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Cas pratique: comment évolue le design d’un produit?

Date de publication
18 mai 2017
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Le design n’est pas qu’un bel emballage qu’on développe à la fin: il doit être intégré dès le début du projet. On décrypte le cas Riiot Labs

DesignRéussir la conception de son nouveau produit, c’est aussi s’assurer qu’il répondra aux attentes de ses clients et surtout de ses utilisateurs. L’analyse fonctionnelle permet d’y arriver.  Mais, en pratique, cela marche comment?

Dans le cadre de notre formation 6 jours pour mieux innover, François Royen, administrateur délégué de l’agence liégeoise IOL était notre invité. Il a décrit précisément le processus qui a amené l’un de ses clients, Riiot Labs, à formaliser et à rendre industrialisable son nouveau produit , blueblue by Riiot Labs est un objet connecté permettant d’analyser l’eau à distance et de recevoir les résultats de cette analyse sur son smartphone.

On commence par l’analyse des services

DesignPremier travail: analyse de la demande du client et des contraintes, notamment techniques. Cette analyse permet d’aboutir à un scénario d’usage qui sera le fil conducteur du processus.

Un scénario d’usage? Le scénario d’usage (ou scénario utilisateur) est un outil qui interroge, étape par étape, l’utilisation d’un service par ses utilisateurs. Il dresse le portrait en action d’un usager utilisant le service

« Pour établir un scénario d’usage, précise François Royen, il faut aller sur le terrain et constater que les utilisateurs n’utilisent pas forcément le produit comme on l’a imaginé. On ne connait pas le niveau de compétence de ces derniers : s’agit-il d’utilisateurs lambda, de professionnels, etc? Le produit doit être adapté à l’usage qu’en feront les différents profils« .

L’environnement était ici très important à comprendre et à analyser. S’amusant autour de la piscine, les enfants ne devaient pas le considérer comme un jouet, essayer de l’ouvrir, le lancer d’un coté à l’autre de la piscine, causant des chocs inutiles à un produit qui, pour fonctionner de manière optimale, doit conserver son intégrité.

Sur cette base une série de contraintes, aussi bien techniques que pratiques, ont été soulevées.

L’objet devait:

  • flotter ;
  • être étanche ;
  • résister aux chocs ;
  • transmettre des informations de manière fiable via Wifi et Bluetooth ;
  • être facile à manipuler pour l’usager (qui devra remplacer les batteries et la sonde) ;
  • répondre aux contraintes de l’environnement des piscines quelles qu’elles soient (humidité/volets/nageurs/etc.) ;
  • répondre aux normes de sécurité ;
  • etc.

Design : le produit évolue, y compris son nom

DesignEnsuite, une première recherche formelle a démarré. L’univers aquatique était de rigueur : un objet qui flotte, qui coule, qui s’accroche au bord, qui ressemble à un nénuphar, à une sphère, etc. sont autant d’aspects qui ont été soulevés. La concurrence a également été étudiée.

Parmi l’ensemble des idées soulevées, le client a émis des choix et des orientations qui ont permis, petit à petit, de définir le design.

Son choix s’est tourné vers le flotteur. De nombreuses évolutions de la forme ont eu lieu, notamment pour répondre aux contraintes techniques. Des recherches de couleurs ont également été faites et c’est ainsi qu’au départ baptisé Smartwater, le projet s’est vu re-baptisé Blue.

Design et contraintes techniques

DesignLa première difficulté a consisté à intégrer l’électronique à l’intérieur de la sonde. Après plusieurs essais, le produit a dû être agrandi.

« En outre, il y avait l’obligation d’avoir une partie immergée pour prendre les infos (sonde), explique François Royen, et une partie externe pour envoyer les infos, les antennes ne pouvant pas émettre une fois sous l’eau. Il fallait également qu’il soit rechargeable et étanche« .

Le produit a donc été réalisé en deux niveaux et, pour assurer son étanchéité, a été doté d’une « bague » hermétique.

Une bague qui a dû être agrandie au fur et à mesure des tests et modifiée encore en production, pour des raisons de flottabilité et résistance aux chocs.

Un flotteur, cela doit… flotter : et pour y arriver, il a encore fallu jouer sur le poids, au gramme près. Beaucoup de tests de lestage ont été réalisés.

Le défi des sondes

Un aspect technique non négligeable était les sondes. Pour analyser l’eau, elles devaient être en contact direct avec cette dernière. Tandis que lors du transport ou de l’entreposage, elles devaient obligatoirement rester mouillées.

C’est ainsi que 2 embouts différents ont vu le jour :

  • un premier embout rond ouvert par des fentes laissant passer l’eau ;
  • un second embout fermé et plat sur sa partie inférieure pour permettre un entreposage du produit « debout » tout en conservant les sondes humides.

Une dizaine de prototypes

Un grand nombre d’exemples pourraient encore s’ajouter. Au final, les designers ont travaillé sur une dizaine de prototypes et, un an plus tard, le produit final voyait le jour.

Avec un certain succès. Le flotteur intelligent a connu son heure de gloire, notamment, au Consumer Electronic Show, en janvier 2017. Blue y a obtenu une récompense, le CES innovation Awards dans la catégorie Smart Home. Et un beau succès d’estime : « les gens ne savaient pas ce que c’était mais tous avaient envie de le prendre en main ».

Pari gagné.

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