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La créativité, en pratique, c’est quoi et on fait comment ?

Date de publication
2 août 2016
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La créativité : tout le monde en parle, mais au fond qu’est-ce que c’est ? Tentative de définition avec Laurent Berg, notre spécialiste en créativité.

Bien qu’il y ait une profusion de définitions, on peut définir la créativité comme la capacité d’individu à créer (imaginer, inventer, réaliser) quelque chose. De manière plus spécifique, c’est la capacité de découvrir, inventer une solution nouvelle, originale et efficace face à un problème donné. Envie de vous immerger dans la créativité? Participez à notre atelier « créativité » ce 21 février, avec Frédéric Ooms (idcampus). Inscrivez-vous ici.

La créativité est associée au concept de pensée divergente qui décrit notre capacité à sortir du registre des connaissances conventionnelles et des capacités de raisonnement classiques pour proposer une variété de solutions originales à un problème.créativité

Dit autrement, la pensée divergente est notre capacité à sortir du cadre, penser de côté, s’éloigner du problème pour le résoudre de manière originale. La pensée divergente est opposée (tout en étant complémentaire) à la pensée convergente qui décrit la capacité à restituer ce qui a été appris en donnant la réponse « correcte » à des questions standardisées qui ne requiert pas de créativité particulière.

Qui est créatif ?

Potentiellement, nous sommes tous créatifs. La créativité n’est pas liée à l’intelligence «convergente». De manière caricaturale, une personne avec un QI élevé peut être très peu créative. De la même manière, une personne avec un QI peu élevé peut être très créative. La bonne nouvelle, c’est que la créativité peut se développer, s’aiguiser…

Que faut-il faire pour améliorer sa créativité ?

Oubliez ce que vous savez ! Il faut prendre conscience que notre créativité est bien souvent bridée… par nous-mêmes. Paradoxalement, on peut dire que nous sommes victimes d’un dommage collatéral : celui de la connaissance. Pour être créatif, il faut pouvoir se dégager (momentanément) de ce que nous avons appris.connaissance

Ce que nous avons appris a été découvert, prouvé, éprouvé, formaté à un moment donné et ce qui était réputé impossible hier est devenu possible aujourd’hui… Les premières télévisions étaient épaisses, lourdes, encombrantes et fonctionnaient avec des tubes qui devaient chauffer. Il fallait se lever pour changer de chaîne (heureusement on pouvait à peine les compter sur les doigts de la main).

Aujourd’hui, les télévisions sont plates, légères et nous avons accès à des milliers de chaînes. Quand on se lève, ce n’est plus pour changer de programme, mais pour répondre au téléphone ou aller au petit coin sans perdre un instant du spectacle grâce au bouton « pause ».

Ne pas juger et se sentir jugé

L’autre élément capital est de « suspendre » notre jugement. créativitéNous passons notre temps à juger… et dans l’absolu, c’est une bonne chose car cela nous permet de gagner du temps. De manière consciente et souvent inconsciente, nous nous appuyons sur nos expériences et connaissances pour faire des choix souvent pour le meilleur et parfois pour le pire. De la même manière, nous nous autocensurons par conformisme, crainte du jugement des autres.

L’enfant ne juge pas encore (quel veinard !)

A ce titre, l’histoire du Polaroïd est emblématique de la posture du regard de l’enfant : un soir de Noël, un papa prit une photo de sa fille de 4 ans qui ne comprit pas pourquoi elle ne pouvait pas voir la photo tout de suite. Six ans plus tard, ce qui était réputé impossible devint réalité ! Edwin Land pouvait enfin faire plaisir à sa fille (avec quelques années de retard)… car il venait d’inventer l’appareil photo instantané.

Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.

Mark Twain

La nécessité est mère de l’invention

Il n’y a pas une génération spontanée d’idées. Il faut prendre conscience qu’une idée ne vient donc jamais par hasard. Il y a toujours un point de départ et la plupart du temps, il s’agit d’une insatisfaction, une frustration… autrement dit : un nouveau besoin ! Ce nouveau besoin sera nommé le « problème » à résoudre. Un problème survient quand il y a une différence entre l’état des choses et celui souhaité : autant dire que c’est très fréquent !

Évitez de tomber tout de suite dans le précipice des solutions !

La bonne compréhension d’un problème est très souvent « sacrifiée » au profit de la recherche de solutions alors qu’on ne maîtrise pas toutes les données d’un problème. C’est dommage, car en se posant les mauvaises questions, on ne peut que récolter de mauvaises réponses.

Le QQOQCCP, un outil pour comprendre le problème

creativiteOn croit connaître le problème et bien souvent on passe à côté. Pour analyser toutes les facettes d’un problème, on peut utiliser un outil très simple : le QQOQCCP (Qui fait quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Et pourquoi ?). Bien souvent nous sommes « aveuglés » par les symptômes qui nous cachent les réelles causes et donc le vrai problème. En conséquence, nous risquons de dépenser beaucoup d’énergie à solutionner un « faux problème ».

La méthode des « 5 pourquoi » est un moyen très simple et efficace de dépasser les apparences en remontant au fil des « pourquoi » au vrai problème, celui qu’il convient de solutionner ! Si on applique bien la méthode, on trouve souvent plus de 5 « pourquoi ».

