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Protection et transport sécurisé de pièces pour le secteur aéronautique

Date de publication
25 avril 2019
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LESCAV AERO

Grâce à l’industrie 4.0, LESCAV AERO propose à ses clients des solutions sans métal, sur mesure et réalisées en petite série.

LESCAV AERO est l’un des nouveaux ambassadeurs industrie 4.0 du programme Made Different.

Le secteur aéronautique, dont LESCAV AERO est l’un des acteurs, doit relever des enjeux de taille pour rester compétitif :

  • Diminuer les coûts de production. L’efficacité de la fabrication impacte fortement la rentabilité d’un programme. De plus, les clients recherchent des produits de plus en plus personnalisés. L’enjeu est donc de répondre à leurs attentes, tout en maintenant des prix compétitifs face à la concurrence.
  • Augmenter la cadence de production, notamment dans l’aviation commerciale. Les carnets de commandes d’Airbus et Boeing sont tels que les compagnies aériennes sont contraintes d’attendre plusieurs années avant d’être livrées. Régulièrement Airbus et Boeing enregistrent de nouveaux records de commandes. Par exemple, suite au salon du Bourget de cette année, le carnet de commande d’Airbus a atteint un nouveau record de plus de plus de 6.800 avions.
  • Gérer la complexité grandissante des programmes, due à l’augmentation du nombre de systèmes intégrés différents, l’introduction de nouveaux éléments (matériaux composites, fabrication additive permettant de réduire la masse de l’avion et donc les coûts d’exploitation), et des autorités certificatrices de plus en plus exigeantes.
  • Fabriquer des produits de très haute qualité, afin d’atteindre l’objectif zéro défaut pour minimiser les risques et répondre aux exigences des régulateurs.

Un écosystème ouvert assez naturellement à l’industrie 4.0 même si la tendance est relativement récente dans ce secteur. L’Allemagne et les Etats-Unis l’ont compris les premiers et ont d’ores et déjà investi massivement dans ce domaine. La France s’intéresse également à ces problématiques. Elle a lancé en 2013 le projet « Usine du Futur », qui avait pour ambition de transformer le modèle industriel actuel grâce au numérique et à la diffusion des nouvelles technologies.

LESCAV AERO, très proche de ses clients, a bien sûr suivi la tendance, non seulement en interne mais aussi en créant des produits destinés aux constructeurs et à leurs sous-traitants dans un contexte de robotisation et de digitalisation. Des produits destinés à protéger les pièces lors de leurs manipulations et de leurs transports.

2 ans aux Antilles, 25 ans aux Etats-Unis

Après un bac scientifique, François Leroy, futur CEO de LESCAV AERO, a suivi une formation en commerce international à l’ESSEC Business School Global BBA de 1982 à 1986, dont une année passée à Dallas (Texas) au sein de la SMU (Southern Methodist University).

LESCAV AEROUne fois son service militaire terminé, François Leroy a rejoint une entreprise française installée en Guadeloupe et spécialisée dans la fourniture rapide de pièces et de petits équipements industriels pour les entreprises installées sur cette ile française. « Souvent, le temps de livraison était long pour ces industriels. On proposait une solution bien plus rapide qui a connu un grand succès auprès des industriels locaux ». En 1988, toujours pour cette entreprise, François Leroy rejoint Miami : il s’agit cette fois de piloter le bureau d’achat de ces équipements et d’approvisionnement des iles françaises des Caraïbes.

Au début des années ’90, le secteur de l’informatique est encore balbutiant. François Leroy et un collègue américain vont y croire plus vite que les autres et créer une société de négoce entre les Etats-Unis et l’Europe qui livrera des équipements informatiques haut de gamme à des clients partout dans le monde (serveurs, imprimantes industrielles, tours de CD Rom). « On a développé cette entreprise durant 5 ans. Mais l’arrivée des Chinois et l’éclatement de la bulle internet vont faire s’effondrer le marché ».

François Leroy voulait poursuivre son évolution de carrière. « Plutôt dans un grand groupe américain. J’ai fini par rejoindre une petite entreprise franco-américaine, Triton Elics international, née de la fusion de l’américaine Triton avec la française Elics (aujourd’hui ECA Group)« .

Au milieu des années ’80, cette entreprise développait le premier système automatisé de collecte, de traitement, d’affichage et de génération de données issues des systèmes de sonars et de navigation intégrés. Aujourd’hui, cette entreprise fournit toute l’industrie de l’exploration maritime (militaire, commerciale et institutionnelle).

Basé à Watsonville (Californie), il sera le responsable commercial et des finances de cette PME de 25 personnes durant 7 ans.

Un drone maritime

LESCAV AEROPeu après, il rejoignait Teledyne Benthos, une PME de 130 personnes, cotée au NASDAQ, leader dans les technologies marines et notamment les fameux sonars qui équipaient Triton. « 5 ans après mon arrivée, explique François Leroy, Teledyne, une holding propriétaire d’une cinquantaine de PME, rachetait Benthos et me plaçait à la direction de celle-ci ».

Il a ensuite rejoint le groupe Teledyne lui-même où il a été en charge du rachat d’entreprises. « C’est ainsi que nous nous sommes intéressés à une société californienne, LIQUID ROBOTICS, qui avait développé un drone marin qui utilisait l’énergie de la mer pour se déplacer. Ils ont fini par m’embaucher comme directeur commercial, plus précisément comme responsable EMA (Europe – Moyen-Orient – Afrique). J’y suis resté 5 ans. Jusqu’au rachat de l’entreprise par Boeing ».

