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Dominique Demonté contribue au développement stratégique de Charleroi

Date de publication
26 juin 2017
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Dominique Demonté

Avec 40 personnalités carolos, ce scientifique décomplexé booste les business de Charleroi (biotech, numérique, advanced manufacturing et mobilité).

Fondamentalement, on reste des bourdons. Physiquement, ils ne devraient pas savoir voler. C’est impossible. Et pourtant…

Il fallait un enfant du pays pour relever ce challenge. Originaire de Marcinelle, père de deux enfants, Dominique Demonté ne fait pas mystère de la passion qui l’anime pour le « pays noir ». « C’est mon « drive », mon fil rouge : contribuer au développement de la région au travers des leviers qui sont les miens ». Des leviers qu’il a construits tout au long de sa carrière.

De la recherche fondamentale au transfert de technologie

Dominique DemontéAprès une licence en biologie à l’Université de Namur, Dominique Demonté a effectué un doctorat en génétique de la levure, toujours à l’Université de Namur.

« Après ce doctorat, je n’avais plus très envie de poursuivre un parcours académique, explique-t-il. Aller dans le privé me tentait mais, vu mon profil très pointu, il y avait très peu de jobs intéressants ».

« J’avais appris qu’on cherchait un post-doctorant à l’Institut de biologie et de médecine moléculaires (IBMM) que l’ULB venait de créer sur l’ aéropole de Gosselies. L’idée était de mener des projets de recherche appliquée autour du virus du sida. Rester dans le cadre universitaire si, parallèlement j’avais la possibilité d’être en contact avec le monde de l’entreprise, cela m’allait ».

Au départ, il ne voulait y rester que 2 ou 3 ans. « J’y suis resté 6 ans finalement. Au cours de toutes ces années, j’ai eu l’occasion de développer plusieurs partenariats avec des entreprises, de déposer plusieurs brevets et de publier».

Mais il avait déjà l’impression d’avoir fait le tour du job. Toujours tenté par l’aventure du privé, il s’en est encore un peu plus rapproché en rejoignant, dès 2006, et pour 3 ans, le bureau de transfert technologique – TTO (Technology Transfer Office) de l’ULB. Une interface qui a pour mission de faciliter les collaborations entre l’Université et ses partenaires extérieurs (services publics et entreprises) en matière de services scientifiques, de recherche & développement, de valorisation des résultats de la recherche et de participation au développement local et régional.

« La recherche fondamentale m’amuse mais ne correspond pas à ma personnalité. Je ne cherche pas à être le spécialiste mondial d’une part spécifique d’un domaine déjà très à la pointe de la recherche ».

Avec le pôle BioWin, il rencontre son mentor

Il arrive au TTO à un moment charnière du développement des biotech à Charleroi et en Wallonie. Et dans cet écosystème naissant, il va faire une rencontre essentielle, celle de l’un de ses mentors : Michel Goldman.  

En plus de diriger l’Institut d’Immunologie Médicale de l’ULB (IMI) qu’il a fondé en 2004 à Charleroi, Michel Goldman est un des fondateurs de BioWin, le pôle de compétitivité Santé de Wallonie créé en 2006.

BIOWIN
Acteur de référence dans le domaine de la biotechnologie santé et des technologies médicales en Wallonie, le pôle fédère les entreprises, centres de recherche et universités investis dans la recherche, le développement et la production de produits et services innovants. On y retrouve 164 entreprises, 400 unités de recherches universitaires et agréées (regroupant en tout près de 11.000 chercheurs), 5 universités (UCL, ULB, ULg, UMons et Université de Namur) ainsi que de nombreux instituts de recherche prestigieux tels que le de Duve Institute, le Ludwig Institute for Cancer Research, le GIGA, l’ IMI, le CCMI, l’ ICP, etc.

Dans le cadre de la création du pôle BioWin, Michel avait besoin d’un adjoint. Dominique Demonté rejoindra l’équipe BioWin et, au départ de Michel Goldman à l’Europe (de 2009 à 2014, il prend en charge l’ Innovative Medicines Initiative, partenariat entre la Commission Européenne et la Fédération Européenne des Industries Pharmaceutiques), c’est lui qui le remplace au sein du conseil de gouvernance du pôle. Il en est aujourd’hui le vice-président.

Le binôme poursuivra sa collaboration car, en 2009, Dominique Demonté devient deputy directeur de l’Institut d’Immunologie Médicale de l’ULB. C’est là que durant trois ans, il apprendra à gérer une équipe de 65 personnes, à gérer un budget et toute l’administration de cette « petite entreprise ».

La direction et l’évolution du Biopark

Dominique DemontéL’idée avait germé en 1994. L’ULB avait décidé d’assurer sa présence en Wallonie. Et avait choisi un domaine d’activité stratégique : les biotechnologies et les sciences du vivant, principaux domaines de développement industriel pour le 21e siècle. Le pari est donc lancé : c’est à Gosselies, sur les vastes terrains jouxtant le jeune aéroport, que le « Biopole ULB Charleroi » sera créé. Le but : poursuivre une recherche d’excellence, compétitive sur le plan international, et permettant le développement d’applications bénéfiques au développement économique de la région de Charleroi.

