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Derbigum recycle 4.000 tonnes de déchets bitumineux par an

Date de publication
5 octobre 2017
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Derbigum

Dans une démarche d’économie circulaire, le groupe belge a développé en interne une unité de recyclage et des membranes sans bitume.

DerbigumLe groupe belge Imperbel – Derbigum existe depuis 1932 et fabrique depuis les années ’70, des membranes bitumineuses pour revêtements de toitures plates.

Disposant de trois unités de production (à Perwez, en Flandre et aux États-Unis), l’entreprise compte environ 420 collaborateurs et présente un chiffre d’affaire consolidé de 111 millions d’euros, dont 30% est réalisé sur le marché belge. Elle produit plus de 10 millions de m² de membrane par an. Sensible à la raréfaction des matières premières, Derbigum a été l’une des toutes premières entreprises à se lancer dans une démarche d’économie circulaire.

Pourquoi avoir démarré une démarche d’économie circulaire?

Trois réflexions, essentiellement d’ordre économique, sont à l’origine de cette initiative, qui a démarré au début des années ’90.

  1. Jeter des matières nobles est une aberration. D’autant que l’entreprise devait payer pour s’en débarrasser.
  2. Ensuite, Derbigum était parfaitement consciente qu’il y aurait un problème de ressources dans le futur.
  3. Enfin, Derbigum voulait être moins dépendante des fluctuations de coûts des matières premières.

Développer en interne une unité de recyclage des déchets

DerbigumLa décision a donc été prise de développer en interne un procédé de recyclage des déchets de production, aucun équipement n’existant sur le marché. Un procédé, qui, développé initialement pour les seuls déchets de production, recycle maintenant aussi les déchets de pose et les déchets post-consumer (déchets de démolition).

Diverses études avaient été faites afin d’analyser les effets secondaires de l’introduction de matière recyclée dans le procédé de fabrication des membranes.

Ces études ont permis de déterminer le taux de matière recyclée maximal pour garantir le maintien des propriétés des membranes. Ce seuil est de 20 à 30% de matière recyclée.

4.000 tonnes de matière recyclées par an

Aujourd’hui, Derbigum recycle 4.000 tonnes de matière/an, ce qui représente 10% de sa consommation de matières premières. 1.500 tonnes proviennent de déchets de production, 500 tonnes de déchets de mise en œuvre (déchets de coupe des poseurs) et 2.000 tonnes de déchets de démolition (déchets post-consumer).

La rentabilité de ce procédé dépend évidemment des coûts du pétrole : il peut devenir nettement moins intéressant si le prix du pétrole diminue fortement. Derbigum met également à disposition des placeurs des « big bag » chez les distributeurs belges de matériaux pour la collecte des déchets de pose. Derbigum en assure la logistique.

Enfin, l’entreprise a des accords avec des démolisseurs belges pour récupérer les déchets bitumineux issus de la démolition.

Évaluation des impacts environnementaux

Parallèlement, Derbigum a fait réaliser un « bilan carbone » de l’entreprise ainsi qu’une analyse du cycle de vie de quelques-uns de ses produits.

Ces deux études ont démontré que l’élément le plus impactant pour l’environnement était le poste « matières premières ». Les matières premières représentaient alors 80% des émissions de CO2/m2 de membrane.

Grâce à la mise en place d’un suivi strict des consommations énergétiques et son optimisation, grâce à l’utilisation d’électricité verte et au démarrage de l’unité de recyclage, les émissions en CO2 ont été réduites de 42% depuis l’année 2000.

Créer de nouvelles membranes sans bitume

DerbigumDerbigum a développé de nouvelles membranes sans bitume à partir d’une matière première renouvelable (huiles végétales). Certifiées « cradle to cradle » (du berceau au berceau), elles ont été mises sur le marché en 2009 pour ce qui est de la membrane d’étanchéité toiture Derbipure et, en février 2017, pour la membrane d’étanchéité à l’air Derbiskin.

L’ ACV (Analyse du Cycle de Vie) réalisée sur les membranes fabriquées à partir de matières premières renouvelables montre des résultats plus favorables en termes d’impacts environnementaux par rapport aux membranes bitumineuses.

Par contre, avec ces membranes, Derbigum souhaitait diminuer sa dépendance au prix du pétrole. Finalement, cela n’aura pas été le cas. Les huiles végétales peuvent en effet également être utilisées comme sources de matières énergétiques. Si le prix du pétrole augmente, les producteurs d’huiles végétales seront tentés de vendre leur récolte pour une utilisation énergétique et non plus comme matière première pour la fabrication de membranes.

Le bilan de la démarche environnementale

L’avis de Derbigum est mitigé pour les projets de développement de membranes avec un contenu recyclé et de membranes à partir d’énergies renouvelables. En effet, s’ils ont abouti à des produits techniquement très satisfaisants, le succès commercial n’est pas au rendez-vous.

Pourquoi ? Ces nouveaux produits sont arrivés trop tôt par rapport aux attentes du marché, un marché qui n’est sans doute pas encore assez sensible aux questions environnementales pour se décider à acheter des produits plus verts mais plus chers. En outre, les initiatives des pouvoirs publics concernant l’implémentation de l’économie circulaire dans les cahiers de charges restent timides et manquent peut-être encore d’audace aujourd’hui. Des pouvoirs publics qui pourtant pourraient donner un fameux coup de pouce à cette démarche, en montrant l’exemple et en donnant de la crédibilité à ces nouveaux produits.

Par contre, les dirigeants de l’entreprise et le personnel ont enregistré :

  • Une amélioration de l’image de marque de l’entreprise ;
  • Une fierté accrue des membres du personnel pour l’entreprise.

 

Et la vision environnementale des investisseurs (société familiale) devrait payer à long terme.

En tant que responsable de PME, comment vous positionnez-vous par rapport à ce sujet? Souhaitez-vous intégrer un ou plusieur(s) principe(s) de l’ économie circulaire au sein de votre entreprise ? Les conseillers d’InnovaTech peuvent vous y aider, notamment au travers de l’ éco-conception.

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