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Menuiserie Riche: l’industrie 4.0 dope le marché wallon du bois

Date de publication
14 juin 2019
facebook twitter LinkedIn Google Mail Construction/Environnement/Informatique Print
Menuiserie Riche

La menuiserie Riche, qui depuis 50 ans a fait le choix de l’innovation et de l’automatisation, a su rester fidèle à son ADN : durable et local !

Pour répondre à la demande d’un marché très exigeant, il fallait que l’entreprise soit agile et intelligente.

Menuiserie RicheLa Menuiserie Riche SA (Mariembourg) aura 50 ans le 1er janvier 2020. Une quinquagénaire au top de sa forme ! Avec un chiffre d’affaire en croissance constante (6,7 millions d’euros en 2018 contre 6,4 millions d’euros deux ans plus tôt), elle occupe 75 collaborateurs sur un site de 20.000 m² où l’on fabrique :

  • des fenêtres et des portes en bois (et bois aluminium) sur mesure,
  • des menuiseries performantes (passif, label PHI),
  • des menuiseries réalisées à l’identique pour le patrimoine,
  • des menuiseries durables pour les bâtiments à haute valeur environnementale (label BREEAM…).

 

Un business que Bruno Riche, le patron, résume d’une devise : « les artisans industrialisés ». Il entend par là la fusion du travail de l’artisan et d’une production à une échelle industrielle. De nombreux industriels sont tentés par cette formule qui offre à la fois la différenciation de l’artisan et la rentabilité des moyennes et grandes séries.

Une souplesse que cette entreprise familiale (le Groupe Riche présente un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros et traite annuellement un volume de bois de 13.000 m³) a pu acquérir grâce au savoir-faire des équipes, à l’innovation et à l’automatisation.

Menuiserie Riche: innovante dès sa naissance

Menuiserie RicheL’innovation dans la famille Riche démarre dès 1973 avec la mise au point d’un système révolutionnaire d’assemblage des coins de châssis à micro-denture. Un système qui permet de doubler la surface d’assemblage, tout en évitant les bois de bouts dans les coins de châssis. Le bénéfice du procédé ? Stabilité dimensionnelle et amélioration de la longévité des produits.

En 1990, elle met au point le premier châssis en bois-aluminium en Belgique afin de répondre à une demande du marché : éviter l’entretien du bois.

En 2007, l’entreprise crée le 1er châssis passif bois.

En 2008, la Menuiserie Riche adopte les premières lignes automatisées de finition de peinture.

Automatisée depuis plus de 20 ans

Menuiserie RicheL’automatisation, en réalité, a démarré dès 1998 lorsque la Menuiserie Riche renouvelle son parc machines, intégrant ses premières machines CNC dans la production de châssis. Deux ans plus tard, Bruno Riche intègre les codes-barres dans toute la production de la menuiserie.

Entre 2005 et 2007, l’entreprise double son site de production : elle en profite pour investir 3 millions d’euros dans un centre de finition peinture haute technologie (robots à tête 3D). En 2013, elle assure la traçabilité complète de la production grâce à l’introduction de puces RFID.

Quant au savoir-faire des équipes, dans le groupe « on a su s’entourer de personnes particulièrement qualifiées. Parce que c’est la clé de la réussite. Sinon, le plus simple serait de faire faire nos produits dans des usines de l’est de l’Europe ».

Bruno Riche, trente ans de métier

Menuiserie RicheBruno Riche, comme son frère Laurent et sa sœur Céline, n’est pas seulement l’héritier du fondateur de l’entreprise familiale. Comme leur père, Michel, fils de ferme, ce sont d’abord des travailleurs plein de bon sens, bons techniciens et très attachés à leur région.

« Vous savez qu’il y a cinquante ans, à Couvin, il y avait 6000 ouvriers qui travaillaient dans les usines locales (la Fonderie Saint-Roch, le fabricant de raquettes de tennis Donnay, mais aussi Efel (devenue aujourd’hui la Fonderie de Couvin) ». La Menuiserie Riche, elle, a grandi, a survécu à toutes ces usines et a continué d’embaucher.

Entré en 1989 dans l’usine familiale, après des études de menuiserie à l’école technique de Rance, Bruno a aussi travaillé en Flandre, histoire de bien maîtriser nos deux langues nationales. Et il a encore suivi en cours du soir des formations en marketing et en sciences commerciales ainsi qu’en design industriel.