Cinq ans plus tard, le Biopole prend sa vitesse de croisière. L’IBMM le rejoint ainsi que plusieurs spins offs. En 2004, l’IMI complète le pôle « recherche » et deux ans plus tard, le Bureau de Transfert Technologique de l’ULB y crée sa cellule « Sciences de la Vie ». Enfin, BioWin implante sa cellule opérationnelle à Gosselies.

En 2009, Biopark Formation et le centre de recherche collectif ImmuneHealth débarquent à Gosselies. Enfin, la renommée et l’excellence du Biopole attirent l’Institut de Pathologie et de Génétique (IPG), Novasep, géant français leader de la production de principes actifs pharmaceutiques, finalise l’acquisition d’ Henogen.

Dominique DemontéEn 2010, Biopole se transforme en Biopark et Dominique Demonté en devient assez naturellement le directeur. « Le campus se développait, il fallait quelqu’un qui structure ses activités » explique-t-il. Le Centre de Microscopie et d’Imagerie Moléculaire (CMMI) y voit le jour en 2011. Le site carolo accueille le nouveau bâtiment de Delphi Genetics et le « Biopark Incubator 2 », devenu en 2013 « l’i-Tech Incubator« . Construit par l’intercommunale IGRETEC, il offre 6000m² d’espaces aux entreprises débutantes. Plusieurs sociétés y sont installées, comme MaSTherCell, centre de production de produits de thérapie cellulaire. iTeos Therapeutics, spin-off du Ludwig Institute Cancer Research (LICR), a aussi rejoint l’i-Tech Incubator en 2012. « Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 47 sociétés qui ont débarqué au Biopark » se réjouit Dominique Demonté.

Comment a évolué votre métier ?

Biotech DemontéDepuis janvier, je suis le directeur du pôle ULB Charleroi, qui reprend les activités du Biopark, le nouveau centre universitaire Zénobe Gramme (sciences humaines, sciences sociales) et un futur Centre de recherche en excellence énergétique. Je suis devenu le gentil organisateur qui essaye de mettre de l’huile dans tous les rouages, de pousser les liens entre les organismes, j’aide à trouver des financements.

L’objectif, c’est de créer un écosystème fort qui va assurer l’avenir économique de la région de Charleroi. « J’ai démarré dans la recherche, puis au transfert de technologies, puis dans le management. Aujourd’hui, je suis le gestionnaire de très gros projets. Parce que mon expérience professionnelle m’a donné des leviers qui me permettent d’optimiser cet écosystème ».

En charge également de plusieurs mandats dans des conseils d’administration de SPOW, du WBC, de l’Aéroport de Charleroi, de l’ IRE, il est devenu en janvier 2016, le président du Comité de Développement Stratégique de Charleroi.

Votre dernier défi « technologique » ?

Mon défi aujourd’hui, c’est de créer un business model qui convienne à un écosystème qui ne cesse de grandir. Un business model qui tienne compte du fait qu’on dépend du monde académique dont les ressources financières sont limitées. Quelles sont les structures à mettre en place pour accompagner la gouvernance de cet écosystème ? Dans une entreprise privée, c’est plus simple. Il y a une logique plus linéaire entre la croissance du chiffre d’affaires et la croissance de la taille de l’entreprise.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle?

Avoir quitté la recherche et rejoint le bureau de transfert technologique de l’ULB.

Un regret ?

Ne jamais avoir travaillé dans le privé. J’aurais aimé rejoindre de grosses structures, notamment pour l’aspect formation. Dans une grande entreprise, on est challengé, on est coaché, on est formé. Ils optimisent « l’outil », le personnel. Ils décèlent nos faiblesses. Ici, j’ai toujours l’impression d’être un autodidacte. J’ai tout appris en faisant. Mais j’y perdrais en autonomie et en liberté. J’aurais sans doute un peu de mal après toutes ces années.

Comment maintenir un état d’esprit innovant ?

Ce qui nous drive, ce sont les nouveaux projets, apporter aux gens une vision. Si on me dit que ce n’est pas possible, qu’il n’y a pas de porte, je réponds: « eh bien, on fera un trou pour passer ». Et puis, on baigne dans un univers d’innovation. On sait que l’innovation est essentielle, c’est notre ADN. Même si on est moins tête brulée avec les années qui passent. Je n’ai pas peur du risque mais avant j’aurais suivi ma seule intuition. Cela ne m’a d’ailleurs pas trop mal réussi. Aujourd’hui l’expérience me force à réfléchir à deux fois avant de me lancer. En réalité, il faut trouver un bon équilibre entre les deux : ne pas trop jouer au cow-boy mais ne pas perdre trop de temps non plus en analyses.

Fondamentalement, on reste des bourdons. Physiquement, ils ne devraient pas savoir voler. C’est impossible. Et pourtant…

Vos phrases préférées ?

J’en ai deux:

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » Guillaume Ier d’Orange-Nassau

« Et c’est là qu’est le secret du bonheur et de la vertu, aimer ce qu’on est obligé de faire » (Aldous Huxley)

On passe dix à douze heures à bosser chaque jour. Si cela ne m’amusait pas un peu, il y a longtemps que j’aurais arrêté.

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