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Manuel Colasse : créateur de solutions innovantes en éclairage

Date de publication
14 décembre 2018
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Leds horticoles

Cet ingénieur, créateur de plusieurs PME à Seraing, conçoit des solutions d’éclairage spéciales pour les secteurs traditionnels mais aussi horticoles.

Notre futur, c’est de continuer à se développer dans des marchés de niche, là où on est fort, et de continuer à innover dans l’éclairage.

leds horticolesOriginaire du petit village de Néchin, en Wallonie Picarde, Manuel Colasse a suivi une scolarité exigeante au collège de Kain. Un milieu préservé reconnait-il. Rien à voir avec l’expérience qu’il va vivre dans l’école publique de Minneapolis (dans le Minnesota – Midwest des Etats-Unis) où il refera sa sixième année, durant un an. « Une école au contexte social assez dur qui m’a confronté à une réalité très perturbante. Elle m’a sérieusement chamboulé. Moi qui étais venu aux Etats-Unis sans réelles attentes, j’ai appris énormément de choses ».

Comme il est l’un des rares élèves à s’exprimer en français dans cette école, on va lui confier la charge d’accompagner le parcours scolaire de certains migrants, notamment des Haïtiens fuyant la crise dans leur pays en 1994. « Ils vivaient des situations difficiles, dans un climat rude (-30° en hiver) auxquels ils n’avaient jamais été confrontés. Tout cela leur causait un choc énorme ».

« J’ai appris à redescendre de mon nuage. J’ai compris que la vie était vraiment dure pour certains ». Et pourtant, Manuel Colasse vient d’une famille où on l’a habitué à « bosser pour avoir ce que je voulais ».

Il a donc multiplié les jobs d’étudiants. Notamment dans une sucrerie. « Une industrie incroyable pour un ingénieur. C’est sans doute l’une des industries parmi les plus complètes et les plus complexes. C’est mon père et certains de ses collègues qui m’ont donné le goût de l’industrie ».

Une école de pilotage ou des études d’ingénieur

A son retour des Etats-Unis, il aurait voulu rejoindre l’école de pilotage de la Sabena. Mais un problème aux yeux va l’en éloigner. « On m’a alors suggéré de faire des études d’ingénieur. Au cas où ce problème oculaire se résoudrait plus tard ». Il ne sera jamais pilote mais rejoindra Gramme, école d’ingénieur industriel renommée où il est possible de suivre une formation de polytechnicien. Outre l’excellence des études, c’est dans cette école qu’il se créera un réseau, un cercle d’amis qui existe toujours aujourd’hui. Il a d’ailleurs conservé des liens forts avec l’institution : il fait partie des jurys pour les jeunes diplômés et sponsorise le concours de robotique. « C’est le genre de projet qui permet de fédérer des énergies autour d’un but commun, de trouver des solutions ensemble ».

A sa sortie de Gramme, en 1999, ce ne sont pas les propositions d’emploi qui manquent. Il rejoint finalement ABB IPA (Court-Saint-Etienne) comme ingénieur de projet puis comme manager de projet, ABB Maintenance-TV et enfin ABB Process Automation. « Des petites structures émanant d’un grand groupe technologique international. J’entrais dans un domaine mixant informatique et automation».

leds horticolesSa spécialité est le suivi de la performance industrielle. « Vous avez une machine qui est censée réaliser 100 pièces par minutes et qui n’en fait que 40 ou 60. Pourquoi ? On la connecte à des capteurs qui envoient les infos dans des bases de données et qui sont analysées. Des analyses qui ont leurs limites car, malgré les corrections, il reste des moments où la machine s’arrête et on ne sait pas pourquoi. L’apport de l’humain à la qualité de l’information est essentiel. »

Il va en faire l’un de ses domaines de spécialité chez ABB, puis chez Stork (2006). Il travaillera comme consultant pour de grands groupes dans une trentaine de pays (ArcelorMittal, Aperam, L’Oréal, Electrabel, General Motors, Pfizer, Baxter). « Dans le domaine de la productivité des unités de production, j’ai appris à devoir tenir compte des facteurs humains, de l’intérêt des relations win-win entre donneurs d’ordre et sous-traitants, de l’importance du changement dans les organisations et, parfois, des dérives dans le management et au sein d’une partie du personnel ».

Comment a évolué votre métier ?

« En 2006, poursuit Manuel Colasse, l’un de mes fournisseurs est venu me montrer les premiers led d’éclairage. Tout de suite, j’ai compris que c’était l’avenir ».

leds horticolesAvec sa compagne, Sandrine Gluza, spécialisée en commerce extérieur, il va créer Colasse Software en décembre 2006 ainsi que les gammes Spotled (éclairage LED professionnels adapté à un usage intensif pour applications commerciales, architecturales et industrielles) et plus tard Vegeled (pour le secteur horticole).

