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Fred Colantonio crée les terrains de jeu propices aux Héros et à l’innovation

Date de publication
8 février 2019
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fred colantonio

Pendant 5 ans il a exercé le métier de criminologue pour ensuite fonder son agence de conseils en communication. Il y a 10 ans, il a été appelé pour donner une conférence, puis une deuxième. Aujourd’hui, il en a donné près de 1000 à travers le monde et écrit 7 livres. Son sujet de prédilection, avec les réseaux sociaux et les Héros ? L’innovation! Portrait.

Fred Colantonio Son travail de prévention comme criminologue dans l’administration communale le frustrait. Soit les mesures prises étaient questionnées quand un comportement non désiré survenait malgré tout, soit l’acte ne survenait pas mais il était impossible d’en déduire que c’était le résultat du dispositif mis en place. De moins en moins en phase avec le fonctionnement de l’institution, il a donc décidé de créer son agence de communication et de surfer sur la vague des réseaux sociaux. Internet et ses impacts sur les usages l’intéressait déjà.

Il ne l’a pas directement perçu mais ce sont les aspects psychologique et sociologique de sa formation qui l’ont aidé à se différencier des méthodes des consultants classiques. Et il l’accorde volontiers « Dès mon 1er livre sur le référencement (2010), je proposais une compréhension qui n’était pas dans les standards du business. Ma vision fondée sur les usages me permettait d’aborder le sujet différemment ».

Conférencier international avec près de 1000 conférences données

Fred colantonioComment devient-on conférencier ? « J’ai commencé par donner des formations et j’ai vu le bouche-à-oreille fonctionner avant même de savoir comment l’influencer et en faire un levier de développement. Après avoir suivi une journée de formation, je me souviens par exemple de participants qui s’inscrivaient à tous les modules que je donnais. Ca a été la même chose quelle que soit l’activité exercée : coaching d’entreprises et d’entrepreneurs, conférence, livre… et autant en Belgique qu’en Europe, au Québec ou au Maghreb. C’est le bouche à oreille qui m’a fait grandir. »

« Ma communication s’est faite sur mon nom. C’est devenu ma marque. J’ai commencé très tôt à utiliser le personnel branding ». Une tendance parfois mal perçue en Wallonie où certains peuvent se dire « Pour qui se prend-il ? » alors qu’à l’international c’est entré dans la pratique professionnelle depuis longtemps. « Si je me suis beaucoup posé de questions à ce sujet à une époque, je suis maintenant bien à l’aise avec ça : quoi que je fasse, ce n’est jamais à ma propre gloire mais pour transmettre. Je suis au service des personnes que je rencontre, des entreprises que j’accompagne ou d’un auditoire. J’aime comprendre un sujet, le digérer et le retransmettre. J’aime permettre aux autres d’avancer, de se surprendre et de se dépasser. » Avec une touche spécifique qui lui est propre : il sait captiver un public.

Le personal branding se travaille en 3 temps :

  1. Se connaitre : quel est ce que j’appelle mon ADN, pour Atout Différenciant Naturel (où ai-je le maximum d’impact avec le minimum de freins) ?
  2. Se faire connaitre : comment activer le bouche-à-oreille et en faire une machine à opportunités ?
  3. Se faire reconnaitre : comment mesurer son impact et être recommandé pour évoluer d’une mission à l’autre ?

Cette approche fonctionne aussi bien pour les personnes que pour les organisations. « J’ai commencé à l’utiliser avec le web et l’avènement des réseaux sociaux. Ensuite les conférences et livres sur « L’attitude des Héros » sont arrivés, pour stimuler l’esprit d’initiative et la responsabilisation de chacun. Et puis j’ai eu une demande formelle d’InnovaTech pour aborder « L’innovation ».

Je me suis intéressé au sujet pour me rendre compte que, finalement, tout se tient : en quelque sorte, un innovateur est un Héros, au sens de personne qui tient le rôle principal dans une histoire. Il doit surmonter l’inconnu pour se lancer dans l’aventure, braver l’incertitude et rebondir sur l’échec des premiers tâtonnements et affronter le regard des autres, souvent empreint d’incompréhension et de jugements. Innover implique aussi parfois de changer la trajectoire de sa vie ou de son entreprise, et devenir du coup son propre Héros. »

En tant que criminologue, une bonne part des études recherche le déterminisme : existe-t-il un schéma prédisposant, comme un gène de la criminalité par exemple, qui expliquerait tout ? Or, dans la vie, on peut réussir, y compris à innover, là où on ne nous attend pas. « Je ne pensais pas devenir conférencier, encore moins intervenir sur ces sujets.

Pourtant, créer des moments de surprise donne le sel de la vie. De ce point de vue, j’aide les entreprises à retrouver du sens à travers un positionnement qui leur colle à la peau. Et mon plus beau moment est toujours de voir les yeux des gens se rallumer grâce à leurs propres idées ».

Une maison d’édition qui se veut une écurie de talents

Livres Attitude des hérosA force d’écrire et se faire éditer, il en est venu à créer sa propre maison d’édition « L’attitude des Héros ». « L’objectif est de bâtir un écosystème de personnes de qualité, en Belgique francophone, qui ont des choses intéressantes à partager et qui peuvent faire bouger les lignes, afin de démontrer que, chez nous aussi, nous avons des idées, du talent et des ressources énormes.

