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Des pommes et des poires pour fabriquer des cosmétiques

Date de publication
29 mars 2019
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cosmétiquie

Et si on valorisait mieux nos coproduits agricoles, ceux issus de nos vergers et de nos vignes, pour la cosmétique et les compléments alimentaires ?

Objectif ? Concurrencer les principes actifs issus des marchés asiatiques et est-européens

L’Europe reste le premier producteur mondial de cosmétiques. La valeur des exportations européennes dans ce secteur a d’ailleurs atteint en 2017 les 20,2 milliards d’euros. La France et l’Allemagne pèsent ensemble pour moitié dans ces exportations. L’industrie européenne de la cosmétique génère directement et indirectement deux millions d’emplois.

CosmétiqueL’industrie nutraceutique (alicament) mondiale, estimée elle à 184 milliards de dollars, est dynamique et en constante évolution, permettant à la recherche scientifique de poursuivre son élan. Le chiffre d’affaires mondial attendu en 2022 est de 269,06 milliards d’euros. Dominé par l’Allemagne et l’Italie, le marché européen des compléments alimentaires est évalué à 14 milliards d’euros.

Malgré un contexte économique difficile ces dernières années en Europe, l’industrie cosmétique et nutraceutique poursuit donc sa croissance : des secteurs caractérisés par une forte demande des consommateurs pour un retour aux produits naturels à partir de ressources locales.

Et pourtant, la majorité des actifs naturels utilisés dans les formulations cosmétiques ou nutraceutiques est importée. Ils proviennent essentiellement d’Asie et d’Europe de l’Est. Ce qui ne manque pas de poser questions tant du point du vue du contrôle qualité qu’en matière de conditions de travail.

Un véritable gâchis que d’importer des actifs naturels

La grande biodiversité qui caractérise l’Europe, en particulier dans les régions du Nord-Ouest (les régions transfrontalières du Benelux, de la France, de l’Allemagne et de la Suisse), génère une grande quantité de résidus.

Des résidus, qui, parce qu’ils ne sont pas pleinement exploités pour l’approvisionnement en actifs naturels, restent des déchets peu ou mal valorisés.

C’est pour répondre à ces défis qu’au début de cette année, les autorités européennes ont lancé le projet Interreg North-West Europe AGRIWASTEVALUE.

cosmétiqueIl vise la valorisation de coproduits agricoles, et plus particulièrement ceux du secteur arboricole fruitier et de la viticulture, en produits cosmétiques et nutraceutiques. Ces coproduits seront intégrés dans une chaîne de valeur ajoutée, permettant également la création de produits bio-basés pour des secteurs industriels clés tels que la chimie, l’énergie ou l’agriculture.

Sur une idée du CELABOR, le projet est coordonné par AgroParisTech. Le consortium est également composé des acteurs suivants : Cosmetic Valley, l’Université de Reims Champagne Ardenne, Delphy, PFI, Valbiom, GIE Eurasanté, l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne ainsi que CELABOR pour son expertise en extraction et purification de biomolécules d’intérêt.

L’objectif du projet AGRIWASTEVALUE est d’intégrer ces sous-produits et ces résidus agricoles dans une économie circulaire. Comment?  Grâce à des méthodes innovantes d’identification des ingrédients de valeur et à des processus d’extraction et de modification respectueux de l’environnement et facilement modulables.

Le concept inhérent au projet implique la mise en place de nouveaux procédés durables intégrant la transformation de ces résidus en produits à base d’agents bioactifs à valeur élevée destinés à être utilisés dans des secteurs industriels clés de l’industrie européenne: cosmétique et nutraceutique mais aussi énergétique, chimique et agricole.

Une nouvelle chaîne de valeur

Cette nouvelle chaîne de valeur permettra aux producteurs locaux de trouver des alternatives pour une valorisation économique de leurs sous-produits avec des entreprises / partenaires locaux qui bénéficieront des ressources locales pour le développement de produits contenant des agents bioactifs renouvelables facilement disponibles.

Le modèle économique circulaire proposé dans ce projet renforcera la compétitivité de l’Europe grâce à la complémentarité de ses secteurs d’activité et de son réseau de PME, mais également grâce à une interaction forte et à un échange de savoir-faire avec les instituts scientifiques locaux.

Quels résidus ?

Les arbres fruitiers et les vignes font l’objet d’un entretien annuel qui génère des tailles dont les flux varient de 4 à 6 tonnes par hectare et par an. Pour des raisons sanitaires, les tailles et les sarments ( les rameaux de vigne) ne peuvent être abandonnés sur site. Ils sont actuellement brûlés à l’air libre en bout de champ ou sont broyés et font alors l’objet d’un épandage sur les champs. Un travail de collecte fastidieux pour les arboriculteurs et viticulteurs et sans grande valeur ajoutée.

cosmétiquePommes et poires

En Belgique, environ 1.000 cultivateurs se consacrent encore aux pommes et aux poires. Le climat et le sol belge sont idéaux pour la culture de la poire. Ce qui explique l’expansion de sa culture en Belgique. En 1993, la Belgique comptait 4.629 ha de poires contre 9.691 ha en 2016. Toutefois, la superficie dédiée à la pomme a diminué, elle, de plus de la moitié, passant de 15.590 ha en 1993 à 6.491 ha actuellement.

Et le vin ?

CosmétiqueLa viticulture belge a connu une forte croissance ces dix dernières années. Le quintuplement de la superficie et de la production prouve que le viticulteur belge a foi en un bel avenir pour le secteur. Une hausse devrait se poursuivre dans les années à venir. En 2017, on constatait une hausse de 25 % de la production par rapport à 2016, due en grande partie à l’important accroissement de la superficie de plantation ces dernières années.

La production totale atteignait ainsi 946.960 litres en 2017, dont 468.852 litres en Wallonie.

Cartographier les coproduits d’intérêt

Dans un premier temps, les acteurs du projet AGRIWASTEVALUE vont cartographier les zones d’intérêt, en identifiant les coproduits et la quantité disponible. Histoire de valider que potentiellement, il existe bien une filière durable. « Si des agriculteurs disposant de ce type de coproduits souhaitent se faire connaître, qu’ils n’hésitent pas à contacter CELABOR » précise Sébastien Cajot.

Une fois ces zones identifiées, CELABOR va procéder aux extractions des biomolécules d’intérêt, avec l’Université de Reims Champagne Ardenne. Après l’extraction, la biomasse résiduelle sera étudiée par AgroParisTech pour convertir ces dérivés ligno-cellulosiques en composés actifs.

Le solde sera valorisé par PFI en biométhanisation, en bio solvants et biogaz. Quant à Delphy, il valorisera les résidus ultimes en fertilisants qui pourront être épandus sur champs.

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