« Une activité qui a pris tellement d’ampleur, raconte Manuel Colasse, que j’ai dû mettre mes activités de consultance de côté. Entre 2009 et 2011, on a enregistré une très grosse croissance ».

Retour du balancier en 2014 et 2015 : le marché s’effondre, le prix du led ayant été divisé par 2, puis par 3, puis par 4. « Il y a 3 ans, explique Manuel Colasse, un luminiaire led qui valait une centaine de dollars à l’achat en vaut aujourd’hui moins de 20».

 

En 2016, le cabinet de conseil Xerfi notait que, depuis une quinzaine d’années, trois des quatre leaders mondiaux de la fabrication de lampes et appareils d’éclairage (Philips, Osram, General Electric et Havells Sylvania) avaient déjà commencé à se désengager du marché. Tout profit pour l’industrie chinoise, qui fournit PME et start-up européennes au moins pour une partie des composants. Une mutation qui va obliger les entreprises actives dans le secteur à miser sur des niches et sur l’innovation. Dont Colasse SA.

Créateur de solutions innovantes pour l’éclairage

leds horticoles« Aujourd’hui, explique Manuel Colasse, notre métier est de concevoir des solutions d’éclairage spéciales pour des secteurs traditionnels mais aussi pour l’horticulture. On réalise l’engineering (études, prototypage, spécificités techniques) et fabrication. Il nous arrive même d’aller jusqu’à l’installation, notamment pour des universités ou des centres de recherche (INRA, CNRS, Grandes Universités, …), en particulier en Belgique et en France».

leds horticolesAprès deux augmentations de capital – une première de 62.500 € et une seconde de 200.000 € – et l’arrivée d’ARDITI SPA (fabricant italien de composants d’éclairage et fournisseur de Colasse) dans le capital – et la création en 2012 de la SPRL ILLUBEL au sein de laquelle sont regroupées les activités liées à l’innovation, au prototypage, à la spectrométrie et plus généralement aux techniques de mesure des résultats, l’entreprise de Seraing (5 ETP et 3 à 4 stagiaires par an) est en vitesse de croisière. « Notre futur, c’est de continuer à se développer dans des marchés de niche, là où on est fort, et de continuer à innover  en éclairage». Et de poursuivre la conquête des marchés extérieurs (avec l’AWEX et EEN) : en 2018, plus de 50% du chiffre d’affaires de Colasse SA se réalise à l’export.

Des leds horticoles

leds hoticolesUn secteur niche où Colasse s’est taillé une belle réputation, c’est celui de l’horticulture. Avant d’être une marque de produits d’éclairage leds horticoles, Vegeled© désignait un projet de recherche qui a démarré en 2009 par une collaboration entre Colasse SA et le centre de recherche CARAH avec le support de la Région Wallonne.

Après quelques années de recherches et plusieurs centaines d’expérimentations sur plus de 80 espèces de plantes, Colasse SA est à présent en mesure de commercialiser des systèmes d’éclairage LED horticoles très performants pour pratiquement tous les milieux et pour un grand nombre de légumes et plantes florales.

En 2014, le groupe Sparfel, spécialiste du terrain de sport, développe un prototype de photosynthétiseur avec l’aide de COLASSE SA utilisé pour l’entretien et l’amélioration des terrains de football comme on a pu le voir lors de notre événement annuel 2018, A la découverte des innovations wallonnes. Le produit est en plein essor commercial. Trois nouvelles machines viennent d’être livrées à des clients du championnat français en novembre dernier.

Votre dernier défi technologique ?

L’industrialisation des process de fabrication.

Comment maintenir un état d’esprit innovant ?

La plupart des idées viennent de la « cross innovation », de l’intégration de technologies différentes dans des marchés différents, de l’écoute des clients. Surtout, il ne faut pas avoir peur. En même temps, il faut se canaliser. Des idées, j’en ai à la pelle : une des difficultés, c’est de se focaliser sur la meilleure et d’aller jusqu’au bout.

Votre meilleure décision professionnelle ?

Avoir fait Gramme et m’être lancé comme indépendant. Ce sont les deux décisions qui me permettent de faire ce que je veux.

Et la pire ?

Si j’ai le sentiment d’avoir pris une mauvaise décision, j’essaie de faire en sorte qu’elle devienne bonne. La plus difficile pour moi et de licencier quelqu’un. C’est un constat d’échec quelque part même si on n’en porte pas toute la responsabilité.

Votre phrase préférée ?

Il y a dix ans, à Liège on disait : « Forcer l’Avenir ». Aujourd’hui, moi je dirais : « Forger l’avenir ».

 

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