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Euresys, la société liégeoise qui performe sur les marchés asiatiques

Date de publication
21 mars 2019
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Spécialisée dans la création de cartes d’acquisition d’images et de logiciels de traitement d’images destinés au marché de la vision industrielle, elle connait des taux de croissance à 3 chiffres.

L’entreprise emploie 48 personnes à Liège et 20 personnes à l’étranger. Elle investit 20% de son C.A. en R&D.

EuresysInstallée dans le parc scientifique du Sart Tilman à Liège, Euresys développe depuis 1989 des cartes d’acquisition d’images et des logiciels de traitement d’images destinés au marché de la vision industrielle. Un marché qui regroupe caméras, capteurs, éclairages, objectifs et PC de calcul. Les composants d’Euresys font le lien entre ces outils et sont utilisés sur des lignes de fabrication de l’industrie automobile, médicale, électronique, pharmaceutique, agroalimentaire ou celle de l’imprimerie. Les cartes d’Euresys permettent l’identification, le contrôle ou la mesure, en 2D et en 3D.

L’entreprise liégeoise fournit essentiellement l’industrie de l’électronique ou des semi-conducteurs. Des marchés dans lesquels elle se situe juste derrière les leaders, des multinationales américaines, allemandes ou japonaises.

EuresysParmi ses utilisateurs finaux : Samsung, LG, Sony ou encore Foxconn, un groupe industriel taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques, principalement implanté en République populaire de Chine, dans la ville de Shenzhen mais présent dans de nombreux autres sites et pays. En Wallonie, les lentilles de la liégeoise Physiol, concepteur et fabricant expert en lentilles intraoculaires (LIO) pour la correction de la vision après chirurgie de la cataracte, sont contrôlées par les machines d’inspection de la nivelloise Lambda-X qui intègrent les logiciels d’Euresys.

 

Euresys, une entreprise prisée par la Corée du Sud

En croissance depuis 2012, son chiffre d’affaires consolidé a doublé, pour atteindre 16,3 millions d’euros en 2018. Un chiffre d’affaires notamment tiré à la hausse par les marchés sud-coréens et taiwanais où elle enregistre des taux de croissance sur 3 ans de 124% et de 190%. En 2018, le nouveau marché chinois était lui en hausse de 150%. La Corée du sud reste son marché le plus important.

L’Asie est un marché essentiel pour Euresys : elle y réalise 72% de ses ventes (contre 19% en Europe et 9% en Amérique du nord).

Jean-Bernard De Bal

Vice-président de l’entreprise, en charge du business development et du marketing, Jean-Bernard De Bal est un ingénieur des mines de l’université de Liège. Il a complété son cursus par une année complémentaire en gestion industrielle (administration des affaires à Liège) et, durant un semestre, par un stage Erasmus en Ecosse.
Jean-Bernard De Bal« J’avais envie de travailler dans l’industrie lourde » explique-t-il. Un secteur où il s’est épanouit durant quinze ans, malgré les fusions-acquisitions qui ont impacté ce secteur. Chercheur en métallurgie chez Cockerill où il a développé de nouvelles qualités d’acier, il a ensuite rejoint PUM (Produits d’Usines Métallurgiques) en France, l’un des centres de distribution du géant, puis Galvalange, filiale commune de Cockerill Sambre et d’Arbed au Grand-Duché.

Retour à Liège où il a pris la responsabilité d’une équipe de technico-commerciaux alors que le groupe fusionnait avec Arcelor puis avec Mittal.

Son entreprise, Arcelor Mittal, était devenue le n°1 mondial. « On fusionnait les équipes commerciales et j’avais compris que cela bloquerait toutes mes possibilités d’évolution. J’adorais mon métier mais il fallait que je quitte ce géant pour avancer».

En 2007, il rejoint une spin-off du Centre de Recherche en Métallurgie (CRM group) «Industrial Research Measurement» (IRM group). L’entreprise est spécialisée la fabrication de systèmes de mesure de précision sur base des technologies laser et rayons X pour les industries de l’acier et de l’aluminium. En difficulté en 2001, l’entreprise, refinancée, voit son chiffre d’affaires être multiplié par 2,2 de 2003 à 2005. Il devait atteindre les 11,5 millions d’euros en 2006. Directeur commercial, Jean-Bernard De Bal va considérablement développer le marché asiatique : Chine, Corée du Sud, Taiwan.

Les employés reprennent Euresys

C’est un chasseur de tête qui va convaincre Jean-Bernard De Bal de rejoindre Euresys en 2014.

Il arrive au bon moment. L’entreprise a besoin d’être redynamisée. En 2015, elle est rachetée par ses cadres via un MBO (Management Buy-Out) et récupère son autonomie avec Marc Damhaut, le CEO qui pilote l’entreprise depuis Singapour où il réside, Jean-Michel Wintgens, vice-président et responsable de l’engineering et Jean-Bernard De Bal. « J’avais envie de travailler dans le parc scientifique du Sart Tilman, explique-t-il. On y trouve énormément d’entreprises innovantes. On se connait bien : une fois par mois, on se réunit sur le temps de midi. Les nouvelles entreprises se présentent. C’est très motivant ».

