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Des fichiers partagés pour imprimer du Medtech en 3D

Date de publication
2 avril 2020
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Des fichiers partagés pour imprimer du Medtech en 3D

De très nombreuses initiatives entrepreneuriales et académiques fusent pour développer des produits utiles aux différents intervenants du secteur médical.

Manetco a créé un fichier partagé qui reprend les différentes entreprises/fablab qui ont des imprimantes 3D en précisant s’ils disposent de machines permettant de réaliser des pièces biocompatibles

 

« Lorsque le bon matériau ou la bonne technologie de fabrication est difficile à trouver, le développement d’un nouvel équipement ou l’exécution efficace d’un processus de production peuvent devenir problématiques, explique Tanguy Van Regemorter, l’un des deux patrons de Manetco (lisez ici le portrait de l’entreprise) . Cela est particulièrement vrai si les pièces sont complexes à construire, nécessitent de nombreuses étapes d’assemblage ou sont nécessaires en très petites quantités ».

Les technologies de fabrication numérique peuvent aider à créer et produire rapidement de très petites pièces, à des prix très compétitifs même si elles sont très complexes. Manetco est spécialisée dans le développement et la distribution d’équipements de haute performance pour l’industrie chimique et pharmaceutique.

Pour y arriver, il faut à la fois créer des fichiers permettant leurs impressions 3D, disposer des imprimantes 3D ad-hoc, réaliser des prototypes et faire valider ces nouveaux produits par les autorités médicales avant de les produire en petites et  moyennes séries pour les unités qui en ont besoin.

Coexpair centralise les bonnes volontés

On se souvient du respirateur open source « Breath4Life », conçu à l’OpenHub de l’UCLouvain et testé avec succès ce 25/03 sur un poumon artificiel. Pour réussir les prochaines étapes – l’industrialisation et la mise en production – l’entreprise namuroise Coexpair a centralisé les bonnes volontés et les propositions de nombreuses entreprises belges afin de permettre une livraison des premiers respirateurs dans les hôpitaux belges endéans les 7 jours.

Le projet est porté par + de 200 volontaires, de différents horizons, et soutenu par de nombreuses entreprises et organisations, dont l’UCLouvain, mais aussi Coexpair, Covartim, Elia, IBA, Odoo, ATLR Engineering, … Et de nombreuses autres sont prêtes à monter à bord pour les prochaines étapes (Sonaca, FN Herstal, Safran Aerobooster, …).

A Charleroi, le Fab Lab de l’ULB a répondu à la demande du CHU Saint-Pierre de Bruxelles en produisant des visières de protection pour renforcer l’équipement de base du personnel hospitalier.

A la demande du CHU Saint-Pierre à Bruxelles et du GHDC, le Fab Lab de l’ULB à Charleroi s’est attelé à la production d’une centaine de visières de protection, destinées à renforcer l’équipement de base du personnel hospitalier. Un travail qui se fait tout en respectant les consignes de sécurité. Regardez ici le reportage de Télésambre.

Un Fab Lab qui a pu augmenter sa production grâce à AGC Glass Europe. L’entreprise réalise désormais des visières dans ses propres labos.

Elles sont ensuite déposées au Fablab pour être distribuées !

Retrouvez ici tous les Fab Lab de Wallonie.

Rappelons aussi la mise en place de la plateforme Need4HealtH, créée par le WeLL, Living Lab e-santé wallon du Pôle Mecatech, dans le cadre de Medtech Wallonia, rejoint par le cluster Lifetech.brussels et soutenue par différents acteurs publics. Elle recense les entreprises, essentiellement wallonnes, actives dans les Medtech, e-santé ou autonomie, et fournissant des solutions à impact positif sur la gestion de crise COVID-19 ainsi que les besoins des professionnels de santé ainsi que des solutions pour y répondre. Elle est complémentaire à la plateforme Biowin à laquelle InnovaTech est associée.

Vous avez des questions? Contactez le Well: contact@well-livinglab.be

Notons également l’initiative de Martin, Alexis et Clément, trois Carolos, étudiants ingénieurs. Ils ont créé PCOM3D, une plateforme en ligne à destination des hôpitaux, médecins et experts de l’impression 3D. Objectif : créer une bibliothèque d’objets en 3D imprimables librement et gratuitement pour répondre à la crise du Covid-19.

Enfin, ce week-end, du 3 au 5 avril, les développeurs sont invités à participer à un hackathon solidaire pour imaginer des solutions face à la pandémie du coronavirus. A l’initiative: le Microsoft Innovation Center de Mons.

manetco, tanguy van regemorter, sami yunus, microfluidiqueDans le même genre d’idée, Manetco a créé un fichier centralisé et ouvert dans lequel sont référencés les différentes entreprises/fablab qui ont des imprimantes 3D: le fichier précise notamment s’ils ont des machines permettant de réaliser des pièces biocompatibles.

« Le fichier est encore en construction, explique Tanguy Van Regemorter . Le but consiste à simplifier la mise en contact avec les entreprises qui peuvent aider. Nos partenaires qui disposent des imprimantes 3D sont aussi à disposition. Nous aidons aussi certains groupes de travail initiés et gérés par différents Fablab et industriels dans le développement de masques et autres pièces critiques ».

Sur son site, Manetco propose aussi des solutions partagées.

