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Des microsystèmes innovants pour créer de nouveaux marchés

Date de publication
18 mai 2018
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microsystèmes

TaiPro Engineering les conçoit et peut aussi vous les « microassembler » pour des séries allant de 10 à 25.000 pièces par an.

L’innovation n’est pas un coût, c’est un investissement.

Depuis deux ans, dans les locaux de WSL, le partenaire des techno-entrepreneurs, des lignes de packaging et de micro assemblage, généralement dédiées au secteur de la microélectronique, tournent à plein rendement. Pour le compte de clients prestigieux, en recherche de solutions innovantes.

microsystèmesTaiPro Engineering (Tailored microsystems improving your Product) y réalise des « petites séries » – entre 10 et 25.000 pièces par an – de microsystèmes électroniques comprenant à la fois l’interconnexion et l’encapsulation de composants de tailles microscopiques. De la simple fabrication ? Pas seulement. « 80% des designers de chips microélectroniques n’arrivent pas à mettre au point leurs technologies tout simplement parce qu’ils ont oublié l’étape de l’assemblage… » explique le pilote de TaiPro, Michel Saint-Mard. « Quand vous devez connecter et encapsuler des puces présentant 2000 fils de soudure de diamètre de 20 à 25 microns (µm), chaque fil étant positionné à 5 µm l’un de l’autre (NDA : le diamètre d’un cheveu est de 60 à 70 µm), croyez-moi, cette étape n’est pas un détail ». La photo: avec l’aimable autorisation de MINDCET  – Câble « fine pitch ».

On l’aura compris. TaiPro Engineering, propose une offre de services d’ingénierie particulièrement pointue permettant des développements de microsystèmes à haute valeur ajoutée, à intégrer dans des produits ou des processus industriels, de manière à solutionner un problème ou à apporter de nouvelles fonctionnalités aux produits.

Incubée durant plusieurs années par les équipes d’Agnès Flémal, l’entreprise s’était d’abord installée sur le site voisin de Technifutur où elle louait des salles blanches et du matériel provenant du laboratoire de l’Université de Liège Microsys. Elle a ensuite acheté ses propres machines et s’est installée dans ses locaux.

Une entreprise exceptionnelle pilotée par Michel Saint-Mard. Le managing director de cette PME s’y connaît « un peu » en la matière… Ingénieur civil électromécanicien (orientation aérospatial) (Ulg, 1995), il a travaillé de 1995 à 1999 à l’École Royale Militaire sur des projets de lanceurs spatiaux qualifiés d’«exotiques».

Il rejoint ensuite le fleuron liégeois Techspace Aero, via le bureau d’ingénierie GDTech, d’où il pilotera les recherches menées par les partenaires du projet FESTIP (Future European Space Transportation Infrastructure Program – Programme d’études des systèmes de transport du futur) de l’ESA. Il sera ensuite responsable du développement de vannes cryogéniques pour le moteur Vinci (la partie moteur du 3e étage d’Ariane 5).

« On allait rentrer en production, se souvient cet ingénieur, et ce n’était plus trop mon truc ». En 2005, il retourne à l’ULiège où on le charge de créer le laboratoire Microsys. « Objectif ? Sensibiliser les acteurs industriels à la création de valeur ajoutée dans les process de production grâce à l’électronique. On est parti de zéro : on a dû trouver du matériel qui n’existait pas encore en Wallonie et former une équipe de pros’ dans un domaine très pointu». Challenge relevé.

Rendre les produits de nos clients plus intelligents

microsystèmesPour TaiPro Engineering, créée en février 2009, Michel Saint-Mard va agir de la même manière. « On est également parti d’un « business model » innovant et on a confectionné, au fil des ans, une équipe et une zone de production capables de fournir des microsystèmes sur mesure pour améliorer les procédés des fabrications ou les produits de nos clients ».

Michel Saint-Mard ajoute : « nous créons des microsystèmes pour que les produits de nos clients soient plus intelligents, mieux intégrés, présentent de meilleures résistances à des éléments critiques comme la taille, la température, l’acidité. Un microsystème, pour nous, c’est un système électronique de petite taille qui répond aux exigences d’environnements difficiles ».

