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Olivier Noiset (Certech) : contributeur majeur aux travaux du NBN

Date de publication
20 avril 2018
facebook twitter LinkedIn Google Mail Environnement/Industrie/Santé/Portraits Print
Odeur

Depuis 15 ans, il collabore à la constitution de normes pour améliorer la reproductibilité des méthodologies d’analyse d’odeurs et de la qualité de l’air.

En 2017, le Dr Olivier Noiset, Environment & Quality Management au Certech a été récompensé parmi 2000 experts par le Bureau de Normalisation Belge (NBN) au titre de contributeur majeur dans le cadre de son implication dans les groupes de travail concernant la qualité de l’air, l’analyse des Composés Organiques Volatils (COVs) et le développement de méthodologies pour l’analyse de l’odeur.

Certech est le premier centre de recherche à avoir reçu cet Award qui d’habitude récompense plutôt les laboratoires universitaires ou les industriels actifs dans un domaine d’application précis.

Une expertise de plus de 15 ans

« Depuis plus de 15 ans, explique Catherine Henneuse, Business Manager, Certech participe à l’élaboration des normes de demain dans le domaine de la qualité de l’air. Différents sujets ont fait l’objet d’études: olfactométrie, photocatalyse, émission des matériaux de construction, qualité de l’air intérieur des véhicules ou des bâtiments, air ambiant, ambiance de travail, cigarettes électroniques ».

Et elle poursuit : « l’award du bureau de normalisation belge récompense notre contribution majeure consacrée ces dernières années aux normes sur les composés organiques volatils et les odeurs. En particulier, nous avons réalisé un travail considérable pour améliorer la fiabilité des normes d’analyse des odeurs considérées comme subjectives ».

Certech est reconnu en tant qu’expert belge par les comités AFNOR, ISO et CEN. Le centre a été impliqué dans la rédaction de plusieurs normes européennes EN 13725 (olfactométrie dynamique), ISO16000 (air intérieur), ISO 12219 (air intérieur des véhicules routiers).

« Nous participons actuellement à l’élaboration de nouvelles normes et sommes impliqués dans 11 comités internationaux Afnor, EN et ISO dans le domaine de l’odeur et de la qualité de l’air » conclut Catherine Henneuse.

Crédibiliser le traitement des odeurs

OdeurLe milieu du traitement des odeurs est un secteur particulièrement difficile, assez déprécié, parce que considéré comme subjectif et pas très scientifique. « C’est quoi une bonne ou une mauvaise odeur, une odeur forte ou faible? », se demande Olivier Noiset. « C’est, de fait, très subjectif : l’odorat est un sens très lié à l’affect. Rappelez-vous des madeleines de Proust. Et puis, un nez, c’est quelque chose de très variable, physiologiquement parlant. Chacun a le sien ».

Pour tenter d’objectiver les tests d’odeur, Olivier Noiset est venu avec son regard de chimiste. Docteur en chimie (UCL, 1997), il a d’abord travaillé dans le secteur de la plasturgie durant trois ans. Il avait rejoint l’usine de production et le laboratoire R&D de Cabot Corporation (Loncin – Pepinster).

L’entreprise américaine est le leader mondial des agents de renforcement pour les pneus haute performance et les produits de caoutchouc industriels spécialisés. L’entreprise produit plus particulièrement le noir de carbone, le principal agent de renforcement utilisé pour améliorer le traitement, la résistance et la durabilité des composites à base d’élastomère dans la plupart des applications de caoutchouc.

Olivier Noiset a ensuite rejoint Certech en juin 2000. « Pas tout de suite dans le traitement des odeurs. Engagé à la base pour ma connaissance des polymères, j’ai ensuite été transféré auprès de l’équipe « qualité de l’air » qui, à l’époque, limitait ses activités à la pollution atmosphérique. Et en particulier au contrôle des rejets des cheminées d’usine dans l’atmosphère. La qualité de l’air, l’odeur, c’était un nouveau domaine pour moi ».

Mais pas pour Certech. En 1999 déjà, un premier olfactomètre est développé au Certech, créé 3 ans plus tôt, avec le concours des spécialistes canadiens d’ODOTECH. L’un des trois laboratoires de l’UCL, à l’origine de la création de Certech, l’unité des procédés que dirigeait le professeur Jacques Hermia, investiguait déjà cette voie de recherche et fut à l’origine de la création de l’activité « odeurs ».

