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Dumoulin Aero, équipementier de tier 1 chez Bombardier

Date de publication
9 mai 2019
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Dumoulin Aero

Cette PME liégeoise, qui veut devenir Factories of the future, livre directement ses pièces destinées aux bords d’attaque des ailes d’avion chez Bombardier.

Dumoulin Aero est l’un des nouveaux ambassadeurs industrie 4.0 du programme Made Different.

 

Société spécialisée en fabrication de pièces pour l’aéronautique, Dumoulin Aero utilise des machines interconnectées afin d’augmenter sa production et gagner en précision.

Et cela marche : l’entreprise ne cesse d’engager (de 3 à 45 ETP); son chiffre d’affaires est passé de 300.000 euros à environ 8 millions d’euros et devrait atteindre les 10 millions rapidement. « On a la chance d’avoir une croissance à 2 chiffres depuis 4 ans, explique son patron, Geoffroy Cammermans. On va continuer à investir. Le but est de devenir « Factories of the future ».

Des armes de chasse à l’aéronautique

Dumoulin AeroAprès son jury central et son service militaire, Geoffroy Cammermans avait eu l’opportunité de retourner travailler pour une société d’import-export au sein de laquelle il avait travaillé. « Mais mon père, qui gérait une PME, à Bruxelles, venait de faire un infarctus. Ma mère m’avait demandé de donner un coup de main durant un mois ou deux au sein de l’entreprise familiale. Je n’étais pas très chaud mais j’ai accepté. Trente ans plus tard, je suis toujours là ».

Il est vrai que l’entreprise a bien changé. « Avec mon père, pas question de jouer au fils du patron. J’ai commencé par les travaux les plus ingrats : servir les cafés, timbrer les enveloppes. Peu à peu, j’ai gravi les échelons d’une entreprise qui n’a cessé d’évoluer ».

En 1987, l’entreprise bruxelloise s’est associée à la famille Dumoulin afin de développer l’armurerie artisanale : « on montait des armes de chasse pour le grand gibier africain ». Une partie des produits étaient réalisés en Chine. « Mais en 1989, les évènements de la place Tian’anmen ont secoué notre marché américain et, durant quelques années, Dumoulin Herstal a vivoté ».

« On fabriquait de manière artisanale des armes de luxe, des fusils de chasse et des carabines. Nous avions créé quelques modèles de base destinés à répondre aux besoins spécifiques de chaque type de chasse. Chaque modèle était personnalisé par une liste d’options afin de mieux répondre aux exigences particulières de tous nos clients ».

« On m’a pris pour un fou »

C’était il y a 17 ans. Geoffroy Cammermans est un homme de challenge. Les défis ne lui font pas peur. « Nous avons eu l’opportunité de mettre un pied dans l’aéronautique. Je n’ai pas hésité une seconde. On me prenait pour un fou car on changeait toute l’activité de l’entreprise. Finalement, cela ne nous a pas trop mal réussi. On est passé de 3 employés à 45 et d’un chiffre d’affaires de 300.000 euros et environ 8 millions d’euros ».

Le père de Geoffroy s’est retiré des affaires au début des années ‘2000. « Il y a 7 ans, on a remis les choses à plat et créé Dumoulin Aero. On a viré tout ce qui concernait l’armurerie pour se concentrer entièrement à l’aéronautique. Et on s’est installé dans de nouveaux locaux, passant d’Herstal à Alleur« .

Aujourd’hui, société spécialisée en fabrication de pièces pour l’aéronautique, Dumoulin Aero utilise des machines interconnectées afin d’augmenter sa production et gagner en précision.

Dumoulin Aero: Équipementier de tier one

Dumoulin Aero« On est parti d’une feuille blanche et on a démarré un premier contrat avec Asco Industries ». Christian Boas, le patron d’Asco, est un ami d’enfance de Geoffroy.