Je ne cherche pas juste des auteurs qui vont transmettre leur histoire et surprendre les gens, mais des professionnels avec un vécu et une vision qui pourront aussi, s’ils le souhaitent, donner des conférences et conseiller des entreprises ».

En plus des 4 livres qu’il a écrit, on retrouve déjà « Vous êtes fantastique » de Jean-Charles della Faille et « Dans la peau d’un manager » de Sébastien Assouad.

Au minimum cinq nouveautés paraîtront en 2019, de la communication dans la bio-industrie en passant par la dépendance au dirigeant.

Innover seul n’a peut-être jamais existé

team« L’innovation n’est pas un processus mais une valse. Un processus est trop linéaire. Innover comprend des allers et retours permanents, c’est pour ça que j’aime parler de valse ».
Mais on ne danse pas seul. Le mythe de l’innovateur génial et isolé est effectivement une légende. Même Edison avait un laboratoire rempli d’ingénieurs.

Nous n’avons pas le temps de nous former à tout et de tout apprendre. D’ailleurs, ceux qui veulent innover seuls mettent tellement d’énergie dans leur création et leur développement que, quand le stade de la commercialisation arrive, ils sont souvent épuisés voire dégoûtés.

L’impulsion peut venir d’une personne, mais elle a difficilement toutes les cartes en mains pour tout faire. Il faut savoir s’entourer : le Héros ne peut pas y arriver tout seul.

La notion de dream team est capitale. Et dans une équipe idéale, ce ne sont pas des clones qui feront le succès mais des profils complémentaires.


Les 4 profils à rassembler pour une dream team sont :
  • Un créatif (qui apporte les idées)
  • Un aventurier (qui donne l’impulsion pour y aller)
  • Un ingénieux (qui sait faire techniquement)
  • Un sceptique (qui questionne de manière constructive)

Le véritable ennemi de l’innovation, c’est le cynique, pas le sceptique. Le cynique porte des jugements hâtifs et vicieux. Si nous n’avons pas cette équipe au travail, on peut la trouver autour de nous, avec des proches. Même si vous êtes seul dans votre activité ou dans votre structure, vous devez être entourés : questionnez différents profils sur vos idées. Certains y croiront, d’autres vous remettront en question et d’autres encore vous diront comment mieux le faire.

L’innovateur va y croire plus que les autres

L’innovation est accessible à tous mais ça ne veut pas dire que tout le monde va innover. Chacun a néanmoins une carte jouer. Les innovateurs sont plutôt des personnes qui ont été au bout d’un raisonnement, qui ont investigué un problème ou qui ont dépoussiéré un système. Ou encore qui ont été déçues face à une situation qui pouvait être améliorée.

Créer des terrains de jeu propices à l’innovation

Pour se différencier, il faut tout d’abord savoir de quoi l’on veut se démarquer. En général, le problème récurrent est un problème de positionnement qu’il est possible de solutionner en revenant à l’ADN de la société. « L’idée en soi, mes clients sont assez malins pour la trouver. Ce qui leur manque généralement, c’est le périmètre propice aux créations. Il leur manque aussi parfois l’élan. D’une certaine manière, je me positionne en amont pour leur permettre de s’autoriser à proposer des idées qu’ils n’oseraient peut-être pas formuler autrement. »

Comment créer cet espace propice ?


Chaque acteur (employé, collaborateur) doit savoir qu’il peut se tromper (essais/erreurs). On le comprend intellectuellement mais dans de nombreuses sociétés, l’appliquer est une autre affaire. On entend directement des « Est-ce pertinent? », « Combien ça va coûter? ». Le 1er réflexe est le conformisme. De plus, les employés doivent avoir des marges de manœuvre, à savoir, avant tout : du temps pour expérimenter. Demander à des employés débordés qui se sentent noyés de produire des idées innovantes est contre-productif.

Quelle a été sa pire décision ?

« Je me suis associé à chaque fois avec des profils similaires, avec lesquels j’avais beaucoup trop d’affinités. Nos compétences et nos approches étaient du coup très familières, trop certainement. Ca n’a pas fonctionné à cause de cela. Si je devais m’associer à l’heure actuelle ce serait avec quelqu’un de complètement différent, comme un financier ou un architecte par exemple. »

Quelle a été sa meilleure décision ?

« A chaque fois que j’ai décidé de suivre ma propre route quitte à changer la trajectoire sur laquelle j’étais lancé, j’ai été récompensé. Comme quand j’ai compris que l’administration n’était pas mon ADN. Comme, en 2015, quand j’ai été au Québec en me disant que j’allais y rencontrer des gens, depuis j’y interviens en conférences. J’aime aborder de nouveaux territoires. A force d’évoluer, j’ai fait mes armes et je suis mieux préparé à l’inconnu. Ne pas toujours avoir la main est parfois aussi intéressant que vouloir toujours tout maîtriser. J’éprouve beaucoup de plaisir dans l’incertitude, en venant avec ce que j’ai et ce que je peux apporter de mieux. La magie des relations et des êtres humains qui se rencontrent fait souvent le reste. »

Quelle est sa citation préférée ?

« Dream big and dare to fail » (Rêver à quelque chose qui nous dépasse en étant conscient qu’oser rime aussi avec échouer). James Hetfield, Metallica. Échouer est temporaire. Rêver est infini.


 

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