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Marc Senterre, Ambassadeur Made Different Digital Wallonia

Date de publication
8 juin 2018
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Marc Senterre

Après le phosphate et les acides phosphoriques purifiés, Prayon vend désormais aussi de l’optimisation de process industriels. Un nouvel eldorado.

« Selon moi, celui qui ne franchit pas le mur de la digitalisation, va dans le mur »

Made Different Digital Wallonia a identifié 7 entreprises manufacturières « Ambassadeurs Made Different Digital Wallonia ». L’objectif ? Encourager et favoriser les initiatives innovantes et les précurseurs sur une ou plusieurs des 7 transformations qui font d’eux des Industries du Futur.

Ces 7 Ambassadeurs sont des entreprises qui ont atteint un niveau de maturité élevé sur une des 7 transformations du programme Made Different et qui souhaitent insuffler un mouvement d’impulsion vis-à-vis d’autres PME wallonnes encore en retrait des technologies récentes.

Au travers de ces ambassadeurs, l’objectif est, notamment, de rassurer les PME wallonnes et d’encourager à rompre avec l’a priori que l’industrialisation ne concerne que les grandes entreprises délocalisées. La transformation digitale est à la portée de tous.

Derrière ces entreprises du futur, il y a des hommes et des femmes qui pilotent cette transformation. Marc Senterre, CIO du groupe Prayon, nominé pour la transformation « Digital Factory », est de ceux-là.

Tous les métiers d’UCB

Marc SenterreMarc Senterre est un ingénieur industriel électronicien, option télécommunication, sorti de l’ECAM en 1983. Fraichement diplômé, il rejoint UCB où, en trois périodes de 9 ans, il connaîtra tous les soubresauts de l’entreprise, traversera tous les métiers, passant de la pharmacie, à la chimie puis à la biopharma.

UCB est aujourd’hui une entreprise belge biopharmaceutique ayant pour activités principales la recherche, le développement et la commercialisation de produits pharmaceutiques et biotechnologiques. Elle est cotée sur Euronext, indice BEL20. L’entreprise est spécialisée dans la recherche de solutions thérapeutiques pour des patients souffrant de maladies sévères, traitées par des spécialistes, plus particulièrement dans le domaine du système nerveux central (en ce compris l’épilepsie), des inflammations (y compris les allergies) et l’oncologie.

A Braine l’Alleud, où UCB a créé, dès 1972, une usine à la technologie de pointe pour accueillir ses recherches visionnaires dans le domaine de la biotechnologie, Marc Senterre a compris que pour travailler dans le monde de la pharma, des notions de commerce n’étaient pas inutiles. A la fin des années ’80, il va suivre les deux licences d’un MBA à l’IAG de l’UCL.

Premières expériences en Big Data

Après le pharma durant 9 ans, Marc Senterre change de secteur. Il devient IT Manager du site de Drogenbos (UCB Chimie). Il y reste 9 ans encore avant un dernier « shift » vers les biotech où il pilotera la transformation digitale de l’entreprise et les premières expériences en big data. Une belle aventure pour celui qui aura aussi suivi une maîtrise (ULB) en robotique et en automatisation.

« En fait, précise Marc Senterre, on voulait utiliser la puissance des ordinateurs et l’énorme quantité de données disponibles pour faire des regroupements de patients et les traiter de manière personnalisée. Actuellement on combine des études cliniques avec les connaissances du médecin. Ici, le but est d’aller rechercher des millions de données anonymisées venant de patients des différentes parties du monde et les combiner avec les données du patient de telle manière qu’on puisse s’assurer que le médicament répond à la maladie du patient. »

De quoi permettre de personnaliser le traitement du patient et d’intervenir notamment pour les 30% de patients qui ne répondent pas au traitement classique contre l’épilepsie.

Prayon : leader du marché de l’acide phosphorique et des phosphates

Marc SenterreMais Marc Senterre est déjà ailleurs. En 2015, il rejoint le groupe PRAYON, devient son CIO et ne rapporte qu’au CEO, Yves Caprara. Sa mission est simple : transformer l’informatique du groupe en un outil robuste.

Prayon, c’est rien moins que le leader du marché de l’acide phosphorique et des phosphates. 4 sites de production (Engis, Puurs, Lyon et Augusta aux Etats-Unis), une trentaine d’ateliers de fabrication, 7 filiales commerciales, une représentation commerciale dans une centaine de pays et 5 bureaux de coordination commerciale.

Propriété de la SRIW (50%) et de l’OCP (50%), l’Office Chérifien du Phosphate, l’entreprise emploie 1119 collaborateurs.

Un savoir-faire unique dans la chimie des phosphates.

Marc SenterreSon métier ? Prayon fabrique une très large gamme d’acides phosphoriques purifiés, de sels phosphatés et de produits fluorés, ainsi qu’une série de spécialités comme les zéolithes et l’acide sulfurique.

L’entreprise transforme le phosphate issu de la roche en acide phosphorique qui, après purification, est soit commercialisé, soit transformé en sels de phosphates par réaction avec des alcalis.

Ces produits sont sains – par nature – et utilisés comme matières premières dans de très nombreux domaines de la vie quotidienne. On les retrouve dans des applications alimentaires, des applications industrielles de pointe et dans des fertilisants spécifiques.

