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Bientôt des nomades numériques dans votre PME ?

Date de publication
8 juin 2018
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nomades numériques

Avec la digitalisation de l’économie et son corollaire, celle de l’entreprise, de nouvelles formes d’organisation du travail commencent à voir le jour.

Il y a pénurie de talents dans la plupart des pays du monde et ceux qui vont exceller économiquement dans le futur sont ceux qui sauront s’adapter à cette situation.

On connaissait déjà le télétravail. Selon le ministre fédéral de l’emploi, « entre 2006 et 2016, le pourcentage de Belges travaillant majoritairement ou parfois à domicile est passé de 6 à 12,9% ».

Les entreprise belges commencent aussi à découvrir le travail en « remote » : « travailler en remote ne signifie pas forcément travailler depuis chez soi, explique Marc Friederich, software designer. Un café, une bibliothèque ou un coworking space sont tout autant d’endroits propices à la créativité et à la concentration. La seule règle étant de respecter les tâches planifiées ».

HaulogyEntre les deux, le « Homeshore », pratiqué chez haulogy, une PME de Braine-le-Comte. Dans le secteur de l’énergie, elle offre aux gestionnaires de réseau de distribution (GRD) et aux fournisseurs de gaz et d’électricité une suite de logiciels. Celle-ci leur permet de gérer l’ensemble des processus depuis l’installation des compteurs (Assets Management) et la gestion active des relevés de consommation, jusqu’à l’échange d’informations avec les autres acteurs du marché.

« Haulogy a bâti sa croissance sur un modèle original, explique Patrick Donnay, le CEO : le concept « homeshore ». L’entreprise n’a pas de bureau physique proprement dit ; elle dispose de pied-à-terre délocalisés qui permettent à ses employés de se réunir quand c’est nécessaire: par exemple, au CETIC avec qui elle collabore pour ses projets de recherche et à Braine-le-Comte au siège de l’entreprise. Ou encore dans un coworking près de la gare du midi lorsqu’elle doit rencontrer des clients français ».

Haulogy utilise un ensemble d’applications (agenda partagé, dossiers partagés, e-forum, …) qui permettent à ses agents de collaborer en toute sécurité, même lorsqu’ils ne sont pas géographiquement regroupés.

Par le recours intensif au télétravail, le homeshore diminue les coûts directs et indirects de l’entreprise, est bénéfique pour l’environnement en réduisant les déplacements et améliore la qualité de vie des collaborateurs. Il favorise l’emploi local au contraire des modèles « offshore » et « nearshore » (Maghreb et Europe de l’Est).

Digital addict et grand voyageur

nomades numériquesEt puis, dernier stade (actuel) de l’évolution du travailleur digital, le nomade numérique. Lui, ou elle, a la trentaine, est (presque) sans attache familiale, est né avec un ordinateur entre les mains, utilise tous les outils de travail à distance et collaboratifs. Et surtout : adore voyager. L’hennuyer Vincent Battaglia en est un exemple.

Joel Gascoigne aussi : cofondateur (en 2010) et CEO de Buffer, une plateforme de médias sociaux utilisée par des centaines de milliers d’entreprises pour planifier leur contenu à l’avance et interagir avec leur communauté par le biais des médias sociaux, est un grand voyageur. « Il change d’endroit de vie tous les mois (Vietnam, Thaïlande, Bali…) » explique Nicolas Jacobeus, un entrepreneur wallon qui teste le statut de nomade numérique.

Une vraie réussite : Buffer génère aujourd’hui plus de 17 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel. Son équipe est composée de plus de 70 collaborateurs répartis dans plus de 50 villes sur les 5 continents.

nomades numériques

Nicolas Jacobeus, lui, a créé Belighted (Louvain-la-Neuve) il y a dix ans et emploie 15 collaborateurs. Son métier ? Son agence de développement de logiciels aide les créateurs de nouveaux produits à se lancer sur le marché. « Nous avons aidé des dizaines de start-ups et de sociétés clientes à travers l’Europe à lancer avec succès de nouveaux produits logiciels. Et nous menons nos propres projets de R & D en interne ».

Chez Belighted, on travaille en mode télétravail « illimité et flexible », précise Nicolas Jacobeus. « Illimité sauf le lundi, ajoute le jeune patron, où on essaie de se voir pour une réunion hebdomadaire. Il est important qu’on garde le contact, qu’on fasse le point régulièrement. Moi, je suis là le lundi et le mercredi. Mais cela dépend des gens et de leur situation. Certains préfèrent venir au bureau où ils jugent que l’environnement est plus propice à la concentration que chez eux ou en coworking ».

Pour que cette solution mise en place il y a deux ans fonctionne, deux mots-clés : responsabilité de chacun et confiance de la direction et des clients.

Vous passeriez en mode nomade numérique?

« Je ne suis pas fermé à l’idée mais en l’état actuel des choses, c’est non. Nos clients veulent de la proximité. Certains exigent même encore que nos développeurs travaillent chez eux.

Mais je teste ces solutions. Je reviens de la Nomad Cruise où j’ai pu rencontrer 250 d’entre eux. C’est un petit monde où tout le monde se connait et s’échange des « bons plans ».