Des visières de protection réalisées en 3D

Des fichiers partagés pour imprimer du Medtech en 3DLa société forestoise Spentys fonctionne également de cette manière. Créée en septembre 2017, elle s’est spécialisée dans la réalisation de dispositifs d’immobilisation orthopédiques personnalisés en impression 3D. Au vu de la crise sanitaire et à la demande de plusieurs clients, ils ont chargé un fichier open source provenant de Prusa Research, une société d’impression 3D basée à Prague, en République tchèque et fondée Josef Prusa, l’un des principaux développeurs de l’Open Source.

« On a amélioré le fichier permettant la réalisation de visières de protection en impression 3D, explique Louis-Philippe Broze, le CEO. On l’a rendu plus résistant notamment en y ajoutant un vrai film plexiglass d’1 mm d’épaisseur et en le rendant plus durable, notamment en l’imprimant en PETG« .

Le PETG en tant que matériau utilisé dans l’impression 3D se caractérise par une fonctionnalité très similaire à l’ABS (bonne résistance à la température, durabilité, résistance) et la facilité d’être imprimé comme le PLA.

« En outre, il est stérilisable à l’isopropanol qui est utilisé dans l’une des deux formulations des produits hydro-alcooliques recommandés par l’OMS (la première étant à base d’éthanol) à une concentration de 99.8% et testée par des laboratoires de référence de l’OMS conformément aux normes EN (EN 1500) », ajoute M. Broze.

Enfin, cette visière a été conçue pour être particulièrement rigide et pour bien tenir en place, grâce notamment à de la bande velcro placée en haut de la tête afin qu’il reste bien stable même en cas de mouvement brusque ».

L’entreprise, qui dispose de 25 imprimantes – 6 nouvelles sont en commande – en a déjà produit 543. Des nouvelles commandes pour près de 2.000 pièces sont en cours de livraison.

Pour retrouver le fichier de Prusa et le commander, cliquez ici.

Des commandes en forte hausse chez Plastiservice

Gérard BaudsonToutes ces impressions 3D nécessitent évidemment de pouvoir se fournir en matière. Le groupe Plastiservice (Jumet) enregistre des commandes en forte hausse pour les écrans de protection. Spécialisé dans la fourniture et la transformation de matériaux synthétiques, le groupe Plastiservice exploite 12 agences en Belgique et en France, dont 2 en Wallonie. A Jumet, son atelier fabrique des équipements de protection et des écrans anti-postillons.

Lisez ici l’entretien que son patron, Gérard Baudson, nous avait accordé.

En cette période de crise épidémique, le nombre de commandes de feuilles et plaques en plastique transparent a fortement augmenté pour protéger les commerces directement exposés au virus (pharmacies, boulangeries…).

Mais il n’y a pas que la 3D: une unité wallonne de production de masques

Le Gouvernement de Wallonie a retenu la société DELTRIAN INTERNATIONAL S.A. basée à Fleurus pour établir une ligne de production de masques chirurgicaux, ainsi que le groupement de 3 entreprises (Sterigenics, AMB Ecosteryl, Lasea), de 2 centres de recherche (Materia Nova et CentexBel) et du CHU de Liège pour mettre en place une filière de décontamination des masques en Wallonie.

En savoir plus en lisant notre article ici.

Découpe laser et thermoformage

Le thermoformage et la découpe laser sont utilisées par d’autres entreprises.

C’est ainsi qu’à l’initiative de Marc Deltenre (administrateur de la société Delplex SA et du club d’affaire B4C), une visière de protection a été développée par son entreprise qui produit habituellement des systèmes de présentation des denrées alimentaires pour les comptoirs de magasin.

Deux autres entreprises de la région de Charleroi, Deltenre & Co (Paul Willocx) et DHK (Philippe Dubois) se sont associées à l’initiative permettant ainsi l’industrialisation rapide de cette protection destinée au corps médical et aux autres personnes exposées à la propagation du virus.

La production a débuté ce jeudi 26 mars chez Delplex par la découpe et le thermoformage des visières en PETG. Simultanément, la découpe des languettes de support en polypropylène se fait chez Deltenre & Co. Tout cela a été possible en quelques jours grâce à la réactivité de DHK qui a mis en place l’approvisionnement des fournitures nécessaires dans des délais records.

Déjà plus de 2.000 visières ont été produites, dont la moitié ont été livrées, notamment aux hôpitaux de Charleroi. Près de 20.000 visières sont en cours de production.

De la fabrication de châssis aux parois plexiglass

David Solheid, le patron de Laserlux (Berneau – Dalhem), créée il y a 7 ans, active dans la découpe laser et spécialisée dans la fabrication de châssis de fenêtre, a lui reçu un appel du groupe pharmaceutique liégeois Santis. « Ils voulaient savoir s’il était possible de réaliser des parois en plexiglass pour leurs pharmacies ». L’entreprise a relevé le défi et a produit une première cinquantaine de panneaux.

Très vite, les commandes ont afflué: « nous avons fourni 1.200 panneaux pour tous les Aldi de Belgique, 600 panneaux pour tous les Cora de Belgique et 470 panneaux pour les agences bancaires Beobank, sans oublier les 500 pharmacies et boulangeries fournies», précise David Solheid. La Ville de Visé a d’ailleurs pris en charge chez Laserlux les panneaux pour les pharmacies visétoises et pour les bureaux de l’administration » explique-t-il dans La Meuse.

Toutes les chutes sont ensuite recyclées et fondues pour réaliser de nouveaux plexiglass. Et les chutes de la commande des magasins Aldi sont fournies gratuitement aux commerçants de la région qui en ont besoin. Et, Laserlux fournit aussi des masques pour les médecins.

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