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Drag ON Slide : référence belge du serious game

Date de publication
20 octobre 2016
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serious game

Créée en juillet 2014, la start-up montoise Drag ON Slide, spécialisée dans la conception de serious game, réinvente l’apprentissage de matières sérieuses.

Prenons par exemple les métiers de la logistique. En s’appuyant sur les mécanismes du jeu, Drag ON Slide a développé un serious game, le 1er jeu sérieux belge consacré à la chaîne logistique. Il s’agit du  supply chain gaming, à destination des secteurs du transport et de la logistique.

Selon la pyramide de l’apprentissage, nous retenons 5% de l’information que nous écoutons, 10 % de ce que nous lisons et 80 % lorsque nous agissons. Selon Freud et Young, une personne mémorise plus facilement ce qui l’amuse. Partis des jeux vidéo, les développeurs montois ont pour ambition de devenir LA référence belge du serious game. En attendant mieux.

Créer des serious game parce qu’on apprend mieux en jouant, c’est le business de Drag ON Slide

« J’étais trop « jouette » pour devenir professeur de mathématiques, reconnaît Nicolas Jura, l’un des fondateurs du studio de développement de jeux vidéo et de serious games Drag ON Slide. Lorsque je me suis présenté en tongs aux examens de ma section « Math-Sciences » à Dour, mon professeur a refusé que j’y participe ». Du coup, il s’est orienté vers la pub à la Haute École Louvain en Hainaut (HELHA), à Mons, où il a obtenu un diplôme en Arts Appliqués à la publicité – option médias contemporains (2011) puis un diplôme en technique graphique à finalité infographie (option 3D), toujours en 2011, auprès de l’ HEAJ Namur.

« Le dessin, je le pratique depuis que j’ai 5 ans. C’est une véritable passion. Par contre, lors de mon stage en pub, quelque chose me déplaisait : peu importe le produit, qu’il nous plaise ou non, on doit le médiatiser. J’avais un poste possible dans la publicité hospitalière mais finalement, j’ai fait autre chose ».

Autre chose en effet : « en même temps que le dessin, j’ai suivi une formation universitaire en création de jeu vidéo. J’ai participé à la toute première formation « découverte » sur l’univers du gaming. Une formation donnée à Technocité par le studio montois Fishing Cactus ».

C’est là qu’il a rencontré deux des futurs co-fondateurs de Drag ON Slide. « Ils disposaient de compétences différentes des miennes », raconte-t-il à Étienne Froment, pour Geeko : «Aurélien Rocteur en 3D, Loïc Dehon en level design et en partie administrative et moi en réalisation 2D et game design».

Pour s’y retrouver dans le vocabulaire

Le level designer conçoit les environnements et les décors qui peuplent le jeu, essayant de tirer un tout plausible, cohérent et varié. Son rôle n’est pas de concevoir graphiquement les éléments mais de décider comment ils seront disposés à l’intérieur du niveau (obstacles, ennemis, bonus, décors…).

Le game design ou conception de jeu est le processus de création et de mise au point des règles et autres éléments constitutifs d’un jeu.

Un serious game est un logiciel qui combine une intention « sérieuse » — de type pédagogique, informative, communicationnelle, marketing, idéologique ou d’entraînement — avec des ressorts ludiques. De manière synthétique, un jeu sérieux englobe tous les jeux vidéo qui s’écartent du seul divertissement.

 

Envisager la création de serious games amusants

« On a bien accroché, poursuit Nicolas Jura, et on a voulu aller plus loin en créant une structure. D’abord une association de fait qu’on a logé dans une buanderie, fin 2011, à Elouges. On a commencé par développer des petits jeux vidéo téléchargeables. L’un d’entre eux, Kill the swak, a été téléchargé à 200.000 reprises en un jour ! Cela nous a boosté ».

Rapidement, le trio s’est entouré des compétences de la Maison du Design et, pour créer leur boite, de celles d’ Avomarc et de La Maison de l’Entreprise.

Une nouvelle boite de création de jeux vidéo ? « On voulait une orientation plus « sérieuse » que cela, ce qui nous a conduit à envisager la création de serious games, tout en voulant conserver le côté « funny » du jeu. Les serious games qu’on connaissait étaient pour la plupart assez « pauvres » graphiquement et conçus souvent de manière ennuyeuse et rudimentaire. L’objectif était donc de développer des jeux pédagogiques de manière «seriously funny»…

L’utilisateur d’un serious game est plus attentif qu’un lecteur ou un auditeur

Pourquoi ? « Il fallait qu’on capitalise sur l’avantage numéro 1 du jeu vidéo : son utilisateur « lambda » est beaucoup plus actif (et donc attentif) qu’un lecteur ou un auditeur. L’utilisateur de jeu vidéo « mémorise » 80% de ce qu’il y apprend (s’il y a quelque chose à apprendre) contre 10% pour un lecteur et 5% pour un auditeur. Dans cette hypothèse, le serious game a toute sa place comme outil pédagogique. Notamment au sein des entreprises qui souhaitent former leur personnel à diverses compétences nouvelles. On veut que cet outil d’apprentissage soit aussi un jeu. Car celui qui suit cette formation va être tenté de recommencer. Comme on recommence un jeu qui nous a bien plu. Pas besoin de matraquer l’apprenant : il retournera lui-même à sa formation parce qu’il s’y amuse. Ou pas. »

Une fois le concept bien focalisé autour du serious game – même si le studio réalise aussi des « advergaming » (mise en avant de l’entreprise à l’aide d’un jeu ciblé), des mobile gaming ainsi que de l’illustration, de l’animation et du montage audiovisuel – l’équipe – qui a entretemps intégré un business développeur, Paul Attia, et un pédagogue, Pascal Dehut – s’est constituée en SPRL en juillet 2014.

