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Gérard Baudson : la boîte à outils du plastique technique

Date de publication
9 février 2018
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Gérard Baudson

Il a créé Plastiservice, une filière franco-belge de soutien à l’industrie, stocke les semi-produits, usine et supporte localement la vente de ses produits.

Je suis l’entraîneur d’une équipe de foot. Je sélectionne les meilleurs joueurs, je leur enseigne la stratégie et la tactique et puis je fais en sorte que chacun la joue collective. Il n’y a pas de vedettes chez nous

Gérard BaudsonAu sortir de ses études, cet ingénieur industriel en électricité (ISICH Mons , 1978) semblait avoir une voie toute tracée en rejoignant l’entreprise familiale, Charbelec, une PME spécialisée notamment dans l’installation du raccordement électrique des stations-service. « J’étais l’un des trois fils, le seul technicien et donc appelé à reprendre l’entreprise. J’y ai fait mon écolage durant trois ans mais je ne m’y suis pas retrouvé ».

Au grand dam de ses parents, Gérard Baudson choisit donc de ne pas poursuivre l’expérience plus longtemps et rejoint une entreprise de Tielt, le groupe DSM et sa division EPP (Engineering Plastic Products former ERTA NV), aujourd’hui Quadrant. L’entreprise réalisait essentiellement de l’extrusion de plaques et de barres en plastiques techniques pour applications mécaniques.  « J’étais le technico-commercial pour la partie francophone du pays, explique M. Baudson. Mais je savais que je ne ferais pas cela toute ma vie ».

Il y restera tout de même 7 ans avant de créer Plastiservice en 1988, avec son épouse Christine. L’entreprise démarre ses activités dans un bâtiment de 200 mètres carrés à Viesville.

Une décision qui nécessitait une belle dose d’ambition. S’installer à Charleroi, qui n’en finissait pas d’essayer de se reconvertir après les belles années des charbonnages et de la sidérurgie, quand on vient d’un groupe international, il fallait oser : « face à un marché occupé par des multinationales, j’avais bien l’intention de ne pas être le quincailler du coin ».

Un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros

Gérard BaudsonPari réussi : trente ans plus tard, Plastiservice est devenu un groupe spécialisé dans la fourniture, la transformation, l’usinage de matières synthétiques pour l’industrie. L’entreprise, installée en Belgique et en France, qui occupe 70 équivalents temps plein et présente un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros, propose un programme complet, de la production des plaques et barres à la livraison des pièces usinées suivant plans. Afin d’optimiser le service, le groupe de Gérard Baudson développe à travers la Belgique et la France un réseau d’agences qui stockent les semi-produits, usinent et supportent localement la vente de ses produits. Aujourd’hui, Plastiservice c’est aussi 700 tonnes de matières en stock sur 16.000 m². Savoir-faire et service : les mots-clés de la réussite.

En 1988, Plastiservice est un distributeur de plastiques techniques basé à Charleroi mais qui a bien l’intention de s’étendre. (Presque) sans l’aide des banquiers – « on n’a fait appel à eux que pour l’acquisition des bâtiments, tous les autres investissements l’ont été sur fonds propres » – il va ouvrir un siège à Liège en 1992. Puis il s’attaque à la Flandre : en 1996, il ouvre un 3e siège à Waregem. En 2000, le voilà qui franchit la frontière et qui s’installe à Lille.

Gérard Baudson a l’art de s’entourer des bonnes personnes : après avoir dû se séparer de deux premiers profils, il donne sa confiance à un troisième larron, le plus jeune. « Dix-sept ans plus tard, c’est le directeur de Plastiservice France. Entre lui et moi, il n’y a pas plus que l’épaisseur d’une feuille de cigarettes. Il a été élevé dans l’esprit Plastiservice et l’a conservé ».

Investir dans le long terme

C’est une des caractéristiques de Gérard Baudson. Il investit dans le long terme : dans le business comme dans le capital humain. « Ce qui m’importe vraiment, par-dessus tout, ce sont les valeurs humaines. Je fais confiance, je respecte les gens, je les valorise. Du coup, on a des équipes stables, des gens qui s’identifient à la société. Honnêtement, c’est une fierté. Chez nous : tu dis ce que tu fais et tu fais ce que tu dis. Et ce sont des valeurs qu’on importe chez le client aussi. Les consignes sont claires : ne jamais rien promettre qu’on ne saurait respecter et  accompagner les clients sur le long terme.

