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Olivier Deroo et Acapela donnent de la voix à vos technologies

Date de publication
23 mars 2018
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Acapela

Leader européen de la synthèse vocale (+ de 2000 clients et un catalogue de 34 langues), Acapela vise les marchés des transports et de l’accessibilité.

C’est cela qui est intéressant dans notre métier. A la fin, toutes ces technologies servent à des êtres humains et améliore leur qualité de vie

Dans un secteur – celui de la synthèse vocale (traduction d’un texte écrit en voix reconstituée) – dominé par les géants américains (Google, Apple, Amazon, Nuance), Acapela s’est fait une place au soleil par la qualité de ses catalogues (34 langues) de voix d’adultes et d’enfants. Leader européen, l’entreprise montoise intègre ses solutions dans des technologies multi devices et offre à ses clients un service de très haute qualité. Outre le marché du transport et celui des télécom et applications mobiles, Acapela vient de créer une « business unit » baptisée Acapela Inclusive qui s’engage à proposer à chacun, quel que soit leur difficulté ou handicap, une voix, qui les aide au quotidien à vivre de façon plus indépendante avec un accès facilité aux technologies.

Ce département répond à la demande croissante de solutions spécifiques pour le marché de l’accessibilité, avec une attention particulière portée, dans un premier temps sur les troubles de la parole ou du langage, les difficultés d’apprentissage, les déficiences visuelles et les besoins des seniors.

Acapela: rencontre décisive avec Thierry Dutoit

AcapelaVenu d’une école française d’ingénieur (Rouen), Olivier Deroo a rejoint l’Université de Mons pour y effectuer sa thèse de doctorat. Il y découvre les balbutiements de la synthèse et de la reconnaissance vocale dans le laboratoire d’Henri Leich et de Thierry Dutoit. Le laboratoire avait été soutenu par un programme Objectif 1 via le ministère de la Région Wallonne et l’Europe. Il y rencontre de nombreux chercheurs et ingénieurs animés par le même objectif : le développement de la région montoise.

Thierry Dutoit n’est pas n’importe qui. Docteur en Sciences Appliquées et professeur à l’ UMONS (Faculté Polytechnique), il y enseigne la théorie des circuits et le traitement du signal, y compris dans ses applications audio et biomédicales. A l’époque, il conçoit la technologie de base de synthèse vocale (MBROLA) qui sera le premier produit vendu par la société. Sommité unanimement reconnue dans le traitement de la parole et des signaux, Thierry Dutoit est aujourd’hui le président de l’institut NUMEDIART pour les technologies créatives de l’ UMONS.

De Babel à Acapela

Acapela« Ensemble – nous étions 7 ingénieurs du laboratoire de l’université à croire en ses technologies se souvient Olivier Deroo – nous avons créé Babel Technologies, une spin-off de la Polytech (UMons), en 1997. Un peu plus de 20 ans plus tard, notre entreprise, spécialisée dans la création de synthèse vocale de qualité, est reconnue mondialement et est leader en Europe ». Elle n’a cessé de grandir. Notamment par l’acquisition de plusieurs acteurs européens dans le domaine.

« Infovox, créé en 1990, installé à Stockholm, était notre premier client. Ils étaient venus nous voir, attirés par la nouvelle technologie qui venait d’être développée dans le laboratoire. Après avoir acheté sous licence le moteur de synthèse vocale Mbrola, le premier soft vendu par Babel, Telia a souhaité vendre son département synthèse vocale. Nous l’avons racheté en 2001, cela nous a ouvert le marché scandinave ».

« Nous avons effectué ensuite d’autres acquisitions pour gagner des talents et des marchés. Nous avons ainsi acquis Elan speech, un concurrent créé en 1980 et installé à Toulouse, en France ». Racheté à 100% par Lernout & Hauspie, dont certains se souviennent des déboires courant 2002, Elan Speech était aussi un spécialiste dans les technologies de « synthèse vocale ». Nous avons saisi l’opportunité d’acquérir des parts de marché en France: ces technologies étaient utilisées par 300 clients chez Elan Speech, parmi lesquels de grands comptes français tels Alcatel et Chronopost, ou, pour une bonne moitié, des compagnies étrangères comme Siemens et Bosch-Blaupunkt.

En 2002, plusieurs actionnaires financiers font leur entrée dans le capital de Babel : la SRIW, IMBC et la Caisse de Dépôt et de Consignation (Iris Capital). La Caisse s’est retirée en 2015 (Acapela était le dernier dossier de plus de 5 ans de leur catalogue) et ses parts ont été rachetées par le management de l’entreprise (via un MBO).

Acapela a 15 ans

AcapelaEn 2003, c’est la création d’ Acapela Group par la fusion des trois sociétés expertes. 14 ans plus tard, en 2017, le CEO d’ Acapela partait à la retraite et a été remplacé par un comité de pilotage, coordonné par Olivier Deroo.

Le chiffre d’affaires 2017 est constant. Depuis plusieurs années, il se situe entre 5 et 6 millions d’euros. « Nous mettons en place une stratégie pour passer ce gap. Par croissance externe (acquisition) et par croissance interne ». Croissance interne ? « Nous allons engager 8 personnes, des techniciens et des commerciaux. A la fois pour sécuriser notre offre technique avec des nouvelles compétences en intelligence artificielle et pour augmenter l’équipe commerciale sur nos trois sites. Nous voulons renforcer notre ancrage Européen où nous sommes déjà reconnus et explorer de nouveaux marchés potentiels ».

Comment a évolué votre métier ?

