inspirations innovatech

Inspirations,
news et dossiers

Grégory Reichling : l’ingénieur qui rêvait d’être chef d’entreprise

Date de publication
19 janvier 2018
facebook twitter LinkedIn Google Mail Informatique/Santé/Technologie Print
Grégory Reichling

Après avoir créé Citius Engineering, cet automaticien vient de lancer Ciseo : des solutions technologiques pour les secteurs des sciences du vivant.

Je recommande à tous les créateurs d’entreprise de faire leurs armes ailleurs avant de se lancer comme indépendant

Ingénieur civil électromécanicien (Ulg, 2001), Grégory Reichling (à droite sur la photo), originaire de la région d’Eupen, a démarré dans le monde professionnel en renouant avec sa langue maternelle : durant un peu moins de deux ans, il va travailler dans le centre européen de mécatronique à Aix-la-Chapelle (Allemagne).

Grégory ReichlingIl va ensuite, en 2003, revenir à Liège où il rejoint Cenco International, un business unit (50 ETP) de Techspace Aero (aujourd’hui Safran Aero Boosters) spécialisée dans la conception, fabrication, installation, et maintenance de bancs d’essais pour moteurs aéronautiques. « Des bancs d’essais indoor allant de 7X7m à 14X14m de section, pour les plus gros turbofans (turboréacteur à double flux), tel que le GP7200 qui équipe l’Airbus A380».

Il y occupera d’abord le poste de chef de projet avant de devenir chargé d’affaires. « Je suis plutôt un généraliste, explique-t-il. J’adore la technique mais dès que les grandes lignes des solutions sont définies, je préfère laisser les détails aux spécialistes ». Un emploi qu’il n’a jamais regretté : « j’ai acquis des compétences à l’université mais c’est chez Techspace Aero que j’ai appris mon métier ».

J’ai toujours admiré les chefs d’entreprise

Une fois ces compétences acquises – « mécanique, électronique, mécatronique, électricité, automation, vous n’imaginez pas tout ce dont on a besoin pour réaliser des bancs d’essais » – Grégory Reichling a choisi de réaliser un autre rêve. « J’ai toujours admiré les chefs d’entreprise. Et ce que j’admire, j’ai envie de le faire. A 30 ans, je voulais être indépendant. Un an plus tard, je créais Citius Engineering avec mon ami Fabien Defays (à gauche sur les photos), que je connais depuis les bancs de l’université».

Citius, Altius, Fortius

Grégory ReichlingPourquoi Citius ? « Je venais de lire un article dans un magazine sur les jeux Olympiques d’été de Pékin, en 2008. La devise olympique – « Citius, Altius, Fortius » qui signifient « plus vite, plus haut, plus fort » – m’avait bien plu. Pour des gens qui avaient envie de créer une entreprise et de l’emploi dans un secteur, l’automation, qui permet aux entreprises d’aller plus vite, Citius était un chouette nom ».

Au départ, Citius est d’abord un bureau d’engineering. « On répondait à une attente du marché. Il y a 20 à 30 ans, les entreprises disposaient de leurs propres services internes pour réaliser les machines dont elles avaient besoin. Mais la mondialisation a conduit ces mêmes entreprises à se recentrer sur leurs cœurs de métier et à sous-traiter ce qui pouvait l’être ».

C’est Safran Aero Boosters, leur ancien employeur, qui, le premier, fera confiance au duo. Suivi par de très nombreuses autres entreprises. Rapidement, l’équipe passe à une dizaine d’équivalents temps-plein. « Nous avons ensuite voulu nous développer en fournissant la solution complète à nos clients, en construisant les moyens de production que nous étudiions ».

Et Citius va encore croître. En 2012, les deux actionnaires font l’acquisition d’ Engiconcept SPRL, spécialisée dans la conception mécanique, basée à Anderlues depuis 1992 et qui employait 18 personnes. Deux ans plus tard, Citius Engineering rachète le département Process Solutions de l’entreprise liégeoise KS Techniques. Ce département actif depuis plus de 30 ans dans le développement de solutions automatisées de pointe dans l’industrie renforce significativement l’équipe de Citius Engineering qui peut dès lors se positionner sur des projets complets d’envergure.

2017 : naissance de Ciseo

Grégory ReichlingFabien et Grégory restent à l’affut. Et lorsqu’éclate l’annonce de la faillite de Wow Technology (Naninne), aux premiers jours de mai 2017, les deux hommes n’hésitent pas un seul instant. Conscients du haut niveau de savoir-faire technologique présent sur place, ils prennent contact avec la curatelle et font une offre pour reprendre un tiers du personnel, soit une trentaine d’employés.