Microsystèmes: peu d’avenir pour la production de séries?

« Au début des activités de TaiPro, poursuit Michel Saint-Mard, on réalisait surtout du design et des prototypes. On pensait qu’il n’y avait pas trop d’avenir pour la production de séries, en Europe. Mais peu à peu, on s’est rendu compte que certains de nos clients avaient de gros besoins en matière d’assemblage. Nos clients n’ont pas forcément besoin d’assembler 100.000 pièces par an. Par contre, pour des produits innovants et même pour certaines niches dans le secteur du semiconducteur, faire de la « petite » série (10 à 25.000 pièces par an) et réunir sur un même site design et assemblage avait du sens ».

En 2014, l’entreprise a donc investi 400.000 € dans l’achat de machines automatiques destinées à ce type de production. « Aujourd’hui, de très grosses pointures européennes viennent voir TaiPro pour une meilleure production industrialisable avec contrôle des paramètres et donc un haut niveau de qualité».

TaiPro Engineering : deux grands types de clients et des « deals » avec de grands comptes

• Des clients qui ont besoin de design et de développement produit (des entreprises ayant une philosophie d’innovation permanente sans trop de compétences électroniques mais qui connaissent très bien leurs marchés).
• Des entreprises actives dans le monde du semiconducteur et qui ont des besoins d’assemblage.

« Notre mix est vraiment intéressant, analyse Michel Saint-Mard, notamment pour des entreprises qu’on pourrait croire « concurrentes » et qui, pour certaines d’entre elles, deviennent des prescripteurs. Elles sont spécialisées dans l’assemblage de 100.000 pièces et ne prennent rien en-dessous. Mais c’est toujours dommage de perdre un « petit » client qui peut devenir grand. On a donc conclu un « deal » avec certaines de ces entreprises. Elles nous envoient des clients qui n’ont encore besoin que de petites séries. Et, dès qu’on arrive à de plus grosses productions, correspondant à leur savoir-faire et leur capacité, le client retourne chez eux».

MicrosystemesParmi ses clients, on retrouve donc de grands industriels comme Safran Aero Booster, CMI, Trasis et d’autres actifs dans le secteur des semiconducteurs. C’est le cas de la start-up belge SoftKinetic rachetée en 2015 par Sony, Ansem (Leuven) et IMEC ou encore le CEA (Grenoble).

Aujourd’hui TaiPro, c’est 8 personnes (5 ingénieurs, 2 techniciens et un commercial) et des ventes oscillant entre 850.000 et 900.000 €. Et la jeune entreprise liégeoise est en passe de s’étendre à l’international : « on s’est rendu compte qu’en termes d’assemblage, il fallait être présent dans trois zones européennes très importantes : la ville de Leuven (avec tout l’écosystème qui s’est constitué autour de l’IMEC – dont on bénéficie déjà de la proximité), la ville de Grenoble (TaiPro y a ouvert un bureau de représentation) et la ville de Dresde (à venir).

Comment a évolué votre marché ?

microsystèmesQuand on a créé TaiPro Engineering, on n’était que quelques-uns à croire vraiment aux enjeux de la miniaturisation et de la possibilité de faire vivre de l’électronique dans des environnements contraignants.

Quand on développait des designs spécifiques, en regard des designs standards développés par la concurrence, il n’était pas toujours facile de convaincre les industriels de venir chez nous.

On a pu finalement les décider de franchir le pas en leur prouvant que les produits qu’on pouvait leur développer leur ouvraient de nouveaux marchés.

Et que les questions des coûts des premiers prototypes, pas tellement différents de l’électronique standard, devaient être mis en perspective avec la valeur ajoutée supérieure permettant d’atteindre l’objectif du marché. Le coût engendré par l’absence de solution est souvent négligé.

On a, par exemple, développé un capteur de pression dont la taille se situe entre 1,2 et 1,5 mm. Par rapport au cahier des charges, seule une grande entreprise américaine et la petite équipe de TaiPro Engineering étaient capable de soumissionner. On a non seulement obtenu le marché mais on a gagné trois nouveaux clients grâce à ce développement.