« Et puis, mon frère, ma sœur et moi on a appris en travaillant, explique-t-il. Durant toutes nos vacances, on travaillait en usine. Les métiers, on les connait. Les problèmes de production, on les a vécus. A la base, la ligne de production, on l’a développée mon père, mon frère et moi. Et, dans les salons, quand on voit des choses qui nous parlent, on ramène un maximum de documentation. Lorsqu’on achète une machine, c’est parfois l’occasion de voir ces machines fonctionner dans d’autres usines, même actives dans d’autres secteurs. On apprend tous les jours. Il suffit d’être curieux, attentif et open-minded« .

Pourquoi avoir investi autant dans le digital ?

Menuiserie RicheA la base, dans les années ’80 et jusqu’à la décennie suivante, le modèle économique dominant, c’était la production de masse, la grande série. Et puis, avec l’arrivée du PVC, les parts de marché du bois ont terriblement chuté.

Parallèlement à cela, les normes thermiques, de vitrage, … ont transformé les menuiseries extérieures (profils plus épais). Beaucoup de petits menuisiers de village n’ont pas souhaité investir dans un nouvel outillage couteux.

« A la Menuiserie Riche, on a décidé de faire ces investissements et de développer une usine qui était capable d’arriver à la qualité et au service rendus par les petits artisans mais à une échelle industrielle. On devait devenir hyper souples, hyper réactifs et en même temps avoir une capacité de production de petite et moyenne série ».

La quadrature du cercle : « seules des technologies très avancées pouvaient nous permettre d’y arriver ».

Menuiserie RicheLe marché lui-même a énormément changé : « durant vingt ans, de 1990 à 2010, 90% de nos activités émanaient du secteur de la rénovation. On réalisait en moyenne 3,5 pièces pour 250 clients, ce qui induit énormément de logistique. Et il fallait intégrer dans la production toutes les innovations produits (essences, performances, motorisation, intégration technologique, domotique) ».

Ces 5 dernières années, le marché a encore évolué un peu plus : la rénovation ne représente plus que 70% des commandes, les 30% restant étant destinés au marché du neuf avec des menuiseries hyper performantes (isolation thermique, acoustique,..).

« Aujourd’hui, explique Bruno Riche, on fait le grand écart. On a donc besoin d’un outil de production hyper flexible».

Un marché porté par l’attrait des produits durables et locaux

Menuiserie RicheLa menuiserie Riche a, de tout temps, choisi un modèle de développement basé sur des produits durables et locaux. Cela n’a pas toujours été tendance mais l’obstination de la famille porte aujourd’hui ses fruits. « On est sur un marché extrêmement niché et à haute valeur ajoutée qui ne cesse de gagner des parts de marché ».

« Le bois a plein d’atout. Il consomme très peu d’énergie grise, il se recycle facilement, il est renouvelable, durable, performant, rénovable : à la différence d’autres produits moins chers, il a le vent en poupe. Même dans le secteur du neuf, les marchés ne sont plus attribués sur le seul critère du prix. Dans les critères d’attribution, on tient compte désormais aussi des performances du produit, de son aspect environnemental et sociétal.

L’industrie 4.0 pour répondre à ces nouveaux besoins

Menuiserie RicheLe 26 mars 2019, lors du 2ème événement Made Different Digital Wallonia, la Menuiserie Riche a été nommée ambassadeur Made Different. Les ambassadeurs sont des entreprises mettant en place des initiatives innovantes et pionnières sur une ou plusieurs transformations numérique et technologique. Elles ont le potentiel pour devenir assez rapidement des Usines du Futur.

Cette transformation numérique est l’un des atouts de l’entreprise de menuiserie. Seule l’industrie 4.0 pouvait lui permettre d’être aussi agile que nécessaire face aux nombreux défis qu’elle entend continuer à relever.

Car l’industrie 4.0. ne se limite pas à l’informatisation et à la robotisation. On l’a vu : dans le groupe Riche, ces transformations sont déjà entamées depuis de longues années.

Ce qui est nouveau, et cela transparait dans l’idée d’usine 4.0, c’est la possibilité dorénavant d’insuffler une dose d’intelligence dans les décisions prises par les robots et machines-outils. Avec l’arrivée des objets connectés, il est possible de recueillir des données en temps réel et de les injecter dans les processus de décision automatisés.

