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Des pépites wallonnes au CES 2017 de Las Vegas

Date de publication
12 janvier 2017
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CES 2017

La liégeoise Riiot Labs décroche un Innovation Awards au CES 2017, comme l’américano-liégeoise Bloomlife (installée à San Francisco) ou la Jumetoise Calyos

Bluffé. Hugues Danze, le porte-parole de Meusinvest, découvrait pour la première fois le Consumer Electronics Show (CES). Plus grand évènement mondial dans le domaine de l’électronique high-tech (mais grand public), cette grand-messe se tient à Las Vegas depuis tout juste 50 ans . Elle rassemble annuellement 3800 exposants, dont un grand nombre de start-up.

Il règne au CES  de Las Vegas une incroyable dynamique, une énergie ultra-positive

Parmi celles-ci, une dizaine d’entreprises belges, dont six wallonnes, une bruxelloise (Muuselabs) et trois flamandes.

« Bluffé » donc Hugues Danze, qui, la semaine passée, y accompagnait son directeur général, Gaëtan Servais: « Premier sentiment: c’est immense. Comme tout aux États-Unis. Plus grand salon technologique du monde, il règne au CES  de Las Vegas une incroyable dynamique. On y ressent une énergie ultra-positive, pleine de fraicheur. Comme dans une ruche ou une fourmilière. Surtout dans la zone start-up, baptisée Euréka ».

Meusinvest et LeanSquare étaient présents à Las Vegas pour y soutenir l’un de leurs « bébés »: l’américano-liégeois Bloomlife, installé à San-Francisco et créé en 2014 par le liégeois Julien Penders et l’américain Éric Dy.  A cheval sur le créneau des objets connectés et celui de la santé, l’entreprise a créé Bloomlife, un petit moniteur portatif couplé à une application mobile, destiné aux femmes enceintes. L’appareil, qui se loue 149 dollars par mois durant le dernier trimestre de la grossesse, détecte les contractions et en affiche les caractéristiques (durée, fréquence) sur votre mobile. Et d’autres mesures sont encore attendues: pouls et mouvements du bébé, etc. Les données ainsi récoltées pourraient également servir à réaliser des études sur les grossesses à risques.

Avant de créer Bloomlife, Julien Penders était directeur de programme chez Imec (Institut de micro-électronique et composants), un centre de recherche louvaniste. Il y dirigeait les activités de soins de santé. C’est là qu’il a rencontré son futur associé. C’est là aussi qu’est née la technologie à la base de Bloomlife.

Meusinvest a investi 425.000 dollars dans le capital de la start-up, aux côtés d’investisseurs aussi prestigieux que Marc Benioff, le fondateur de Salesforce et 47e homme le plus riche de la « Tech », selon le magazine Forbes. Bloomlife a déjà engrangé 6 millions de dollars pour ses développements.

Faire accepter les capteurs dans les applications santé

D’une manière générale, Bloomlife est une réponse aux difficultés rencontrées par les développeurs de capteurs destinés au monde de la santé. Souvent ces capteurs adressent un besoin médical mais ne répondent pas a des attentes précises du consommateur. Résultat, les utilisateurs ne se pressent pas au portillon. Les processus d’adoption de ces innovations sont lents. « Nous avons fait beaucoup de recherches sur les utilisateurs et nous avons identifié plusieurs besoins, dont au moins une question urgente à laquelle des capteurs pouvaient répondre », explique Julien Penders.

Bloomlife Belli

La question vise les femmes enceintes: « est-ce que j’ai des contractions? » Nous utilisons ce besoin très précis pour motiver les femmes enceintes à utiliser nos capteurs portables. Le produit que nous avons développé est capable de mesurer les contractions. Il sera également capable de mesurer une gamme d’autres paramètres pertinents tels que l’activité, le stress, le sommeil de la maman, et le mouvement du bébé. Sur le long terme, nous comptons utiliser ces cinq paramètres pour modéliser le comportement de l’utilisateur et ensuite pousser des messages personnalisés pour l’aider à mener une vie plus saine, pour elle-même et pour le bébé. La grossesse est une excellente occasion de faire des changements dans son style de vie ». Les données récoltées permettront également de faire avancer la recherche scientifique sur les facteurs de risques associés aux complications de grossesse telles que les naissances prématurées.