« Car, pour bien vivre sa « location independence », il faut un peu d’argent pour voyager et loger sur place (les nomades numériques « purs » n’ont ni voiture, ni maison à payer), choisir sa destination en fonction de la robustesse des connexions internet et de la présence de coworking bien équipés et trouver des clients », explique Nicolas.

Quelques « tips »

• Pour trouver la liste des meilleures villes pour digital nomad (DN) : NomadList
• Pour trouver du boulot quand on est DN : RemoteOK
• Et si voulez en savoir plus : lisez le livre Remote des créateurs de la société Basecamp, plutôt axé télétravail, ou La semaine des 4 heures de Tim Ferriss, consacré aux nomades numériques.

Quels sont les métiers dédiés au nomade numérique ?

« Ce ne sont pas forcément des pointures du codage ou du développement, ni toujours des entrepreneurs » explique Nicolas. Lucie Diez a d’ailleurs relevé plus de 50 métiers que pratiquent les DN. « A Bali, poursuit Nicolas Jacobeus, j’ai rencontré une « free-lance » qui travaille pour une boite suisse. Elle écrit deux articles par mois et, décalage horaire oblige, elle fait les services de nuit de l’entreprise. Cela lui suffit. Dans l’un des pays les moins cher du monde, elle est payée par une entreprise installée dans l’un des pays les plus cher au monde ».

L’Estonie : le paradis des nomades numériques

nomades numériquesLes nomades digitaux ne travaillent pas seulement de Bali, du Vietnam ou de Barcelone. L’Estonie a fait le choix d’attirer les talents « sur son sol » en y attirant les digital nomad. On la surnomme d’ailleurs « la Silicon Valley de la mer Baltique ».

Depuis que le pays a été victime de cyber attaque en 2007, il s’est mis à la pointe de la cyber sécurité. Là-bas, la carte d’identité est électronique depuis 2002 et on vote sur Internet. Mieux, depuis plus de 15 ans, le Wi-Fi (le plus rapide du monde) est accessible partout gratuitement. « Ici, l’accès à Internet est considéré comme un droit, au même titre que celui d’avoir accès à l’eau et à l’électricité« , confiait Indrek Vinberg, le directeur du centre de démonstration des nouvelles technologies à Tallinn.

Ce petit pays Balte a d’ailleurs lancé son « Digital Nomad Visa » qui offre la possibilité aux nomades digitaux de travailler et de vivre en Estonie pendant un an, mais aussi de voyager dans tous les pays de l’espace Schengen pendant nonante jours avec rien d’autre que ce petit visa ».

De 100.000 à 1 million de nomades numériques

C’est que le nomadisme digital est bien plus qu’un phénomène de mode. Y compris dans nos pays. La plateforme emploi Joblift s’est intéressée à l’offre dédiée aux nomades numériques en France et a analysé les offres d’emplois pouvant s’effectuer de n’importe où dans le monde. Sur 764 offres publiées les deux dernières années, la moitié s’adresse aux développeurs et aux commerciaux. Cependant, même si ces postes offrent beaucoup de flexibilité, ils ne sont pas si facilement pourvus. De plus, malgré une forte augmentation, les entreprises françaises – on ne parle même pas encore de la Belgique – se trouvent encore loin derrière l’Allemagne ou le Royaume-Uni en matière d’ouverture aux Digital Nomads.

Bien que les statistiques officielles manquent, certaines personnes estiment que le nombre de nomades numériques – ou de travailleurs indépendants du lieu qui n’ont besoin que d’une connexion Internet pour faire leur travail – est de l’ordre de 100 000 à un peu plus d’1 million.

Des postes pour candidats qualifiés et expérimentés

Joblift note que, malgré la flexibilité de ces postes, les annonces restent actives en moyenne 40 jours, contre 33 jours pour l’ensemble des offres d’emplois sur la même période, soit un signe que les candidats sont difficiles à trouver.

Cela peut s’expliquer par la nature des postes qui demandent des candidats qualifiés ayant déjà de l’expérience. En effet, 24% des annonces exigent 2 à 5 ans d’expérience minimum et 30% des employeurs souhaitent que le candidat fasse déjà la preuve d’une première expérience positive de travail à distance.

Par ailleurs, 72% d’offres demandent la maîtrise parfaite d’une deuxième langue et 37% des annonces françaises ouvertes aux Digital Nomads sont rédigées en anglais. Cela paraît logique puisque si le poste est ouvert aux voyageurs numériques, la concurrence entre candidats n’est pas uniquement française mais mondiale.

Un écosystème autour des nomades numériques

nomades numériquesTout un business s’est même greffé autour de ces nomades : des start-ups – comme Roam – ont vu le jour pour fournir des « crash-pads » (le matériel nécessaire pour « survivre » et s’adapter à cette nouvelle vie) confortables aux nomades cherchant à travailler quelque part sans déménager là-bas.

« Je ne peux pas prédire l’avenir, conclut Karoli Hindriks, la fondatrice et CEO de Jobbatical, mais mon instinct me dit qu’une chose est claire. Il y a pénurie de talents dans la plupart des pays du monde et ceux qui vont exceller économiquement dans le futur sont ceux qui sauront s’adapter à cette situation. Ceux qui trouveront comment s’adjoindre des talents et les conserver au lieu de construire des murs ». Le nomadisme est peut-être l’une de ces clés.

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