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La Wallonie pionnière dans le recyclage industriel des plastiques

Date de publication
20 juin 2019
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recyclage industriel des plastiques

Une nouvelle filière va créer 350 emplois à l’horizon 2021 : 156.000 tonnes de plastiques y seront traitées chaque année.

120 millions d’investissements, dont la moitié provient du secteur public

La Belgique est championne d’Europe dans le recyclage des déchets d’emballages ménagers avec près de 700.000 tonnes recyclées en 2018 et un taux de recyclage de 89%. Par contre, elle reste provisoirement le (moins) mauvais élève européen en matière de recyclage industriel des plastiques d’emballage.

Provisoirement, car, d’ici à 2021, la Wallonie sera le fer de lance d’une nouvelle filière technologique de recyclage industriel des plastiques avec la création de six unités qui traiteront annuellement 156.000 tonnes de matière. Une filière qui pourrait créer 350 emplois.

Prévenir plutôt que guérir

On est d’accord. La meilleure façon de lutter contre la surabondance de déchets plastiques, c’est d’en limiter l’usage. Et la Wallonie est plutôt bonne élève en la matière.

En mars dernier, le gouvernement wallon approuvait en deuxième lecture un projet d’arrêté relatif à l’interdiction des ustensiles en plastique à usage unique.

Concrètement, l’usage des gobelets, tasses et bols en polystyrène expansé, en ce compris leur couvercle, ainsi que les pailles, couverts et bâtonnets mélangeurs seront proscrits à partir du 1er janvier 2021 dans les établissements ouverts au public en Wallonie. Un an plus tard, au 1er janvier 2022, l’utilisation d’assiettes, de récipients alimentaires en polystyrène expansé ainsi que de tiges pour ballons de baudruche sera également interdite.

Des initiatives privées ont également vu le jour : ainsi une PME namuro-montoise, BNOVA, accompagnée par InnovaTech, a développé une capsule remplie d’un actif liquide ou en poudre qui libère son contenu dès qu’on la visse sur une bouteille ou un flacon. Résultat : les industriels réduisent drastiquement la production et le transport de contenant, en plastique pour la plupart et remplis d’eau à 95%.

6 engagements pour le plan emballage

Les entreprises alimentaires belges viennent de leur côté, à l’initiative de la FEVIA et de COMEOS, notamment, de mettre en place un plan « emballages2025 » qui met en œuvre 6 engagements du secteur en matière d’emballages.

  1. Recyclage des emballages plastiques : un taux de 65% en 2023 ;
  2. Collecte et recyclage des emballages de boissons : 90% en 2022 ;
  3. Doubler la collecte sélective des emballages out-of-home en 2025 ;
  4. Augmenter de 50% les matériaux recyclés dans les emballages de boissons en 2025 ;
  5. Rendre la totalité des emballages recyclables, réutilisables ou biodégradables en 2025 ;
  6. Réduire de 20% les déchets sauvages d’ici à 2022, dont 50% des emballages ménagers en 2025.

 

Un exemple ? Dès cet été, la brasserie AB InBev emballera tous ses sixpacks canettes Jupiler en Belgique en plastique 100% recyclé. Ce plastique répond aux exigences de qualité les plus sévères et a été développé par le centre d’Innovation d’AB InBev à Louvain et par le fournisseur du plastique. A terme, AB InBev veut remplacer tous les emballages en plastique autour de ses packs de six de bière dans les grandes surfaces par des alternatives sans plastique. Actuellement, le brasseur teste plusieurs alternatives pour le plastique.

Une nouvelle filière de recyclage industriel des plastiques

Grâce à la mise en place d’un partenariat public-privé, piloté par la SRIW, à l’initiative des ministres Jeholet et Di Antonio, la Wallonie va aussi, au-delà du tri et de la collecte des déchets, créer, en aval, un nouveau chaînon pour le traitement de ces plastiques.

recyclage industriel des plastiquesOlivier Bouchat, vice-président du comité de direction de la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), dans un entretien à l’Echo et à Trends-Tendance: « nous avons pris une longueur d’avance sur les autres pays européens ». Les six projets retenus s’inscrivent en effet dans des niches très peu exploitées en Europe et ambitionnent clairement de traiter des flux provenant également d’autres pays. Ils auront, au départ, une capacité totale de traitement de 156.000 tonnes de déchets plastiques.

C’est un jury présidé par Yves Noël (président de NMC, producteur de mousses isolantes) qui a sélectionné six projets ambitieux sur les 40 soumis à la Région wallonne.

La moitié des entreprises sélectionnées disposent déjà de sites de production en Belgique et vont les adapter à cette filière. C’est le cas des français Total et Suez R&R Be Wallonie et du britannique Renewi.

Les trois autres entreprises – le groupe canadien Lavergne, le luxembourgeois LuxPet, filiale de l’américain PlastiPak, et le français Machaon – vont créer de nouvelles unités de production en Wallonie.

L’intelligence du projet, c’est aussi d’avoir imaginé une filière dont les acteurs ne sont pas concurrents. « Les six industriels, qui disposent déjà de leurs propres clients, vont travailler sur des flux particuliers dans le cadre de projets fort différents » explique Clément Poulain, conseiller au sein du cabinet du ministre Jeholet. Une filière qui va permettre de récupérer certains flux de matières qui partaient à l’étranger pour les traiter sur le sol wallon.

Des projets différents

recyclage industriel des plastiquesLe groupe canadien Lavergne va recycler des polymères techniques en provenance de déchets électriques et électroniques. Il investira 15,7 millions dans la nouvelle usine, avec 6,8 millions d’argent public.

L’américain PlastiPak et sa filiale grand-ducale LuxPet vont installer une unité de traitement des déchets plastiques PET, en amont de leur usine grand-ducale. Un investissement de 21 millions, dont 10 millions provenant du public.

Le français Machaon va créer une unité de recyclage de films plastiques PEBD (la photo), qui alimentera en aval des usines productrices de matières premières. Dix millions prévus au programme, dont la moitié provenant du public.

Suez va bâtir une unité de recyclage de mousse en polyuréthane au départ de matelas usagés. Les mousses retraitées pourront servir à produire de nouveaux matelas ou des matériaux isolants. Quatre millions à investir, à 50% public.

Le groupe de traitement de déchets britannique Renewi va déployer une unité de recyclage de plastiques rigides pour régénérer des composants pour usines de production. Un investissement de 9,7 millions, dont 1,6 million provient du public.

Le français Total et le belge Vanheede vont construire ensemble une plateforme multimatière qui traitera elle aussi les plastiques rigides pour en faire des granulats. Ce projet baptisé ToVaRec nécessitera 54 millions, dont 21 millions provenant du public.

Soit un total de 120 millions d’euros d’investissement, dont 47 millions seront financés par la Région via la SRIW (surtout sous forme de prêts).

Toutes ces entreprises ont signé une convention avec les autorités wallonnes, assurant que leurs projets se concrétiseraient d’ici à la fin de l’année, notamment par la constitution de sociétés. Pour l’instant, la SRIW rencontre les industriels les uns après les autres et les aide à identifier des terrains disponibles (avec les intercommunales concernées ou la SPAQUE) ainsi que les mécanismes de financement. Les sociétés actives dans le traitement des déchets d’emballages en plastique sont également invitées à postuler ensemble à l’appel à projets lancé par Fost Plus.

 

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