inspirations innovatech

Inspirations,
news et dossiers

Living Lab : développez vos innovations avec l’aide des futurs utilisateurs

Date de publication
23 juin 2017
facebook twitter LinkedIn Google Mail Santé/Stratégie/Technologie Print
living lab

Le Well vient de co-déposer un brevet autour d’un dispositif médical développé en s’assurant qu’il répond bien aux besoins des patients.

Le futur du projet ? Munis d’une validation du marché et de tests d’usage réussis, on va désormais le proposer à des partenaires industriels wallons

 

C’est quoi un living lab ?

C’est un lieu pour concevoir des produits et des services innovants en plaçant l’utilisateur au cœur du processus d’innovation. Les utilisateurs, cela peut-être n’importe qui : clients, entrepreneurs, citoyens, collaborateurs, entreprises, etc. L’essentiel, c’est qu’ils soient susceptibles d’utiliser les solutions développées.

Un living lab est généralement centré sur une thématique ou un domaine spécifique, tantôt très large, tantôt plus précis. Ces thèmes peuvent être très variés et diversifiés : Santé, gastronomie, smart cities, nouvelles technologies, écologie, énergie, biotech, développement urbain, logistique, éducation, mobilité, culture, etc.

Combien de living labs en Wallonie ?

Living Labs in Wallonia, une initiative de Creative Wallonia qui rassemble et soutient des living labs wallons et qui est membre d’ ENoLL, le réseau européen des Living Labs, en recense quatre.


Smart gastronomy Lab Le Smart Gastronomy Lab : le SGL (Gembloux) est dédié à l’innovation dans les domaines alimentaire et culinaire. Son caractère unique réside dans sa vision à 360° de l’innovation alimentaire grâce à son approche multidisciplinaire mixant gastronomie, science, technologie et art. Lieu d’échanges entre spécialistes et utilisateurs, il permet de co-créer des produits et technologies de rupture et de les tester en conditions réelles d’usage.

17103447_1752858475028638_2682063725752551846_nLe CLICK : le lab montois est dédié aux technologies et aux industries créatives. Au cœur de l’écosystème créatif wallon et fondé par l’Institut NUMEDIART (UMons), il s’agit d’un outil au service des porteurs de projets souhaitant développer des produits et/ou services innovants.

Qu’entend-on par industries créatives ? Il s’agit de toutes les entreprises dont tout ou partie de l’activité se base sur la créativité comme base de travail. L’architecture, le design, les arts de la scène, la musique, l’audiovisuel, les musées ou encore l’édition font partie de ces industries.

Connexences® (pour Connexion de compétences) est un living lab dédié à l’innovation industrielle dans la région de Charleroi. Il s’adresse aux entreprises manufacturières et de services à l’industrie. Il a pour objectif de développer des projets collaboratifs générant des innovations de produits, de services, de process ou de gestion de la relation client pour renforcer la compétitivité des entreprises participantes.

Well brand-logoLe WeLL (Wallonia e-health Living Lab), l’un des supports offert par le WSL aux techno-entrepreneurs, est le premier living lab de Wallonie dédié à l’e-santé. Installé à Liège, il vise à mettre l’innovation au service des citoyens, des patients, des seniors et des acteurs de la santé. En intégrant les utilisateurs au cœur de la réflexion, le WeLL a pour objectif d’anticiper les changements et les besoins en matière de santé et d’assurer une meilleure appropriation des innovations.

Qu’est-ce qu’on fait dans un living lab?

sans-titre« Comme dans tous les Living Labs, explique la directrice du Well, Lara Vigneron, on ajoute l’axe « utilisateurs finaux » au processus d’innovation. Plutôt que de développer un nouveau produit ou un nouveau service tout seul dans son coin, on permet aux porteurs de projets de partir des besoins des utilisateurs finaux. Une fois ces besoins identifiés, et seulement à ce moment-là, on crée des solutions prototypées avant de les tester par itération. C’est la démarche agile. Idéalement, ces utilisateurs sont présents durant tout le temps de la création et participent à la prise de décision. Cela demande un certain « lâcher-prise » de la part des porteurs de projets, ce qui n’est pas le cas en début de projet».

