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Le futur de la médecine en 4P

Date de publication
13 décembre 2016
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futur de la médecine

La numérisation accélère le futur de la médecine: chercheurs et entreprises innovantes suivent 4 tendances dans le domaine des sciences de la vie

On continue, avec l’Observatoire des Tendances, à s’intéresser aux tendances qui, en 2017, vont traverser les secteurs industriels clés de la Wallonie. Voici celles qui vont bouleverser notre rapport à la médecine. Entretien avec Vassil Kolarov.

Vassil Kolarov, en poste à Genève, est un Agent de Liaison Scientifique (ALS) de Wallonie-Bruxelles International (WBI). Implantés au sein des universités dans 5 pays, ceux-ci contribuent à la promotion des compétences de Recherche et Innovation de notre Fédération Wallonie-Bruxelles. Outre le réseau des attachés économiques et commerciaux de l’ AWEX, l’Observatoire des tendances compile également les rapports de ces agents.

futur de la médecineSelon Vassil Kolarov, on doit imaginer le futur de la médecine notamment sous l’angle de sa numérisation.

De nombreux outils ont aujourd’hui envahi le marché pour permettre à tout un chacun de mesurer son état de santé – d’où notamment l’émergence du Quantified self (le « soi quantifié ») grâce aux objets connectés. Ces masses de données sont précieuses pour les entreprises, qui tentent de créer de nouveaux services et produits en les exploitant.

Pour cet expert, le futur de la médecine, est résumé par le mot-clé MP4 : médecine préventive, prédictive, personnalisée et participative.

 

 

La médecine prédictive est celle qui prédit les probabilités d’un individu de développer telle ou telle maladie dans un futur donné.

Tout comme la médecine personnalisée, la médecine préventive connait un essor considérable. Elle s’appuie sur les progrès dans le domaine du séquençage et de la bioinformatique. Séquencer un génome coûtait plus d’un million d’euros et prenait 3 mois il y a à peine 20 ans. Aujourd’hui, ce séquençage se réalise en moins de 24h et coûte 1000 dollars.

Parallèlement, les progrès dans la digitalisation des données permettent de développer des analyses poussées et d’identifier rapidement des mutations parmi la masse d’informations générées par le séquençage.

Modéliser un individu et prédire les maladies

Mais avant même l’analyse des génomes, nous sommes aujourd’hui entourés d’énormément de données, qui permettent d’analyser notre style de vie. Les outils nous permettent de modéliser un individu et ainsi prédire les maladies qui peuvent survenir. C’est cela aussi le futur de la médecine.

Au-delà des tests sanguins et de l’ADN, certaines startups se focalisent sur d’autres éléments : l’analyse de l’acide ribonucléique (ARN) qui joue un rôle clé dans la génétique. A la différence de l’ADN, l’ARN exprime l’influence du style de vie d’un individu sur son état de santé (alimentation, âge, activités physiques).

futur de la médecine

« En étudiant l’ARN, on dispose donc d’une lecture de ces facteurs dynamiques », explique Jarrett Glasscock, co-fondateur et CEO de Cofactor Genomics. Cette entreprise américaine a mis au point une plateforme d’analyse permettant la détection avancée de cancers et de maladies neurologiques. Son fondateur parle déjà de la médecine 3.0, où le patient traque en direct l’état de sa santé et est averti des risques imminents.

 

 


La médecine personnalisée est celle qui permet de connaître la nature exacte d’une maladie donnée (p.ex. tumeur cancéreuse) afin de mettre en place un traitement personnalisé, ciblé, le plus adéquat possible.

Ainsi, la médecine personnalisée – ou encore médecine individualisée – se base sur deux éléments fondateurs : un produit thérapeutique ciblé et un test diagnostique, qui surveille les complications possibles en direct.

Le développement de cette médecine a été possible grâce à 3 facteurs :

  • le développement de nouvelles technologies, qui permettent des analyses à une échelle micro;
  • l’acquisition de données moléculaires grâce au séquençage, qui devient plus efficace et moins coûteux;
  • l’accès aux outils de traitement de ces données : outils de statistiques, bio-informatique.

