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La fin des sacs plastiques: vers quelles solutions innovantes ?

Date de publication
8 décembre 2016
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plastique

Depuis ce 1er décembre 2016, les sacs de caisse en plastique léger sont interdits en Wallonie. Il faudra trouver des alternatives moins polluantes.

Le ministre wallon de l’environnement, Carlo Di Antonio précise : « par sac de caisse, on entend celui utilisé pour regrouper et transporter les achats lors du passage à la caisse, qu’il soit gratuit ou payant, quel que soit le type de commerce et le lieu de vente. Par « léger », il faut entendre une épaisseur inférieure à 50 microns, quels que soient le type de plastique et les caractéristiques (incinérable, biodégradable, compostable, …) ».

Le sac plastique : un désastre pour l’environnement ?

Le sac plastique est en polyéthylène, matière produite à partir du pétrole. Il se ramollit à la chaleur, ce qui lui permet de prendre des formes variées. Ses propriétés sont souvent inégalables. Il est léger, imperméable, résistant et réutilisable. Le sac plastique est apparu en 1957 aux Etats-Unis,  avec le début de l’ère du « jetable ».

Ces sacs jetables ont l’avantage d’être produits en une seconde mais ils n’ont qu’une durée de vie de 20 minutes et mettent jusque 400 ans à se dégrader !

En comparaison :

  • Mouchoir en papier : 3 mois
  • Mégot de cigarette : 1 à 2 ans
  • Chewing-gum : 5 ans
  • Huile de vidange : 5 à 10 ans
  • Sac plastique : 100 à 400 ans
  • Canette en aluminium : 200 à 500 ans
  • Bouteille plastique : 10 à 1 000 ans

Que faut-il conseiller à la place ?

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Les sacs réutilisables, les sacs en toile ou les bons vieux paniers de nos grands-mères ?

Les hypermarchés Auchan viennent par exemple de développer un nouveau sac de caisse plus épais que les précédents (50 microns contre 28) et qui est à 80% fabriqué à partir des films plastiques récupérés dans les magasins et les entrepôts d’Auchan Retail France. Un sac réutilisable et échangeable à vie (à l’accueil des magasins et en caisse) dans tous les magasins de l’entreprise, pour tous les clients qui le souhaitent. Les sacs rapportés par les clients sont recyclés via les filières sélectionnées par Auchan Retail France et agréées par les pouvoirs publics.

D’après une étude relativement exhaustive, c’est celui qui aura la plus longue durée de vie qui permettra de limiter au mieux son impact sur l’environnement.

Et pourquoi pas les sacs en papier ?

Selon un rapport de l’Ademe, fabriquer un sac en plastique :

  • nécessite environ 17 fois moins d’eau qu’un sac papier,
  • rejette 1,6 fois moins d’émissions de gaz à effet de serre que le sac en papier,
  • consomme 2,7 fois moins d’énergie que le sac papier.

 

Cette étude peut paraître pessimiste mais il convient d’avoir tous les arguments avant de condamner ou mettre en avant une alternative plutôt qu’une autre. Il est indispensable d’informer le consommateur de la manière dont il convient d’utiliser cette alternative.

Par exemple, un sac en papier peut être avantageux s’il est utilisé plus de trois fois avant d’être jeté comparé à un sac en polyéthylène à usage unique.

Plus d’infos sur l’analyse papier/plastique.

Et les bioplastiques ?

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Le centre de recherche wallon Materia Nova et le Service des Matériaux Polymères et Composites de  l’Université de Mons  ont une longue expérience dans le développement de ce type de plastiques innovants. «On parle par exemple du sac en matière biodégradable issu de sources d’origines renouvelables comme la fécule de pomme de terre ou l’amidon de maïs. Il se dégrade en quelques semaines/mois » nous explique Emmanuel Duquesne, Program Leader au centre de recherche Materia Nova .

Cependant, l’impact environnemental de ce type de sacs dépend fortement de la manière dont ils sont éliminés après usage. Un sac biodégradable doit impérativement être composté et non jeté en décharge et encore moins en milieu aquatique. Pour éviter un impact au moins aussi important que leurs homologues imputrescibles, il est impératif de les éliminer via la filière ad hoc.

Et le sac réutilisable ?

Les plastiques issus de ressources renouvelables (biosourcés), biodégradables ou non, semblent avoir une empreinte carbone nettement plus favorable si on en croit la récente étude de Natureworks concernant leur produit commercialisé sous le nom d’Ingeo™.