A mi-chemin entre la plasturgie et le traitement des odeurs, Olivier Noiset s’est vite intéressé à l’interface entre ces deux domaines, et notamment aux émanations générées par les matériaux issus de la plasturgie. « Cela a renforcé encore mon intérêt, mon affinité pour la recherche multidisciplinaire ».

Mettre tout le monde d’accord sur une manière commune de définir une odeur

odeurC’est le challenge relevé par Olivier Noiset au sein du NBN et de l’ISO: imposer certaines bonnes pratiques dans les comités de normalisation. « Avec quelques collègues, nous devions définir après consensus les facteurs ambiants impactant la mesure, les matériaux à utiliser pour l’échantillonnage ou pour le dispositif de présentation, la configuration des ports de flairage, la gestion des panels en termes de calibration et de formation, la définition d’un espace sensoriel basé sur l’utilisation de descripteurs chimiques appropriés ».

La caractérisation d’une odeur est un phénomène complexe et difficile à objectiver. Chaque nez est différent, possède sa propre sensibilité. Une odeur désagréable pour l’un peut être agréable pour l’autre. Votre origine, votre culture, votre environnement, votre passé sensoriel peut vous influencer pour caractériser une odeur.

Pour arriver à caractériser une odeur de façon la plus précise possible et surtout de manière reproductible, Certech combine 4 tests différents. Chaque test va caractériser une dimension de l’odeur : son intensité, sa détectabilité, sa qualité et son caractère hédonique.

Pour mesurer la détectabilité, on utilise des nez calibrés. Cela veut dire que l’on fait appel à un échantillon de personnes représentatives de la population (on exclut les nez experts et les nez qui ne détectent rien du tout). Ces nez calibrés vont sentir une odeur, diluée et déterminer à partir de quel seuil de dilution l’odeur est perceptible.

Pour mesurer l’intensité, d’autres nez formés spécifiquement vont classer l’intensité de l’odeur sur une échelle en comparant cette intensité à des échantillons de référence. Ces référents d’intensités permettent à nouveau de tendre vers un langage commun pour les individus.

La qualité de l’odeur est mesurée par des nez experts. Les nez experts s’entrainent chaque semaine et sont capables de reconnaître une soixantaine de notes olfactives fondamentales. L’objectif est ici d’arriver à décomposer l’odeur en un profil olfactif.

La dernière dimension de l’odeur, le caractère hédonique est le plus subjectif car il réfère à l’acceptabilité de l’odeur par un individu. Le panel de nez (non experts) est alors plus large (de 20 à 30 personnes).

Caractériser chimiquement la cause d’une mauvaise odeur

Le premier atout de Certech en ce domaine est donc de pouvoir effectuer ces quatre mesures de dimension d’une odeur.

Le second vient du fait que le centre est avant tout un centre dédié à la chimie, ce qui va permettre de caractériser chimiquement la cause d’une mauvaise odeur et surtout de trouver des solutions pour l’atténuer voire la supprimer.

Caractérisation : une opération en trois étapes

1. Les nez experts peuvent ainsi utiliser le GC-MS-sniffing. Dans ce test, on décompose le gaz odorant dans ses différents composants chimiques.
2. Ces composants sont ensuite sentis par les nez experts (qui peuvent identifier si ce composant est responsable de l’odeur nuisible) et analysés par chromatographie couplée à un détecteur de spectrométrie de masse (qui permet d’identifier leurs structures chimiques).
3. En superposant nez et détecteur, on peut arriver à retrouver la cause de l’odeur désagréable en identifiant les principaux composés responsables.

Pour la valorisation de cette expertise, Certech a contribué au développement de l’efficacité de filtres de friteuses, à l’évaluation de nouveaux produits tels que les désodorisants d’intérieur, les cigarettes électroniques, les neutralisants ou masqueurs d’odeurs.

Quelques exemples industriels

Certech met son savoir-faire au service de l’industrie. Voici quelques exemples publics :

OdeurL’odeur d’une friteuse : Certech a évalué un système de destruction des odeurs pour friteuse. Et en 2001, c’était une révolution. Azura (SEB) était la première friteuse équipée du système Pure Air de destruction des odeurs par catalyse. Particularité du système : il élimine totalement les graisses et les vapeurs grasses. Sous l’effet conjugué de la chaleur et d’un matériau catalytique, les molécules odorantes sont chimiquement transformées en vapeur d’eau et CO2 ou autres composés plus légers et donc définitivement détruites. « La disparition complète de l’odeur de friture à la sortie de l’Azura a été validée par notre laboratoire et cette étude est exploitée depuis comme argument marketing ».