 

En ce qui concerne le séquençage, un des leaders dans ce domaine est l’entreprise américaine Illumina, 3e dans le classement des 50 entreprises les plus intelligentes du MIT . « Cette société, qui pèse plus de 20 milliards de dollars en Bourse, dispose d’un quasi-monopole sur les machines permettant d’analyser le contenu de notre ADN. C’est à ses ingénieurs que l’on doit la naissance des séquenceurs à haut débit, capables de décrypter un génome en moins de vingt-quatre heures, pour un coût inférieur à 1000 dollars ».

Par ailleurs, ce n’est pas une surprise que les États-Unis se positionnent en grand leader dans ce secteur. Leur politique R&D a soutenu le développement des plus importants centres de recherche sur le génome, comme le Broad Insitute du MIT et le New York Genome Center. Leur ambition ne s’arrête pas là. A partir de ces centres, ils souhaitent développer toute la chaîne de valeur autour du génome.

Notre voisin, la France, veut également se positionner dans cette course. En juin 2016, ils ont annoncé le lancement du plan « France Médecine Génomique 2025 » , doté d’un budget de 670 millions d’euros. Un plan destiné à financer le développement de cette « filière médicale et industrielle en vue d’introduire la médecine de précision dans le parcours de soin et de développer une filière nationale en ce domaine ».

En Wallonie aussi

En ce qui concerne la Wallonie, des initiatives naissent également dans le secteur de la médecine personnalisée. Des entrepreneurs wallons se développent sur ce marché, notamment à travers des partenariats. C’est le cas par exemple de Wisetree et 4 For Cells. Ils ont signé un accord avec l’entreprise texane Incell pour créer la co-société « BioTurnkey« . Celle-ci est spécialisée dans le développement de produits et services à destination de sociétés actives dans le secteur de la médecine personnalisée.

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Citons également OncoDNA, une entreprise installée à Charleroi, qui, grâce à sa grande expertise dans le domaine du séquençage ADN et de la pathologie moléculaire, propose des services de pointe pour un traitement personnalisé du cancer (OncoDEEP). Lire le dossier de presse réalisé par InnovaTech.

Elle a également annoncé, en avril 2016, le lancement d’un test sanguin pour suivre l’efficacité des traitements contre les cancers. OncoTRACE est le premier test au monde réellement personnalisé.

Dans le même ordre d’idée, DNAlytics a développé des solutions de médecine de précision basées sur les données. Elles permettent par exemple de construire des modèles prédictifs en termes d’évolution de maladie. C’est le cas pour son produit RheumaKit. Ce kit permet par exemple à un rhumatologue de mieux diagnostiquer le type d’arthrite, d’en prédire l’évolution et de pouvoir définir le traitement adéquat alors que le stade de la maladie ne permettrait pas de le caractériser par les techniques classiques.

Enfin, au niveau des maladies infectieuses et de la problématique croissante des résistances aux antibiotiques dans les hôpitaux, Coris Bioconcept a mis au point la gamme de tests rapides RESIST qui permet aux cliniciens d’identifier rapidement si un patient admis aux urgences peut être traité par un antibiotique de type carbapénème ou pas. Cela permet du mieux traiter le patient et de freiner la progression de résistance aux antibiotiques.

Enfin, la médecine participative consiste à surveiller en temps réel l’état de santé d’un patient, avant ou après traitement. Objectif? Administrer des médicaments rapidement (p.ex. diabète, haute tension, etc.) ou faire un suivi efficace du traitement administré.

Ceci se fait grâce à l’internet des objets : puces qui détectent le taux de glycémie, montres qui surveillent le rythme cardiaque, directement en contact avec le médecin. Cela peut prendre également la forme d’une plateforme en ligne, où les patients et les médecins/infirmières sont interconnectés et partagent les données sur l’évolution de leur état de santé et les traitements. Au final, le patient est mis eu cœur du processus, acteur de sa guérison. C’est le cas par exemple de l’outil OncoSHARE développé par OncoDNA.