Un besoin latent chez tous les industriels

Au départ donc, personne ne croyait vraiment à l’émergence de ce besoin électronique particulier. Et pourtant, il est latent chez tous les industriels. Mais tous ne le savent pas encore. En ce domaine, l’imagination est infinie, quel que soit le secteur où nos clients sont actifs : de l’aéronautique à l’imagerie spatiale, en passant par les semiconducteurs, la préparation des voitures de course ou encore des essais en soufflerie hypersonique.

On dispose d’un large spectre de clients et de domaines d’application. Une variété qui nous permet de conserver un chiffre d’affaires vraiment stable. Si un client nous lâche ou qu’un secteur décroit, on n’est pas coincé. Aucun risque de mourir.

Et on a un axe de progression énorme grâce à ce mix de compétences où on joue à la fois le rôle de « design authority » et de sous-traitant en termes de fabrication. On le fait déjà pour plusieurs clients. Ajoutez-y notre casquette d’intégrateur et on est convaincu que c’est la voie à suivre.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

D’avoir créé TaiPro. Cela m’a épanoui. En même temps, comme d’autres entrepreneurs que vous avez rencontré (Gregory Reichling, Sébastien Ryhon) travailler chez Techspace Aero m’a vraiment formé. En gérant des projets pas forcément faciles de clients très exigeants, on apprend énormément. Je pense que si je n’étais pas passé par ces entreprises, je n’aurais pas créé TaiPro.

Et la pire ?

A la création de TaiPro, on aurait dû prendre plus de risques, peut-être intégrer plus d’investisseurs, on se serait sans doute développé plus vite.

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant?

Il ne faut pas s’habituer à la facilité. Prenez notre fameux capteur de pression dont je vous ai parlé. Sans être devenu une routine, on consolide l’expérience dans ce domaine. On aurait pu se contenter de ce que l’on sait faire rapidement. On a préféré innover, ajouter de la valeur notamment au travers de projets pôles de la région wallonne: c’est ce qui fait qu’on est reconnu.

Aujourd’hui, pour certains, l’innovation c’est faire mieux et moins cher. Ce n’est pas prendre l’innovation par le bon bout. Il faut se dire : si j’innove, je capte des marchés que je n’avais pas anticipés/identifiés. Et c’est là qu’on fait de la marge, c’est là qu’on fait de la vraie valeur ajoutée.

En même temps, on n’innove pas sans que toute la chaîne de valeur y soit prête, y compris l’utilisateur final.

Je vais vous raconter une anecdote. Pour un client qui gère un stand de tir, utilisé notamment par les forces de police, on voulait déployer une solution électronique avec un laser qui permettait aux policiers de s’entrainer efficacement avec leur arme de service sans devoir faire usage de balles réelles. En stand de tir, potentiellement, se côtoyaient donc des tirs à balles réelles et des lasers. Cela avait plein d’avantages notamment, à terme, celui de remplacer les tirs à balles réelles.

Mais des conseillers de notre client nous ont fait la remarque suivante : « les lasers sont dangereux pour les yeux. Il faudra mettre des lunettes pour se protéger ». Un comble. « Les balles réelles, c’est plus dangereux non? » leur a-t-on répondu. La réponse a fusé : « oui mais, les balles réelles, ils ont l’habitude ». Moralité: vous ne pouvez pas innover si l’utilisateur final n’est pas prêt. Et ce qu’importe la raison.

Mais l’innovation, ce n’est pas tomber non plus dans l’excès inverse. Certains clients nous demandent parfois de miniaturiser des designs standards. Pour eux, cela ne peut être que simple alors que, souvent, c’est trop tard. Avant de se lancer dans un développement quel qu’il soit, il faut se poser les bonnes questions. Pourquoi faire ? Quelle sera la valeur ajoutée en regard du coût de développement et du cout de production qui va croître ? Avez-vous pensé à l’assemblage ? Quid des tests à réaliser, etc

Votre phrase préférée ?

L’innovation n‘est pas un coût, c’est un investissement.

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