inspirations innovatech

Inspirations,
news et dossiers

Le Groupe Jean Nonet, «éclaireur» de l’avenir de la construction

Date de publication
12 septembre 2019
facebook twitter LinkedIn Google Mail Construction/Portraits Print
Groupe Jean Nonet

Exosquelettes, impression 3D en béton, drones et modélisation 3D pour les chantiers, ERP et tablettes : le futur technologique de la construction se joue en Wallonie.

« A la lumière de ce qu’on a appris au PME camp, Fluidoroc® on ne l’aurait pas fait de la même manière ».

Le Groupe Jean Nonet (travaux de construction et aménagements extérieurs), qui a fêté ses 60 ans en 2018, est sans doute l’une des entreprises wallonnes les plus proactives dans ce qui constituera l’avenir de la construction à moyen et court terme. Au sein du groupe, fort de 170 personnes, dont 40 employés, on teste sans relâche des produits, des procédés, des méthodes innovantes. A l’agenda d’Aurélien Nonet et de ses cousins, pas moins de 40 projets en cours de développement.

Groupe Jean NonetDes projets en phase avec les deux pôles de l’entreprise et les différents métiers qui les composent.

Un pôle chantier, d’abord, qui constitue le métier historique du groupe tel qui a été créé en 1958 par le fondateur, Jean Nonet : travaux de voirie, aménagements extérieurs, conduite et câbles enterrés, terrains de loisirs et de sport, traitement et stabilisation de sols, démolition de génie civil et immeubles, terrassement.

Un pôle recyclage, ensuite, notamment après la reprise de l’entreprise Hublet (Floreffe) en 2003, spécialisée dans les terrassements , la démolition, le recyclage et la location de containers avec deux sites : l’un à Floreffe et l’autre à Wanlin.

Des innovations pour la préparer à devenir l’entreprise de construction du futur

Groupe Jean NonetLe Groupe Jean Nonet a fait l’acquisition d’exosquelettes devenant le premier distributeur de ces technologies innovantes sur les territoires belges et luxembourgeois. Ces structures mécaniques permettent d’augmenter les capacités de l’humain. « Ils offrent une réponse à la pénibilité du travail, réel enjeu dans le secteur de la construction et augmentent les performances des équipes de terrain » explique Simon Nonet, administrateur-délégué du groupe. Un exosquelette permet, par exemple, de soulever plus facilement 20 kilos de matières supplémentaires

Le groupe étudie également les possibilités offertes par les imprimantes 3D pour le béton. Cela permettrait des constructions sur 250m², allant de 2m en-dessous du niveau du sol jusqu’à plus de 10m de haut. « On est prêts techniquement, notamment grâce à notre bonne maîtrise de la formulation de matériaux innovants. On attend seulement que des architectes fassent preuve de créativité et nous challengent ».

Groupe Jean Nonet & autonomie énergétique

Groupe Jean NonetSur le plan énergétique le groupe a également choisi d’être le plus autonome possible grâce à des panneaux photovoltaïques et une éolienne.

D’autres technologies ont aussi été acquises par le groupe pour faciliter le travail de ses équipes : des drones sont utilisés pour réaliser des relevés topographiques. Ceux-ci permettent au géomètre et à l’opérateur de grue de travailler plus précisément et plus rapidement. Les données récoltées et la modélisation 3D réalisée par le géomètre sont directement transmises vers la grue. Cela permet à l’opérateur de vérifier la qualité de ses opérations de terrassement et de suivre précisément les profils du projet.

Et sur les chantiers de Nonet, depuis 2016, les équipes utilisent également des tablettes pour encoder leurs rapports journaliers et transmettre leurs informations depuis et vers les chantiers. Le tout s’intégrant depuis le 1er avril 2019 dans un ERP doté de divers modules dédiés à des chantiers spécifiques. « A les regarder comme cela, nos chantiers ont l’air « simple ». En réalité, c’est le résultat du travail coordonné – quasi millimétré – de plusieurs corps de métiers aux compétences fort différentes. Cela commence à tourner comme il faut » se réjouit Aurélien Nonet, le responsable « Innovations & Solutions » du groupe.

« Innovations & Solutions » du Groupe Jean Nonet

Groupe Jean NonetIngénieur industriel en électromécanique (Hénallux Virton – 2004), Aurélien Nonet a rejoint le groupe familial en septembre 2010.

Avant cela, et après avoir découvert le monde industriel chez Volkswagen/Audi à Forest auprès duquel il a travaillé sur l’assemblage des Golf 5 et Audi A3), il avait rejoint le LARN, l’Unité de Recherche en Analyses par Réactions Nucléaires de l’Université de Namur. « Il était prévu que j’y fasse de la recherche durant un an. Finalement, j’y suis resté 6 ans. C’était vraiment passionnant : on disposait d’un matériel d’une technicité extraordinaire, notamment un accélérateur de particules qui nous permettait d’analyser des pièces de F1,d’archéologie ou des matériaux industriels tels du verre et de l’acier à haute valeur ajoutée. On l’ignore d’ailleurs mais cette unité de recherche a permis de développer une unité similaire pour le musée du Louvre qui, grâce à Namur, effectue ses propres analyses ».

