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Denis Hecq : quand l’informatique dope l’impression textile

Date de publication
12 janvier 2018
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Denis Hecq

Fondateur de Printbox, qui représente une très grosse partie du marché wallon, il a accéléré son business pour répondre aux demandes des clients.

Le matin, quand je me lève, ce qui me fait avancer, c’est le challenge, le projet.

Denis HecqIngénieur civil (UCL) en électricité, Denis Hecq est sorti de l’université en 2004. Pendant ses deux dernières années d’étude, il a appris à cumuler les heures et à jongler avec les matières : dans son kot à projet (le SICI – Service d’Impression du Cercle Industriel), il alterne entre les cours d’électricité, l’impression et la broderie sur textile promotionnel. Les nuits sont courtes car le soir (et la nuit), il démarche les cercles.

L’atmosphère est à la création : son voisin de palier n’est autre que « Pincky », Fabien Pinckaers, dont le destin est tout juste en train de s’écrire. Ce dernier fondera OpenERP, une société informatique brabançonne aujourd’hui baptisée Odoo. A l’UCL, « Pincky » transforme son « kot » en dépôt de produits dérivés Linux, parmi lesquels des tee-shirts, qu’il vend en ligne.

En 2003, Denis Hecq, lance, lui, Printbox et se spécialise dans l’impression et la broderie sur textile promotionnel : t-shirts, polos, sweaters, chemises, vestes, casquettes et autres sont personnalisés par un dessin, un logo et/ou un message définis par le client. Avec les moyens du bord : dans le kot de Denis, un 9m², on retrouve une presse manuelle, un ordinateur portable, un téléphone, un matelas… et quelques piles de caisses de textiles.

La méthode Printbox

La méthode Printbox est déjà définie : de la motivation, des cartes de visite distribuées à toute heure, mais aussi des produits de qualité, des tarifs compétitifs et une flexibilité à toute épreuve. Les commandes se font rapidement de plus en plus nombreuses et régulières, notamment via les cercles facultaires. « La boîte prenait de l’ampleur, on vendait plus la nuit que le jour et, pour tout vous dire, les études n’étaient plus forcément ma préoccupation première mais il restait essentiel d’avoir le papier… On ne sait jamais…».

« Le plus dur aura été de finir mes études, confirme Denis. Heureusement que mon épouse a pu m’aider sur la fin pour tenir mon GSM/mes mails pendant la rédaction finale du mémoire ».

Peu à peu, en investissant dans l’entreprise le moindre euro récolté, Denis se crée un parc machine et engage son premier employé, Sébastien Croegaert, qui deviendra par la suite son associé. « Après avoir obtenu mon diplôme, on s’est lancé à grande échelle sur Charleroi ». Dès septembre 2004, il transfère ses activités à Mont-sur-Marchienne où il dispose désormais d’un 100 m² dans un immeuble de la rue de Bomerée, bien connu des riverains : la façade est entièrement peinte en bleu royal !

Denis HecqDe la maison bleue au zoning de Montignies

Historiquement, Printbox, c’est d’abord un showroom où les deux hommes exposent une production qu’ils sous-traitent chez des confrères.

Mais peu à peu, en fonction de l’argent qui rentre, les premières machines d’impression font leur apparition à Mont-sur-Marchienne. « Nos premières commandes sont entièrement produites sur place ».

L’année suivante, deux autres personnes sont engagées et l’atelier de production s’étend sur 150m². Printbox, qui vient d’acquérir un garage annexe au show-room, y installe son premier carrousel automatique pour impression sérigraphique.

« Au fil des ans et des rencontres, on a fini par avoir l’opportunité de reprendre une entreprise ». C’est chose faite, dès 2007. Denis Hecq rachète les bâtiments de Marini Sportwear et s’installe dans le zoning industriel de Montignies-sur-Sambre, où Printbox dispose d’une surface de 500m². En 2009, l’atelier s’étend à 1350 m². Quelques années plus tard, la PME carolo dispose de trois carrousels automatiques d’impression en sérigraphie, de quatorze têtes de broderie, emploie 14 personnes et affiche un chiffre d’affaires annuel de 2,4 millions d’euros.

Le flux de commandes, désormais totalement automatisé, avait déjà été optimisé par un ERP créé spécifiquement sur mesure pour le domaine d’application de Printbox.

Denis Hecq répond à quelques-unes de nos questions.

Comment a évolué le métier ?

Denis HecqLe chiffre de Printbox est passé de 2 à plus de 3 millions d’euros en moins de 5 ans. La méthode ? S’entourer judicieusement de partenaires dans plusieurs villes de Wallonie afin de collaborer sainement dans un secteur difficile, où les prix sont toujours tirés vers le bas par les Pays de l’Est.

Pour y arriver, il n’y a pas de miracle. Cela été notre credo depuis toujours : être le plus professionnel et performant possible. On s’est d’abord « musclé » sur le plan informatique, pour assurer des gestions commerciales, de production et logistique optimales.

Notre catalogue se compose de 20.000 produits : tous sont personnalisables par une ou plusieurs techniques avec des dizaines de variantes possibles… Le nombre de paramètres à gérer est énorme ! Grâce à ce système, on réduit le taux d’erreur, on augmente la performance et on diminue par 10 les coûts de la gestion.

Le système informatique permet aussi à l’équipe de fonctionner même si le patron n’est pas là. En mon absence, n’importe qui au sein de l’équipe est capable de piloter les flux. Et heureusement que ces investissements ont été faits : les clients ont changé de comportement en 10 ans. Avant, les délais, même pour des petites productions, étaient de deux à trois semaines. Aujourd’hui, il est devenu normal de commander 300 tee-shirts le mercredi… et de les recevoir le vendredi ! Il y a ceux dans notre secteur qui ont su s’adapter, comme nous, et qui ont bien progressé. Et puis, il y a les autres. Ils n’ont pas bougé depuis qu’on existe alors que nous, nous sommes partis de zéro. Je le respecte mais c’est un choix…

Votre dernier défi technologique ?

Nous venons d’investir plus de 100.000 € dans notre laboratoire pour réaliser des écrans de sérigraphie (pochoir). Nous avons dématérialisé le fameux film (ou matrice) afin de graver directement les logos sur les écrans. Un défi technologique qui nous a permis de diviser par 5 le temps de réalisation, avec une qualité de résolution dix fois supérieure. Et nous avons divisé par 10 le temps de mise en route des commandes sur nos machines.

C’est ce qui nous « drive » dans l’innovation : gagner du temps, optimiser les processus et devenir le meilleur atelier de sérigraphie sur textile en Belgique.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

Il y en a eu beaucoup mais la plus importante à mes yeux fut d’engager Sébastien, qui est devenu mon associé par la suite. Un associé très fiable : on est très complémentaires tous les deux et on a toujours été d’accord.

Quelle a été la pire ?

Je n’ai rien à regretter. Tout ce qui a pu m’arriver de négatif m’a toujours servi d’enseignement pour mieux progresser par la suite. Un échec n’a de sens que pour un pessimiste. Étant toujours optimiste, j’ai donc toujours beaucoup appris de mes propres expériences.

Votre phrase préférée ?

« Challenge dans la joie et la bonne humeur ». C’est un état d’esprit. Le matin, quand je me lève, ce qui me fait avancer, c’est le challenge, le projet. C’est d’autant plus passionnant quand on partage cela avec ses associés et son personnel que je remercie au passage de me suivre depuis des années. Mais on ne peut le faire correctement qu’en y prenant plaisir…

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