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Pierre Girretz a créé son propre poêle à pellets connecté

Date de publication
13 octobre 2017
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poêle à pellets

Cet ancien distributeur de poêles à pellets, qui s’est retrouvé sans stock, a du créer ses propres produits innovants. Un challenge pas facile à relever!

J’essaie de ne pas réfléchir trop vite aux solutions. J’essaie d’abord de comprendre le problème dans toute sa complexité avant de le transformer en opportunité. La solution suivra naturellement.

« Pourquoi avoir choisi le poêle à pellets ? Je suis profondément écologiste, je plaide pour l’autosuffisance. Je réutilise mon eau de pluie, j’utilise l’eau de mon puits, je produis ma propre électricité via des panneaux photovoltaïques. J’ai des pommiers : je produis mon propre sirop, mon propre jus de pomme. J’essaie de développer mon propre potager ».

Le goût de la nature, une histoire de famille

Poêles à pelletsCe goût pour l’autonomie et l’indépendance, c’est un peu l’ADN familial.  « Je suis issu d’une famille d’agriculteurs germanophones installés depuis plusieurs générations à Herve. Mon père, Joseph Girretz, entrepreneur en bâtiment, a poursuivi cette tradition mais comme passe-temps ». Un passe-temps qui consiste tout de même à élever vingt-cinq vaches, paissant dans des pâturages préservés : « elles se nourrissent de fleurs » sourit Pierre Girretz qui souligne la qualité gustative des viandes issues de cet élevage.

« Depuis 30 ans, mon père sélectionne soigneusement les races qu’il aime. Toutes les meilleures vaches des concours, c’est lui qui les prend. Après avoir élevé des limousines, des charolais, du blanc-bleu, il s’est concentré sur le Charolais. Et il va chercher des taureaux en France ». De son côté, sa maman, Véronique Schwann cultive le potager et élève poules et poulets.

Une activité qui ne paie pas son homme. « L’exploitation agricole n’est pas rentable. Mon père s’en occupe parce que cela lui plaît et qu’il en a les moyens. Mais la ferme familiale nourrit les enfants et les petits enfants ».

Des oeufs wallons

Une famille très proche de la nature. « Mon beau-frère, Denis Baltus, gérant de Baltus Denis sprl à Aubel, et ma sœur, Vinciane font partie des derniers wallons à fournir des œufs aux grandes surfaces ».

poêle à pelletsBaignant depuis son enfance dans cet univers résolument proche de la nature, où on a appris à être indépendant – y compris lorsqu’on se choisit un statut dans sa vie professionnelle – Pierre Girretz a toujours été porté par cet état d’esprit.

Un dernier élément a contribué à forger son caractère. « Lorsqu’ils étaient en bas-âge, mes enfants souffraient de la pollution de l’air. Les « puffs » (inhalateurs) faisaient partie de leur quotidien. On ne fait pas des enfants pour qu’ils souffrent. Cela m’a tellement mis en colère… Je saurais pas travailler pour une entreprise polluante ».

Indépendance, apprentissages, ouverture d’esprit

poêle à pelletsL’indépendance est donc devenue une seconde nature pour Pierre. « A tel point qu’il a fallu me recadrer ». On le retrouve en pensionnat à Verviers (secondaire transition construction) puis à l’Institut provincial d’enseignement agronomique de La Reid (IPEA) où il découvre tous les aspects du métier de l’horticulture. Il choisit l’option « parc et jardin et sylviculture » où les travaux de plomberie, d’électricité et de pavage font également partie du cursus.

« C’est là que je vais développer ma sensibilité aux textures, aux couleurs apaisantes et naturelles et à l’aménagement des espaces. J’ai d’ailleurs remporté le prix de la province de Liège pour l’aménagement d’espaces verts. »

Il suit ensuite un graduat en construction à la Haute École Rennequin Sualem, à Verviers. « J’y ai rencontré quelques professionnels qui m’ont passionné. Ils m’ont fait découvrir l’écologie de la maison, grâce à l’isolation et aux choix de matériaux non polluants. J’y ai aussi appris le dessin (en 2D et en 3D), l’usage des logiciels. Et, au final, j’ai obtenu une liste impressionnante d’accès à la profession (de la création de barrage au métier de couvreur, d’électricien, d’entrepreneur général en construction) ». Surtout, le voilà opérationnel, multitâches et doté d’une vision 360°.