Mais, après quelques années, quand on vient d’une famille d’entrepreneurs, on a besoin de concret. Et pourtant : « Rejoindre l’entreprise familiale a été l’une des décisions les plus difficiles que j’ai eue à prendre. Partir d’un monde connu vers l’inconfort de la R&D dans la construction, c’était un vrai défi. Et puis, si on sait quand on entre dans une entreprise familiale, on ne sait pas quand on en sort ».

Des innovations qui poussent à se réinventer

Responsable R&D du groupe, jusqu’en octobre 2017, il va rebaptiser le service en « Innovations & Solutions ». Et ce n’est pas seulement une question de vocabulaire…

Comme toute entreprise innovante, le Groupe Jean Nonet a connu des développements phares, vrais succès commerciaux, et d’autres plus décevants.

Dans les années’90, le groupe, qui historiquement développe des terrains de sport et leurs infrastructures, avait imaginé – « pour de mauvaises raisons » – le développement de halls télescopiques (ouverts en été, fermés en hiver). « Un échec commercial, reconnaît Aurélien Nonet. On y a laissé quelques plumes».

Groupe Jean NonetEn 2013, l’entreprise développe en interne le Fluidoroc®, un remblai fluide à base d’un produit liant, à prise rapide. Contrairement à un remblai traditionnel requérant un compactage, il comble parfaitement toutes les cavités et, s’adapte à la présence de concessionnaires (canalisations, câbles, …). Sa fluidité lui permet de remplir la fouille totale. Validée par le Centre de recherches routières (CRR), l’innovation est adoptée par les acteurs de la distribution d’eau qui y voient une vraie plus-value. « L’un de nos métiers de base, c’est d’intervenir sur les réseaux enterrés, nous explique Aurélien Nonet. S’il y a une fuite d’eau, on intervient, on ouvre la route, répare la fuite et rebouche. Avec les techniques traditionnelles, des affaissements peuvent survenir par la suite. Avec ce remblai auto-compactant réexcavable, le problème ne se pose plus. Et s’il faut rouvrir, il suffit de gratter. Il ne reste que de la terre et du gravier ».
Avec le Fluidoroc®, Nonet avait espéré alimenter 20 unités de production. Mais les autres acteurs de la distribution (gaz, électricité…) n’ont pas permis le développement du marché, et une seule unité de production est active aujourd’hui.

En 2015, le Groupe Nonet reprend le site de la briqueterie de Wanlin et y installe Argibat où il ambitionne d’y produire une brique d’argile nouvelle génération, écologique et peu énergivore avec une production de 10.000 tonnes de briques d’argile par an. Mais, malgré toute une série d’efforts, le marché ne s’ouvre pas. Aujourd’hui, Argibat New produit exclusivement des enduits de plafonnage et des enduits de finition à l’argile.

PME Camp et solutions

Groupe Jean Nonet« On était un peu empêtré dans ces deux projets. Pour trouver des solutions, on s’est donc posé des questions. », explique Aurélien Nonet. Et si c’était la méthode d’innovation qui demandait à être améliorée ? A l’été 2017, la direction du groupe, Aurélien Nonet et le responsable opérationnel du matériau Fluidoroc® (soit 4 personnes) décident de sauter le pas. « On nous avait présenté un outil développé par Engine, le PME Camp. On était tous d’accord : si cette formation pouvait nous donner une meilleure compréhension de la manière dont on développe une innovation, une nouvelle approche des marchés, cela ne pouvait être que bénéfique », poursuit Aurélien Nonet.

« D’instinct, poursuit-il, on est des gens habitués à faire, on « pousse » les choses. Lors du PME Camp, on a découvert la démarche « lean », complétement inverse : on teste l’application avant de se lancer et on écoute les premiers clients ».

Schématiquement, cette démarche fonctionne  selon des étapes itératives, afin d’améliorer petit à petit la définition du produit ou service, des clients et du business model :

1. On commence par expérimenter ;
2. On utilise son intuition ;
3. On écoute les retours du marché ;
4. On apprend et on recommence.

Besoin d’un coup de main pour se lancer? Les équipes d’InnovaTech peuvent vous aider à vous familiariser avec cette méthodologie. Contactez-nous.