Deux autres exemples marquants nous viennent des États-Unis. Premièrement, Sermole premier réseau social réservé aux médecins aux États-Unis. Divisé en plusieurs groupes et espaces, ce réseau donne la possibilité aux médecins de partager leurs avis et de consulter leurs confrères sur des cas compliqués.futur de la médecine

On peut également parler de Patientlikeme, plateforme lancée en 2004 par le MIT. Similaire au premier exemple, Patientlikeme souhaite recueillir les données de santé de ses 380.000 utilisateurs, qui seront alors exploitées par les partenaires commerciaux ou non. Ainsi, cette plateforme a déjà permis de réaliser 70 études scientifiques et ainsi contribué à l’amélioration de la médecine pour traiter certaines maladies.

Du côté wallon, on est fier de présenter l’application Andaman – une plateforme solide pour interconnecter le médecin et le patient de façon transparente et ainsi faire en sorte que les données de santé soient échangées en toute sécurité pour un meilleur diagnostic.

La plateforme d’applications mobiles Citago

Tout récemment, en octobre 2016, c’est le CHR de Liège qui dévoilait sa plateforme d’applications mobiles Citago. Développée  en partenariat avec le groupe NRB et sa filiale Xperthis, elle s’articule dans un premier temps autour de trois domaines: le suivi des migraines, le suivi du diabète et l’accompagnement psychiatrique en ambulatoire. Une innovation présentée à la conférence Patient Numérique 2016: l’audience a pu tester l’application appelée « CitaHealth » dans sa version démo dédiée aux patients migraineux. Une plateforme qui a permis au CHR de recevoir le Prix de l’Innovation du Patient Numérique.

Les trois projets, qui reposent sur des données cryptées et sécurisées, permettent au patient et au personnel médical et paramédical d’interagir via la plateforme. Il s’agit d’un processus d’échange complet depuis le dossier patient informatisé jusqu’au patient et inversement.

Citago migraine

Le projet est une application smartphone, couplée à un bracelet électronique, que les patients migraineux pourront utiliser pour annoter les crises de migraine avec leurs signes associés, facteurs déclencheurs et traitements.  L’objectif principal est de permettre au patient de mieux suivre l’évolution de sa maladie, de gérer les déclencheurs de crise, de mieux adhérer à son traitement et de bénéficier de conseils thérapeutiques à distance grâce au suivi rapproché par le neurologue.

Citago diabète

Les fournisseurs d’appareils de mesure de glycémie connectés sont légions, et leur utilisation se révèle parfois chronophage. Citago diabète permettra le traitement des historiques de glycémies et de doses d’insulines au sein des applications hospitalières quelle que soit la marque des glucomètres utilisés. En sus, l’application mobile distillera des consignes et stratégies thérapeutiques au patient.

Citago Psychiatrie

L’objectif est l’amélioration de la prise en charge des patients en psychiatrie, principalement en ambulatoire via l’évaluation et la surveillance de la compliance médicamenteuse et une meilleure information du patient, notamment via la création d’une carte réseau unique et personnalisée et d’un catalogue des équipes ambulatoires et hospitalières en santé mentale.

 

Au-delà des 4P : la médecine régénérative

Au-delà de ces 4 spécialisations, il y a aussi la médecine régénérative. Elle a pour ambition de cultiver des cellules souches primitives afin de les différencier en cellules cardiaques, osseuses, ou autres. Avec ces cellules différenciées, les tissus endommagés pourront se régénérer, sans greffes extérieures, ou nécessité de médication anti-rejets.

En plein développement, cette médecine permettra de répondre à de nombreux problèmes et challenges que les thérapies médicales d’aujourd’hui ne peuvent résoudre.

Nous avons en Wallonie de nombreux fleurons dans ce domaine dont Celyad, Bone therapeutics, Promethera Biosciences et Novadip.

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