Création d’entreprise et poêle à pellets

A 23 ans, il crée sa propre activité.  « Dans une foire internationale, en 2005, j’ai découvert le poêle à granulés de bois. Chez nous, ces poêles étaient encore à peu près inconnus alors qu’en Italie, par contre, ils étaient déjà intégrés dans des maisons neuves où le chauffage central n’est pas une option. Dans les pays du sud, on construit des maisons sans installation de chauffage : le poêle à pellets est souvent la seule source de chaleur de la maison ».

55.000 poêles vendus

Il va devenir « le » distributeur Benelux d’une importante marque européenne. « Durant les trois premiers mois, je n’en ai pas vendu un seul », se rappelle-t-il. « C’est au salon Habitat, à Liège, que je vendrai le premier. Avec ma formation, l’installation était facile.  Au fur et à mesure, les ventes se sont accumulées, les améliorations et les innovations aussi. En 10 ans, Pierre Girretz va créer son équipe (47 personnes), son réseau (500 points de vente dans le Benelux pour 55.000 appareils vendus), son équipe d’installateurs formés par ses techniciens, sa logistique (13 camions roulant pour la plupart au colza et 20.000 m² de surface logistique) et la location de mode de transports doux: une péniche de 1500 tonnes et un « coaster » de 4000 tonnes. Il crée aussi une ligne de production de pellets full automatisée d’une capacité de 100.000 tonnes par an, avec travail en 3 poses. Ce qui lui a permis d’afficher un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.

Le service après-vente: valeur ajoutée clé

Mais la clé de la réussite, c’est aussi un service après-vente fonctionnant 7 jours sur 7, une connaissance impressionnante du monde des technologies du poêle à pellets en Europe et, surtout, une expertise irremplaçable en technologies de combustion et en conception de chaudières. « Ce n’est pas tout de vendre, il faut assumer le suivi. J’ai considérablement amélioré le service et les garanties sur les composants. Moi, je veux être fier de ce que je vends auprès de mes 55.000 clients. Ils savaient tous qu’en cas de problème, ils pouvaient compter sur moi et sur mes techniciens. Quand on joue avec le confort des gens, il faut être rigoureux. Je préférais dormir l’esprit tranquille grâce au sourire de mes clients ». Pierre Girretz est devenu le premier grossiste du Benelux.

Obligé de créer un nouveau poêle

En 2014, le marché des poêles à pellets stagne. En cause : la chute des prix des produits pétroliers et des hivers de plus en plus doux. Et à la suite d’un différend commercial avec son fournisseur, Pierre Girretz va perdre son contrat de distribution.

En septembre 2015, il crée la SPRL Mille Services et, avec un technicien, se lance dans le service après-vente du poêle à pellets de toute marque. Mais le coup est rude : professionnellement et humainement.

Créer son propre poêle à pellets : l’évolution

poêle à pelletsPierre Girretz a dû troquer son métier de » distributeur-entrepreneur » en celui de « créateur » de nouveaux produits.
« Au moins, le service après-vente nous a permis de récupérer certains de nos clients tout en gardant un œil sur le marché et sur ce que réalisaient nos concurrents : il y avait des choses bien, moins bien et à ne surtout pas faire. On entendait les doléances des clients. Et on savait déjà qu’on pouvait offrir des solutions innovantes sur un marché pourtant déjà bien occupé ».

Il aura toute de même fallu un peu de temps pour que l’envie revienne. « En 2017, l’orage est digéré. « Le 20 juin, je crée la SPRL D&D (Distri&Design) destinée à la vente de mes propres poêles, conçus sous la marque SûTi« .

Des poêles à pellets très innovants.

Fort d’une expérience de 13 ans, Pierre Girretz va concevoir des poêles « utiles & design » et, ce faisant, répondre aux attentes des clients. « Sur le marché, c’était le « foutoir », raconte-t-il. Il n’existait aucune harmonisation dans les systèmes électroniques. Ce qui générait des difficultés à l’apprentissage, l’apparition d’un gigantesque stock de pièces détachées toutes différentes, des designs finalement très standards, une technologie archaïque. J’ai donc continué à faire le tour des fournisseurs, des foires internationales, de rencontrer des professionnels, de collecter des informations ».