L’entreprise, qui emploie 48 personnes à Liège et 20 personnes dans ses différents bureaux à l’étranger (Californie, Shanghai, Tokyo, Singapour et Schongau) vient d’ailleurs de racheter les anciens locaux d’EVS, rue du Bois-Saint-Jean et devrait s’y installer cette année encore. La taille des locaux va tout simplement doubler. C’est le personnel, un peu à l’étroit dans ses locaux actuels, qui va être ravi.

Fin 2017, Euresys a aussi racheté « Sensor to Image GmbH». Cette nouvelle filiale lui permet de consolider sa position de leader dans la fabrication de composants d’acquisition vidéo et d’image. Une acquisition qui permet à Euresys de proposer une gamme encore plus large d’applications et de services. La filiale de Schongau (sud de l’Allemagne) propose des produits qui peuvent être adaptés aux besoins personnalisés de chacun de ses clients, rapidement et de manière rentable. Ses applications, comme les IP Cores (logiciels) pour FPGA sont utilisées dans plus de 10 000 produits chaque année. La société est également spécialisée dans les technologies de vision industrielle comme les systèmes de vision embarqués sur mesure.

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

On participe à énormément de foires, un peu partout dans le monde. Nos bureaux à l’étranger nous redescendent de l’information. Et puis, notre CEO, ancien directeur commercial d’Euresys, installé en Asie, continue à visiter énormément de clients. C’est l’une des forces d’Euresys : le client rentre chez nous par le sommet de la pyramide.

Vos derniers défis technologiques ?

L’innovation technologique est un facteur-clé de réussite pour notre entreprise. On investit 20% de notre chiffre d’affaires dans la R&D et notre département engineering compte 25 personnes. Mais on reste une PME et comme toutes les PME, on a parfois du mal à se focaliser sur du plus ou moins long terme dans des grands projets de recherche. Les subsides de la DG06 nous ont beaucoup aidés. Par exemple, en 2016, un projet Cwality avec le centre de recherche Multitel nous a permis de développer Easy 3D, l’un de nos nouveaux produits, en deux ans et demi. Plus fondamentalement, ce projet nous a obligé à nous structurer et à y consacrer les ressources nécessaires.

On a également participé à deux projets du Pôle Mecatech :

Le projet ADRIC (sur 4 ans, budget de 3 millions d’euros), qui a réuni les entreprises X-RIS, Euresys et Optrion (spin-off du Centre Spatial de Liège et filiale de V2i), vise à développer des outils d’intelligence artificielle qui seront intégrés dans leurs offres de solutions de contrôle industriel numériques. Ce programme sera réalisé avec l’apport scientifique de l’IPSGroup de l’UCL et SystMod de l’ULG qui ont acquis des compétences pointues dans le domaine du traitement d’images et du machine learning.

Il permettra la mise au point de plusieurs produits nouveaux et innovants.Les partenaires tablent sur une augmentation de leur chiffre d’affaires entre 3 et 6.000.000 € par an à l’issue du programme et sur la création de 25 à 45 emplois.Dans ce cadre, Euresys a déjà mis sur le marché la librairie EasyDeepLearning qui permet la détection et la classification de défauts sur des lignes de fabrication industrielles.« On avait perdu le contact avec l’Université de Liège. Ce projet nous a permis de réamorcer la pompe en travaillant avec un professeur d’université et son département. C’est très bénéfique.»

Le projet OPUS, qui réunit, lui, LASEA, Euresys, le CRM et Multitel, vise à développer de nouvelles méthodes de fabrication laser et à anticiper les évolutions du marché en se basant sur les récents progrès technologiques dans différents domaines : les sources impulsionnelles ultracourtes à haute puissance et énergie, les solutions diffractives pour répartir cette énergie selon plusieurs points et donc augmenter la productivité et enfin, les techniques de fabrication à bas coût comme l’approche « Roll to Roll ».

Un démonstrateur permettra de valider différents concepts d’usinage multifaisceaux et les techniques de contrôle en ligne associées, dans un cas de fabrication de cellules solaires sur substrats métalliques flexibles mais également d’autres composants d’électronique imprimé. Ces applications s’inscrivent dans des développements déjà en cours dans la région et serviront de cas concrets d’évaluation de la nouvelle technologie laser développée en termes de performance et productivité.

Votre meilleure décision professionnelle ?

En 2004, j’ai fait un MBA à l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP). Je pense que c’était une bonne décision, malgré le surcroît de travail. Le monde des affaires m’a toujours beaucoup intéressé. C’est ce qui m’a permis de devenir directeur commercial avec un bon profil technique. Le Management Buy-Out d’Euresys en était aussi le prolongement naturel.

Votre pire décision professionnelle ?

Je me suis parfois retrouvé dans des jobs où clairement je n’étais pas à ma place, où on n’avait pas besoin de mes qualifications. Je me connaissais moins bien et je m’étais mal renseigné sur la fonction et sur l’entreprise. Tant pis, c’était trop tard.

Votre phrase préférée ?

C’est l’une des phrases marquantes du « Discours de Seraing » (prononcé le 1er octobre 1927 par le roi Albert 1er) qui a été reproduite en grandes lettres sur un mur de l’un des instituts de la faculté des Sciences Appliquées de l’Université de Liège au Val Benoît: « Le sort des nations qui négligeront la science et les savants est marqué pour la décadence. C’est dans les laboratoires de recherches que s’élaborent les rudiments de l’industrie future. » Un plaidoyer qui a marqué toute une génération d’ingénieurs.

 

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