Reprise de LESCAV AERO

A son retour en Belgique – après 2 ans dans les Antilles et 25 aux Etats-Unis – c’est en Wallonie qu’il se met en quête d’une entreprise manufacturière à reprendre.

Via la Sowaccess, il identifie l’entreprise LESCAV AERO, installée à Liège. Avec son épouse, Nathalie Nyssens (MBA UCL), qui présente un parcours international identique au sien, il rachète l’entreprise en avril 2016.

La PME qui, à l’époque, employait 6 personnes, était active dans une niche bien particulière de l’industrie aéronautique, les produits de masquage industriel. « Mon épouse et moi-même, on s’est mis au travail. On savait que l’entreprise travaillait sur un marché porteur, qu’elle était bien introduite au niveau industriel mais qu’elle n’était pas assez développée ».

LESCAV AEROAujourd’hui, LESCAV AERO est en croissance constante. « Nous sommes passés de 6 à 23 équivalents temps plein et on affiche un taux de croissance de 153%. Ce qui nous a permis de remporter le Deloitte’s Technology Fast 50 dans la catégorie hardware ».

Son métier a évolué : l’entreprise est désormais spécialisée dans l’étude et la fabrication d’outillage de protection de pièces pour les traitements spéciaux, la manutention et le transport interne et externe au service de l’industrie aéronautique.

« On a conservé notre savoir-faire de base : concevoir, développer et réaliser des masques en silicone qui permet à l’industrie de l’aéronautique (Boeing ou Airbus et tous leurs sous-traitants, tels Safran, Asco, Sonaca ou Sabca) de travailler rapidement et précisément les parties des pièces à préserver des traitements spéciaux (grenaillage, sablage, bains chimiques, projections thermiques). Fini le temps des « tape » à placer à la main. C’est le bureau d’études de LESCAV AERO, composé de 5 ingénieurs et dessinateurs, qui conçoit les moules dans lesquels sont injectés les masques. Ils partent ensuite à la production et sont réalisés en série« .

Zéro défaut et « no metal contact »

LESCAV AEROL’industrie aéronautique travaille, comme on l’imagine, en zéro défaut. Outre le masquage des pièces, LESCAV AERO a également développé une gamme de produits de manutention basée sur le concept « no metal contact ». Réalisés en plastique, en synthétique ou en composites, ces outils permettent la manipulation des pièces en interne dans l’usine ou d’usine en usine sans occasionnés la moindre griffure aux pièces.

Depuis un peu plus de deux ans, l’entreprise liégeoise a également introduit l’intelligence artificielle dans ces outils (internet des objets) permettant de les tracer et de retrouver les caisses de transport des pièces partout dans le monde. Une balise géolocalisée permet à l’opérateur d’assurer la gestion de ses caisses sans métal en fonction de ses besoins.

Dans l’usine, ce sont des antennes qui permettent de gérer le flux de containers, de valider ce flux et de détecter les goulots d’étranglement, avec une précision centimétrique.

Vu la croissance des commandes, LESCAV AERO est en phase d’acquisition de nouveaux bâtiments.

Industrie 4.0 : un peu par nécessité

LESCAV AERO« C’est le end-to-end engineering (une solution de bout en bout) qui nous permet d’assurer les besoins de nos clients. Un peu par nécessité, nous nous sommes intégrés dans les process 4.0 de nos clients. Nous avons ainsi développé un concept sur mesure en petite série (de 10 à 1.000 pièces) mais sur des durées longues. C’est ce concept qui nous a permis d’être choisi comme sous-traitants pour le transport des pièces des nouveaux moteurs LEAP, démarrés il y a deux ans et qui équipent tous les moyens courriers. Quand on travaille pour des industriels actifs dans la fabrication de moteurs d’avions, c’est pour 20 ans ! »

Un concept sur mesure : « pour ASCO, nous avons développé un outil non métallique mais très solide qui permet le transport sécurisé des 13 tracks permettant de faire bouger les bords d’attaque des ailes des avions ».

« L’industrie 4.0 nous permet d’impliquer l’ensemble du personnel : depuis la recherche de solutions évolutives jusqu’à la production, c’est un flux continu pour s’adapter aux besoins de nos clients. Et, pour y arriver, on a fait l’acquisition de machines spécialisées, notamment digitales, pour créer des ensembles innovants. Ils sont composés de matières inhabituelles et fort différentes les unes des autres (pas moins de six plastiques différents testés sous fortes contraintes) et structurées de six façons différentes, chacune ayant son rôle. Au final, on obtient des structures très solides mais légères qui ne s’effritent pas« .

On développe aussi des caisses transportant des outils de manipulation adaptées à la robotique. Nos clients, de façon similaire à ce qui s’est développé dans l’industrie automobile, commencent à s’équiper de robots et de cobots.

LESCAV AERO : en phase de digitalisation

« Concentrés sur le end-to-end, nous sommes au début de la digitalisation de l’usine. Le support de l’Agence du Numérique et du programme Made Different nous est très utile. Notamment par la mise à disposition de consultants de Sirris. Prochaine étape : mise en place d’un ERP« .

Pour François Leroy, la digitalisation n’a de sens qu’à partir du moment où elle est utile pour les clients. « On ne le fait pas pour le sport. Pour l’instant, elle nous permet de trouver des solutions efficaces pour le tri des pièces. Ensuite, on évoluera par modules vers d’autres applications« .

Découvrez ici le programme Made Different. N’hésitez pas à postuler pour en devenir l’un des ambassadeurs en 2020.

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