Bloomlife a trouvé son marché. Il est américain. Raison pour laquelle Bloomlife a établi son QG à San Francisco, au cœur de la Silicon Valley. « Mais nous avons également une filiale européenne à Genk, principalement pour exploiter les connaissances et l’expertise en Europe. La Belgique et les Pays-Bas ont d’excellentes compétences en matière de capteurs, d’algorithmes et de recherche clinique. Nous voulons rester proche d’eux ».

Outre plusieurs awards décrochés au CES, Bloomlife a fini seconde à la finale du Techcrunch Battlefield en lice face à 430 autres start-up.

4 start-up issues de l’incubateur liégeois The Faktory au CES 2017

Meusinvest et Leansquare n’étaient pas les seules institutions liégeoises à être présentes au CES 2017. Leur partenaire, The Faktory, l’incubateur liégeois créé par Pierre L’Hoest et dirigé par Simon Alexandre, y accompagnait quatre start-up couvées en ses murs. On y retrouvait:

Kanopy25, une assiette intelligente pour plante en pot, qui gère l’arrosage optimal de la plante. Le dispositif intègre des capteurs qui, se basant sur le poids de la plante, envoie des données sur l’évolution du taux d’humidité du terreau;

Pioupiou (Altostratus) est un anémomètre connecté qui ne nécessite ni électricité ni accès internet. Cette version ultramoderne et design du coq d’église mesure la vitesse et la direction du vent, ainsi que l’intensité des rafales;

P-Heal est une version « objet connecté » du traditionnel pilulier, qui assure un suivi plus efficace de la prise de médicaments quotidiens en jouant les aide-mémoire;CES AWARD Riiot

Blue by Riiot est un analyseur d’eau de piscine intelligent. Il s’agit d’un capteur « tout en un » adapté à tout type de piscine qui transmet en permanence des données essentielles sur la qualité de l’eau (température, pH, salinité et taux de chlore) directement sur le smartphone de son propriétaire, via une appli gratuite. Blue a obtenu un CES innovation Awards.

Découvrez ces innovations wallonnes et bruxelloise dans ce reportage de la RTBF. La vidéo se trouve en fin de publication.

Un PC complètement silencieux made in Jumet au CES 2017

Cette innovation risque bien de mettre en émoi les amateurs de jeux vidéo: un PC complètement silencieux. Elle est signée Calyos, une société basée à Jumet (Charleroi), et vient également de gagner un prix au CES 2017.Calyos CES

Selon la RTBF, l’entreprise conçoit en fait des systèmes de refroidissement entre autres pour des ordinateurs portables. Résultat: des machines à la fois puissantes et totalement silencieuses.

Eliza Wolf, responsable marketing chez Calyos, explique à quoi ressemble cette innovation et à quoi elle sert: « C’est un PC 100% fait maison que ce soit pour la partie boîtier ou pour la partie refroidissement. Ce PC a de particulier le fait qu’il est refroidi de manière totalement passive. A savoir qu’il ne possède pas de ventilateur, ni de partie mécanique, ni aucune eau qui permet de refroidir les composants ».

Pourquoi aller au CES 2017?

Ce n’est évidemment pas pour le plaisir – même si Las Vegas vaut le détour – que toutes ces entreprises et ces institutions se sont rendues au CES 2017. « Vu l’étroitesse du marché wallon ou même belge, toute start-up qui développe des produits dont l’indice d’attraction de la clientèle cible est forte devrait y avoir un stand, explique Hugues Danze. C’est là qu’elle trouvera tout ce qui existe en électronique. Notamment les résultats de la recherche et du développement dans des domaines en pleine éclosion: les objets connectés, l’intelligence artificielle, la robotique. Elle découvrira en primeur des produits qui deviendront un jour des commodités, comme l’était le smartphone il y a dix ans. C’est là aussi que l’on va se créer son réseau, qu’on va rencontrer des financiers prêts à miser sur des technologies presque matures. Et même pour des structures comme les nôtres, il est important d’identifier de futurs partenaires. Pour le plus grand bien de nos entreprises ».

« Le talent, le génie, la créativité n’ont pas de frontière, conclut Hugues Danze. Il n’y a donc aucune raison que la Wallonie n’y soit pas représentée ». A notre échelle bien sur. Les français étaient présents au CES 2017 avec pas moins de 257 entreprises, sous le label FrenchTech. A quand une BelgianTech? Ou au moins une WalloonTech…

 

 

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