Le Well trouve ses utilisateurs via des prescripteurs (hôpitaux, mutuelles, associations) intéressés par les sujets de projets traités au sein du Living Lab. « On se rend compte aussi que, souvent, le porteur de projet est déjà en contact avec des utilisateurs mais ne les a pas impliqués de la manière la plus optimale qui soit. C’est notre rôle de les faire collaborer pour le bien du projet » explique Lara Vigneron.

Lara Vigneron est ingénieur civil en physique (optoélectronique et physique de la matière condensée) de l’ULg et a fait sa thèse de doctorat sur le traitement d’images médicales en neurochirurgie (avec le CHU de Liège). Après avoir travaillé durant 6 ans chez Materialise, à Louvain, dans le domaine de l’impression 3D biomédicale, elle a effectué un post-doctorat sur les Livings Labs à l’université de Liège. Des recherches auxquelles elle a mis un terme pour prendre la direction du tout jeune WeLL, le premier living lab wallon dédié à l’e-santé et plus généralement au bien être, créé le 1er janvier 2015.

Un living lab qui, en deux ans et demi, a travaillé sur 16 projets au travers de 44 ateliers. Pas moins de 700 personnes ont participé aux activités du Well.

Comment ça marche un living lab?

« Je vais vous donner deux exemples concrets qui représentent bien la diversité des projets du WeLL».

L’exemple Happy Mum pour le bien-être des mamans et bébés

sans-titreJustine Slomian est sage-femme et doctorante au département de Santé publique de l’Université de Liège, dirigé par le Prof. Olivier Bruyère. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, elle se posait la question suivante : « est-ce que les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer le bien-être des mamans de bébés âgés de 0 à 1 an après accouchement et ce afin de prévenir la dépression post-partum? ».

« Pour ce projet, nous sommes passés par les 3 phases de développement « classiques » dans la démarche Living Lab :

1. Exploration d’une thématique et identification des besoins ;
2. Co-création d’une solution ;
3. Expérimentation par itération et développement.

1ère phase: l’identification des besoins des mamans

La 1ère phase a été réalisée grâce à 22 entretiens individuels et trois focus groupes réalisés avec des mamans, les papas et les professionnels. Pour la petite histoire, nous n’avions pas envisagé de faire un focus groupe avec des papas. Car leur rôle a été très peu abordé par les mamans. Par contre, lors du focus groupe avec les professionnels, ce sont ces derniers, masculins pour la plupart, qui ont insisté pour que les besoins des papas soient pris en compte. Nous avons donc organisé un atelier à leur intention… même si les papas ont été difficile à convaincre d’y participer! »

Les besoins justement : les focus groupes en ont identifié quatre:

  • le besoin d’une source d’information centralisée,
  • le besoin de partager ses expériences de maman,
  • le besoin d’un soutien psychologique,
  • le besoin d’un soutien matériel.

2e phase : quelles devraient être les caractéristiques des solutions ?

Elles devaient, entre autres, être gratuites, accessibles, non jugeantes, neutres et répondre aux besoins évolutifs des mamans.

L’atelier suivant, qui a réuni des experts technologiques avec des mamans, des papas et des professionnels de la santé, avait pour but lui d’identifier des solutions, même et surtout si elles existent déjà. L’intérêt d’une solution déjà existante, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’en réinventer de nouvelles qui n’offriraient pas de valeur ajoutée aux utilisateurs.Ce qui permet de gagner du temps et de l’argent tout en satisfaisant le besoin de l’utilisateur.

Contraintes à respecter : il fallait que l’équipe soit capable de réaliser ces solutions, que ces solutions soient pérennes et qu’elles respectent les délais imposés à Justine pour la remise de sa thèse.

