifsElle conçoit et fabrique des machines de micro-usinage par laser. Les machines utilisent des lasers émettant depuis l’UV jusqu’à l’IR lointain, avec des durées d’impulsion couvrant un très large spectre.

Avec des machines standards ou customisées selon les besoins des clients. Optec dispose de ses propres bureaux et ateliers à Frameries. La superficie totale est d’environ 1500 m², dont 100 m² de salle blanche classe ISO7.

Optec travaille principalement à l’export, et s’appuie sur un réseau de partenaires à travers le monde. Afin de suivre au plus près le marché du médical aux US, Optec a ouvert une filiale à San Diego.

A ce jour, plus de 500 systèmes et sous-ensembles ont été vendus dans le monde. Les domaines d’application couvrent principalement le médical (Medical Device Manufacturing), l’électronique, et le domaine scientifique

« De premiers résultats primordiaux »

Pour le gouvernement wallon, « ces premiers résultats sont primordiaux. En effet, ils permettent, dès aujourd’hui, aux hôpitaux, aux maisons de soins et de manière générale, à toutes les institutions confrontées à une pénurie de masques,de mettre en place un protocole d’utilisation de méthodes couramment utilisées et assez facilement accessibles, comme par exemple le peroxyde d’hydrogène ou la chaleur sèche, pour décontaminer leurs masques, de manière individualisée ».

Les résultats sont également très positifs pour les méthodes plus novatrices, comme l’irradiation UV et le plasma. Nul doute que le projet mènera à court terme au développement de nouveaux équipements basés sur ces technologies.

« Les études ne sont cependant pas terminées. Les effets de cycles de décontamination multiples doivent en effet être étudiés plus avant. De plus, le protocole va plus loin que ce préconise l’Agence puisqu’il étudie l’effet des différents processus de décontamination sur le virus en lui-même, ce qui s’avère fondamental pour assurer une protection maximale des utilisateurs.

Enfin, les études sur l’effet de la décontamination sur la microbiologie doivent être approfondies. Dès à présent, les hôpitaux, les infrastructures de soin, les maisons de repos qui disposent d’un équipement adéquat vont pouvoir mettre en place des protocoles de “reprocessing”de leur masques de protection respiratoire tout en respectant la guidance établie par l’Agence.

 

Pour le Gouvernement: «Il est vital pour la Wallonie de pouvoir être plus autonome dans des domaines aussi essentiels pour la santé et ce, pendant et après la crise. Avec cette orientation, nous voulons, avec nos institutions, nos chercheurs et nos entreprises, être aux côtés de toutes celles et ceux qui, chaque jour, combattent la maladie. Le Gouvernement de Wallonie, qui soutient financièrement le projet, remercie tous les intervenants de ce projet tellement important pour la santé publique».

————————————————————————————————————–

Vous souhaitez rester au courant de nos articles? Abonnez-vous à notre newsletter.
Suivez nos podcasts, nos vidéos.
Besoin d’un soutien dans le développement de vos innovations? Contactez nos conseillers.

l'équipe de rédaction InnovaTech

Par

L'équipe de rédaction d'InnovaTech est composée d'experts en innovation technologique et en communication.

Website Facebook Twitter LinkedIn

Services associés

coach

Bénéficiez d’un coach

communication presse

Communication presse