AcapelaAujourd’hui, Acapela est mondialement actif : l’entreprise est constituée d’une équipe de 40 personnes – logée dans la maison-mère de Mons, et dans ses filiales de Toulouse et de Stockholm – pour plus de 2000 clients. Chaque mois, sur le site web, plusieurs centaines de milliers de personnes utilisent la démo de synthèse vocale qui réunit déjà 34 langues. Des voix d’adultes, des voix d’enfants, des voix bourrées d’émotion (développées notamment dans le cadre du projet Emospeech – projet Eurostar). « Et même des voix reconstituées pour les personnes qui risquent de perdre l’usage de la parole : nous réalisons leurs propres voix de synthèse via Myownvoice ».

Poursuivant sur sa lancée, Acapela a, en 2015, acquis CreaWave, une start up française spécialisée dans les interfaces vocales de haute qualité (météo). Elle est à l’origine d’une technologie dite de ‘concept-to-speech’, baptisée Flexiwave. Cette nouvelle expérience audio délivre aux clients et usagers des messages personnalisés que ce soit par téléphone, dans la voiture ou dans les transports publics. Un marchepied pour Acapela pour se diriger vers un nouveau marché, celui des constructeurs automobiles (les derniers produits Coyote utilisent d’ailleurs les technologies d’ Acapela).

Un marché pas facile à atteindre. « Nous répondons déjà à de gros appels d’offres de constructeurs automobiles. Mais Acapela n’a pour le moment pas encore été retenu ». Les choses pourraient changer : « Nous discutons avec de gros acteurs du secteur et des partenaires internationaux qui nous permettront d’offrir une offre compétitive dans ce marché et nous sommes aussi en phase de dépôt d’un projet plan Marshall avec AW Europe ».

Service aux personnes : le marché de la silver economy et des troubles de la communication

 

« Cette année, poursuit Olivier Deroo, nous démarrons un projet de recherche H2020, sur 3 ans, baptisé Empathic et destiné au marché de la silver economy ».

Le projet EMPATHIC Research & Innovation cherchera, innovera, explorera et validera de nouveaux paradigmes et plates-formes, jetant ainsi les bases des futures générations d’accompagnants virtuels personnalisés pour aider les personnes âgées vivant de façon autonome à la maison et autour de chez elles.

Le projet comprendra une phase de démonstration et de validation avec des cas d’utilisation réalistes dans des centres de personnes âgées. Les progrès de l’intelligence artificielle conversationnelle interactive (ou «informatique conversationnelle») sont considérés par de nombreux responsables des politiques sociales comme essentiels à la gestion future des personnes âgées, notamment pour alléger la pression sur les systèmes de protection sociale. Plus les personnes âgées peuvent vivre chez elles indépendamment, plus les coûts sont faibles. Une potentielle voie pour les aider consiste à développer un agent conversationnel. Il faut veiller à ce que les objectifs de l’utilisateur soient atteints et également mettre en œuvre des technologies qui soient adaptées à leurs besoins.

Les partenaires du projet sont des organisations d’utilisateurs en charge de la santé, des développeurs de technologies, des instituts universitaires / de recherche et des intégrateurs de systèmes.

Le projet, prévu pour une durée de 36 mois, devrait nécessiter un financement total de 4 M €.

« Nous travaillons en collaboration avec des centres de recherche et des universités, soit au total 9 partenaires européens. L’idée est de construire un assistant virtuel pour les personnes âgées en passe de perdre leur autonomie. Acapela a été sélectionné pour travailler sur la partie vocale. Acapela va proposer une voix différente de celles que nous avons au catalogue : elle sera adaptée, plus lente, voire plus forte ».

Le projet Tiwouh

AcapelaFin 2016, Olivier Deroo a participé à la création de Tiwouh, une spin-off en sciences humaines et sociales de l’Université de Liège (ULiège), la première créée depuis 10 ans. « Cela fait suite à ma rencontre avec une logopède indépendante qui avait une idée innovante basée sur son expérience professionnelle. L’objectif de Tiwouh, réalisé dans le cadre d’un programme Greentic, est que ce ne soit plus les autistes qui s’adaptent aux logiciels mais que ce soit le logiciel qui s’adapte à leurs réalités ».

La société  exploite une solution logicielle de communication alternative ou augmentative à destination des logopèdes / orthophonistes ainsi que des personnes atteintes de troubles de la communication et du langage – parmi lesquels les troubles du spectre autistique – et de leur famille. La plate-forme collaborative vise à améliorer la communication de ces patients et leurs interactions sociales. Elle fournit par ailleurs aux spécialistes un outil innovant, combinant des applications adaptatives avec un suivi par des professionnels spécialisés. La plate-forme propose un accompagnement individualisé technique mais aussi clinique et développera prochainement une offre de formation continue en ligne pour les professionnels. Tiwouh permet ainsi de faciliter les interactions au sein de l’écosystème patients – logopèdes/orthophonistes – familles – environnement.

« C’est cela qui est intéressant dans notre métier. A la fin, toutes ces technologies servent à des êtres humains et améliorent leur qualité de vie ».

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

Etre venu en Wallonie et avoir intégré le laboratoire de l’université de Mons pour y faire de la recherche. J’y ai rencontré des personnes intéressantes et prêtes à relever des challenges. C’est cela qui a été moteur.

Et la pire ?

J’ai participé aussi à la création d’une société, Speech Ventures, qui était chargée de financer des sociétés start up de la région. Il n’y avait pas de projet industriel, seulement du financier. Ce n’était pas une idée formidable. L’entreprise existe toujours formellement mais elle n’a quasiment plus d’activités.

Votre phrase préférée ?

Wisdom is to have dreams big enough not to lose sight when we pursue them. « La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. » (Oscar Wilde)

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