Les deux solutions imaginées :

  • Pour répondre au besoin d’information, un site internet centralisant toutes les informations utiles aux mamans d’un bébé âgé au maximum d’un an ;
  • Pour répondre au besoin de soutien : un système de « bons à faire valoir » destiné à soulager les mamans.

 

happy giftVia ce bon, quelqu’un s’engage à prendre en charge : une heure de vaisselle, une heure de cuisine, une heure de repassage…

Quelle bonne idée ! Mais le témoignage d’une maman va ramener tout le monde à la réalité. Elle a expliqué que l’une de ses amies lui avait proposé un «deal» équivalent. Sauf qu’au bout du compte, le soutien promis s’est mué en une après-midi de « papotage » autour d’une tasse de café. « Et au bout du compte, c’est moi qui ai dû faire la vaisselle »…

Solution : ajouter à la « liste de naissance » offrant des « Happy Gift » (bons de soutien) un système de rappel et de remerciement. Il fonctionne par sms, par e-mail, par message privé sur Facebook à l’attention des mamans et des Happy Givers.

Une troisième solution technologique avait été imaginée : elle consistait en une application mobile de « marrainage » au travers de laquelle une maman pouvait partager son expérience avec une autre vivant la même situation. Une solution qui n’a pas été retenue, les mamans convenant qu’elles n’étaient pas prêtes à partager ce genre d’émotions avec des personnes qu’elles ne connaissaient pas.

3e phase: tests des prototypes auprès des usagers

Aujourd’hui, les solutions retenues sont en phase de prototypage : trois tests d’usage ont déjà été réalisés et le site internet va être ouvert, dans un premier temps, à 150 mamans. Des solutions dont Justine va se nourrir pour compléter sa thèse à remettre au début 2018.

« Un seul bémol, reconnait Lara Vigneron : toutes les décisions ont été prises de manière collaborative entre l’Ulg et nous. Par contre, les utilisateurs finaux n’ont pas pu décider cette fois-ci. Non pas parce qu’on ne voulait pas les inclure. Mais le WeLL est également en phase d’apprentissage, et ceci n’a tout simplement pas été envisagé assez rapidement. C’est quelque chose que nous aurons en tête pour les futurs projets ».

L’exemple Easy-P pour mesurer 24h d’urines

Pour découvrir le projet, lisez ici. En gros, il s’agit de développer un dispositif médical facilitant la mesure du volume urinaire sur 24 heures « Voilà une idée qui nous vient du Docteur Jouret, néphrologue au CHU de Liège. Après une validation du marché, deux ateliers de co-création et trois test réalisés avec une quarantaine de patients , le WeLL, en collaboration avec le CHU de Liège et l’interface de l’université de Liège a permis de co-construire un produit innovant selon le processus de fonctionnement du Living Lab. Un produit pour lequel nous avons déposé une demande de brevet la semaine passée.

Pour l’instant, un prototype non fonctionnel a été développé, avec un design, une technologie de mesure validée et l’assurance que cette technologie peut s’insérer dans le prototype designé.

Le futur du projet ? On dispose d’une validation du marché et de tests d’usage réussis. On va désormais le proposer à des partenaires industriels wallons ».

Intéressés par cette méthodologie très efficace? InnovaTech peut valider avec vous la nécessité de faire challenger votre projet par des utilisateurs finaux et identifier le lab qui correspondrait à votre idée de nouveau produit ou de nouveau service.

l'équipe de rédaction InnovaTech

Par

L'équipe de rédaction d'InnovaTech est composée d'experts en innovation technologique et en communication.

Website Facebook Twitter LinkedIn

Services associés

Arrow left
Arrow right
Management

Management de l’innovation

Diagnostic et plan d'actions

Diagnostic et plan d’actions

Génération d'idées

Créativité

validation de l'idée

Validation de l’idée195

coach

Bénéficiez d’un coach141