Ils ne viennent pas tous seuls. Avec Citius, trois autres actionnaires entrent dans l’offre de rachat : les patrons des entreprises liégeoises Lasea (25%) et Unisensor (25%) et le duo SRIW-Meusinvest (25%). Ciseo, créée au mois de juin dernier, se spécialise dans le développement de moyens de production à destination des secteurs de sciences du vivant, tels que le pharma, les biotechs (produits thérapeutiques) et les medtechs (dispositifs médicaux).

Lasea qui développe notamment des systèmes de marquage laser à haute fréquence (10 coups/sec) pour le domaine de la santé et Unisensor, active dans la sécurité alimentaire, faisaient fabriquer leurs machines par Wow. En reprenant Ciseo, ces deux entreprises sécurisent leur sous-traitance.

Et Citius – peu actif dans ce secteur, il cède d’ailleurs ses clients pharma à Ciseo – se voit ouvrir de nouveaux marchés grâce à ses nouveaux partenaires. Unisensor offre en outre à la nouvelle entité un regard plus scientifique. « Pour les ingénieurs que nous sommes, c’est un atout qui nous permet de mieux connaître et comprendre certaines contraintes spécifiques au monde de la recherche et des secteurs biotech/pharma ».

Comment a évolué votre métier ?

« On est aujourd’hui en plein dans l’industrie 4.0, une vraie révolution industrielle, explique Grégory Reichling. La Belgique, où le coût de la main-d’œuvre est élevé, a bien compris que pour conserver ses industries, voire amener certaines d’entre elles à revenir sur le territoire national, il lui fallait réussir cette révolution. Car il n’y a pas de miracle : c’est l’industrie qui va faire grandir notre région ».

Une vraie révolution : les machines et les hommes communiquent désormais en temps réel

Grégory Reichling« Avec l’introduction des machines à commande numérique dès les années 1970, les usines ont fonctionné sur un mode de pilotage pyramidal, vertical, centralisé et séquentiel. Au sommet de la pyramide se trouve l’ERP (Enterprise Resource Planning) qui communique avec un MES (Manufacturing Execution System) qui permet le pilotage de la production », expliquent à Agoria, Dorothée Kohler et Jean-Daniel Weisz, les fondateurs de KOHLER C&C, cabinet de conseil en stratégie et en développement des organisations et auteurs du livre : Industrie 4.0 : la transformation numérique du modèle industriel allemand (la Documentation française – 2016).

« Avec l’Industrie 4.0, poursuivent-ils, nous passons d’une organisation pyramidale des flux d’information à une structuration en réseaux de ces flux. Les machines, les composants des machines, les produits et les hommes communiquent désormais en temps réel ».

Cette révolution a également conduit Citius et Ciseo à choisir de se spécialiser autour de certains secteurs très matures – l’aéronautique, le spatial, les biotechs – et très présents sur le marché européen.

Comment favorisez-vous l’innovation ?

C’est notre raison d’être. On développe sans cesse de nouvelles machines très innovantes. Pour rester à la pointe, rien ne vaut des partenariats solides, notamment avec des fournisseurs de solutions très pointues qui ont besoin de notre savoir-faire d’intégrateur.

Votre dernier défi technologique ?

On en relève tous les jours mais je dirais que, parfois, c’est plus difficile que d’habitude. Notamment lorsque le client s’est trompé dans ses hypothèses de départ ou que le problème a été mal défini. Tout le challenge, après, c’est d’essayer d’arriver à un niveau de performances acceptable. C’est ce que le client attend de nous, même s’il est conscient des faiblesses de son projet.

Votre meilleure décision ?

Avoir créé Citius avec Fabien, bien sûr. En même temps, je suis très heureux d’avoir démarré ma vie professionnelle dans une grande entreprise. Cela m’a aidé à me structurer. Je recommande d’ailleurs à tous les créateurs d’entreprise de faire leurs armes ailleurs avant de se lancer comme indépendant ».

Et la pire ?

Je ne suis pas quelqu’un qui regrette. Je vis dans demain.

Votre phrase préférée ?

«La joie est dans le risque à faire du neuf» – Denis Diderot

 

 

l'équipe de rédaction InnovaTech

Par

L'équipe de rédaction d'InnovaTech est composée d'experts en innovation technologique et en communication.

Website Facebook Twitter LinkedIn

Services associés

coach

Bénéficiez d’un coach

communication presse

Communication presse