Un plan d’action digital en 5 points

Marc SenterreEn arrivant chez Prayon, en 2015, Marc Senterre découvre un univers totalement différent de ce qu’il a connu chez UCB. « C’est un changement total dans la démarche. Chez Prayon, le digital est au cœur des préoccupations de la direction. Le digital est vital pour notre entreprise ».

Du coup, devenir le CIO – Directeur des Systèmes d’Information (ou Chief Information Officer) – de Prayon « est une place enviable. L’informatique est considérée comme un levier de développement de soutien de la stratégie de la société. Et cela change tout ».

Le plan de digitalisation que Marc Senterre développe se décline en 5 lignes de force :

Marc Senterre1. Que veulent (vraiment) nos clients : assurer une expérience (positive) mémorable.
2. Faire bouger les choses et délivrer les bonnes choses : sortir de sa zone de confort et délivrer dans les délais annoncés. « On ne fait pas tout mais ce qu’on fait, on le fait bien ».
3. S’engager avec le métier : fournir à Prayon les solutions informatiques pour sa différenciation.
4. Innovation technologique : mobilité, collaboration, connaissance, données (4.0., Big Data, IA, VR)
5. Rationaliser et maîtriser l’architecture informatique : globalisée, centralisée, standardisée, intégrée Cloud.

« Selon moi, celui qui ne franchit pas le mur de la digitalisation, va dans le mur », juge Marc Senterre. Et cela concerne tout le monde. « La transformation digitale a été accompagnée d’une mise à disposition d’un pack numérique pour tout le personnel. Chaque employé dispose désormais de sa fiche de paie électronique. Et tous les mardi et les jeudi, on organise un IT Minute : vous venez avec votre problème informatique et on vous aide. Histoire de prouver que l’informatique n’est pas seulement une black box. Cela démystifie l’informatique, cela la rend abordable. Si les gens ne savent pas utiliser un PC, inutile d’essayer de leur parler d’IT. Après, seulement, on devient crédible et on peut faire de belles choses ».

Du Big data pour créer de nouvelles valeurs

Et ces « belles choses », Marc Senterre va les mettre en œuvre rapidement, notamment grâce à son expérience Big Data chez UCB Biotech. «Notre première expérience industrielle avec les big data était centrée sur l’optimisation du procédé de scaling-up dans notre usine d’ingrédients pour batterie. Quatre paramètres nous posaient problèmes. Tout le monde s’y est mis pour trouver une solution. Y compris mes services. On a reçu l’autorisation de faire travailler pendant 8 jours deux startups. Elles ont, chacune dans leurs spécialités, analysé les données de l’usine. Et on a fini par trouver la solution ».

Une réussite qui va achever de convaincre la direction de l’intérêt de l’intelligence artificielle et de lui confier d’autres challenges. Elle va aussi amener l’entreprise à envisager de proposer des services orientés vers les data au travers de sa filiale, Prayon Technologie (PRT), une équipe de 20 ingénieurs qui fournissent du conseil dans le phosphate à quelques 150 clients. « Nos solutions, portées par une connaissance fine des données de nos clients, nous permettent d’optimiser leurs process », poursuit Marc Senterre.

Le projet P15 Insight : prédire les comportements des installations.

Marc SenterreMais Marc Senterre s’est lancé dans un projet encore plus ambitieux, avec le CETIC. Olivier van de Werve (CETIC) explique : « Prayon a pris un tournant numérique significatif depuis plusieurs années, en équipant ses installations industrielles de capteurs de type IoT, en démarrant également plusieurs projets Data Mining puis Big Data, dont le dernier en date, le projet P15 Insight (Cwality) ».

L’objectif de ce projet est d’investiguer et d’intégrer des technologies Big Data innovantes (infrastructure scalable, algorithmes avancés d’analyse de données) capables de gérer les données de production en masse de Prayon en provenance de différentes sources (capteurs, caméras, machines dans l’usine…), pour prédire les comportements des installations et de renvoyer des ordres vers les systèmes de contrôle. Collecter, modéliser, traiter ces données notamment en quasi temps réel est devenu un challenge, tant elles sont nombreuses et variées. Les outils classiques type BI,… ne suffisent plus.

« Par ailleurs, poursuit Olivier van de Werve, l’entreprise prend soin de prendre en compte les besoins d’interfaçage avec des systèmes logiciels tiers, au sein de l’entreprise ou avec des partenaires. L’objectif recherché via la récolte des données étant d’optimiser la qualité des produits qui sortent de l’usine ».

Il est à noter que la cartographie des processus et des flux métiers a fait l’objet de toutes les attentions chez Prayon ces dernières années, ce qui représente également un socle essentiel de cette transformation Digital Factory.

« Ce projet, conclut Olivier van de Werve, n’est que le point de départ d’autres démarches liées à cette transformation, dans l’optique d’optimiser encore davantage le rendement des usines visées, d’améliorer encore le pilotage opérationnel et de valoriser l’utilisation des données auprès de ses clients, via un nouveau Business model ».

Après le phosphate et les acides phosphoriques purifiés, Prayon vend désormais aussi de l’optimisation de process industriels. Un nouvel eldorado.

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« A l’issue de cet audit, explique ce conseiller, l’entrepreneur aura une idée plus claire des enjeux de l’industrie 4.0 et de la façon dont elle pourrait être implémentée chez lui ».

L’idée, évidemment, c’est de:

  • vous intriguer;
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