Exemple :

Le directeur d’un supermarché est très mécontent car il y a de nombreux caddies remplis abandonnés par les clients aux alentours des caisses. Il décide d’engager des caissières supplémentaires. Pourtant, quelques semaines plus tard, il constate que rien n’a changé. Il a donc dépensé de l’argent et de l’énergie pour rien.

Il demande à son adjoint de comprendre ce qu’il se passe. Ayant lu cet article, l’adjoint observe ce qu’il se passe sur le terrain et décide d’appliquer la méthode des « 5 pourquoi ».

Constat (symptôme principal) : les clients abandonnent les caddies remplis près des caisses… pourquoi ?

  1. Pourquoi  : parce que ça ne va pas assez vite pour le client
  2. Pourquoi  : parce qu’il y a des files aux caisses
  3. Pourquoi  : parce que les caissières ne vont pas assez vite
  4. Pourquoi  : parce que deux fois sur trois les codes barres « porte-clés fidélité » ne passent pas. Il faut donc les encoder à la main.
  5. Pourquoi  : parce qu’il n’y a pas de revêtement anti-griffes aux « porte-clés fidélité ». Après deux ans, beaucoup sont abîmés.
  6. Pourquoi  : parce qu’on n’a pas acheté des « porte-clés fidélité » avec le revêtement anti-griffe pour les usages intensifs
  7. Pourquoi  : parce qu’on a préféré économiser 349 euros… (prix du supplément anti-griffe pour 100.000 « porte-clés fidélité »).

Conclusion : une économie qui au final coûte très cher…

Le changement de lunettes

Cette méthode permet d’appréhender un problème avec un autre champ de vision. Je peux regarder le problème avec les yeux d’un journaliste, d’un client, d’un investisseur, d’un enfant… ou le regarder en éliminant ou en ajoutant des contraintes. Que se passerait-il si le budget était doublé… ou avait été divisé par deux ? Que se passerait-il si un nouveau concurrent débarquait sur le marché ? etc.

On parle de ces outils dans tous les livres de créativité et de management de l’innovation. Et pourtant, sur le terrain, ils sont très peu utilisés. Il faut noter que ces outils peuvent être utilisés également dans d’autres étapes comme la recherche des solutions à proprement parler.

L’art de poser la bonne question

Prenez le temps de créer l’énoncé de votre problème, c’est-à-dire de vous poser la bonne question. Celle dont la réponse sera la solution à votre problème. Cela est une excellente manière de s’orienter dans de nouvelles voies. Sans avoir encore généré une seule idée, imaginez si la réponse à votre question règle vraiment le problème.

Pour un problème donné, on peut imaginer une myriade de questions. Dans l’absolu, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises questions car cela dépend de l’objectif à atteindre. Les questions nous aident précisément à définir et à affiner nos objectifs.

creativiteLe processus est itératif et contribue bien souvent à reconsidérer le problème. Les questions qui suivent impliquent des réponses bien différentes :

  • Comment augmenter le chiffre d’affaires ?
  • Comment augmenter mes marges ?
  • Comment augmenter les bénéfices ?
  • Comment diminuer les coûts ?

 

La bonne question vient malheureusement rarement du premier coup.

Trois choses à faire dès aujourd’hui :

1.    Recyclez votre énervement

Avec le temps… et le nez dans le guidon, nous ne voyons plus les problèmes. Dès votre réveil, des choses ont dû probablement vous énerver : à la maison, sur le chemin du travail, au boulot.

Traquez et notez tous ces « trucs » qui vous ont énervés et fait perdre du temps pendant la journée. Regardez également autour de vous ce qui agace les autres.

2.    Interrogez vos habitudes… et celles des autres

Derrière chaque habitude, il y a une petite histoire et très certainement une opportunité de changement. Cherchez des habitudes et interrogez-les… Dans quel contexte se sont-elles mises en place, par qui et pourquoi ? Vous découvrirez peut-être que vous et/ou vos collègues faites des choses qui n’ont plus lieu d’être.

Conseil : si vous entendez un « on a toujours fait comme ça » … vous pêchez un gros poisson !

3.    Enfin, cultivez ce divin défaut

Mais quel est donc ce vilain défaut qui s’avère être une grande qualité ?

Oui, c’est bien notre curiosité : un maillon fondamental de la créativité ! La curiosité est avant tout une attitude spontanée et désintéressée qui vient de l’intérieur – autrement dit – ça vient du cœur !

Elle est directement proportionnelle à notre désir « gratuit » d’apprendre, de vivre des expériences, de s’intéresser aux autres, … et alimente un immense réservoir où se côtoient des choses aussi hétéroclites qu’étranges.

Notre curiosité « gratuite » est finalement très utile et a beaucoup de valeur tant elle représente une grande part de notre capital créatif…

Comment cultiver votre curiosité ?

Par l’action ! Nous ne pouvons pas conclure un article sur la créativité sans vous lancer un défi créatif.
Dès demain, faites 3 choses inhabituelles, inattendues, inédites, curieuses, … avec l’objectif d’apprendre quelque chose d’ «imprévu» .

Envie de vous immerger dans la créativité? Participez à notre atelier « créativité » ce 21 février, avec Frédéric Ooms (idcampus). Inscrivez-vous ici.
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