Secondée ou servie par le Big Data, c’est à dire la capacité à recueillir, stocker, traiter et analyser les données en quantité très importante, et par le Smart Data, l’Intelligence Artificielle fait son entrée au cœur de l’industrie. Il devient désormais possible de concevoir des usines dont la production est automatisée, mais qui sont aussi capables d’interagir avec d’autres structures éloignées, ou d’envoyer des signaux aux utilisateurs ou commanditaires.

Un ERP, première pierre de l’industrie 4.0

Menuiserie Riche« L’informatique existe chez nous depuis 40 ans, explique Bruno Riche. Et trois informaticiens travaillent au sein de la menuiserie à temps plein. Ils ont notamment pour mission de programmer l’ERP maison. Notre 4e version permet à nos clients de s’y connecter ».

L’ERP, c’est une solution informatique structurante pour une entreprise numérisée ou en voie de l’être. Cette solution permet de créer un maillage étendu au sein de la menuiserie, une sorte de « toile » facilitant le recueil et la transmission des données.

Pour réussir cette numérisation et la collecte des données utiles, l’usine de Bruno Riche a été équipée d’un réseau intranet reposant sur de la fibre optique, des systèmes Ethernet et du wifi. Les machines sont connectées en réseau, le wifi permet aux applications créées en interne d’être intégrées aux bases de données tandis que la fibre permet une connectivité rapide entre les serveurs et les machines.

Codes-barres et puces RFID (qui sont lisibles malgré les couches de peinture qui recouvrent les pièces) permettent de dire aux machines (et aux opérateurs) ce qu’ils doivent faire de la pièce qu’on leur présente tandis que l’ERP gère totalement la commande et son suivi (où se trouve le châssis, quel opérateur l’a réalisé et quand), notamment le contrôle qualité (jusqu’à pouvoir établir un lien entre le nombre de rebuts et le taux d’humidité).

L’ERP permet aussi de dialoguer avec les fournisseurs pour passer les commandes, lesquelles sont tracées dès leur entrée en usine.

Quant aux applications mobiles, elles offrent aux collaborateurs toute une série de services : gestion des stocks, en ce compris le vrac – grâce à une solution développée par Multitel.

Avec son PDA, un ouvrier pourra retrouver la partie ouvrante correspondante à la partie fixe du même châssis (les châssis ouvrants étant composés d’une partie ouvrante et une partie fixe – ou dormante).

De même, en scannant un châssis, il saura retrouver le vitrage adéquat dans un parc de 600 volumes différents « Tous ces outils sont là pour aider le personnel. Plus besoin de chercher : il suffit de se rendre à l’endroit désigné pour récupérer le bon vitrage. Et puis, pour un ouvrier, aller chercher un vitrage n’a pas beaucoup de valeur ajoutée. A terme, nos applications sont tellement précises qu’un robot pourrait le faire ».

La suite, ce sera l’équipement de l’usine en cobots ou robots multitâches qui seront capables de prendre en charge toutes les tâches de manutention, très éloignées du savoir-faire des menuisiers, comme le chargement des machines.

Menuiserie Riche: un service cloud ouvert 24h sur 24

La numérisation des services a permis aussi à l’entreprise de Mariembourg de développer sur le Cloud une plateforme d’échange ouverte 7 jours sur 7, 24h sur 24, destinée à l’extérieur (service après-vente, logistique, commercial).

« Cette plateforme est alimentée en permanence et presque en temps réel par la remontée d’informations provenant de l’ERP. C’est essentiel dans un marché où de très nombreux clients nous passent une multitude de petites commandes. Grâce à la plateforme, ils disposent de toutes les informations techniques nécessaires sans devoir nous poser la moindre question.

On a même intégré à cette plateforme un outil capable de chiffrer la commande et, puisque ce sont surtout des intermédiaires, de pouvoir y réaliser leurs propres offres (avec leurs logos, leurs adresses, etc). De notre côté, plus besoin de réencoder la commande.

Grâce à ces services supplémentaires, on garde et surtout on gagne des clients ».

Découvrez ici le programme Made Different. N’hésitez pas à postuler pour en devenir l’un des ambassadeurs en 2020.

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