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Les quatre vies bien remplies de Gregory Lenoir (Apiquiet)

Date de publication
5 avril 2019
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Gregory Lenoir

Chercheur à l’IMEC, manager IT de plusieurs mutualités, gérant de maisons de repos, il a développé Octapi,  pour veiller à la quiétude de nos seniors.

J’aime bien assumer toutes mes décisions. Les bonnes et les autres. On fait des choix, il faut les assumer.

Gregory LenoirGregory Lenoir, un ingénieur civil électricien (FPMs) qui a suivi deux années à Supelec Paris avant d’achever sa 5e année à Mons en 2002, a rejoint l’IMEC Leuven (le centre mondial de recherche et d’innovation en nanoélectronique et technologies numériques) à la fin de ses études.

Il a d’abord intégré la division DESICS (Design of Integred Information and Communication Systems) du centre louvaniste où il a participé à l’optimisation de la consommation d’énergie des futurs smartphones. Cinq ans avant même qu’Apple lance son premier téléphone, l’iPhone.

Devenu le responsable d’une équipe R&D, il a, en parallèle, suivi un DES (Solvay Business School) en finances et en gestion.

« J’ai travaillé chez IMEC jusqu’en 2008. C’était un environnement magnifique, j’étais entouré de sommités mondiales et le centre a connu une croissance économique exceptionnelle ». Mais voilà : le jeune ingénieur avait envie d’autres choses, de travailler dans des domaines encore plus concrets. « J’avais le choix entre rejoindre une start-up de l’IMEC ou une société privée ».

Il gère la fusion informatique de plusieurs mutualités

Il a choisi la seconde solution en devenant manager d’une équipe de développement  informatique dans le domaine des soins de santé pour les Mutualités Libres et Libérales. Durant 4 ans, l’équipe va grandir et Grégory Lenoir va occuper différentes fonctions au sein de l’organisation jusqu’à devenir responsable du cycle de développement de l’entreprise. « Après 4 ans, j’avais besoin d’un nouveau défi ».

Fin 2012, il est approché par Partenamut et devient directeur informatique. A un moment clé : celui de la fusion avec Euromut et du rapprochement avec son homologue flamand, Partena Ziekenfonds. Gregory Lenoir a la responsabilité de la fusion technique de l’ensemble des bases de données (400.000 clients flamands et 900.000 francophones) et de la réorganisation des départements informatiques au sein du groupe nouvellement créé, Partena Promeris. Il en devient le CIO.

Missions remplies. A la satisfaction de ses employeurs puisque c’est encore lui en avril 2017 qui sera en charge de la fusion avec Securex, cette fois en tant qu’indépendant.

Comment a évolué votre métier ?

Gregory LenoirEn 2016, il crée sa propre entreprise, la SA Apiquiet installée à Gerpinnes. Avec le soutien de Sambrinvest et de ses 5 associés – parmi lesquels son père, Yves -, il va créer OCTAPI et le concept du Bienveilleur, des solutions innovantes permettant aux seniors de vivre à domicile ou en maison de repos plus longtemps et en toute sérénité.

On le sait : le vieillissement de la population est un des défis de notre société. Aujourd’hui, le nombre de places en maison de repos est limité par décret et l’offre est bien inférieure à la demande. Les maisons de repos elles-mêmes vont devoir évoluer pour se charger en priorité des personnes les plus dépendantes. Les autres, les personnes âgées de plus de 80 ans, autonomes et semi-autonomes, seront amenées à rester chez elles de plus en plus longtemps.

Une situation que Gregory Lenoir maîtrise particulièrement bien. Outre ses anciennes fonctions, il participe à la gestion et au développement des trois maisons de repos du groupe familial ainsi qu’un espace bien-être… pour seniors. Un autre job à temps plein pour ce papa de deux filles (9 et 11 ans), membre du staff d’unité des guides d’Hyon (165 jeunes) et grand bricoleur à ses heures. Quand il en reste…

OCTAPI, une solution de téléassistance avancée

Gregory LenoirOCTAPI est une innovation technologique qui favorise le maintien à domicile. Destinée aux professionnels et aux particuliers, cette solution de téléassistance avancée équipe la maison et la transforme en une maison « intelligente », permettant une vigilance accrue autour d’un senior vivant seul à domicile.

En plus des fonctionnalités de télévigilance classiques (téléphone et médaillon d’appel), cette solution est basée sur le déploiement de points d’appels complémentaires et de capteurs discrets sans fil dans la maison. Elle permet de s’assurer que tout va bien dans la maison ou de détecter une anomalie. De façon totalement transparente pour le senior, la famille et les proches sont constamment connectés avec la maison. Et un service d’assistance prend en charge les alertes éventuelles.

Une conciergerie décentralisée

Une solution complétée par un service baptisé « Bienveilleur », une sorte de conciergerie décentralisée qui, équipée d’Octapi, peut veiller sur des seniors vivant seuls à domicile, dans un même quartier ou un même village.