L’odeur des emballages : Certech a pour de nombreux clients évalué les émissions et odeurs de nouveaux grades d’additifs. L’expertise de Certech dans le domaine des matériaux et dans le domaine de la qualité de l’air est mise à profit pour la compréhension et l’identification des composés organiques volatils (COV) émis par les emballages.

Outre la comparaison de l’émissivité (COVs, odeur) de nouveaux grades d’additifs / matériaux, le centre propose des solutions en modifiant la formulation et en jouant sur les conditions de transformation lors de la mise en œuvre des matières.

Par exemple, Certech a confirmé les bonnes propriétés organoleptiques de nouveaux grades d’additifs utilisés dans le domaine de l’emballage. Les résultats obtenus ont permis de démontrer, dans des conditions parfois particulièrement draconiennes, les faibles odeurs des nouveaux grades.

OdeurL’analyse de l’odeur en Biotech : ChemCom est une entreprise spécialisée dans les récepteurs olfactifs humains (hORs). Cette start-up bruxelloise a développé une plateforme cellulaire qui a pour objectif premier de déorphaniser les récepteurs. En clair, elle travaille sur des substances capables de supprimer la perception d’une odeur en bloquant votre récepteur olfactif (vous ne « sentez » donc plus cette odeur même si elle est toujours présente).

La plateforme mise en place par ChemCom comprend la création in vitro d’un  » nez olfactif «  permettant le criblage d’une librairie de plus de 7000 composés qui peuvent être considérés comme activateurs/inhibiteurs potentiels des hORs.

Cependant, les bloqueurs identifiés par cette approche in vitro doivent encore être évalués in vivo en conditions réelles. « C’est à ce stade qu’intervient Certech, poursuit Catherine Henneuse, avec son expertise dans le domaine de l’odeur. Nous avons développé une méthodologie pour présenter de manière contrôlée les mélanges ‘malodeur – antagoniste’. Afin de valider l’effet de neutralisation, des panels d’experts établissent des profils sensoriels. Les membres du panel doivent coter l’intensité spécifique de la mauvaise odeur en présence ou en absence de l’antagoniste. Dans ce cas, la mauvaise odeur terreuse est complètement neutralisée en présence de l’antagoniste ».

Participer à la rédaction des normes : un outil de veille, d’amélioration permanente et de sauvegarde de nos intérêts

« Certech n’est pas financé pour sa participation aux travaux du Bureau de Normalisation (NBN), explique Olivier Noiset. Au contraire. Comme nos collègues, on assume tous les frais. Au-delà de notre cotisation annuelle, lorsque la norme à la rédaction de laquelle nous avons contribué sort nous devons la payer, comme tout le monde. Et lorsque certaines réunions se tiennent à l’étranger, nos frais de voyage ne sont évidemment pas pris en charge. »

Pourquoi le faire alors ?

« Cela permet de partager avec ses pairs lors d’échanges techniques, explique Olivier Noiset. Une opportunité qui m’a permis de progresser rapidement. Les comités de normalisation, c’est une bonne occasion de découvrir ce qui se fait sur le terrain par d’autres experts reconnus. On nous reproche tellement, à nous scientifiques, de rester enfermer entre nos quatre murs.

Et puis, cela permet d’anticiper ce qui se projette au niveau des tests qui peuvent être imposés demain dans la réglementation. On est informés avant tout le monde, on a une longueur d’avance sur la concurrence.

Il y a aussi la motivation du lobbying méthodologique.

Mais je préfère parler du partage des bonnes pratiques. En amenant tous les acteurs du secteur à pratiquer de la même manière, on améliore la qualité des résultats et indirectement la crédibilité de Certech ».

Les normes pour alimenter votre veille

Les conseillers d’InnovaTech peuvent vous aider à organiser votre veille, notamment technologique. Les normes, comme d’autres sources d’informations légales,  sont des outils précieux pour l’alimenter. N’hésitez pas à contacter notre collègue Stéphanie Marlière à ce propos. Elle peut également vous accompagner dans vos développements technologiques liés à la problématique de l’odeur.

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