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Le nouveau ministre de l’Innovation : Pierre-Yves Jeholet

Date de publication
7 septembre 2017
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Pierre-Yves Jeholet

Avec le remaniement politique wallon de cet été, c’est Monsieur Pierre-Yves Jeholet qui est devenu ce 28 juillet 2017 Vice-Président et Ministre de l’Economie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation. Quelques semaines après son arrivée, nous en avons profité pour lui poser quelques questions. Voici la toute première interview qu’il nous accorde.

L’innovation doit être vue comme source de potentialités infinies. 

On ne devient pas Ministre du jour au lendemain. De la communication à la politique : découvrez son parcours.

Pierre-Yves JeholetAprès une candidature en droit et une licence en communication, c’est en tant que journaliste que durant 3 ans, M. Jeholet a débuté sa carrière. Il s’est ensuite tourné vers le monde politique en devenant dès 1995 l’attaché de presse de Didier Reynders. En 1999, lorsque ce dernier deviendra Ministre des Finances, il obtiendra le poste de Chef de Cabinet adjoint.

En 1999, il se frotte à son tour au coeur de la politique en se présentant sur les listes électorales. C’est en 2003 qu’il deviendra Député (au Parlement fédéral, à la Communauté française et à la Région). En 2012, il devient bourgmestre de la ville de Herve après y avoir siégé 11 ans comme conseiller communal.

Depuis cet été, c’est le rôle de Vice-Président et Ministre qu’il obtient au Gouvernement wallon.

Quels sont vos atouts personnels pour piloter le dossier « Recherche et Innovation » ?

En tant que libéral, j’accorde une importance particulière aux thématiques de la recherche et l’innovation. Ce sont des sujets de premier ordre, puisqu’ils génèrent des emplois et donc de la richesse. J’ai notamment présidé en 2014 la Commission de l’Economie et de l’Innovation au sein du Parlement wallon. Ayant longtemps siégé comme député dans les rangs de l’opposition, j’ai été un spectateur attentif des décisions politiques et je suis à présent convaincu qu’il est nécessaire d’instituer un paradigme différent. 

Selon vous, quelle est la place de la R&D dans le développement économique de notre région ? 

La R&D (recherche et le développement) est l’une des priorités pour la Région wallonne pour les années à venir. C’est prouvé, l’innovation participe en tant que telle au développement économique d’un pays, en créant notamment de la valeur ajoutée. Elle participe également à la création d’emplois. 

Les entreprises innovantes exportent davantage que celles qui n’innovent pas et participent à offrir davantage de visibilité à la Région. Je songe aux entreprises spécialisées actives dans le domaine de la pharmaceutique et de la chimie, qui sont reconnues aujourd’hui dans le monde entier pour leur expertise. 

Pourtant, selon moi, même si des efforts ont été faits ces dernières années (les dépenses en R&D sont en nette progression, elles atteignent, au niveau global de la Wallonie, 2,89% du PIB en 2016), la Wallonie ne s’inscrit pas encore pleinement dans la dynamique souhaitée. Nous devons accompagner la recherche et l’innovation, et non pas les freiner. 

C’est avant tout une pure question de choix politiques. Cela passe par plusieurs solutions, toutes indispensables. Selon moi, l’Enseignement et la Formation sont des facteurs-clés de ce développement économique. Nous devons faire en sorte d’orienter les jeunes vers les filières qui rencontrent les réalités de l’emploi, comme les filières techniques et scientifiques. »

Comment dégager rapidement des moyens financiers pour permettre aux PME de réaliser leurs projets de recherche ? En l’état actuel des choses, certaines demandes d’entreprises sont reportées à l’année suivante, faute de budget à mi-parcours. 

Premièrement il faut réserver les crédits budgétaires de la recherche… à la recherche. Ceci permettra d’éviter que des projets trop éloignés de la recherche ne se retrouvent financés par des crédits de la recherche.

Deuxièmement, l’accès des PME aux pôles de compétitivité doit être repensé, de sorte que de plus petits dossiers puissent être intégrés à la dynamique, aux côtés des gros projets collaboratifs.

Troisièmement, la valorisation de la recherche par les PME doit être mise en avant. En effet, pour notre économie, l’investissement dans la recherche poursuit un objectif de développement économique, et il nous revient de mettre en place les conditions d’une valorisation optimale des projets menés par les entreprises, notamment les PME, les centres de recherche et les universités.

Avez-vous déjà eu le temps d’analyser avec vos équipes les différents projets en cours ? De prendre connaissance des structures actives dans le paysage wallon ?

Nous nous sommes mis au travail dès notre arrivée mais le nombre de projets est important. C’est évidemment un signal très positif. Quoi qu’il en soit, j’ai fait en sorte de m’entourer de personnes qui ont déjà une connaissance approfondie du paysage wallon et qui pourront offrir leur expertise. 

Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans le paysage wallon actuel pour faciliter et renforcer l’innovation dans les entreprises ?

Pierre-Yves JeholetJe crois que le premier travail, et non des moindres, consiste à changer les mentalités. Il faut inculquer, dès le plus jeune âge, le goût de la science, de la technologie et surtout, de l’envie d’entreprendre. L’innovation doit être vue comme source de potentialités infinies. 

Il faut également favoriser l’Open Innovation. A l’heure actuelle, une entreprise ou une université ne peuvent pas innover en autarcie. Cela nous met notamment face aux enjeux de la propriété intellectuelle. 

Enfin, je pense que la question du fonctionnement et du nombre de structures doit être posée sans tabou.

Dans le domaine de la R&D, que comptez-vous mettre en place d’ici les prochaines élections ?

En prenant un peu de hauteur, il faut réaliser que dans ce monde globalisé, notre Région n’a pas de choix à poser en matière de recherche et d’innovation. Plus qu’un défi intellectuel, la recherche et l’innovation s’imposent comme condition de notre réussite commerciale.

Je souhaite évaluer les dispositifs en place et faire en sorte que chaque euro soit investi là où il est le plus porteur. La valorisation de la recherche est un enjeu majeur, il faut y travailler et éviter que dans certains cas, la propriété intellectuelle ne reste bloquée à une étape précoce du parcours.

Enfin, nous devons changer de mentalité en Wallonie par rapport à l’échec. Celui-ci doit pouvoir être reconnu assez tôt, de sorte à laisser place à de nouvelles opportunités. Cette logique s’applique aux projets de recherche.

Plus égoïstement pour nous, connaissiez-vous InnovaTech avant de prendre en charge vos nouvelles compétences ?

Oui, je connaissais InnovaTech. Je sais que l’asbl est connue depuis 2002 pour accompagner les PME wallonnes dans leur stratégie d’innovation technologique.  

Dans votre parcours (de vie), quelle a été la moins bonne et votre meilleure décision ?

La moins bonne, de me lancer en politique … (rires). La meilleure, j’espère qu’elle est encore à venir. 

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