« Nous voulons développer un service de conciergerie dans les quartiers et nous sommes en discussion avec plusieurs communes, indique Gregory Lenoir. Ce service se base sur la technologie Octapi. L’idée, ici, c’est de mettre l’humain au centre ».

Le bienveilleur pour faire le relais avec la famille

Gregory LenoirLe concept du Bienveilleur est une idée assez simple. De tous temps, il y a eu des concierges dans les immeubles. Ils s’occupaient de diverses tâches, rendaient divers services tout en essayant de faire en sorte que la copropriété se vive de la meilleure manière possible, que l’ambiance soit bonne entre les différents occupants.

Le Bienveilleur, c’est cela : une personne qui passera régulièrement voir la personne âgée qui a souscrit à ses services. Il essaiera de tisser un lien social fort et de faire le relais avec la famille. C’est un emploi local et non-délocalisable. A l’échelle d’un quartier, d’un village ou même d’une ville. Pour pouvoir prétendre assumer ce service, il ne faut pas avoir suivi une formation précise mais avoir des prédispositions sociales. Ce n’est pas non plus un service 24/24, l’horaire dépendra des modalités. »

En première ligne en cas de soucis

Gregory Lenoir détaille le concept: « le Bienveilleur va s’appuyer sur le service Octapi et sera en première ligne en cas de soucis. La nuit, il sera associé à une centrale d’assistance. Le système permet une coordination entre les différents services. Il collecte des informations et partage des messages cohérents entre les différents acteurs. Le kit Octapi sécurise les habitations des personnes âgées et assiste le Bienveilleur. Différents capteurs, reliés sans fil à la station Octapi, permettent de détecter des situations anormales et préviennent quand c’est le cas. Des boutons d’appels fixes et portables permettent d’alerter en cas de besoin. La station Octapi sert aussi à encoder les prestations réalisées afin d’assurer un bon suivi des activités (venue des infirmières, du jardinier, de la femme de ménage,…). L’interphone permet de communiquer aisément avec vos patients à distance sans qu’ils n’aient à décrocher. »

Un revenu garanti correct

Apiquiet essaie d’implémenter un modèle économique au sein duquel le Bienveilleur aurait un revenu garanti correct sans que les gens qu’il aidera ne doivent dépenser toutes leurs économies.

« Un Bienveilleur va s’occuper de 30/50 personnes en demandant 6 euros par jour. Un petit montant en face des 50 euros journaliers que demandent les maisons de repos. On ne veut, du reste, pas s’opposer à celles-ci. Elles peuvent assurer le rôle du Bienveilleur en journée en se chargeant de certaines tâches. Jusqu’au moment où il devient trop difficile de maintenir la personne à son domicile« , poursuit Grégory Lenoir.

Le « Bienveilleur » achète l’outil et le place chez la personne qu’il aura démarchée.

Cette solution a été présentée le 12 février dernier devant un jury sélectionné par Belfius pour décerner le Smart Award Belfius dans la catégorie Smart Company Award 2019 < 10 millions € C.A. Le lauréat du Prix du public sera proclamé le 24 avril lors du Smart Belgium Event.

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

Je m’inspire beaucoup, des autres, des clients, je lis, je regarde ce qui se fait ailleurs, y compris dans d’autres domaines, je visite les salons. Cela me donne plein d’idées d’innovations. Un peu trop parfois : ce n’est pas toujours évident pour mon collègue Stéphane Nival chargé de mettre tout cela en musique.

Votre dernier défi technologique ?

C’est de déployer chez plusieurs clients cette solution que l’on veut garder la plus évolutive possible, la déployer en toute transparence tout en leur offrant la plus grande tranquillité possible. Plusieurs clients sont intéressés dont l’un chez qui nous allons mettre en production une nouvelle version.

Votre meilleure décision professionnelle ?

Le jour où j’ai pu donner le « go » dans la fusion des mutualités. C’était sans précédent. J’ai pris la responsabilité d’avancer avec mon équipe. Ce sont de toutes grandes décisions qui ont eu d’énormes répercussions et c’est là qu’on voit les entrepreneurs. Il fait évidemment se préparer consciencieusement.

Et la pire ?

J’aime bien assumer toutes mes décisions. Les bonnes et les autres. On fait des choix, il faut les assumer. J’ai dû assumer des décisions difficiles, surtout celles qui impactent les gens. Je suis quelqu’un de très humain, je veux que les gens avec qui je travaille se sentent bien. J’apprécie de travailler avec les gens et je pense que les gens apprécient de travailler avec moi.

Votre phrase préférée ?

Elles dépendent des moments de ma vie. J’ai eu une phase : «quand on veut, on peut». Une autre où je me répétais : «ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait», «la chance, on la force».

Aujourd’hui, ma phrase préférée, c’est : «une grande partie des réponses sont en nous», «tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin».

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