« A l’époque, il avait investi dans de nouvelles machines assez impressionnantes. Pour les installer, il devait vider un hall où se trouvaient plusieurs machines. Aux termes d’un accord entre nous, trois premières machines ont été mises à notre disposition. Au fur et à mesure, on a développé notre partenariat avec Asco Industries ainsi qu’avec d’autres sociétés. Les années ont passé, on a acquis de l’expérience et progressé dans tous les domaines. Au point, aujourd’hui, de livrer directement des pièces à Bombardier. Etre équipementier de « tier one » – un équipementier qui livre directement à des clients finaux comme Boeing, Airbuspour une PME wallonne, ce n’est pas si mal ».

15 machines à commandes numériques

Dumoulin AeroLe parc machine de Dumoulin Aero a cru en fonction des commandes. « Aujourd’hui, on dispose d’une quinzaine de machines à commandes numériques. Et on continue encore à en acheter : les trois dernières viennent d’arriver. Des tours, des fraiseuses, des tours-fraiseurs ultra-modernes pour réaliser des pièces destinées aux bords d’attaque des ailes d’avions. Et un staff d’enfer : j’en suis très fier« .

Et il poursuit: « nous sommes aujourd’hui dans tous les programmes d’Airbus, d’Embraer (un constructeur aéronautique brésilien, spécialisé dans les avions civils de petite et de moyenne taille) et de l’Airbus A220, initialement Bombardier CSeries, un avion de ligne civil conçu par l’avionneur canadien Bombardier Aérospace. On a un carnet de commande plein pour les cinq années à venir d’où la nécessité d’investir pour dégager de la capacité supplémentaire ».

Et c’est loin d’être fini : « l’aéronautique, comme l’armement, est un domaine qui sort de toute réalité économique. Il y a en moyenne par jour 80.000 avions qui décollent. Cela représente en gros un décollage et un atterrissage chaque seconde qui passe. Eh bien, dans les 15 ans à venir, ce chiffre va doubler. L’avenir est prometteur ».

700.000 pièces par an

L’industrie 4.0, Dumoulin Aero a évidemment dû y passer. « Certifié EN 9100, il fallait bien répondre aux besoins des clients. On réalise 700.000 pièces par an dans 650 références différentes ».

Et toutes ces pièces, auparavant répertoriées dans des fichiers excel, sont aujourd’hui intégrées et contrôlées dans un ERP. « Pour améliorer sans cesse la rapidité de nos livraisons, on travaille en partenariat étroit avec la Nitruration Moderne, prestataire de traitement et finition de surfaces métalliques à Liège. Ils réalisent 95% de nos traitements de surface. Chez Dumoulin Aero, on a choisi de faire travailler les entreprises de la région, de faire vivre les voisins ».

« On cherche des travailleurs »

Dumoulin AeroL’industrie 4.0, tueuse d’emploi ? Geoffroy Cammermans s’étrangle. Plutôt que délocaliser en Pologne, comme on le lui proposait, il a choisi d’automatiser son process industriel pour rester compétitif.

« Moi j’engage tout le temps. Les commandes sont là mais nous devons les refuser faute de personnel. Je cherche juste du personnel et je n’en trouve pas. Pas besoin de spécialistes : je cherche des personnes ayant un attrait pour la mécanique et la technologie et qui aiment travailler : la formation, je m’en occupe ».

Rendre l’usine plus performante

Avec Digital Wallonia, Skywin et le pôle Mecatech, « on réfléchit plus en profondeur à l’amélioration du 4.0. On a couvert le toit de panneaux photovoltaïques, on réfléchit au « paperless », au câblage de toutes les machines pour identifier les nœuds en temps réel et rendre l’usine encore plus performante et ainsi doubler nos capacités de production dans les deux ans ».

Avec le soutien de Meusinvest (Noshaq) actionnaire à 35%, Dumoulin Aero a dépassé les 4 millions d’euros d’investissements prévus pour rendre son usine plus intelligente. Et ce n’est pas fini. « On a la chance d’avoir une croissance à 2 chiffres depuis 4 ans. On va continuer à investir. Le but est de devenir « Factories of the future ».

Découvrez ici le programme Made Different. N’hésitez pas à postuler pour en devenir l’un des ambassadeurs en 2020.

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