Des vacances studieuses pour le Groupe Jean Nonet

Les vacances d’été 2017 – du début du mois d’août à la mi-septembre – auront été laborieuses et studieuses pour les Nonet. «On était loin des cours ex-cathedra. On se retrouvait plutôt dans un process créatif, hyper enthousiasmant mais qui nous plaçait dans des positions compliquées pour des industriels traditionnels. On travaillait sur cette méthodologie durant deux jours par semaine mais le travail ne s’arrêtait pas là. A la fin des séances, on avait des « devoirs » pour la semaine suivante. On devait ramener du contenu : aller chercher de l’information, prendre des rendez-vous avec les personnes qui détiennent de l’information, les rencontrer, prendre l’info, en faire des rapports».

« On est vraiment sorti de notre zone de confort, poursuit Aurélien Nonet. 0n a travaillé avec des coachs qui maitrisaient bien la matière et avec des outils qui nous permettaient d’aller chercher de l’information très pertinente. Cela nous a permis de mieux trouver les informations adéquates et de mieux les exploiter avec la démarche « lean ».

Des produits minimum viables

Groupe Jean NonetDurant le PME Camp, Nonet va être challengé : « On a développé la notion de produit minimum viable (PMV), une ébauche de produit qu’on présente au marché. Et on voit comment cela réagit. En fonction des réactions, par itérations, le produit est sans cesse amélioré, jusqu’à correspondre à un vrai besoin du client. Un produit qui nous a amené à réfléchir sur notre Business Model Canvas (BMC), avec un focus sur trois points particulièrement importants : le produit, la cible et le canal de distribution ».

Au final, convient Aurélien Nonet, la démarche lean, « c’est l’accélération du développement d’une intuition en une solution que l’on peut présenter aux clients. En soi, rien de révolutionnaire. On devrait toujours innover comme cela. Mais c’est vraiment stimulant : lorsqu’on arrivait aux séances d’Engine, on se disait : «Chouette ! Qu’est-ce qu’on va faire aujourd’hui ? ».

Aujourd’hui, chez Nonet, « c’est un parcours qu’on consulte régulièrement : avoir un pilote, décrocher des rendez-vous, rencontrer l’utilisateur potentiel, débriefer, préparer les infos pour la prochaine réunion ».

« Aller plus rapidement au contact du client, continue Aurélien Nonet, cela nous a permis aussi de nous rendre compte de la complexité de devoir « vendre » un projet en trois minutes chrono. Surtout quand on a des projets qui s’articulent autour de divers domaines. C’est complexe. Parfois, cela ne marche pas. Et en débriefant, on se demande : « qu’est-ce que j’ai loupé dans le message ? ». On recommence et on se rend compte que diffuser un message requiert de la technique. On doit sans cesse se poser la question : quel est le message et à qui on parle ?

Shark et Mosquito

Groupe Jean NonetOn a aussi appris à distinguer les marchés :

Les marchés « shark bite problem » : le problème a un gros impact mais n’arrive pas fréquemment. Si vous trouvez des clients avec ce type de problème, ils seront heureux de payer (même cher) mais, malheureusement, ces problèmes-là n’arrivent pas souvent. Vous avez donc trouvé un business formidable mais pas un marché suffisant pour que ce business soit rentable.

Les marchés « mosquito bite problem » : le problème se produit souvent mais il n’a pas un gros impact. Et, dans l’industrie, ne rien faire est souvent la réponse la plus fréquente. Vous avez trouvé un marché de grande taille mais pas un business viable. Groupe Jean Nonet

Entre ces deux extrêmes, il y a une grande diversité de business et de taille de marchés. «Cela nous permet de faire des tris qu’on ne faisait pas auparavant. C’est très impactant».

« Ce sont des petites choses qu’on utilise régulièrement. Ces petites choses, on les met désormais en œuvre dans notre département « Innovations & Solutions ». On essaie de mettre en place la démarche lean, de retrouver le besoin du client (celui qui vient vers nous) et de comprendre ce dont il a vraiment besoin, d’identifier tous les freins qui pourraient l’amener à ne pas adopter notre solution, à déterminer ce qui n’est pas confortable pour lui.

« A la lumière de ce qu’on a appris au PME camp, Fluidoroc, on ne l’aurait pas fait de la même manière ».

Aujourd’hui, nous abordons nos nouveaux projets avec un angle beaucoup plus lean. Et malgré nos 60 ans, nous cherchons à être aussi agiles qu’une Start-up !


Vous souhaitez rester au courant de nos articles? Abonnez-vous à notre newsletter.

Besoin d’un soutien dans le développement de vos innovations? Contactez nos conseillers.

Démarrer une première approche des développements agiles et lean? Contactez nos conseillers.

l'équipe de rédaction InnovaTech

Par

L'équipe de rédaction d'InnovaTech est composée d'experts en innovation technologique et en communication.

Website Facebook Twitter LinkedIn

Services associés

coach

Bénéficiez d’un coach

communication presse

Communication presse