Depuis lors, Drag ON Slide a multiplié les développements et les « Awards » : deux Inno Pepites Awards (startup winner et audience price), un prix Mercure (best innovative startup) et finaliste du Tell Us Award : l’équipe montoise a terminé parmi les 16 meilleurs produits européen en matière d’éducation innovante, en 2015.

Un premier serious game belge consacré à la logistique

serious gameL’une des plus belles réussites de la startup montoise est sans nul doute la création du 1er jeu sérieux belge consacré à la chaîne logistique, le supply chain gaming, à destination des secteurs du transport et de la logistique. Un serious game qui, par son concept et selon ses concepteurs, permet d’améliorer la performance de la transmission de la connaissance de l’ordre de 20% (en gain de temps, en rétention de l’information et en résultat de la connaissance). Au sein de chaque branche de la Supply Chain, on trouve des modules présentant différentes mises en situation.

« Notre devise, explique Nicolas, est de travailler AVEC le client et non pas POUR le client. Nous tenons à l’encadrer avant même la phase de développement, pendant le projet et même au-delà».

Comme le dit un proverbe africain : « Seul, on va plus vite. Ensemble, nous allons plus loin !« .

PromiSelf : le jeu au service de la créativité

serious gameUne logique qui a amené l’entreprise à développer une solution baptisée PromiSelf. « Étymologiquement, ce concept est né d’une idée : enfants, nous allions chercher des objets dans notre coffre à jouets pour créer des histoires répondant à nos besoins. PromiSelf, c’est ça ! Inspiré du psychiatre Donald Winnicott et de la notion du « self », la notion de « moi » représente la part spontanée et inventive de l’individu dès son plus jeune âge. Le « self » chez Drag ON Slide, c’est l’expérience utilisateur. Celle-ci sera axée sur une seule promesse et ce, dans un cadre professionnel. »

Avec PromiSelf, Drag ON Slide a créé sa propre boite à jouets, contenant tous les outils nécessaires pour créer son propre jeu : des éléments 3D, des personnages, des mécaniques de jeu… Un coffre à outils qui permet des développements bien moins coûteux que ceux nécessaires pour un serious game classique, tout en ayant un effet aussi impactant.
serious game

Un coffre à jouets qui prend tout son sens dans une logique collaborative. « On travaille 50/50 avec le client. On écrit le scénario du jeu ensemble pour bien comprendre ce qu’il attend et pouvoir déboucher sur une vraie expérience utilisateur. Avec en fin de compte, une seule promesse : le coût de développement sera bien moins lourd. On arrive ainsi à des coûts variant entre 10 et 15.000 € contre 50 à 100.000€ pour un serious game classique ».

Seriously Funny : « notre approche innovante »

« Seriously funny » : « c’est la philosophie de notre entreprise, explique Nicolas. On structure énormément notre créativité, notre côté ludique ».

Passion : « c’est notre dada. Y croire tout le temps, même si on vit parfois des périodes difficiles, des retards dans nos salaires. Il faut être passionné pour s’accrocher. La passion, c’est, une fois qu’on a fini son job – de game designer et de directeur artistique pour ce qui me concerne – de continuer à dessiner une fois rentré chez soi. »

Ambitieux : « on veut en vivre de cette passion et bien. On s’en donne les moyens. Et dans les 5 ans, on veut être devenu le meilleur studio de serious game et de développements innovants. Dans les 10 ans, on sera à l’international, présents dans les meilleurs studios. Moi j’ai envie d’atteindre des sommets, envie de travailler avec Pixar ou Disney. Mais d’abord, on veut faire son trou ici et pour cela, on est patients. Pour grandir, il faut garder les pieds sur terre : comme un arbre» .

Esprit de compétition : « est-ce le fruit du hasard ? En tous cas, on fait tous du sport. Du judo, de l’athlétisme, du mini-foot, du jogging ou du tennis. En même temps, on sait que plus on grimpe dans la hiérarchie des studios, plus on prend des risques. Plus tu montes, plus t’es seul… En même temps, plus tu montes, plus t’es devant les autres. Cela ne m’intéresse pas d’être autre chose que n°1. J’ambitionne d’être meilleur chaque jour ». Et cela marche : « dès notre premier exercice, on était directement bénéficiaire. On réalise une croissance à deux chiffres. Tout cela sans prêt, sans emprunt. Mais il va falloir financer notre croissance. L’argent, c’est toujours un problème, sourit Nicolas. Au départ, on n’en avait pas. Donc, on s’est contenté de créer et de vendre, sans se payer. Avec l’argent économisé, on a créé notre SPRL et on a investi».

Créer sa boite ou être employé ?

« Les deux choix sont respectables. Mais ceux qui pensent que créer leur boite va leur donner plus de liberté se trompent. Ou plutôt cette liberté a un prix : d’innombrables contraintes. Par exemple, il faut être un peu autodidacte: on apprend seul, on apprend à se débrouiller, à créer des solutions soi-même, on apprend à créer son réseau. Personne ne vous l’apprend. De la même manière, beaucoup d’indépendants se plantent en pensant qu’ils vont pouvoir immédiatement se payer et même très bien se payer. Nous, on a attendu. Après, l’avantage, c’’est que l’indépendant fixe son propre salaire. On démarre très bas mais cela peut aller très vite si le business suit. De manière générale, créer sa boite donne plein d’autres avantages qui n’ont pas de prix : on a la satisfaction d’avoir créé des choses, de voir ses rêves de succès aboutir, de se sentir grandir au même rythme que son entreprise».

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