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Delhez SA (Thimister) : une tôlerie en phase de digitalisation

Date de publication
21 février 2019
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Delhez

Ces dix dernières années, Delhez SA a investi 13 millions d’euros dans l’acquisition d’outillages performants et déploie son propre ERP maison.

« Le leitmotiv, chez nous c’est faire ce que les autres ne font pas, ou alors, le faire mieux… »

D’abord agriculteur, Nicolas Delhez, le père des actuels directeurs généraux de l’entreprise éponyme, Christophe et Stephan, était devenu couvreur en 1974. Pour améliorer ses réalisations, il avait fait l’acquisition d’une plieuse à zinc, une machine qui lui permettait aussi de rendre de nombreux services à ses confrères. Il ne le savait pas encore mais ce n’était que le début d’une série d’acquisitions d’outillages performants.

Un service qui, vingt ans plus tard, va prendre le pas sur ses activités de toiture. En 1994, Nicolas crée la SA Delhez qui va se spécialiser dans le pliage du zinc puis, dès 1998, dans la tôlerie.

Lorsque Christophe rejoint la zinguerie, deux autres de ses frères, dont Stephan depuis 1999 (la fratrie se compose au total de six frères et sœurs) y évoluent déjà. L’entreprise est alors bien plus modeste qu’aujourd’hui. « Nous étions trois dans un hall de 380 m², à Bilstain», se souvient-il. « L’activité montrant un réel potentiel de développement, notre père a décidé de nous la transmettre en nous proposant de racheter les parts des autres membres de la fratrie. »

Chez les Delhez, c’est dans les gènes: on n’hésite pas à s’équiper. Et à mettre l’argent qu’il faut pour disposer du meilleur outillage. En 1995, l’entreprise avait déjà investi 36 millions de francs belges, soit 793.259 euros (pour un chiffre d’affaires de 25 millions de FB) : « on se différencie par la technologie », explique Christophe. Le leitmotiv, chez nous c’est faire ce que les autres ne font pas, ou alors, le faire mieux… ».

Et ces investissements se poursuivent : « ces dix dernières années, on a investi 13 millions d’euros dans le parc machine (découpeuses, poinçonneuses, plieuses…) dont 6 plieuses pour la seule année 2018.

DelhezNouvelle étape, en 2004 : seuls désormais aux commandes de l’entreprise, Christophe et Stephan décident de revendre l’activité de zinguerie pour se concentrer sur l’usinage de la tôle (inox, aluminium et acier). « Dans la foulée, nous avons investi le fruit de cette vente dans la construction d’une nouvelle usine, sur un terrain d’un hectare, dans le zoning des Plenesses, à Thimister.

Une usine qui, depuis lors, a déjà fait l’objet de deux agrandissements. Le dernier, en 2018, porte la surface utile à 10.000 m². Elle accueille un stock de 300 tonnes de pièces en permanence.

Les carnets de commande sont pleins !

Avec 42 équivalents temps plein, 5500 commandes annuelles et un chiffre d’affaires de près de 7 millions d’euros en 2018, ce n’est pas le travail qui manque chez les Delhez.

Des produits réalisés pour le compte d’une clientèle qui ne cesse de se diversifier : le secteur du bâtiment qui, à l’origine, constituait l’essentiel de la clientèle de l’entreprise, ne représente plus désormais que 15% du chiffre d’affaires contre 80% aux clients issus du monde de l’industrie (dont la pharmaceutique et l’énergie). Le solde provient du secteur du design et d’autres.

Des produits complexes et sur mesure

DelhezDes clients séduits par les technologies spécifiques dont dispose l’entreprise et par le savoir-faire de son personnel : des compétences qui permettent de réaliser des produits complexes et sur mesure.

Récemment, les équipes de Delhez ont ainsi conçu 820 modules qui serviront de châssis à des minirobots développés pour de grands centres logistiques. L’entreprise de Thimister est également en charge de la fourniture des panneaux de façade d’un nouveau métro, à Londres, pour le compte d’un client hollandais.

Un autre client hollandais leur a passé commande pour la livraison de 33.400 panneaux destinés à la Deutsche Post.

Et c’est ne rien dire de la confection, entre 2017 et 2018, de 620 cuves en inox destinées à la climatisation des data center. « Pour réaliser les soudures de ces cuves, explique Christophe Delhez, on a fait l’acquisition d’un robot de grande taille, muni d’une caméra laser qui permet de corriger les mouvements en temps réel ». La technologie au service de la qualité, malgré la complexité : « on arrive à maintenir des prix planchers grâce à une augmentation de la vitesse de production ».