Même si les démarrages sont lents et progressifs dans les régions – les industriels sont peu enclins à chercher de nouveaux fournisseurs – Gérard Baudson continue à étendre son réseau de proximité à la fois en Flandre (Opglabbeek) et en France : à Rouen (2008), Paris (2010), Orléans (2012), Lyon (2013), Bordeaux (2015) et Strasbourg (2016).

2003 : le pari de l’usinage, de la production, de l’intégration

Gérard BaudsonParallèlement, de « simple » distributeur, Plastiservice devient usineur en faisant l’acquisition de machines CNC (Machine-outil à commande numérique), producteur et même ensemblier en étant capable de gérer un projet de A à Z, du bureau d’études – on a des ingénieurs et de très bons techniciens – jusqu’à la pose chez le client.

« Et heureusement qu’on l’a fait, poursuit Gérard Baudson. N’être qu’un distributeur est mal vu dans le monde de l’industrie : on ne vous voit que comme un intermédiaire qui prend de la marge, comme une simple boîte aux lettres. J’ai parfois envie de leur dire : venez voir à l’intérieur de la boîte aux lettres ».

Gérard BaudsonCar Plastiservice est aussi l’entreprise qui « sauve » l’industriel lorsque les fournisseurs sont en rupture de stocks sur des matières précises. « Les grands fournisseurs internationaux optimisent la rotation de leurs stocks et peuvent rester des mois durant avec des « trous » dans leurs gammes. Chez Plastiservice, on a d’énormes stocks délocalisés, avec une rotation un peu moins forte et une garantie de service. Évidemment, chaque nouvelle implantation exige la mise en place d’une équipe. C’est mon job et celui de mon directeur français. « Je suis l’entraîneur d’une équipe de foot. Je sélectionne les meilleurs joueurs, je leur enseigne la stratégie et la tactique et puis je fais en sorte que chacun la joue collective. Il n’y a pas de vedettes chez nous ».

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

D’abord en menant une veille technologique pointue, notamment avec le soutien de Charles Demoulin, le patron d’Addiparts, une entreprise dont Gérard Baudson est le copropriétaire. Ensuite, grâce à nos contacts fréquents avec nos clients. Ils savent qu’ils peuvent nous challenger et qu’on apportera des solutions à leurs problèmes.

Votre dernier défi technologique ?

Un client était venu nous voir pour améliorer les performances d’une technologie de repoussage de matière métallique installée sur une tour CNC. La technologie ? On va donner une forme à la pièce en la repoussant sur un support. Un peu comme un moule mais à l’envers. C’est la roulette qui posait problème : métallique, elle abîmait la matière repoussée et la finition n’était pas satisfaisante. On a beaucoup cherché pour remplacer le métal par une matière synthétique. Il est vrai que les contraintes dans lesquelles le travail devait se faire – des températures de 150 à 180°C, une résistance élevée à l’usure et une résistance chimique – rendaient le choix technique compliqué. Finalement, on a trouvé une matière synthétique très spéciale qui a permis de résoudre le problème.

Votre meilleure décision professionnelle ?

Avoir osé, dans un marché de niche, mettre en place un réseau d’agences délocalisées afin d’offrir une proximité, une réactivité, un support pour chaque industriel qui ne trouverait pas ailleurs ce que nous leur offrons.

La pire ?

Avoir fait confiance à des associés qui cherchaient plus leur intérêt personnel que celui du groupe. La nature humaine peut être surprenante. Mais c’est mon tempérament. Déjà, je travaille comme un fou. Si en plus, je ne pouvais pas être naturel, ce serait invivable. Heureusement que j’ai une capacité de rebond phénoménale. Je parviens toujours à me convaincre que ces difficultés seront finalement bénéfiques pour l’avenir. Et c’est toujours ce qui s’est passé.

Votre phrase préférée ?

Le logo de Plastiservice est un papillon. Ce n’est pas un hasard car cela fait référence à l’effet papillon. « On dit que le battement d’ailes d’un papillon peut engendrer un typhon à l’autre bout du monde ».

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