Néanmoins, cette étude montre aussi, qu’outre le réchauffement climatique, d’autres indicateurs comme la consommation d’eau, l’acidification des sols ou l’eutrophisation n’ont pas pu être pris en compte car peu de données sont disponibles et difficiles à évaluer.

Pour bien choisir, il faut une vue d’ensemble du produit

Pour Emmanuel Duquesne, « la difficulté de remplacer les sacs plastiques jetables repose sur le fait qu’on ne maitrise pas totalement l’impact global de la matière choisie. Par exemple, quel serait l’impact de la substitution des sacs plastiques par le bois, le papier, le verre ou encore le métal sur les émissions de CO2 (transport, fabrication, …) ? Quel est l’impact sur l’eau, le sol ou l’air du traitement réalisé sur les déchets générés (recyclage, compostage, valorisation énergétique) ? Un bénéfice environnemental sur l’énergie utilisée pour la fabrication d’un produit ne risque-t-il pas de se traduire par un déplacement d’impact lors de son utilisation ? ».

L’ analyse du cycle de vie est la clé

Cycle de vie éco-conception« Pour répondre à ces questions, il semble essentiel d’évaluer le cycle de vie complet des matériaux, de l’extraction des matières premières jusqu’à leur fin de vie, en passant par leur transport, leur transformation et l’utilisation qui en est faite. C’est ce qu’on appelle l’Analyse de Cycle de Vie  (ACV)  qui consiste à identifier et quantifier les flux (matières premières, émissions de gaz à effet de serre …) échangés entre l’environnement et le système considéré sur l’ensemble du cycle de vie. On traduit ensuite ces flux en impacts sur des indicateurs tels que le réchauffement climatique, la consommation de ressources, l’eutrophisation, la santé humaine… »

Difficile de donner une réponse unique

Pour Olivier Talon, responsable ACV chez Materia nova, « Il convient de souligner que l’ACV, aussi prometteuse qu’elle puisse paraître, demeure une discipline somme toute assez jeune et encore perfectible. Les résultats d’une ACV ne valent que dans les limites de la modélisation effectuée et de la validité des méthodes de calcul d’impact, ils doivent donc bien plus être considérés comme un outil d’aide à la décision que comme un jugement ultime et définitif qui permettrait de séparer à coup sûr le bon grain de l’ivraie.

Cette approche, basée sur la fonctionnalité des systèmes étudiés permet d’une part de comparer, dans une approche globale et multicritères, plusieurs scénarios entre eux, mais surtout, et c’est sans doute-là son plus grand intérêt, dans le cadre d’un système en cours de développement d’identifier en amont, avant la mise sur le marché, les étapes du cycle de vie et les produits impliqués les plus problématiques en termes d’environnement afin de minimiser les impacts potentiels par une démarche d’amélioration dans un véritable souci d’éco-conception.

Une méthode où on ne compare pas un sac de 45 µm d’épaisseur en polyéthylène haute densité et un sac de 150 µm d’épaisseur en polyéthylène basse densité. On compare plutôt deux systèmes permettant, par exemple, de rapporter de la caisse du magasin à son domicile 100 kg de denrées alimentaires pendant 6 mois, ce qui implique de déterminer notamment le nombre de sacs utilisés dans chaque scénario ».

Les bonnes idées repérées pour diminuer les plastiques

Elles font le « buzz », ce sont parfois des idées simples mais elles ont le mérite de limiter, valoriser ou recycler le plastique. Histoire de vous donner des idées?

Algopack est une société qui produit des bioplastiques à base d’algues brunes de Bretagne.

The Ocean Cleanup est l’idée du jeune Boyan Slat pour nettoyer les océans. Et elle voit le jour. Pas si utopiste!

Do eatDo Eat propose des verrines mangeables, on évite ainsi d’utiliser d’autres contenants.

Transformer ses déchets en carburant : le projet Phoenix de Comet Traitements.

Il est certain que les mesures prises par les autorités permettront de changer les mentalités. C’est ce que réussit San Francisco. La ville arrive à composter, réutiliser ou recycler 80 % de ses ordures. Cet exemple californien espère arriver d’ici 2020 au  “zéro déchet”.

Si vous avez des projets : vous pouvez toujours demander une bourse innovation développement durable.

Le meilleur déchet c’est celui qui n’existe pas

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