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La cybersécurité: un secteur tendance dans lequel investir

Date de publication
17 novembre 2016
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Cybercriminalité

Avec l’Observatoire des Tendances (AWEX – AEI), InnovaTech vous propose de découvrir les tendances 2017. Premier sujet: la cybersécurité.

Tendance 2017 et sujet cybersécuritéLa mission d’Oxana Rogozina de l’Observatoire des Tendances (AWEX) est de détecter les tendances et les opportunités à l’étranger et les réinjecter en Wallonie. En contact avec les représentants AWEX du monde entier, elle nous alerte sur les tendances à suivre en 2017.
Ce premier dossier se focalise sur la cybersécurité – c’est-à-dire un ensemble de dispositifs mis en place pour protéger les personnes et les actifs informatiques matériels et immatériels des entreprises et des organisations. Aujourd’hui plus que jamais, la cybersécurité est un enjeu phare pour l’ensemble de la société. Explications.

 

Ce qui est très alarmant, c’est l’augmentation d’attaques perpétrées contre les petites entreprises. Alors qu’en 2011, seulement 18% des petites entreprises ont été ciblées, on est passé à 34% en 2014 et à 43% en 2016.

La cybersécurité: secteur majeur au niveau international

Aujourd’hui, on assiste au développement croissant des réseaux IoT (Internet des objets) et à une explosion des flux de données (Big data), qui les alimentent. Or, ces réseaux dans le réseau et les ressources qu’ils contiennent ne sont pas sécurisés et sont très vulnérables. Conséquence: les médias spécialisés s’affolent. « Les thermostats connectés pris en otage »; « Smart home: les serrures connectées peuvent être ouvertes par n’importe qui ». Presque tous les jours, on nous annonce des fuites de données, des #hackers et du #piratage informatique.

Afin de sécuriser rapidement ces réseaux et d’empêcher le vol de données ou des dégâts plus importants, les entreprises développent des solutions performantes pour freiner la cybercriminalité. Face à l’augmentation du nombre d’attaques et à leur professionnalisation, les gouvernements ont décidé de mettre en place des stratégies pour soutenir ce secteur d’activité. Des stratégies qui varient en fonction des régions.

Sur le continent européen, la commission européenne a signé le 5 juillet dernier un partenariat public-privé dont l’objectif est de « créer des solutions de cybersécurité harmonisées et applicables dans des secteurs comme l’énergie, la santé, les transports et la finance et être prêt à coopérer en cas de cyberattaque de grande envergure ». Ce partenariat doit générer 1,8 milliard d’euros d’investissements d’ici à 2020.

Aux États-Unis, le président Obama a été amené à prendre de nouvelles mesures pour faire face à la cybercriminalité. Tout d’abord, on parle de l’augmentation du budget global qui passera (si la décision est approuvée par le Congrès) en 2017 de $14 milliards à $19 milliards, soit une augmentation de 35%. De plus, on évoque également de la création du National Center for Cybersecurity, qui sera un outil virtuel permettant aux entreprises privées de tester leurs systèmes informatiques contre les menaces.

Quant à la Chine, la cybersécurité est désormais un « axe de développement capital lors du 13e plan quinquennal du parti communiste chinois. Le marché des produits et services liés à la sécurité informatique atteindra probablement 10 milliards de RMB (= 1,5 milliard d’euros) en 2017 ».

La Cybercriminalité, une tendance à suivre de près selon les attachés de l’AWEX

L’émergence de cette tendance est également observée par les attachés économiques et commerciaux de l’AWEX, implantés dans plus de 90 villes à travers le monde. « Nous souhaitons attirer l’attention des Wallons sur le développement du secteur de la cybersécurité à l’étranger et sur les opportunités qui se présentent. Nos PME pourraient investir dans ce domaine, à la fois pour protéger leurs données et pour offrir des solutions à haute valeur ajoutée ». Les opportunités sur le marché sont importantes. cybercriminalitéRien qu’aux États-Unis, le marché de la cybersécurité pèse actuellement 42 milliards de dollars et atteindra probablement les 71 milliards de dollars en 2020.

En poste à Washington, Bernard Geenen, attaché AWEX, souligne que « ce secteur connaît une expansion phénoménale tant au niveau privé que public. Le gouvernement fédéral et ses nombreuses agences (CIA, FBI, NSA) ne lésinent pas sur les moyens ». Et pour cause: alors qu’en 2004, ce secteur était évalué à 3,5 millions $, en 2015 à 78 millions $, demain, en 2017, on parle déjà de 120 millions de $. Qui ne voudrait pas profiter d’une part de ce gâteau?

En Suisse également, la thématique est au cœur des discussions. « En mai dernier s’est déroulée la première conférence de recherche suisse sur le cyber-risque (SCRRC) à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne », nous explique l’Attaché de Liaison Scientifique en poste à Genève. « L’évènement a réuni des chercheurs, des professeurs, des étudiants et des entreprises impliqués dans la sécurité digitale afin d’explorer les dernières avancées dans ce domaine. Les informations des entreprises sont des mines d’or pour les hackers. Sony Picture, Linkedin, Microsoft, Orange, eBay sont quelques-unes parmi les nombreuses victimes du hacking. On estime qu’environ 97% des réseaux d’entreprises existants ont été infiltrés, la plupart sans même le savoir ».