Un ERP dédié aux spécificités de l’entreprise

DelhezOn l’aura compris : chez Delhez, la technologie est reine. Et on y est tellement soucieux de la qualité du travail qu’il n’est pas rare d’y voir se côtoyer des machines de différentes marques, chacune ayant sa spécificité et son utilité.

Des choix qui n’ont pas facilité le travail de l’équipe chargée de piloter la mise en place d’un ERP. Marianne Ingels, responsable des finances et de l’amélioration continue, en sait quelque chose. Cette ingénieure de gestion (Namur) – elle est aussi diplômée de l’Université de Maastricht (International business) et de l’Université d’Edinbourg (Ecological Economics) – a été chargée, avec Bruno Flandre (RH et achats) et Sébastien Kerzmann (méthodes), de piloter la démarche « zéro papier ».

« Pour le volet administratif, on a trouvé un ERP semi-ouvert, explique Marianne, et l’outil fonctionne. Mais pour la production, rien à faire. Toutes les marques auprès desquelles on se fournit en machine-outil nous ont proposé leurs ERP. Aucun ne convenait : pas assez ouverts, ils étaient vraiment dédiés à « leurs » machines, pas aux autres. Chaque constructeur a ses petits secrets qu’il n’aime pas partager ».

Delhez Plant Manager System

Il ne restait donc plus qu’une solution : construire son propre ERP pour assurer la traçabilité des 22.000 articles créés chaque année et gérer les plannings de production des équipes. Sur base d’un cahier de charges, le travail a été confié à une entreprise de la région, Sidéma, qui propose (notamment) un service complet de développement de logiciels.

Baptisé DPMS (pour Delhez Plant Manager System), cet ERP restera ouvert pour permettre toutes les évolutions futures. Démarré en septembre 2017, le chantier du codage a permis d’implémenter deux premiers modules en 2018. Au moins trois autres vont suivre. Ils seront évidemment tous reliés à l’ERP administratif.

Une application permettant une communication simple et univoque entre opérateurs a également été créée : elle repose sur la prise d’une photo. Quoi de plus explicite ? Plutôt que de longues explications, les opérateurs se transmettent l’illustration qui indique la configuration nécessaire de la machine pour réaliser une pièce. Cette information simple est complétée si nécessaire par des PDF.

DelhezLe premier module est dédié à la découpe. Il gère l’ensemble des pièces commandées, la matière en stock et propose une optimisation de la découpe de manière à générer le moins de déchets possible. Une fois découpée et stockée, cette pièce sera « localisée » par l’opérateur. Et s’il oublie ? L’ERP le lui rappellera. Sinon impossible de clôturer la tâche : dès que le programme constate une erreur d’encodage, une case qui n’a pas été cochée ou décochée par exemple, il est impossible d’aller plus loin.

Le second module, dédié à la gestion de stock, est lui en phase finale d’implémentation.

De manière générale, cet ERP a été conçu pour faciliter le travail des opérateurs chargés de l’encodage. « On prémâche le travail des opérateurs – qui ont autre chose à faire et qui n’aiment pas perdre du temps dans les tâches administratives – avec un maximum d’informations pré-encodées, des historiques. Mais on s’assure aussi que tout le nécessaire est encodé. Sinon cela ne sert à rien ».

Un ERP qui intéresse d’autres industriels. « Nous avons été approchés par des copains du zoning et des membres du groupement d’entrepreneurs auquel j’appartiens, explique Christophe. Ils attendent qu’on lance les opérations pour vérifier si cela convient. Si une partie de cet ERP – notamment la partie communication – est utilisable par d’autres, pourquoi pas ».

L’année de la consolidation

Delhez2019 en tous cas sera l’année de la consolidation. « On va désormais gérer la forte croissance de ces dernières années, les agrandissements successifs et les derniers achats machines, poursuit Christophe. A l’exception de l’implémentation de l’ERP, on n’achète plus rien d’exceptionnel cette année. On est prêts ».

Une pause qui fera du bien aussi au personnel. «Notre personnel, c’est notre meilleure chance de réussite. Ils sont tous preneurs d’innovations, de progrès. Ils sont tous très motivés et participent à l’amélioration des procédés. Lors de réunions mensuelles, ils sont associés aux grandes décisions, valident les cahiers de charge des nouvelles machines et des nouvelles commandes. Delhez, c’est vraiment l’usine familiale avec un très grand respect. Dans les deux sens ».

Une entreprise durable

Une PME responsable aussi : elle dispose de 8 ruches (pour concourir à la préservation de la biodiversité locale), d’un verger de 8.000 m2 (pour revaloriser des arbres fruitiers de la région) et de 1325 modules de panneaux photovoltaïques. Et, en 2019, Delhez se lance dans la tonte naturelle des gazons grâce à des moutons.

Quand on arrive à ce niveau de qualité, on ne peut qu’avoir le souci de son environnement.

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