Un poêle à pellets connecté: la solution SûTi

SûTi va changer tout cela. Les poêles conçus à Aubel (4 designs, 3 puissances – 8, 9,5 et 11,5 kW – 3 finitions (pierre, verre, acier) présentent une série d’avantages qui vont améliorer la vie de l’utilisateur du poêle à pellets, rendant son utilisation plus pratique et plus confortable.

SûTi, c’est, entre autre, des innovations et de vraies raretés techniques:

  • poêle à pelletsUn ventilateur très silencieux qui s’arrête quand la température du corps de chauffe est suffisamment basse et redémarre automatiquement lors de la demande de chauffe. La ventilation ne fonctionne donc qu’au moment où c’est nécessaire;
  • Une armoire de stockage intégrée permettant de conserver 20 kilos de pellets;
  • Un support permettant de suspendre l’appareil à un mur, à une hauteur de 15 cm. Ce support est doté d’une cornière adaptable pour une finition parfaite lors de l’accroche de l’appareil au mur. Pouvoir accrocher son poêle au mur permet de faciliter le nettoyage au sol;
  • Un bac à cendre de grande capacité, permettant de tenir une semaine sans devoir s’en occuper;
  • Un éclairage LED indirect qui transforme votre poêle à pellets en lampe d’ambiance durant les soirées d’été et d’hiver;
  • Un système d’accumulation de chaleur grâce à une finition pierre;
  • Un bruleur autonettoyant;
  • Un corps de chauffe, étanche et  muni de soupapes de sécurité.

Une électronique qui optimise le fonctionnement du poêle à pellets

poêle à pelletsGrâce à l’électronique, le poêle est doté d’un système d’autorégulation en fonction des vents, de la pression atmosphérique, des nuages… Selon la qualité des granulés de bois, le poêle mesure la température des fumées et peut optimiser la combustion. La vitesse de chargement en pellets varie selon la température voulue dans la pièce. Au final, le poêle SûTi présente un rendement de 93% contre une moyenne de 89% auprès de la concurrence.

Premier poêle à pellets « connecté », le SûTi contient plusieurs circuits électroniques tous reliés à une carte mère qui dispose de sa propre adresse IP. Grâce à cette dernière, le poêle peut être piloté par un tableau synoptique ou un smartphone. Une technologie qui permet au poêle de s’adapter sans cesse aux contraintes, d’être « agile », bref d’être intelligent. Cela tombe bien : intelligent traduit en Wallon, cela donne SûTi.

Et le poêle SûTi a été configuré de telle manière à ce qu’il reste « ouvert » à l’évolution des technologies. Avec l’aide de plusieurs centres de recherche wallons, Pierre Girretz réfléchit déjà à l’introduction de nouvelles technologies qui faciliteront un peu plus encore la vie de ses clients. Brevets à la clé.

Comment faites-vous pour conserver un état d’esprit innovant ?

C’est mon côté féminin, sourit Pierre. J’ai toujours été multitâches mais j’ai, également, toujours pris le temps de contextualiser les problèmes, de les voir dans leur ensemble avant de trouver une solution. Ma formation à 360° – de la sylviculture à la résistance des matériaux – m’a beaucoup aidé à pouvoir me représenter la réalité au coeur de laquelle le problème doit être résolu. J’essaie de ne pas réfléchir trop vite aux solutions. J’essaie d’abord de comprendre le problème dans toute sa complexité avant de le transformer en opportunité. La solution suivra naturellement.

Votre dernier défi technologique ?

Préparer 2022. La directive européenne EcoDesign (ErP) fixe les niveaux de performances énergétiques et environnementales auxquelles devront répondre les produits vendus sur le marché européen: dès le 1er janvier 2020 pour les chaudières au bois, dès le 1er janvier 2022 pour les systèmes de chauffage individuel. On y travaille.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

D’avoir osé, d’avoir eu le culot de pousser les portes et de me lancer d’abord dans la distribution, puis dans la création de produits.

Et la pire ?

De ne pas avoir anticipé les risques, d’avoir eu une vision idéalisée du monde des affaires.

Votre mot préféré ?

Passion. Ce que je veux faire et avec qui je veux le faire, c’est partager une passion. Quand on aime ce qu’on fait, on le fera toujours bien. Et si ce n’est pas du premier coup, on y arrivera la seconde fois.

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