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Marie-Hélène Van Eyck: la stratégie des petits pas

Date de publication
27 octobre 2017
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Marie-Helene Van Eyck

Cette scientifique, dont le cœur balance entre technologie et économie, n’est pas une adepte des révolutions. Depuis 20 ans, elle préfère les évolutions.

Parler vrai: il faut oser dire non en annonçant les vraies raisons, avoir vingt secondes de courage

Il y a 20 ans, tout juste, Marie-Hélène Van Eyck sortait des études, son diplôme de bio ingénieur (Gembloux) en poche. Celle qui, dans un entretien accordé à notre consœur Brigitte Doucet (Regional-IT), avouait avoir « longtemps » vu son cœur balancer entre économie et technologie, n’a pas fait les choses à moitié. Elle a choisi les deux.

Marie-Hélène Van EyckLa preuve : dans sa vie, elle aura créé une spin-off spécialisée en bio-informatique, analysé des projets d’entreprises au sein de deux banques, dirigé l’équipe d’InnovaTech et, depuis août 2015, elle préside, avec son mari, Laurent, aux destinées d’une société spécialisée dans l’instrument de chirurgie, MD Medical.

Cette scientifique – qui a également suivi une maîtrise en finances à HEC – va démarrer sa carrière dans une banque. Un métier qui va lui permettre très tôt de tâter de la gestion d’entreprise, d’apprendre à s’assurer de la viabilité des projets. Une constante chez cette développeuse de projets : « quelle que soit l’entreprise, quel que soit le projet, la gestion financière et le commercial sont fondamentaux ».

Et, lorsqu’elle sera directrice d’InnovaTech, elle ne cessera de rappeler aux entrepreneurs qu’avant de développer de très nombreux projets, la PME doit d’abord éviter de se disperser et s’assurer qu’elle va rentrer du cash. De l’argent qu’elle pourra ensuite réinvestir dans de nouveaux projets.

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans votre travail ?

Ce qui me plait, c’est de transformer une idée en un business concret et viable. Je me considère comme une « makeuse ». Je suis rarement à la base d’une nouvelle idée, mais plutôt dans la concrétisation de celle-ci. Et cela va du business plan de départ jusqu’à son lancement. Et une fois que le business est sur les rails, j’aurais plutôt tendance à en confier sa gestion à des collaborateurs.

Et la reprise d’une entreprise, une suite logique ?

« Je dirais plutôt une envie que j’entretenais depuis que j’avais 18 ans ». La société MD-Medical a été reprise par Marie-Hélène Van Eyck et son mari, Laurent Blaimont en 2012. Pourquoi cette société ? « Parce qu’elle est active dans un marché – celui de la santé – qui n’est pas sujet au cycle économique, parce que la trésorerie était « propre », parce que l’entreprise avait du potentiel et parce que le prix de vente était accessible ».

« D’habitude, quand on reprend une entreprise (mais c’est la même chose lorsqu’on reprend une nouvelle fonction), la plupart des personnes viennent vous expliquer tout ce qui n’allait pas avant que vous n’arriviez. Or ce qui est important au contraire, c’est de faire la liste de tout ce qui allait bien. Sinon, en organisant le changement, on finit par perdre les gens avec lesquels on travaille, par casser la machine.

La reprise s’est bien passée?

Les anciens propriétaires de MD Medical avaient 67 et 69 ans. La société avait vieilli, comme eux. Mais c’étaient des gérants très corrects. Et on a vraiment pu compter sur eux pour que la reprise se passe bien. C’était notre objectif, c’était le leur aussi. »

Certifiée ISO, laser, atelier, développement de gamme

Marie-Hélène Van EyckUne entreprise qui va sacrément évoluer en quelques années même si Marie-Hélène Van Eyck ne la rejoindra qu’en 2015. La société est certifiée ISO 9001 et ISO 13485, s’équipe d’un laser et étoffe son atelier, développe tant sa gamme de produits propres que la gamme des produits distribués et, en 2016, elle déménage de Gembloux pour rejoindre Namur dans des locaux plus spacieux.

A son arrivée chez MD-Medical, Marie-Hélène Van Eyck et son mari vont se partager le travail. Laurent est un commercial né : venu lui aussi du monde de la finance, il fait croître le chiffre d’affaires. « Cette année, on aura triplé le chiffre d’affaires de la société depuis qu’on l’a reprise ».

C’est Marie-Hélène Van Eyck qui reprend les finances et le développement de nouveaux business. Mais dans une petite équipe – « on engage notre 7ème personne cette année » – , il est difficile de fixer des rôles stricts et de s’y tenir.  « Il faut surtout se préparer à savoir tout faire et à être flexible ».

Sur le marché flamand

Cette année, par exemple, la société s’est lancée sur le marché flamand et, étant bilingue, c’est Marie-Hélène Van Eyck  qui a assuré le lancement commercial sur ce marché. Pourtant, la prospection, ce n’est pas son truc. Mais elle avoue que cela a été plus qu’enrichissant. « Et puis, cela permet ensuite de mieux comprendre les exigences de la fonction qu’on confie à un collaborateur ». A partir de l’année prochaine, des commerciaux vont venir la remplacer maintenant que le marché est ouvert.

Quelle a été votre meilleure décision ?

Reprendre MD Medical. Mais de manière générale, tous mes jobs m’ont permis de rencontrer plein de personnes différentes et d’apprendre de celles-ci. Et cela, c’est irremplaçable. Les pires sont les personnes qui pensent qu’elles savent tout. Elles pensent qu’elles sont arrivées à un point où elles n’ont plus besoin d’apprendre. La caractéristique de beaucoup de grands patrons que j’ai eu la chance de rencontrer, c’est que ce sont des gens qui vont s’entourer et vous écouter en espérant apprendre encore de nouvelles choses.

Et quelle a été la pire ?

Toutes mes expériences, bonnes ou mauvaises, m’ont permis de grandir et d’évoluer. Je suis passée par des phases d’inconfort dans ma carrière car je me lançais dans un nouveau projet, relevait un nouveau défi, créait une nouvelle société. Je ne maîtrisais évidemment pas ces nouveautés. Mais une fois le challenge atteint, on regarde dans le rétroviseur et on est très fier du bond effectué tant en termes de connaissances, de compétences propres acquises qu’en terme d’évolution pour l’entreprise.

Par contre, il est important d’entrecouper ces périodes nécessitant de gros efforts par des phases où on souffle. De temps en temps, je suis sans doute allée trop loin dans l’effort en ne prenant pas assez le temps de respirer. Et c’est dommage car alors, on ne profite plus. Or, le plaisir au travail, c’est fondamental.

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant au sein de l’entreprise ?

On reste à l’affut des nouveautés, à l’écoute des clients et l’évolution de leurs besoins, on va aussi s’inspirer sur des salons professionnels.

Quelle est la phrase que vous vous répétez sans cesse ?

La stratégie des petits pas. Je ne suis pas une adepte des révolutions mais plutôt des évolutions, l’une après l’autre. Cela permet de ne pas « perdre » ses collaborateurs, d’assurer ses arrières et de pouvoir aussi revenir en arrière si une des évolutions ne s’avérait pas judicieuse.

Un autre point qui met tient fort à cœur, c’est le parler vrai. Ce n’est pas toujours évident. Il faut par exemple oser dire non en annonçant les vraies raisons, avoir vingt secondes de courage. Mais c’est ainsi qu’on instaure la confiance tant avec ses collaborateurs, que les personnes extérieures à l’entreprise.

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