La cybercriminalité coûte très cher aux autorités et aux entreprises

Selon un rapport récent du Global Economic Crime Survey (février 2016), la cybercriminalité est, pour la première fois, le type de criminalité économique le plus signalé en Belgique, avec 65% des cas. La Belgique occupe le 9e rang mondial en la matière.

Dans notre pays, le coût de la cybercriminalité était estimé à 3,5 milliards d’euros, soit plus de 1% du produit intérieur brut, au premier semestre 2014. Durant cette période, l’équipe fédérale d’intervention d’urgence en sécurité informatique (CERT.be) a reçu plus de 751.000 notifications d’ordinateurs infectés en Belgique.
Cette équipe d’intervention (opérée par Belnet, le réseau scientifique national belge, à la demande du SPF Chancellerie du Premier Ministre) a également reçu, au cours du même semestre, en moyenne 614 avis d’incidents cybernétiques par mois, soit 80% de plus qu’en 2013. Depuis, les autorités ont mis en place diverses initiatives pour que la situation change.

Ce qui est très alarmant, c’est surtout l’augmentation d’attaques perpétrées contre les petites entreprises. Alors qu’en 2011, aux États-Unis, seulement 18% des petites entreprises ont été ciblées, on est passé à 34% en 2014 et à 43% en 2016.

cybercriminalité

Chez nous, une des problématiques à laquelle les autorités s’attaquent aujourd’hui est le manque cruel de spécialistes et d’experts, capables de mettre en place les solutions adéquates pour freiner la cybercriminalité. La première réponse est la création d’un nouveau Master en cybersécurité, proposé à la rentrée 2016/2017 en « codiplomation » par six établissements de l’enseignement supérieur (ULB, UCL, UNamur, École Royale  Militaire, HEB et HELB). Les futurs diplômés auront de belles opportunités devant eux!

Outre l’impact majeur sur les secteurs de la défense et le secteur militaire, cette tendance aura également une influence sur d’autres marchés. Exemple avec le développement des #cyber assurance: un nouveau marché encore limité à très haut potentiel. L’idée est de développer une assurance qui couvre les risques associés aux données confidentielles et stratégiques piratées.

Les PME wallonnes trop peu actives dans la cybersécurité

Alors qu’Israël contrôle près de 10% des parts du marché mondial de la cybersécurité avec ses 430 entreprises, les PME wallonnes ne sont pas encore très nombreuses dans ce secteur. « Il n’y a pas pléthore d’offres en Wallonie dans ce domaine particulier, confirme Renaud Delhaye, expert e-business et transformation numérique des entreprises auprès de l’Agence Du Numérique (ADN). On peut estimer entre 5 et 10 le nombre d’entreprises dont le cœur de métier est la sécurité informatique ».

Le savoir-faire belge en la matière, encore frileux, commence à être reconnu. Un exemple avec Nvisio, société bruxelloise spécialisée (notamment) dans la prévention, détection et résolution de cyber-incidents. Très récemment, elle a reçu une distinction des mains de l’Agence de Communication et d’Information de l’OTAN (NCIA) à l’occasion du « Defence Innovation Challenge ». Il s’agit d’un concours qui récompense des solutions technologiques innovantes en matière de cybersécurité et de cyberdéfense.

Elle a développé une « sonde sécurité », un dispositif informatique qui permet de détecter un piratage via identification des signes d’intrusion au sein d’un réseau informatique d’entreprise. Cette « sonde » met en œuvre des mécanismes de récolte massive d’informations sur le trafic réseau et de prétraitement des données, sur base de techniques analytiques sur méga-données (Big Data) ».

En Wallonie, signalons le travail de Guardis, une société spécialisée dans la conception, le monitoring et la gestion des systèmes d’information et de la sécurité informatique.

Conclusion

Toute entreprise, quelle que soit sa nature, sa taille ou son secteur d’activité, est susceptible de subir une attaque cybercriminelle à n’importe quel moment. Le meilleur moyen de se défendre est de s’y préparer aujourd’hui.

Mais comme disent les Chinois, dans tout risque il y a des opportunités à saisir. Ainsi, les entreprises wallonnes ont énormément d’opportunités dans ce secteur, en développant des activités telles que: consultance sur les menaces informatiques, service de stockage de données en cloud, réseaux de collaboration entre entreprises pour être plus fortes que les hackers, simulation de hacking… « Mais surtout, souligne Oxana Rogozina, continuez votre veille sur le sujet. Car, puisque Internet est global, les cyber menaces le sont aussi. Le danger, tout comme les opportunités, peuvent venir de partout ».

Pour aller plus loin:

Un nouveau Master en cybersécurité en Wallonie.

 

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